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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 09:17

 

   Sous le titre Divergences, linge sale, épidermes sensibles, je publiais dans ce blog  le 4 avril dernier, un article reprenant des réflexions de Georges Seguydans une préface aux Actes du  Colloque  de mai 2008 sur « La CGT de 1968 à 1984 » et dans son ouvrage « Résister ».

   J’invite le lecteur à se reporter à cet article, dont je rappelle simplement qu’il soulignait l’observation de cet ancien secrétaire général de la CGT, président d’honneur de l’Institut CGT d’Histoire sociale selon laquelle des divergences prenant parfois les dimensions d’une véritable crise sont survenues au sein des organismes de direction de la CGT à propos d’ événements nationaux, européens et internationaux, et n’ont pas donné lieu aux débats démocratiques qui se justifiaient.

    Quelles que soient les raisons invoquées à l’époque pour expliquer une situation que Georges Séguy déplore aujourd’hui sans ambiguïté, elles relevaient de conceptions mettant en échec l’exercice de la démocratie, et de certains aspects  de l’indépendance syndicale.

    Aucune disposition ne semblant avoir été prise pour en entreprendre – au-delà de témoignages partiels et contradictoires -  une véritable analyse, ces manquements à la démocratie se doublent  maintenant d’une lacune dans le domaine de la recherche historique.

    Les concepts de démocratie et d’indépendance  syndicales peuvent,  comme bien  d’autres sujets, donner lieu à des dissertations philosophiques ou à des essais théoriques.

    Mais avec tout le respect qui  serait  dû  à de telles études éventuelles,  il n’est pas interdit de leur préférer des analyses concrètes directement utiles au combat social.

    C’est ce que nous verrons bientôt dans ce blog et dans mes publications sur Calaméo.

 

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE - dans Syndicalisme
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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 07:42

     Le thème de la réforme de l’Etat, est, comme celui de la réforme administrative, de toutes les époques. Mais dans les dernières décennies du XXesiècle, ce thème a occupé une place particulière dans la politique générale de la Fonction publique.

   Traditionnellement, le secrétaire d’Etat ou le ministre de la Fonction publique était en charge des réformes administratives. Dans les années 1990, on a vu  apparaître dans les attributions de ce  ministère la décentralisation, la modernisation, l’aménagement du territoire, la réforme de l’Etat.  

   Après le quinquennat calamiteux de Nicolas Sarkozy, dont il faudra réparer les dégâts, un ministère chargé de la Réforme de l’Etat, de la Décentralisation et de la Fonction publique est constitué  dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault.

   Dans ce nouveau contexte, il n’est pas sans intérêt de connaître ou de se remémorer les  principaux textes qui ont jalonné la politique dite de « réforme de l’Etat » dans les années qui ont précédé ce quinquennat.  On trouvera ci-dessous  un extrait de l’ouvrage L’Etat et les fonctionnaires ( à consulter sur le site Calaméo).

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   Les années 1980 ont connu une offensive libérale dénonçant « L’Etat-providence », le « trop d’Etat » ou « L’Etat obèse », exaltant le « management », les vertus du « marché » et de l’entreprise privée. Puis on a glissé vers le « mieux d’Etat », « L’Etat-stratège », « L’Etat-rassembleur ». Dans la politique dite de « renouveau des services publics » des années Rocard, on a annoncé le « retour de l’Etat » la « réhabilitation du service public ». Avec les années Chirac, Balladur et Juppé  en 1986, 1993 et 1995, ce fut  le retour des privatisations qui  eut lieu et les années Jospin ont connu encore  plus  d’« ouvertures de capital » que celles de ses prédécesseurs.

   La transformation des services administratifs en établissements publics administratifs (EPA) d’EPA en établissements publics industriels et commerciaux (EPIC), d’EPIC en sociétés d’économie mixte (SEM), de SEM en sociétés anonymes qui sont des organismes privés, les délégations de service public, la création d’autorités administratives indépendantes, sont engagées d’assez longue date, et  le traité de Maastricht, en renforçant  le concept d’économie de marché, a accentué la pression sur la conception française du service public

   Dans la période des gouvernements Rocard - Cresson- Bérégovoy, les questions relatives à l’organisation administrative  sont  apparues d’une façon de plus en plus systématique dans la politique de la fonction publique, avec notamment l’institution des projets de service et des centres de responsabilité. Dans les années suivantes la « réforme de l’Etat » est passée au premier plan.

    En octobre 1991, au cours d’une réunion du CIAT, le gouvernement a annoncé des « délocalisations » impliquant  au total 15.000  emplois: l’Ecole nationale d’administration à Strasbourg, la SEITA à Angoulême, l’Office national des forêts à Bourges.

   Un dispositif d’évaluation des politiques publiques comportant   un Comité interministériel de l’évaluation (CIME) et un conseil scientifique a été organisé par le décret n° 90-82 du 22 janvier 1990.  En 1992 une charte des services publics, qui n’était  ni le premier ni le dernier texte se donnant pour objectif d’améliorer le service aux usagers, thème éternel de l’administration était publiée. Les commissions des Xe et XIeplans présentaient diverses propositions. Le Comité central d’enquête sur le coût et le rendement des services publics (un organisme créé par un  décret  du  8 avril 1975 modifié le 14 mars 1996 et codifié dans la partie réglementaire du code des juridictions financières) évaluait le coût des formalités administratives et procédait à des séries d’enquêtes sur divers sujets. Les travaux de codification des textes législatifs et réglementaires étaient poursuivis et amplifiés sous l’impulsion d’organismes tels que le centre d’enregistrement et de révision (CERFA) la commission pour la simplification des formalités ( COSIFORM).

   La loi du 6 février 1992 sur l’administration  territoriale de la République définissait une nouvelle répartition des missions de l’Etat entre administrations centrales et services déconcentrés fondée sur le principe de subsidiarité. Le décret du 1er juillet 1992 portait  une  charte de la déconcentration, présentée comme le principe de droit commun des interventions de l’Etat et redéfinissait le rôle et la composition du comité interministériel pour l’administration territoriale (CIATER). La loi du 29 janvier 1993 relative à la transparence et à la régularité des procédures publiques dite « Loi Sapin » consacrait la « délégation de service public » expression nouvelle recouvrant une réalité ancienne. Une circulaire du 26 août 1994 prévoyait diverses mesures destinées à « décloisonner » les corps des administrations centrales et des services déconcentrés, une circulaire du Premier ministre Alain Juppé en date du 26 juillet 1995 engageait un « plan triennal de réforme de l’Etat ». Elle annonçait notamment la diminution du nombre des corps de fonctionnaires et le développement des dispositions statutaires communes, la déconcentration de la gestion des carrières, des dispositions concernant l’accès aux emplois publics, la mobilité, l’encadrement supérieur. Dans le domaine des rémunérations, elle prescrivait une meilleure prise en compte des responsabilités exercées et des résultats obtenus grâce à de nouvelles  méthodes de notation et d’évaluation individuelle.  Par une lettre de mission en date du 31 janvier 2006, Christian Jacob ministre de la fonction publique dans le gouvernement de Villepin  demandait au Comité d’enquête  sur le coût et le rendement des services publics d’examiner le  système de notation et d’évaluation - qui malgré ses défauts  permettait  en principe d’allonger ou de réduire les durées d’avancement d’échelon en fonction de la valeur professionnelle de l’agent - avec pour objectif  la suppression de la notation et la référence aux  pratiques du secteur privé. Le ministre confirmait ainsi la perspective de la suppression des corps et de l’abandon du système de la carrière.

   Le décret  n° 95-1007 du  13 septembre 1995 instituait le Comité interministériel pour la réforme de l’Etat  et un Commissariat à la réforme de l’Etat dont les représentants devaient siéger avec ceux des ministères concernés dans un comité permanent chargé de déterminer une série d’orientations, soumises en avril 1996 à la commission de modernisation du Conseil supérieur de la fonction publique de l’Etat. Un groupe de travail était constitué  avec les organisations syndicales, et le  29 mai 1996, le comité interministériel arrêtait un ensemble de mesures.

   Le gouvernement Lionel Jospin poursuivait la politique engagée par le gouvernement précédent. En novembre 1997, il fixait les orientations qui devaient être mises en œuvre par le comité interministériel. Le décret n° 98-573 du 8 juillet 1998 créait la Délégation interministérielle à la réforme de l’Etat. Le décret n° 2000-663 du 13 juillet 2000 créait un Observatoire de l’emploi public, installé le 19 septembre 2000.

   Une commission permanente de modernisation des services publics réorganisée en 1999 a connu sa première année pleine de fonctionnement en 2000. Cette commission consultative, présidée par le ministre de la fonction publique et de la réforme de l’Etat, était  composée pour moitié de représentants syndicaux et pour moitié de représentants d’associations d’usagers et de l’administration.

   Les préfets ont été invités par une circulaire conjointe des ministres de l’Intérieur et de la fonction publique  à créer des commissions locales interministérielles de coordination.

   Un décret du 21 février 2003 créait trois nouvelles entités : la Délégation à la modernisation de la gestion publique et des structures de l’Etat (DMGPSE),  la Délégation aux usagers et aux simplifications administratives, l’Agence pour le développement de l’administration électronique (ADAE).

   Parmi les textes qui jalonnaient cette politique, on peut citer notamment la   loi constitutionnelle n° 2003-276  du 28 mars 2003 relative à l’organisation décentralisée de la République, le décret n° 2004-974 du 20 avril 2004 relatif aux pouvoirs des préfets et à l’action des services de l’Etat dans les régions et les départements.

    Dans les années 1990, la décentralisation, la modernisation, l’aménagement du territoire, la réforme de l’Etat ont été inclus dans les attributions du ministère de la Fonction publique. Mais en 2005  la réforme de l’Etat était placée sous la responsabilité du ministère chargé du Budget qui lançait une première vague de dix-sept audits en octobre 2005 suivis de dix-neuf autres au début de l’année 2006 en vue de déterminer les réductions de dépenses possibles dans différentes administrations de l’Etat.

 

La loi organique relative aux lois de finances ( Lolf)

 

   La  loi du 1er août 2001 initiée par le gouvernement de Lionel Jospin et sa majorité parlementaire de gauche a  été votée à  la quasi unanimité par l’Assemblée nationale. Les députés communistes se sont abstenus et les organisations syndicales ont émis des réserves. Entrée en vigueur au 1er janvier 2006, cette  réforme de la procédure budgétaire, qui vise à accroître le rôle du Parlement, est  la plus vaste et la plus ambitieuse que notre pays ait connue.

   Elle est d’une grande complexité. Le budget de l’Etat  est présenté par « missions » ministérielles et interministérielles et non plus par ministères. Chaque mission comprend plusieurs « programmes » dotés d’un « projet annuel de performance » mesuré par des « indicateurs » et divisé en « actions ».Les responsables sont  bénéficiaires d’une liberté de gestion  dite « asymétrique »désignée sous le vocable « principe de fongibilité des crédits ».

 

 

   

 

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE - dans Etat
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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 09:12

   Mon article du 5 mai - veille du second tour de l’élection présidentielle - était intitulé Regain d’intérêt de l’Histoire politique et sociale 1981-1984.

      J’écrivais dans mon article suivant, le 12 mai : « On dispose d’un ensemble d’études sur la politique menée par le ministère de la fonction publique des gouvernements Mauroy en 1981-1984 et Fabius en 1984-1986, mais il n’en va pas de même des orientations et de l’action du mouvement syndical CGT des fonctionnaires et de ses rapports avec le pouvoir politique dans cette période » Je précisais même que « ce constat s’applique à l’ensemble des deux dernières décennies et même au-delà. 

    Pour ce qui concerne l’histoire du mouvement syndical des fonctionnaires CGT, je dois me borner  à souhaiter, sans trop y croire dans l’immédiat, que des historiens du mouvement social ou des syndicalistes conscients de l’utilité de la connaissance  historique  prennent des initiatives.

     En revanche, au lendemain de l’élection de François Hollande à la Présidence de la République et de la constitution du gouvernement de Jean-Marc Ayrault, je crois pouvoir  émettre une affirmation que chacun peut vérifier :

la consultation

sur www.calameo.com/accounts.508865de mon dernier ouvrage L’Etat et les fonctionnaires  et  sur  www.dallymotion.com/bidouze  d’une vidéo du CNFPT

est de nature à donner aux fonctionnaires et aux militants syndicaux des éléments dont la connaissance leur serait  utile dans le contexte résultant de  la création d’un nouveau ministère chargé de la Réforme de l’Etat, de la Décentralisation et de la Fonction publique.

 

 

 

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE - dans Fonction publique
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12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 07:17

      On dispose d’un ensemble d’études sur la politique menée par le ministère de la fonction publique des gouvernements Mauroy en 1981-1984 et Fabius en 1984-1986, mais il n’en va pas de même des orientations et de l’action du mouvement syndical CGT des fonctionnaires et de ses rapports avec le pouvoir politique dans cette période. Ce constat, qui concluait mon dernier article,  s’applique à l’ensemble des deux dernières décennies et même au-delà.

        J’estime que c’est une lacune, et que le combat social gagnerait à ce qu’elle soit comblée sans attendre que le fameux « recul de l’Histoire » ait produit tous ses effets. Mais il appartient  à des  historiens du mouvement social  ou  à des syndicalistes conscients  de l’utilité de la connaissance historique  d’en prendre l’initiative.

        Pour ma part,  j’entends réaffirmer à cette occasion  l’analyse des rapports entre l’histoire de la Fonction publique et celle du syndicalisme  des fonctionnaires  que j’ai menée  en toute indépendance  de très longue date : il est établi que le syndicalisme des fonctionnaires est un acteur essentiel de l’histoire de la fonction publique, et qu’une bonne  connaissance de cette donnée est un élément du combat social.

       Le troisième volume de mon ouvrage L’Etat et les fonctionnaires constitue  en fait une contribution  à  l’histoire de ce syndicalisme (qui reste à écrire) puisqu’il  décrit le contexte dans lequel il a exercé ses responsabilités.

       

 

 

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE - dans Fonction publique
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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 07:56

  Quand on pose la question  Qu’est-ce que le Conseil d’Etat ? beaucoup  plus de gens qu’on ne croit, y compris dans le mouvement  politique et social, ne  le  savent  pas.  Ils savent encore moins que les Conseillers d’Etat en service extraordinaire (titre qui intrigue) sont nommés en Conseil des ministres sur proposition du Garde des sceaux ministre de la Justice parmi les personnalités qualifiées dans divers domaines de la vie nationale.

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE - dans Etat
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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 07:14

I- Considérations générales

   On a remarqué, dans les discours et les actes de François Hollande une filiation avec François Mitterrand et de constantes références à sa pensée et à son action. Si la situation de 2012 n’est pas celle de 1981, la perspective de l’alternance au niveau de la présidence de la République, les élections législatives, les recompositions politiques qui se profilent en France et en Europe  et bien d’autres facteurs donnent à certains aspects de l’histoire politique et sociale de la période 1981-1984 un regain d’intérêt.

   Le début de cette période était marqué par l’élection de François Mitterrand à la présidence de la République, suivie, après dissolution de l’Assemblée nationale, de l’élection d’une nouvelle majorité, et par la participation de quatre ministres communistes au gouvernement de Pierre Mauroy. La fin était  marquée, après la démission de ce dernier,  par la décision du PCF de ne pas participer au gouvernement de Laurent Fabius.

   Les rapports entre le  PCF et le Parti socialiste, entre le gouvernement de gauche et les organisations syndicales - au premier rang desquelles la CGT qui avait avec le PCF des liens particuliers - formaient un ensemble riche et complexe de rapports de force et  de relations entre les diverses composantes de la société dont tous les ressorts sont loin d’avoir été analysés.

  Sur ces questions,  on dispose depuis un certain nombre d’années (soit en éditions papier soit sur sites numériques) sous forme d’ouvrages, d’articles, d’entretiens… de témoignages émanant de personnalités ayant assumé des responsabilités politiques, syndicales ou gouvernementales. Chacun de ces témoignages  porte la marque de la place occupée dans l’échelle des responsabilités et leur intérêt pour  l’histoire  est très inégal 1. Certaines de ces prestations  apportent un éclairage utile, mais d’autres –essentiellement autobiographiques- expriment des interprétations dans des visions partielles des débats et décisions des organismes directeurs du PCF et de la CGT  qui présentent surtout un intérêt anecdotique.

   Il s’agit en toute hypothèse  de matériaux  qui devront faire l’objet  d’un usage et d’une analyse critiques  dans  une  recherche historique  qui reste, en l’occurrence,  à engager et à écrire. Ce sera la tâche des  historiens considérés dans une acception large qui peut englober dans certaines conditions des militants respectueux des données objectives de la réalité historique.

 

1- Il ne m’appartient pas de présenter une bibliographie de ces  confidences et témoignages qui sont du domaine public dès lors qu’ils sont accessibles par les moyens classiques de la communication.  Je signale cependant une étude de 270 pages datée de janvier 2012 : « Etude sur l’entrée en double appartenance dans les directions du PCF et de la CGT de 1981 à 2001. Entretiens réalisés par  Gérard  Quénel avec les intéressés ».

II- Approches personnelles

  Pour des raisons qui tiennent à mon parcours et à mon engagement personnel, je m’intéresse particulièrement à la période 1981-1984. Ma contribution à l’histoire politique et sociale de  cette  période est, comme celles qui ont été évoquées dans l’article précédent, celle d’un témoin et d’un acteur, mais elle s’en distingue fondamentalement sur plusieurs points.

  D’abord par les fonctions exercées. De juin 1981 à novembre 1983 j’étais directeur du cabinet du ministre communiste de la fonction publique et ensuite Conseiller d’Etat en service extraordinaire nommé par François Mitterrand président de la République sur des fondements et dans des conditions que j’ai eu l’occasion de commenter. J’avais mis un terme à mes mandats syndicaux depuis juin 1978, j’avais rejoint mon administration et pris ma retraite au 1er janvier 1981. Je me consacrais à l’histoire du syndicalisme des fonctionnaires qui avait fait l’objet de la publication en 1979 et 1981 des deux volumes de Fonctionnaires sujets ou citoyens.

    Quant à mon positionnement politique, il était parfaitement clair. Je n’occupais aucune fonction statutaire au sein du PCF tout en collaborant à certaines de ses commissions d’étude.  Je considérais la participation communiste au gouvernement comme une donnée concrète de la situation sans avoir à me prononcer pour ou contre le principe de cette participation et ma présence  au cabinet du ministre de la fonction publique – que je n’avais pas sollicitée - comme une manière de contribuer à la mise en œuvre de certains des objectifs à la détermination desquels je m’étais employé dans le passé. Les fonctions  de Conseiller d’Etat devaient ensuite donner une certaine continuité à cette action puisqu’elles portaient essentiellement sur les textes d’application des réformes adoptées dans la première partie de la période. Parallèlement, je poursuivais une certaine collaboration dans des commissions d’étude du PCF spécialement chargées des questions de l’Etat, des institutions et de la fonction publique. Après 1990  j’ai publié plusieurs ouvrages sur la Commune de Paris.

      Je suis resté un militant fidèle à mes convictions ( ce qui n’a rien à voir avec le concept péjoratif de communiste « orthodoxe » inventé plus tard pour désigner des militants dont je ne partageais pas nécessairement  les points de vue et qui ont eux-mêmes  connu des évolutions multiples, pas plus que celles des communistes qui se qualifiaient eux-mêmes  « refondateurs » ou « reconstructeurs » ). A toutes les époques, mes fonctions syndicales ont été déterminées selon les procédures statutaires et n’ont connu aucun prolongement politique dans le cadre des cooptations et  désignations relevant des rapports entre PCF et CGT (qui sont traités dans l’étude récente mentionnée en note dans l’article précédent). J’ai adopté en plusieurs circonstances significatives des positions conformes à l’indépendance du mouvement syndical.

     Comme cela apparaît  dans ce blog, et comme en témoignent mes ouvrages, articles et études, je me consacre à l’Histoire dans les domaines de la Fonction publique, du syndicalisme des fonctionnaires et de la Commune de Paris dans une démarche s’efforçant de s’inscrire  dans les  règles et contraintes de la recherche historique.

     Ces précisions n’ont pas d’autre objet que de définir et de délimiter le champ et la nature  de mes interventions.

 

III- La politique de la Fonction publique

       Mon dernier ouvrage L’Etat et les fonctionnaires que j’ai présenté et commenté à plusieurs reprises  traite un sujet largement inédit : l’histoire de la politique salariale de l’Etat et de l’organisation des carrières des fonctionnaires de la fin du XIXe siècle à 1986. Inséré en publication numérique sur le site Calaméo, il est une contribution à l’histoire de la fonction publique aussi accessible à l’appréciation et à la critique que les ouvrages  édités sur papier, même si les rubriques « notes de lecture » de certaines  publications et revues ne se sont pas encore adaptées à cette réalité d’aujourd’hui.

       La période 1981-1984-1986  fait l’objet de la quatrième partie du volume 3, composée de quatre chapitres (La mise en place d’une nouvelle politique- La politique salariale 1981-1984-Un ensemble de réformes - Le statut général des fonctionnaires de l’Etat et des collectivités territoriales) d’un chapitre  sur « Une gestion infléchie dans une politique de rigueur (1984-1986) » et d’un 6e et dernier chapitre présentant un « Etat de la fonction publique en 1986 » par un « regard sur le siècle ».

        Cette période est également traitée dans la deuxième partie de ma communication au colloque de l’IHS-CGT  des 14-15 mai 2008 «  La CGT de 1966 à 1984 : l’empreinte de mai 1968 ».

       On dispose donc d’un ensemble d’études sur la politique menée par le ministère de la fonction publique des gouvernements Mauroy et Fabius en 1981-1984 et en 1984-1986.

       Je suis au regret de constater qu’il n’en va pas de même de l’histoire  du mouvement syndical CGT des fonctionnaires et de ses rapports avec le pouvoir politique.

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE - dans Histoire
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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 11:33

   Le ministre Gérard Longuet, qui vient de se manifester  sur le thème de la complicité avec le Front national, n’est pas un inconnu pour les anciens militants du syndicalisme des fonctionnaires.

   La partie législative du  statut général des fonctionnaires n’avait subi aucune modification entre juillet 1965 et juin 1970 et n’en avait connu aucune depuis juillet 1978,  lorsque le député Gérard Longuet  présenta au nom de la commission des lois de l’Assemblée nationale un projet d’Avis sur le projet de loi de finances pour 1980. Ce projet avait fait quelque bruit, car il proposait une réforme radicale de la fonction publique ramenant à environ 400.000 le nombre des agents conservant la qualité de fonctionnaire, les autres étant affectés dans des agences, et relevant de conventions collectives (Extrait de L’Etat et les fonctionnaires ).

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE - dans Fonction publique
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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 07:50

Ce deuxième anniversaire consacre le franchissement d’une étape importante.

   -  Dans ce  blog, qui  a été ouvert le 1er mai  2010,  250  articles ont été insérés sur les thèmes annoncés dans la bannière (Fonction publique, Syndicalisme des fonctionnaires), axés sur la recherche historique qui reste par ailleurs un domaine négligé, et sur la Commune de Paris à laquelle j’ai consacré  trois ouvrages et coordonné un  ouvrage collectif.

   -   Ensuite a été engagée l’insertion  de textes en publications numériques  sur le site internet Calaméo. Les articles du blog publiés en 2010 et 2011 ont été reproduits sur ce site dans deux brochures. Au total à ce jour huit documents pour un total de 585 pages. Les plus  substantielles de ces publications sont les trois volumes qui subdivisent l’ouvrage L’Etat et les fonctionnaires qui reprend  des travaux antérieurs et leur donne une dimension inédite.

   -  Dernière innovation, l’insertion sur Dailymotion d’une première vidéo, réalisée par l’Atelier de l’Histoire du Centre national de la fonction publique territoriale ( CNFPT) pour un entretien sur les problèmes généraux de la fonction publique.

     Ainsi on peut prendre connaissance de mes communications aux trois adresses suivantes :

                         -http://renebidouze.over-blog.fr

                         -www.calaméo.com/accounts/508865

                         -www.dailymotion.com/bidouze

 

 

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 16:39

 

Les "Ateliers de l'Histoire" du CNFPT (Centre national de la fonction publique territoriale) ont réalisé un DVD sur le thème "De l'emploi à la carrière" reproduisant un entretien de deux heures avec René Bidouze.

Cet entretien est un témoignage constituant un tour d'horizon des problèmes généraux de la fonction publique au long de son histoire accompagné de vues sur son avenir.

Cette vidéo dont la sortie était annoncée dans une note en date du 24 février 2012 doit s'inscrire ultérieurement dans l'élaboration et la diffusion de petits films pédagogiques.

Ci-dessus un premier extrait du début de cet entretien. Subdivisée en quatre vidéos elle peut être d'ores et déjà consultée sur


www.dailymotion.com/bidouze

 

 

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE - dans Fonction publique
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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 12:52

         

 

 

images[1]-copie-1René Bidouze, La Commune de Paris telle qu’en elle-même. Une révolution  

            sociale  aux avant-postes de la République et des libertés municipales

                                    Le temps des cerises,  Réédition 2009.

                                                 (Extrait p 118-119-120)

 

Pendant les soixante-douze journées de la Commune de Paris, le drapeau rouge, remplaçant le drapeau tricolore, flottait sur l’Hôtel de Ville et sur tous les monuments publics. L’insigne des fonctionnaires municipaux  était une écharpe rouge frangée d’or.

Le drapeau rouge trouve son origine dans la loi martiale du 21 octobre 1789 qui  autorisait  les responsables municipaux à réquisitionner et à utiliser la force armée contre toute manifestation présentant un danger pour l’ordre public, après sommation  concrétisée en hissant  un drapeau rouge sur la maison commune. Elle ne fut appliquée qu’une seule fois, le 17 juillet 1791, lors d’une manifestation au Champ-de-mars à Paris marquée par une fusillade  qui fit une cinquantaine de morts. Elle devait être abrogée en 1793, pour être remplacée par les législations sur l’état d’urgence et l’état de siège.

Le drapeau rouge resta comme le symbole de l’insurrection et du sang ouvrier répandu. Aussi, en 1848, après les journées de février et la constitution du gouvernement provisoire, les ouvriers parisiens en armes voulaient qu’il fut l’emblème national. Le 25 février, Lamartine, ministre des Affaires étrangères dans ce gouvernement, affirma dans un discours enflammé que «  le drapeau tricolore a fait le tour du monde, avec le nom, la gloire et la liberté de la patrie », et un décret maintint ce drapeau comme emblème national. Cependant, les manifestants groupés le lendemain sur la  place de l’Hôtel de Ville, arboraient le drapeau rouge, et contraignaient le gouvernement à délibérer. Ce dernier maintint le drapeau tricolore, mais précisa : « Comme signe de ralliement et comme souvenir de reconnaissance pour le dernier acte de la révolution populaire, les membres du gouvernement provisoire et les autres autorités porteront la rosette rouge, laquelle sera placée aussi à la hampe du drapeau. » « Rosette rouge qui ne vivra que ce que vivent les roses » dira justement un historien de ces événements.

Dans la partie « non officielle » du Journal officiel de la Commune en date du 31 mars 1871, était publié un article intitulé « Le drapeau rouge » qui traitait  en ces termes l’adoption du drapeau tricolore en 1789 : « on crut pouvoir concilier toutes les classes, et l’on adopta le drapeau tricolore : ce fut une contradiction avec le principe de l’égalité devant la loi, et une erreur bien pardonnable dans une époque de transition. Mais on n’arrivera jamais  à mêler ensemble le mercure, l’eau et l’huile. » Après une violente diatribe contre Lamartine et son discours de 1848, cet article se terminait ainsi : « A nouvelle ère, nouveau drapeau ! Le drapeau du travail, de la paix et de l’égalité, le drapeau rouge ! »

Pourtant, si  le drapeau rouge était l’emblème de la lutte révolutionnaire et le restera, le drapeau tricolore  avait  aussi sa place dans l’histoire de France. Le 17 juillet 1789, le roi Louis XVI, reçu à l’Hôtel de Ville de Paris par le maire Bailly et le commandant de la garde nationale La Fayette, recevaient la cocarde parisienne tricolore, qui devenait la cocarde nationale. Selon  le décret de la Convention daté du 27 pluviôse an II  (15 février 1793) : «  Le pavillon, ainsi que le drapeau national, sera formé des trois couleurs nationales disposées en trois branches égales, de manière que le bleu soit attaché à la garde du pavillon, le blanc au milieu et le rouge flottant. » Le drapeau blanc à fleur de lys fut adopté par la Restauration, mais il disparut définitivement en 1830, l’article 67 de la Charte de la monarchie de Juillet précisant : «  La France reprend ses couleurs. A l’avenir, il ne sera plus porté d’autre cocarde que la cocarde tricolore. » Les constitutions de la IVe et de la Ve Républiques précisent expressément que le drapeau tricolore est l’emblème national.

A Paris, pendant la Commune, paraissaient plusieurs dizaines de journaux. Ils portaient presque tous la date du calendrier révolutionnaire et celle du calendrier grégorien. Début mai, la Commune accentuait ses références à la Révolution française : un Comité de salut public était créé, des commissaires civils étaient nommés auprès des généraux commandant les trois armées, les textes publiés au Journal Officiel étaient datés de floréal an 79, et dans les derniers jours, à partir du 20, de prairial. Mais cette datation n’était pas systématiquement appliquée. On sait aussi que la Commune remit en honneur le terme « citoyen » supplantant le terme « monsieur ».

Si la Commune de Paris donnait au drapeau rouge un prestige qui symbolisera au long du XXe siècle, les luttes et les espoirs du mouvement ouvrier, elle n’avait pas d’hymne officiel. La Marseillaise, décrétée chant national par la Convention,  éliminée à partir du Premier Empire, ne redeviendra l’hymne national qu’en 1879. Le communard Eugène Pottier a écrit la première version des paroles de L’Internationale en juin 1871, et Pierre Degeyter n’en écrira la musique qu’en 1888. Il fut invité au VIe congrès de l’Internationale communiste en septembre 1928 avec quelques survivants de la Commune de Paris. L’Internationale sera l’hymne officiel de l’URSS jusqu’en 1947 et restera le chant des révolutionnaires dans le monde entier. Le temps des cerises, dont l’auteur était un autre communard, Jean-Baptiste Clement, datait de 1866. On ne traitera pas ici du passionnant sujet des chansons de cette époque, ni du parcours prestigieux de ces deux chants. Mais lorsque nous évoquerons la résonance de la Commune de Paris dans l’histoire du mouvement ouvrier et révolutionnaire, nous ne manquerons pas de mentionner les conditions dans lesquelles le Parti communiste français, dont la fidélité à la Commune ne sera pas exempte d’interprétations  qu’il faut aujourd’hui discuter, « réconcilia » en 1934 le drapeau rouge et le drapeau tricolore, La Marseillaise et l’Internationale  et s’engagea alors dans une politique dont la portée historique ne peut être contestée, alors que Trotsky  condamnait « le mariage du drapeau de la Commune avec celui de Versailles. »

 

 

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE - dans La Commune
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  • René BIDOUZE
  • En un demi-siècle, j’ai fait le « tour de la table » de la politique de la fonction publique comme syndicaliste, directeur du cabinet du ministre, conseiller d’Etat en service extraordinaire,  auteur d'ouvrages.
  • En un demi-siècle, j’ai fait le « tour de la table » de la politique de la fonction publique comme syndicaliste, directeur du cabinet du ministre, conseiller d’Etat en service extraordinaire, auteur d'ouvrages.

Eléments biographiques

  Né le 2 décembre 1922 à Jurançon (Pyrénées-Atlantiques)

 

-Fonctionnaire

 Receveur divisionnaire des Impôts honoraire

 

-Dirigeant national du mouvement syndical des fonctionnaires (1958-1978)

  Secrétaire du Syndicat national des Contributions indirectes 1958-1963

  Secrétaire général de la Fédération des finances CGT 1963-1970

  Secrétaire général de l’Union générale des fédérations de fonctionnaires (UGFF) et

  Membre du conseil supérieur de la fonction publique 1970-1978

  Membre de la commission exécutive de la CGT 1969-1975.

 

  Membre du conseil d’administration de l’Institut CGT d’histoire sociale.

 

-Directeur du cabinet du ministre de la fonction publique et des réformes administratives  (juin 1981-novembre 1983).

 

-Conseiller d’Etat en service extraordinaire (novembre 1983-novembre 1987).

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