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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 08:47

   Je passe beaucoup de temps devant les chaînes d’information de la télévision, à l’écoute de la radio et à la lecture des quotidiens. Je lis beaucoup d’ouvrages, articles,  études portant sur les sujets les plus divers, notamment les publications syndicales. J’écoute les propos et déclarations des hommes politiques (au sens générique du terme)  et les questions que leur posent les journalistes (souvent subalternes et au ras des pâquerettes). Je crois être au courant de l’actualité politique, économique, juridique….

   Et pourtant, quand je reviens sur mon blog, où j’ai inséré près de 200 articles depuis son ouverture en mai 2010 sur le thème HISTOIRE-Fonction publique-Syndicalisme des fonctionnaires-Commune de Paris, je me demande  si je ne suis pas un dinosaure survivant déambulant sur une autre planète.

   Heureusement il est des internautes qui se manifestent sur ces sujets et auxquels je réponds volontiers.  Ils savent que les animaux de mon espèce ne sont pas carnivores.

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE - dans Fonction publique
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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 08:42

   Dans les années 1979-1981 la question de savoir si je  pouvais donner une suite au premier tome de Fonctionnaires sujets ou citoyens portant sur la période des origines à la scission de 1947-1948 qui venait d’être publié  ne pouvait m’échapper. Je l’abordais en ces termes dans la préface du tome 2 ( dont le texte  vient d’être reproduit dans ce blog) après avoir mentionné  certaines  autres limites de ce travail : « Enfin la période étudiée, surtout la dernière décennie, n’est pas encore du domaine de l’histoire ; en particulier il est certain que les développements de la politique de l’Etat à l’égard de la fonction publique et des fonctionnaires, les positions adoptées par les différentes organisations syndicales, l’évolution de leurs structures, posent une multitude de problèmes qui sont ou peuvent être l’objet de débats, voire de controverses… »

   Je ne regrette pas ma décision d’alors- qui relevait non d’une position de principe, mais  de l’opportunité de l’étude de ces sujets- car au cours des décennies suivantes, j’ai poursuivi ma recherche en publiant au fil du temps un ensemble d’articles et d’analyses  qui ont complété et enrichi le texte initial  et constitueraient, si on les rassemblait pour une réédition, une sorte de troisième volume.  

  A ma connaissance, ces textes  n’ont donné  lieu à aucune contestation. Il est vrai que certains  ont préféré, pour des raisons diverses  faire semblant d’ignorer leur existence, bien que l’expression sujets ou citoyens ait connu un sort enviable.

   Lorsque j’ai engagé, ces dernières années, la rédaction de l’ouvrage récemment publié en numérique sous le titre L’Etat et les fonctionnaires pour étudier la « politique salariale de l’Etat » (qui s’applique pour une large part aux entreprises du secteur public) et de l’organisation des carrières des fonctionnaires de la fin du XIXe siècle à nos jours,  je me suis posé  en ces termes la question de la période à étudier :

  «  S’agissant d’une contribution à l’histoire, on pourrait se demander si la période 1986-2006 doit y être incluse. La réponse est positive pour un ensemble de raisons. Au cours de cette période caractérisée par les alternances et les « cohabitations », des réformes structurelles majeures  marquent à la fois  – qu’il s’agisse de la politique salariale de l’Etat ou de la politique statutaire et catégorielle – une rupture avec les périodes précédentes, et une continuité de l’action gouvernementale qui l’emporte largement sur les différences. Bien qu’elle ne dispose pas de tout le recul nécessaire, elle est une histoire du temps présent indispensable à la compréhension des débats et décisions en cours et des questions essentielles de l’avenir de la fonction publique en France en ce début de XXIe siècle. »

   La conférence que j’ai présentée à l’occasion de l’assemblée générale de l’IHS-CGT le 3 mai dernier sur Les services publics dans l’histoire sociale  aurait perdu une  part de son utilité concrète si elle n’avait pas traité des services publics dans la France contemporaine (1986-2006), c’est-à-dire d’une période de « cohabitations » et « d’alternances » marquée par les privatisations de 1986 et 1993, et les différents aspects de la concurrence et de la déréglementation dans le contexte européen ou encore la « désindexation des salaires »  décidée en 1983 et devenue par la suite une constante de la politique salariale (1).

   Quant aux ouvrages de Jeanne Siwek -Pouydesseau, ils traitent de la période contemporaine, et personne, à ma connaissance, n’a trouvé à redire, même si certaines de ses appréciations peuvent donner lieu à contestation ou débat, ce qui est dans l’ordre des choses.

   Pour un ensemble de raisons sur lesquelles je me suis abondamment expliqué, les questions de la période en cours (dont on peut fixer aisément les limites) n’interviennent  néanmoins qu’incidemment dans mes analyses et commentaires qui ne se confondent  donc pas avec ceux des organisations syndicales de fonctionnaires, dont l’attitude  sur les questions d’histoire peut souvent donner lieu par ailleurs à interrogation.

   Telle est ma position personnelle sur l’opportunité de traiter, dans les travaux  auxquels je me suis livré au long des dernières décennies (sur le syndicalisme des fonctionnaires et ensuite sur les problèmes généraux la fonction publique) de périodes dont on peut estimer qu’elles relèvent de « l’histoire du temps présent ».

 

 

(1) Cette conférence a été présentée – il n’est peut-être pas inutile de le préciser- pour répondre à une demande insistante de la direction de l’IHS-CGT appuyée par les représentants des diverses composantes du secteur public. 

 

 

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE - dans Histoire
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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 09:54

La conclusion de Fonctionnaires sujets ou citoyens ?

Le syndicalisme de la scission de 1947-1948 à 1981

 Editions sociales Notre temps /société, 1981, 378 pages

                                                          

 

    Cette conclusion du tome II de l’ouvrage mis sous presse en mai et publié en juin 1981 avait   été rédigée en avril. Fin juin, après l’élection de François Mitterrand à la présidence de la République, la dissolution de l’Assemblée nationale et les élections législatives, j’étais nommé directeur du cabinet d’Anicet Le Pors, ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de la Fonction publique et des réformes administratives dans le gouvernement de Pierre Mauroy. Une politique de réformes débouchant sur une nouvelle version du Statut général des fonctionnaires allait s’engager.  

 

                                                                  O

 

 

                                 en conclusion :

un puissant mouvement des fonctionnaires, le plus sûr garant de l'avenir...

 

   « La position des fonctionnaires publics peut et doit même en plusieurs circonstances, leur faire interdire ce qui est licite à d’autres… »

 

   « Le fonctionnaire est homme de silence. Il sert, il travaille, il se tait… »

 

 

  Un siècle et demi sépare ces deux formules. La première est de  Théophile Berlier, comte du Premier  Empire,  la  seconde  est de Michel Debré, un des dignitaires de la Ve République, père de l’Ecole nationale d’administration.

   La bourgeoisie française a toujours voulu que les fonctionnaires soient des « sujets ».

   C’est le grand mérite du syndicalisme – des pionniers bravant la vindicte  du pouvoir dans les dernières décennies du XIXe siècle aux militants d’aujourd’hui – d’avoir lutté sans trêve pour que les fonctionnaires soient des « citoyens ».

   Au début du siècle, la lutte est rude pour imposer le droit syndical des agents de l’Etat, combattu par Clemenceau le « briseur de grèves », soutenu par Jean Jaurès et Anatole France. Le plus grand des titres de noblesse, pour le syndicalisme des fonctionnaires, c’est d’avoir forcé les barrages à sa présence et à son action, d’avoir conquis de haute lutte son droit à la vie reconnu de facto par le Cartel des gauches en 1924, consacré dans la loi par le Statut général au lendemain de la lutte patriotique contre l’occupant hitlérien.

    Jamais les hommes qui ont milité dans le mouvement syndical des fonctionnaires n’ont cédé devant les campagnes haineuses contre les « budgétivores » des réactionnaires de tout poil, qu’ils s’affublent du masque de la « Ligue des contribuables » dans l’entre-deux-guerres, de celui du « Poujadisme » dans les années 1950, ou à toutes les époques, des élucubrations intéressées des nantis et de leurs valets sur « le train de vie de l’Etat.

    De la formule de Berlier à celle de Debré, il y a la longue litanie des maîtres de la finance, des politiciens démagogues, les amères illusions semées par des hommes de gauche faisant une politique de droite.

    Mais ce chemin est jalonné de luttes pour la vie, pour la dignité, pour le bien public, animées par un mouvement syndical très longtemps dominé par le réformisme, mais se frayant la voie vers une conception de lutte de classes, un mouvement syndical dont toute l’Histoire est traversée par la recherche passionnée de la solidarité de destin avec la classe ouvrière.

     Les fonctionnaires ont acquis dans les combats du peuple français pour les libertés, la paix, le progrès social, dans les luttes pour une Administration au service de la nation, pour la défense de leurs intérêts de salariés et de citoyens, une riche expérience.

    Certes, quelques ombres voisinent avec ces lumières. Ce syndicalisme a secrété des dignitaires et des politiciens qui ont oublié les engagements de leur jeunesse et ont même utilisé leurs anciennes fonctions syndicales comme un tremplin pour leurs ambitions.

    Mais l’histoire sociale reconnaîtra les siens. Il reste, et là est l’essentiel, que la France est le seul des grands pays capitalistes développés où les agents de l’Etat se soient donné, avec la CGT, un mouvement syndical fondant son action sur les conceptions de classe, largement représentatif, dressant le barrage au « consensus social » désespérément recherché par les tenants du vieux monde, tenant toute sa place dans la lutte pour une autre société, pour le socialisme.

     En ces temps difficiles mais exaltants, puissent les jeunes générations ne jamais oublier la leçon de l’Histoire : un puissant mouvement des fonctionnaires est le plus sûr garant de leur avenir.

 

 

                                                                Paris, avril 1981.

 

 

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE - dans Fonction publique
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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 09:02

     Pour donner  une première suite à mes précédents articles, on trouvera ci-après le texte de l’Introduction au 2e volume de mon ouvrage Les fonctionnaires sujets ou citoyens ? qui  paraissait aux Editions sociales en juin 1981.

     On assortira par la suite cette publication de quelques compléments et commentaires.

 

Les fonctionnaires sujets ou citoyens

Le syndicalisme de la scission de 1947-1948 à 1981

En guise de préface

   Un premier volume, préfacé par Alain Le Léap, premier secrétaire général de l’Union générale des fédérations de fonctionnaires à sa création en 1946, devenu plus tard secrétaire général de la CGT aux côtés de Benoît Frachon, était consacré au syndicalisme de la Fonction publique des origines à la scission de 1947-1948.

   Celui-ci couvre la période allant de la scission à nos jours.

   Pour situer le champ de cette recherche, il faut rappeler qu’elle s’applique au mouvement syndical des fonctionnaires proprement dits. Les « fonctionnaires », comme les « postiers », les « communaux », les « hospitaliers » ont leur propre histoire. Un large fond commun les rassemble, marqué par une réalité contradictoire faite d’unité et de diversité, d’actions coordonnées et de conflits d’intérêts et de tendances. Elle ne pouvait davantage  traiter de l’histoire particulière des dizaines de syndicats nationaux, qui recoupe cependant assez largement celle du syndicalisme fédéral sans pour autant se confondre avec lui.

   Avant la Seconde guerre mondiale, le mouvement syndical de la Fonction publique a connu des luttes internes et la division. Mais la Fédération générale des fonctionnaires réunifiée en 1935 et transformée en UGFF en 1946 était une grande organisation, jouant au sein de la CGT un rôle fort important.

Après la scission de 1947-1948, l’UGFF, les fédérations et les syndicats qu’elle regroupe continuent. Mais partout des organisations homologues sont affiliées à « Force ouvrière ». D’autres deviennent autonomes. La Fédération de l’éducation nationale, bien que constituée dans un seul secteur de la Fonction publique est aussi une fédération de fonctionnaires qui prendra rang de centrale syndicale. La Fédération CFTC qui avant 1945 ne comptait guère,  voit à la faveur de la scission, son influence prendre un certain développement. Elle donne naissance à une nouvelle fédération dans la CFDT en 1964, mais une CFTC se maintient. En 1959, se crée une Fédération des cadres affiliée  à la CGC. Dans la période contemporaine, les pouvoirs publics considèrent comme représentatives sept organisations (CGT ; CFDT ; FO ; FEN ; CFTC ; CGC ; Autonomes)..

   La rédaction de ce tome  II posait donc un problème majeur : était-il possible de traiter de l’histoire du syndicalisme des fonctionnaires pour cette période en étudiant de façon détaillée l’activité, l’évolution interne de chacune de ces organisations ? Il a paru sage de renoncer à cette approche particulièrement vaste et hasardeuse et d’articuler l’étude autour du syndicalisme CGT qui reste la force la plus représentative et développe son action au sein de la première centrale ouvrière de notre pays. D’ailleurs une telle étude conduit constamment à l’examen de faits et d’événements où sont impliquées les autres organisations, et à l’analyse des rapports entre elles.

    Ainsi apparaissent les limites de ce travail  dont il est cependant légitime d’espérer qu’il sera une contribution à l’étude générale du mouvement syndical. 

     Enfin la période étudiée, surtout la dernière décennie, n’est pas encore du domaine de l’histoire. En particulier il est certain que les développements de la politique de l’Etat à l’égard de la fonction publique et des fonctionnaires, les positions adoptées par les différentes organisations syndicales, l’évolution de leurs structures, posent une multitude de problèmes qui sont ou peuvent être l’objet de débats, voire de controverses.

     Ici, l’auteur, tout en s’efforçant de respecter la vérité des faits, s’inscrit directement dans le combat pour le triomphe de la conception d’un syndicalisme démocratique de classe et de masse, qui fait l’originalité et l’efficacité de la CGT. Il voit dans les événements des deux dernières  années la confirmation et même l’éclatement au grand jour des tendances, des contradictions et des affrontements au travers desquels la lutte pour le fonctionnaire citoyen se fraie le chemin.

 

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE - dans Fonction publique
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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 15:30

   Dans l’introduction de l’Histoire de la fédération CGT des PTT  évoquée dans les articles précédents, il est précisé que  « Au-delà de 1981, les auteurs ont considéré qu’ils n’avaient pas assez de distance et qu’ils étaient trop « partie prenante » pour aborder cette période. »

   Ainsi s’est posée la question de la période à étudier et  celle du traitement par des militants syndicaux de  périodes au cours desquelles ils ont exercé des responsabilités. 

   La démarche des auteurs de l’ouvrage relève de leur libre détermination, je la considère comme telle, et je n’ai pas d’autre commentaire à faire.

   Cependant, ayant eu à faire face à ces mêmes questions pour ce qui concerne le syndicalisme général des fonctionnaires et la fonction publique, je leur ai apporté de longue date et encore récemment  mes propres  réponses.

   On y reviendra dans les prochains articles

 

 

 

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE - dans Histoire
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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 08:26

 

 

Les relations entre la fédération CGT des PTT et l’Union générale des fédérations de fonctionnaires étaient,  au long des années 1970,  particulièrement fraternelles et efficaces. On peut lire à ce sujet, dans l’ouvrage qui vient de paraître, le commentaire suivant :

 « Pour la fédération des PTT, L’Union générale des fédérations de fonctionnaires est, dans cette période, un fidèle et solide compagnon de luttes avec lequel les rapports sont empreints d’une réelle camaraderie, sentiment incarné par René Bidouze et Georges Frischmann qui, au-delà de leurs personnalités différentes, sont unis par une estime réciproque. » (p 452-453).

 Outre les sentiments fraternels qui unissaient  les militants des deux organisations, cette relation recouvrait  un ensemble de réalités juridiques, administratives, historiques, et de conceptions de la lutte sociale.

Cette estime réciproque entre les dirigeants de ces organisations était à la fois le fondement et le résultat d’un ensemble de données objectives qu’il est utile d’analyser comme des éléments d’une longue histoire syndicale.

L’histoire du mouvement syndical des fonctionnaires, des postiers et des enseignants est jalonnée d’innombrables points de rencontre, et aussi de spécificités  qui apparaissent dans les structures, les affiliations, les luttes revendicatives...

Les ouvrages, articles, analyses consacrés à ce sujet fourmillent  d’éléments qui illustrent cette donnée qui est une des pièces maîtresses de l’histoire du mouvement syndical français.

Une anecdote : lorsque, en 1976, j’ai  présenté un rapport sur le 30e anniversaire du statut général des fonctionnaires dans une commémoration organisée en commun sous les auspices du bureau confédéral de la CGT, Georges Frischmann  est venu  me dire à ma descente de la tribune, dans ce langage truculent qu’on lui connaissait : « Bien que tu sois des Finances, je te nomme Postier d’honneur. »(1)

C’est précisément dans l’introduction de Georges Séguy, secrétaire général de la CGT  ( à la rédaction  de laquelle Frischmann n’était, selon mes informations,  pas étranger) que furent définis et décrits  avec une grande clarté le sens et la portée de la coopération des fédérations CGT de fonctionnaires, postiers et agents des services publics et de santé.

Voici le passage du discours de Georges Séguy :

 

      « Le bureau confédéral tient à se féliciter du remarquable exemple de travail commun, de discussions fraternellement poussées jusqu’à l’accord complet entre l’UGFF et les Fédérations CGT des PTT et des Services publics, tant pour les positions à prendre dans les discussions salariales, dans les séances du Conseil supérieur de la fonction publique, que pour le contenu et l’organisation des grèves et manifestations.

       Cet exemple montre éloquemment qu’il est possible dans la CGT de parvenir à une coopération  librement consentie d’organisations dont les buts sont communs sans atténuer l’originalité, les préoccupations particulières et le fonctionnement démocratique de chacune d’elles. 

       Ce travail permanent et unitaire au sein même de la CGT aura apporté une contribution décisive au développement des luttes englobant tout le secteur public. » (2)

(1)Allusion amicale  aux rivalités Finances-PTT qui ont longtemps animé la vie syndicale notamment avant la Seconde guerre mondiale et dans les grandes réformes de la Libération sur le thème des « parités »

 

 

(2) Texte intégral dans une plaquette comprenant également le rapport,  les interventions d’Alain Le Léap, Jacques Pruja, et le message de Pierre Meunier.

                                                                               .

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE - dans Histoire
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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 09:25

 

 

                                    

     La démarche qui consiste – pour l’auteur d’ouvrages consacrés à l’histoire de la fonction publique et  du mouvement syndical des fonctionnaires (1) - à énoncer une série d’analyses et de réflexions à l’occasion de la parution de l’Histoire de la fédération CGT des PTT se fonde sur des réalités juridiques et historiques qui doivent  être rappelées en préambule aux développements qui suivront :

1° Le département ministériel des PTT, doté en 1923 d’un budget annexe et d’un Conseil supérieur, était, selon une jurisprudence constante du Conseil d’Etat, une administration d ’Etat dont les personnels étaient des fonctionnaires.

Cette conception était principalement motivée par le fait que ses conditions d’organisation et de fonctionnement ne pouvaient être considérées comme pleinement assimilables à celles d’une activité industrielle et commerciale et que leur objet s’inscrivait dans la continuité de la vie nationale et de l’ordre public sur l’ensemble du territoire.

  2°  Si  les personnels des PTT étaient des fonctionnaires, leur  fédération, n’était pas affiliée à la Fédération générale des fonctionnaires avant la Seconde guerre mondiale et à l’UGFF après 1946, mais lui était associée sur le terrain des problèmes généraux de la fonction publique. Elle  était donc à ce titre partie intégrante du mouvement syndical des fonctionnaires  et plus largement des services publics (2).

En juin 1978  après  le  16econgrès de l’UGFF qui a consacré ma décision - annoncée un an plus tôt - de mettre un terme à mon  mandat de secrétaire général de l’UGFF et de réintégrer mon administration, (la Direction générale des impôts) j’ai décidé, dans un accord de caractère personnel et amical avec mon ami Henri Krasucki, de m’engager dans la réalisation d’une Histoire du mouvement syndical des fonctionnaires.

Pendant les deux ans et demi qui ont suivi, j’ai exercé les fonctions de directeur divisionnaire des impôts à Paris puis de receveur divisionnaire à Laon, avant de prendre ma retraite administrative au 1er janvier 1981, sept ans avant ma limite d’âge.

Le projet a été réalisé dans cette période. Le premier tome de mon ouvrage Fonctionnaires sujets ou citoyens ? (des origines à la scission de 1947-1948) a  paru dès 1979 aux Editions sociales, et  le second (de la scission de 1947-1948 à 1981) a paru en juin 1981 (1).

Lorsque ce projet a été formé et réalisé, l’existence de l’ouvrage de Georges Frischmann, l’Histoire de la fédération des PTT publié en 1967 était une donnée importante. Il pouvait être considéré comme ayant ouvert la voie à ma recherche car il était le résultat, comme le sera mon ouvrage, du travail personnel d’un dirigeant syndical portant sur de longues périodes antérieures à leur propre présence dans le mouvement et se situant donc sans ambiguïté sur le terrain historique.

 L’histoire de la fédération CGT 1945-1981 qui vient de paraître, se situe dans la même démarche que l’ouvrage de Frischmann  puisqu’il s’agit d’un texte réalisé par des groupes de militants syndicaux sous la direction de Serge Lottier, président de l’institut d’histoire sociale  CGT FAPT (PTT). Cependant, alors que mon livre et celui de Frischmann étaient  des œuvres personnelles, celui-ci est un ouvrage collectif.

Comme je l’ai souvent souligné, les historiens  ne s’étaient pas engagés à cette époque sur ce terrain de recherche et chacun peut constater qu’ils ne l’ont pas fait davantage par la suite. En revanche, la série d’ouvrages de référence que Jeanne Siwek - Pouydesseau directeur de recherche au CNRS a consacrés au syndicalisme des fonctionnaires  s’est ouverte  dix ans plus tard,  en  1989,  par un ouvrage intitulé Le syndicalisme des fonctionnaires jusqu’à la guerre froide.

Sans pour autant prétendre que  ces travaux auraient un caractère exhaustif ou définitif, et sous réserve de la prise en compte de développements  s’appliquant à d’autres grands secteurs de la fonction publique, principalement le monde enseignant qui représente à lui seul la moitié des effectifs de la fonction publique de l’Etat (et dont l’histoire de sa participation au domaine  des problèmes généraux est loin d’être réalisée) (3)  on dispose maintenant d’un fonds d’études élaborées par des militants s’efforçant de se plier aux contraintes de la recherche pour le syndicalisme des fonctionnaires des origines à 1981.

La principale conclusion à dégager de ces premières réflexions est que si après la publication de l’ouvrage de mes amis de l’Institut CGT d’histoire sociale des PTT, l’histoire proprement dite du syndicalisme des fonctionnaires des origines à 1981 peut  encore donner lieu à des travaux et recherches d’une certaine ampleur (par des militants syndicaux  et par des historiens ) celle de la période de 1981 à nos jours est un chantier complètement ouvert (2)

 

(1)   Il  faut  préciser encore une fois que ma réflexion porte sur les questions générales communes traitées par les fédérations générales avec la direction de la fonction publique, les questions catégorielles spécifiques aux personnels des ministères, administrations, établissements publics (qui sont d’ailleurs par définition du ressort  de l’Histoire de la fédération des PTT) sont un domaine très étendu qui n’est pas directement ou principalement dans le champ de cette réflexion.                               

(2)   René Bidouze, Fonctionnaires, enseignants, postiers : un centenaire marquant 1909-2009, Cahiers de l’IHS-CGT n° 110, juin 2009 Cahiers de la FNARH, n° 115 avril-mai-juin 2010 Histoire de la fonction publique et du syndicalisme des fonctionnaires-Episodes marquants, Site Calaméo.

 

(3)    La Fédération de l’Education nationale, et aujourd’hui la Fédération syndicale unitaire (FSU) sont à la fois des organisations de personnels de l’Education nationale et même au-delà, et des Fédérations générales de fonctionnaires représentées au Conseil supérieur de la fonction publique de l’Etat. A notre connaissance, leur histoire sur ce terrain général de la fonction publique reste un champ de recherche.

                                                                               O

Prochain  article :   II-Une coopération fraternelle et efficace.

 

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE - dans Histoire
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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 13:38

Histoire de la Fédération CGT des PTT 1945-1981

La réédition de l’ouvrage de Georges Frischmann, qui traitait  ce sujet pour la  période 1672-1946,  et  la publication concomitante d’un ouvrage collectif  sous la direction de Serge Lottier traitant la période 1945-1981 est un événement qui ne peut manquer de susciter de ma part un ensemble de réflexions et d’analyses qui porteront nécessairement la marque des diverses particularités de mon parcours personnel d’auteur d’une histoire du syndicalisme des fonctionnaires  en deux tomes consacrés à  ces deux mêmes périodes sous le titre Les fonctionnaires sujets ou citoyens ?

A bientôt donc sur ce sujet qui est au cœur de ce blog.

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE - dans Syndicalisme
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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 09:58

       Si, comme Pierre Rosanvallon le soulignait déjà il y a une vingtaine d’années (1) « L’Etat comme problème politique, ou comme phénomène bureaucratique, est au cœur des passions partisanes et des débats philosophiques », il reste « une sorte de non-objet historique » si l’on considère « le très petit nombre de travaux consacrés à l’histoire de l’Etat français ».

      Dans un blog qui se donne pour tâche de reprendre un ensemble de questions concernant l’histoire de la fonction publique et du syndicalisme des fonctionnaires, il n’est pas trop tard pour commenter des écrits et des faits plus ou moins anciens qui se rattachent aux rapports du mouvement syndical avec les questions de l’Etat et des services publics.

 1-Pierre Rosanvallon, L’Etat en France de 1789 à nos jours, Editions du Seuil, 1990.

                                                                        O

     Dans le cadre d’un ensemble de travaux consacrés à la Charte d’Amiens, texte fondamental adopté par le IXe congrès de la CGT en octobre 1906, Danièle Lochak, professeur de droit, a produit une étude intitulée Les syndicats dans l’Etat ou les ambiguïtés d’un combat. Cette étude se présentait comme une réflexion s’appliquant au syndicalisme des fonctionnaires dans ses rapports avec le syndicalisme ouvrier et avec l’Etat de la fin du XIXe siècle à nos jours. Elle affirmait que la réflexion théorique du mouvement syndical sur l’Etat  était faible ou inexistante et  trouvait même dans cette affirmation la justification d’un recours, pour les éléments historiques  servant de fondement à sa thèse, à des travaux de divers auteurs qui – à l’exception de Jeanne Siwek-Pouydesseau dont plusieurs ouvrages sont consacrés au syndicalisme des fonctionnaires- ne pouvaient être considérés comme spécialement compétents en la matière, et se citaient mutuellement sans avoir eux-mêmes procédé à de véritables recherches dans les documents et archives disponibles et dans les innombrables publications du mouvement syndical.

    Cette étude énumérait dans une succession de qualificatifs les  ambiguïtés, les contradictions, les ambivalences, voire le double langage  et les retournements historiques du mouvement syndical. Détruire l’Etat mais sauvegarder le service public, Prolétaires exploités mais fonctionnaires protégés, Combat de classe mais  défense corporatiste, Subversion  ou intégration, tels  étaient  les titres des quatre chapitres.

    Il s’agissait en premier lieu d’étayer la thèse selon laquelle le « syndicalisme intégral » ou le « syndicalisme révolutionnaire » du début du XXe siècle se donnait pour objectif de « détruire l’Etat ». Mais l’exposé qui en était  fait reconnaissait que la doctrine restait «  assez floue », qu’elle était marquée de divergences, qu’elle  était  défendue par des minorités et  constatait  que la Première Guerre mondiale a accentué le déclin de ce syndicalisme et celui des thèses anarchistes au sein du mouvement ouvrier.

     Cette  tentative de caractériser le syndicalisme des fonctionnaires dans cette période ignorait un certain nombre de données essentielles. D’abord que ce mouvement était encore composé d’associations professionnelles et non de syndicats, dont l’existence était interdite et faisait l’objet, en plusieurs circonstances, de l’action répressive des gouvernants.

     Cette étude  ne traitait pas des orientations et des actes des gouvernements de la IIIe République – d’ailleurs eux-mêmes  ambigus et contradictoires- et de la jurisprudence du Conseil d’Etat auxquels  se heurtait le mouvement associatif et syndical naissant des fonctionnaires. Autrement dit cette vision unilatérale des positions syndicales passait à côté d’un aspect déterminant : le fait que les positions syndicales étaient largement conditionnées  par la politique gouvernementale et se développaient en  résistance et en riposte.  Au lieu de consacrer des pages à tenter -sans y parvenir- d’accréditer l’idée que le syndicalisme des fonctionnaires se serait empêtré dans des contradictions insurmontables, il eût été plus simple de constater que les fonctionnaires de l’époque voulaient obtenir la « capacité syndicale », de traiter des éléments attestant les conditions dans lesquelles ils ont agi pour faire prévaloir cette revendication à laquelle ils ne renonceront jamais, et d’exposer ensuite   comment cette question sera tranchée en fait  dans l’entre-deux-guerres et en droit au lendemain de la Libération.

       L’étude estimait que dès l’entre-deux-guerres et de façon plus nette encore après la Libération, l’attitude des syndicats vis-à-vis de l’Etat a changé. Mais au lieu de se référer aux travaux qui ont décrit l’histoire du syndicalisme des fonctionnaires et de ses rapports avec l’Etat avant la Seconde guerre mondiale, elle  s’affirmait  contrainte par une carence des analyses syndicales de recourir à des « prises de position ponctuelles » pour arriver « à dégager les principales caractéristiques de l’attitude des syndicats ».

     Ainsi Alain Le Léap  offrirait « l’illustration la plus parfaite » d’un « opportunisme théorique qui s’embarrasse peu de fidélité aux dogmes » dans la préface du livre de « son successeur René Bidouze ». Oubliant ou ignorant que Le Léap exerçait (pendant les deux premières années de l’UGFF) la  responsabilité de secrétaire général de  cette organisation l’précisément dans la période d’élaboration du statut général des fonctionnaires  à laquelle Jacques  Pruja secrétaire général adjoint coopérait activement avec le cabinet de Maurice Thorez, l’étude le citait longuement pour affirmer qu’il décrivait « rétrospectivement » l’époque de la Libération dans des termes « plus gaulliens que révolutionnaires ».

      Plus loin c’est Georges Séguy qui  était épinglé pour avoir affirmé lors de la célébration du 30e anniversaire du statut général des fonctionnaires, que les travailleurs du secteur privé constituent  la classe ouvrière « proprement dite » au nom d’une CGT « oublieuse des positions défendues dans le passé »  (c’est-à-dire en fait celles qu’on lui prête  pour les besoins de la démonstration ) selon lesquelles  « l’Etat est un patron comme les autres et les fonctionnaires des salariés comme les autres ».

    Sur ces bases on affirmait que les syndicats de fonctionnaires auraient été marqués par deux « retournements historiques » remarquables  liés entre eux : « Jadis prolétaires en lutte contre un Etat-patron à abattre, les fonctionnaires en sont progressivement venus à se considérer comme les garants de la pérennité du service public. Parallèlement le statut, jadis considéré comme une marque d’inféodation à l’Etat-patron, est désormais présenté non seulement comme une protection du fonctionnaire, mais à travers lui du service public, voire de l’ensemble des travailleurs ».

    Les considérations plus ou moins habituelles sur le statut général des fonctionnaires  venaient  alors  tout naturellement comme un exercice obligé dans ce contexte de la pensée  des élites politico-intellectuelles agrémenté de quelques outrances  sur l’abandon du « Grand soir », sur l’idée que l’adoption du statut aurait pu impliquer « l’intégration à l’appareil d’Etat », sur « l’idéal autogestionnaire » qui se serait « mué en une sorte de cogestion qui n’ose pas dire son  nom »…

    Quel que soit le but poursuivi par l’auteur, de telles spéculations intellectuelles étaient  de nature à porter atteinte à la légitimité et à l’efficacité du combat syndical. On nous permettra d’opposer  à ce système de pensée et d’expression une démarche caractérisée à la fois par des  études historiques et juridiques fondées sur les matériaux et les méthodes classiques de la  recherche  et sur l’incontournable expérience individuelle ou collective acquise dans l’exercice de responsabilités syndicales et administratives.

 

 

 

 

 

 

 

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE - dans Histoire
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16 octobre 2011 7 16 /10 /octobre /2011 09:18

      Dans le n° 119 -septembre 2011

 -un compte rendu de ma conférence du 3 mai dernier sur  Les services publics dans l’histoire sociale (p 5)

- mon article sur « Les cartels des services publics » (p 17-19)

 

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  • René BIDOUZE
  • En un demi-siècle, j’ai fait le « tour de la table » de la politique de la fonction publique comme syndicaliste, directeur du cabinet du ministre, conseiller d’Etat en service extraordinaire,  auteur d'ouvrages.
  • En un demi-siècle, j’ai fait le « tour de la table » de la politique de la fonction publique comme syndicaliste, directeur du cabinet du ministre, conseiller d’Etat en service extraordinaire, auteur d'ouvrages.

Eléments biographiques

  Né le 2 décembre 1922 à Jurançon (Pyrénées-Atlantiques)

 

-Fonctionnaire

 Receveur divisionnaire des Impôts honoraire

 

-Dirigeant national du mouvement syndical des fonctionnaires (1958-1978)

  Secrétaire du Syndicat national des Contributions indirectes 1958-1963

  Secrétaire général de la Fédération des finances CGT 1963-1970

  Secrétaire général de l’Union générale des fédérations de fonctionnaires (UGFF) et

  Membre du conseil supérieur de la fonction publique 1970-1978

  Membre de la commission exécutive de la CGT 1969-1975.

 

  Membre du conseil d’administration de l’Institut CGT d’histoire sociale.

 

-Directeur du cabinet du ministre de la fonction publique et des réformes administratives  (juin 1981-novembre 1983).

 

-Conseiller d’Etat en service extraordinaire (novembre 1983-novembre 1987).

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