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22 septembre 2014 1 22 /09 /septembre /2014 08:23

Je vais maintenant tourner délibérément la page que j’ai ouverte cet été en reprenant le cours de ma démarche et en lui donnant quelques développements personnels. La nouvelle série d’articles mettra en évidence des traits caractéristiques de la politique du gouvernement de la période 1981-1984 et de son ministère de la fonction publique. Elle tentera de situer dans ce contexte quelques postures et responsabilités du pouvoir politique et des différents « partenaires sociaux ». Elle agrémentera cette série de quelques témoignages personnels.

Pour avoir une idée de la politique du gouvernement Mauroy dans le domaine de la fonction publique, il convient de prendre connaissance des textes qui ont analysé et décrit l’ensemble de cette politique, des travaux syndicaux et politiques antérieurs à 1981, de ses liens avec le projet de Décentralisation conduit par Gaston Defferre, et même avec les projets relatifs à la Recherche scientifique menés par Jean-Pierre Chevènement, des arbitrages du Premier ministre, des modalités et des résultats de la concertation entre les ministères concernés et les organisations syndicales représentatives, des débats parlementaires reflétant les positions des partis politiques, des mesures législatives et réglementaires qui en ont résulté.

J’ai le sentiment - mais il appartient à chacun d’en juger - qu’une bonne part de ces éléments restent méconnus, même après les manifestations commémoratives de l’année dernière que je n’ai pas manqué de critiquer. Encore une fois il ne s’agit ni d’exalter cette politique ni de la dénigrer, mais de l’analyser aussi correctement que possible.

Je suggère à nouveau comme un véritable préalable la consultation de mon ouvrage numérique « L’Etat et les fonctionnaires, de la plume sergent-major à internet » inséré sur le site Calaméo, qui a fait récemment l’objet d’une Note de lecture dans Les Cahiers de l’Institut CGT d’Histoire sociale (cf article du 7 mai 2014 dans ce blog).

-La septième partie ( pages 150 -196) s’intitule

La gauche au pouvoir : la législature 1981-1986

-La huitième et dernière partie ( pages 197-261) s’intitule

Les fonctions publiques des décennies 1986-2006

Je citerai d’autres références dans la prochaine note.

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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18 septembre 2014 4 18 /09 /septembre /2014 08:56

En faisant peser une chape de plomb sur l’Histoire sociale et en spéculant sur le fait que les générations actuelles ne peuvent avoir connu certaines périodes marquantes, on peut dire n’importe quoi. Par exemple que les orientations actuelles de l’UGFF- CGT (sur lesquelles je n’interviens en aucune manière) seraient une « révolution de la négociation» dans une organisation présentée comme ayant longtemps figuré dans le camp des « allergiques à l’encre ».

Ceux qui ne sont pas « allergiques à l’histoire » savent que les responsables du mouvement syndical CGT des fonctionnaires au sens large du terme ( fonctionnaires, agents communaux, postiers…) comme l’ensemble des fédérations du secteur public et nationalisé dont la centrale coordonnait l’action, ne confondaient pas deux notions fondamentalement distinctes : la « négociation » que les gouvernements successifs ont refusée pendant des décennies et que le syndicalisme a imposée en mai 1968, et la « signature » que les gouvernants d’après 1968 s’employaient à obtenir dans le système de la « politique contractuelle » avec pour objectif de faire cautionner des mesures que de toute façon ils appliquaient unilatéralement en cas d’échec, dans une fonction publique dont ils n’ont jamais pu détruire la situation « statutaire et réglementaire »…

Je reviendrai sur la question de la « négociation » qui traverse l’Histoire du mouvement social et que j’ai vécue autrement que certains plumitifs d’une pensée « formatée » en faisant comme personne le « tour de la table ».

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 07:38

L’article inséré dans ce blog le 10 juillet dernier sous le titre « Une démarche de rigueur » ouvrait une séquence partant d’une détermination ainsi précisée :

…Dès lors que sont énoncés des faits et données objectives, tout particulièrement des textes législatifs et réglementaires et des références jurisprudentielles, ou des délibérations collectives consignées dans des documents, il convient de relever les erreurs, les approximations, les lacunes, et de faire preuve d’une certaine exigence quant aux sources. Une vigilance particulière s’impose à l’égard des témoignages par essence fragiles et subjectifs, et des commentaires de seconde main dont la rigueur n’est pas la qualité première.

Cette perspective a trouvé début août dans la découverte d’un ouvrage sur le thème d’une « Enquête sur les vingt ans qui ont changé la CGT » une occasion d’affirmer « de bonnes raisons de rester sur le créneau » où je m’exprime depuis tant d’années.

D’autres articles ont suivi dans les premiers jours de septembre : « Non la messe n’est pas dite », « Lisez Parcours de trois quarts de siècle », « Questions de principe », débouchant sur « Un positionnement et des méthodes contestables ».

Cette première série (qui aura des prolongements) se poursuit aujourd’hui par un commentaire explicitant les « raccourcis » de nature à altérer et à instrumentaliser la réalité historique de la période 1981-1984.

O

Le témoignage selon lequel « la CGT refuse de signer l’accord qui lui est soumis par un ministre communiste », n’indique ni de quel accord il s’agit, ni à quelle année il s’applique alors qu’une série de discussions salariales se sont déroulées dans la période considérée (1981-1984). Il affirme sa similitude « à la virgule près » avec les accords de l’époque Giscard d’Estaing, alors que les accords salariaux de la période étaient élaborés dans une autre situation économique comportant des niveaux de prix à la consommation très différents.

Il ajoute cette précision : « Nous ne pouvions pas accepter d’un gouvernement de gauche ce que nous avions refusé d’un gouvernement de droite » complétée par l’information suivante : « Anicet Le Pors a appelé Georges Marchais qui a appelé Henri Krasucki qui a convoqué une réunion des fédérations pour voir comment sortir de l’impasse ; s’en est suivie une rencontre entre Georges Marchais, Thérèse Hirszberg alors secrétaire générale de l’UGFF-CGT et moi », avant de faire état d’une curieuse « disjonction des propositions salariales » intervenant après une improbable jonction entre les questions relatives au statut et les négociations salariales. On ne sait toujours pas à quel accord ces tractations (dont j’atteste qu’elles ne se sont pas produites en 1981-1983 alors que j’exerçais les fonctions de directeur du cabinet) ont pu s’appliquer1.

Il est évident que ce témoignage et les commentaires qui l’accompagnent n’ont pas pour objet d’exposer la politique de la fonction publique de cette période qui a fait par ailleurs l’objet de travaux approfondis dont, comme je l’ai souligné, il ne tiennent aucun compte.

Il s’agit en réalité de considérations accompagnées de formulations polémiques qui se situent en dehors d’une analyse objective des différents aspects de la politique du ministère de la fonction publique et de la concertation avec les organisations représentatives du mouvement syndical des fonctionnaires. Elles s’inscrivent dans une problématique d’un autre ordre concernant les rapports entre la CGT et le PCF, la confusion entre fonctions politiques et syndicales de certains dirigeants, les évolutions de la centrale syndicale au cours des dernières décennies, et les effets imputés à tort ou à raison à la participation du PCF au gouvernement de Pierre Mauroy.

1- Des relations tendues

Les relations entre Anicet Le Pors, ministre de la fonction publique et des réformes administratives de la période 1981-1984 et la CGT, sa direction confédérale et ses organisations représentatives du mouvement syndical des fonctionnaires étaient plutôt tendues Tout journaliste, politologue ou syndicaliste qui intervient sur ces questions connaît (ou pourrait connaître) car elle est du domaine public, une appréciation d’Anicet Le Pors concernant Louis Viannet et Thérèse Hirszberg dans un ouvrage d’entretiens intitulé « Quatre ministres et puis s’en vont… Philippe Lefait, Editions de l’Atelier, 1995 :

« Viannet qui n’est pas quelqu’un que j’estime beaucoup, était l’un de mes principaux interlocuteurs quand j’étais au ministère puisqu’il était le patron de la Fédération CGT des PTT. Il a un sens de l’agitation de masse, connaît bien ses classiques syndicaux. C’est un professionnel du syndicalisme ni très travailleur, ni très sincère, ni très habile : ce n’est pas quelqu’un de première grandeur… Il était certes plus raisonnable et moins « emmerdant » que Thérèse Hirszberg, la pasionaria du syndicat ».

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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12 septembre 2014 5 12 /09 /septembre /2014 08:38

La série d’articles publiés dans ce blog au cours de l’été met en évidence un double constat dont il faut tirer toutes conséquences :

- La politique de la fonction publique menée par les gouvernements de Pierre Mauroy (1981-1984) puis par celui de Laurent Fabius en 1984-1986 a fait, au cours même de cette période et pendant les décennies suivantes l’objet d’ouvrages, articles, conférences et colloques ( publiés pour nombre d’entre eux sous ma signature dans des publications de la CGT et de l’IHS-CGT). Une riche collection du Rapport annuel de la Fonction publique (inaugurée sous sa forme élaborée dans une édition de la Documentation française en 1981) constitue une source de première importance.

- En revanche, si les orientations, l’action, les positions, les votes dans les organismes paritaires, la signature ou le refus des « relevés de conclusions » des organisations syndicales représentatives de fonctionnaires et singulièrement celles de la CGT ( en l’occurrence l’UGFF et les fédérations des PTT et des services publics et de santé ) sont dans leurs publications de l’époque, on attend l’analyse historique d’ensemble qui devra être tôt ou tard réalisée. Pour autant qu’on le sache, plusieurs secteurs importants du mouvement syndical CGT des fonctionnaires (notamment l’UGFF, la fédération de l’Equipement, la fédération des Finances, le Syndicat national de la Direction générale des Impôts…) ont été atteints au cours de la période considérée et dans les années suivantes de crises profondes et d’affrontements dont il convient de considérer et d’évaluer les causes, et les conséquences immédiates et à long terme.

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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8 septembre 2014 1 08 /09 /septembre /2014 09:47

Le témoignage que nous avons évoqué se poursuit en disant que « deux événements précis ont été déterminants… » le premier étant « la négociation de la réforme du statut de la fonction publique au début des années 1980 ». La journaliste qui mène l’entretien ajoute aussitôt : « Difficile d’y voir a priori matière à distanciation de la CGT vis-à-vis du Parti. Elaboré par le ministre de la fonction publique communiste Anicet Le Pors, dont le directeur de cabinet n’est autre que René Bidouze, secrétaire général de l’Union générale des fédérations de fonctionnaire CGT de 1970 à 1978, le texte reprend bon nombre de revendications de la centrale, à commencer par le principe même de construire un statut général commun à tous les fonctionnaires ».

Selon cet entretien, Louis Viannet « s’indigne encore aujourd’hui » en disant « qu’à cette réforme structurelle majeure sont adjointes des propositions salariales » dont il affirme qu’elles sont « identiques à la virgule près aux dernières faites sous Valéry Giscard d’Estaing » en précisant : « Les 5% d’augmentation proposés sont inférieurs à l’inflation et donc dénoncés comme « une perte de pouvoir d’achat sans précédent » « par la centrale à l’époque ». « Résultat, dit-il, « la CGT refuse de signer l’accord qui lui est soumis par un ministre communiste » avant d’évoquer des tractations dans lesquelles le ministre et des dirigeants communistes et cégétistes auraient été impliqués, la journaliste concluant : « La CGT ne signera pas le relevé de conclusion salarial mais applaudira au statut de la fonction publique ».

Avec cet entretien et ce témoignage, nous sommes en présence d’un raccourci qui intervient plus de trente ans après la période 1981-1984, alors qu’une abondante documentation fondée sur des documents authentiques et sur des analyses de témoins et acteurs qualifiés a été constituée au fil du temps, et dont il n’est pas tenu compte.

Un lecteur attentif de cette documentation (que nous présenterons de nouveau dans ce blog) n’aurait pas besoin qu’on lui démontre que cette prestation n’est conforme ni à la réalité des faits, ni à leur enchaînement, ni aux aspects juridiques des problèmes posés, et qu’elle introduit dans le débat des éléments de confusion. De plus, peut-être s’interrogerait-t-il sur le positionnement et les méthodes d’investigation et de réflexion d’une journaliste et de ses interlocuteurs.

On ne saurait s’en tenir en tout cas à une prestation dont il s’avère qu’elle ne peut permettre une appréciation correcte des relations politiques et sociales de la période. Pour une approche immédiate, on mettra en évidence quelques aspects essentiels.

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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5 septembre 2014 5 05 /09 /septembre /2014 08:46

Dans son témoignage, mon camarade et ami Louis Viannet affirme : « Lorsque je suis arrivé au secrétariat général, j’avais la conviction qu’il était absolument indispensable que l’organisation syndicale ait sa pleine indépendance, qu’aucune de ses décisions ne soit influencée ou influençable par rapport à l’intérêt du parti » La raison ? « Un parti qui veut aller au gouvernement est obligé de passer des compromis qu’un syndicat n’est pas obligé de suivre ». Il précise qu’il en a acquis la certitude après l’élection de François Mitterrand à la présidence de la République « lorsque les communistes sont entrés au gouvernement. »

Il était, dit-il, en désaccord avec Henri Krasucki « qui considérait qu’il y avait une ligne jaune à ne pas franchir, celle où une prise de position de la CGT pouvait déboucher sur un conflit entre le PC et le PS ».

Il est, à mon avis, une vérité d’évidence : les compromis qu’un parti politique doit accepter lorsqu’il participe à un gouvernement ne sont pas de même nature que ceux qu’un syndicat doit éventuellement admettre, et si le syndicat est indépendant à l’égard des partis et du gouvernement ce qui devrait être la règle, chacun doit se déterminer sur ses propres bases et conformément à ses propres orientations en souhaitant que le fameux « dialogue social » fasse la décision.

On sait plus clairement aujourd’hui que des responsables syndicaux également membres du comité central ou du bureau politique du PCF étaient hostiles à la décision de participation de leur parti au gouvernement en 1981, et il semble que cette position, qui relevait de leurs responsabilités politiques, a interféré jusqu’au bout avec leurs fonctions syndicales.

A aucun moment de l’exercice de mes responsabilités syndicales puis ministérielles ou juridiques, pendant des dizaines d’années, je ne me suis posé la question en ces termes. Un tel conflit m’était étranger dans la position de directeur du cabinet de ministre que j’occupais et même dans celle d’ancien dirigeant syndical, et le demeure encore aujourd’hui avec le recul.

Quel que soit le gouvernement et sa composition, les positions à prendre par l’organisation syndicale sur les différentes mesures en discussion et sur leur acceptation ou leur refus doivent être déterminées autant que possible après consultation de ses instances, voire de ses adhérents. Elles ne peuvent être fondées que sur un critère : l’intérêt général et l’intérêt des personnels représentés.

Dans la décennie qui a suivi le mouvement de mai 1968, la délégation que je conduisais en qualité de secrétaire général de l’UGFF (dont Louis Viannet faisait partie au titre de la Fédération postale et Raymond Barberis à celui de la Fédération des services publics et de santé) pour les négociations annuelles de la politique contractuelle avec des ministres de droite, c’est bien ainsi que nous nous sommes déterminés et nous n’avons jamais eu de désaccords.

C’est une position de principe qui ne change pas avec la couleur du gouvernement. Ce qui n’interdit pas d’espérer qu’un gouvernement de gauche pratique une politique plus conforme aux intérêts du monde du travail, et même d’agir pour qu’il en soit ainsi.

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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3 septembre 2014 3 03 /09 /septembre /2014 10:36

Une centrale syndicale n’est pas un parti politique. On peut consacrer des dizaines, voire des centaines de pages d’analyses, entretiens et conférences à l’histoire de la CGT et rester à côté de la plaque pour des secteurs entiers et en tout cas pour certains parcours militants. Tout ne se passe pas, loin s’en faut, au niveau confédéral.

En attendant la suite, c’est un « vieux de la vieille » qui vous le dit : « Courroie de transmission, connais pas ! »

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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3 septembre 2014 3 03 /09 /septembre /2014 07:32

Dans un précédent article, publié début août pour évoquer une « Enquête sur les vingt années qui ont changé la CGT », je précisais que mon champ d’expression et de recherche se situe - à tous égards - en dehors de cette enquête, à laquelle je suis étranger aussi bien dans les entretiens de l’auteure avec des responsables syndicaux et des politologues que dans la bibliographie qui les accompagne.

J’ai préparé une assez longue série d’articles dont la publication a été engagée ce 1er septembre par « Non, la messe n’est pas dite », et va certainement se poursuivre en septembre-octobre et même au-delà.

Avant d’aller plus loin dans mes analyses - en dehors de toute opinion sur le syndicalisme d’aujourd’hui et a fortiori sur le destin personnel de ses responsables que je ne connais d’ailleurs pas - j’appelle l’attention sur un texte intitulé « Parcours de trois quarts de siècle d’un fonctionnaire dans le mouvement ouvrier » inséré à partir de l’entête de mon blog sur le site Calaméo.

Ce texte, qui pourra connaître d’autres développements et compléments, exprime une vision et une expérience fondées, dans un longue période de notre Histoire politique, économique et sociale, sur un ensemble de principes fondamentaux au premier rang desquels l’indépendance du mouvement syndical à l’égard de tous les partis et gouvernements et son attachement aux intérêts individuels et collectifs des travailleurs.

J’estime qu’il apporte plus qu’un éclairage à divers traités, conférences et entretiens sur l’évolution de la CGT, du syndicalisme et des rapports sociaux au cours de la deuxième moitié du XXe siècle. C’est un témoignage qui révèle en effet, par le truchement d’un modeste parcours individuel, des aspects soit méconnus, soit systématiquement passés sous silence.

A bientôt. Il y a beaucoup à dire sur le thème de l’Histoire au service d’un combat politique et social plus nécessaire que jamais !

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 10:18

Jusqu’à preuve du contraire, je crois être sur la politique générale de la fonction publique menée par les gouvernements de Pierre Mauroy en 1981-1984, un témoin et un acteur incontournable. N’en déplaise à certains intervenants venus de divers horizons, je suis fondé à vérifier la présentation que certains d’entre eux font du contenu, des orientations et des résultats de cette politique, à procéder à une analyse critique de leurs interprétations, à remettre en jeu des éléments absents par ignorance ou par calcul, et à rappeler pour la clarté de l’analyse, les données de la « politique contractuelle » inaugurée après le mouvement de mai 1968 et poursuivie ensuite pendant des décennies. L’intérêt d’une bonne connaissance de la réalité historique est encore très loin d’être perçu comme il le faudrait par une bonne partie de ceux qui sont pourtant engagés dans le combat social. Or les références à des événements de la vie politique, sociale, économique, à des débats et à des controverses de certaines périodes d’un passé proche ou lointain ne manquent pas dans les analyses et démonstrations d’aujourd’hui. Le respect de la réalité des faits est la condition sine qua non de tout débat. C’est dans cet esprit que l’on retiendra, pour l’instant, quelques pages du pavé sur « Vingt années qui ont changé la CGT » :

- Dans un court développement (pages 26-27) le témoignage et les appréciations de Louis Viannet, qui était secrétaire général de la CGT de 1992 à 1999, après avoir été secrétaire général adjoint puis secrétaire général de la Fédération des PTT de 1972 à fin 1982, année de son accession au bureau confédéral portent sur les rapports de la CGT avec le gouvernement de Pierre Mauroy et surtout avec les quatre ministres communistes qui y siégeaient en 1981-1984. Ils concernent tout particulièrement le ministre de la fonction publique Anicet Le Pors, dont j’étais le directeur du cabinet jusqu’à ma nomination en qualité de Conseiller d’Etat en service extraordinaire pour un mandat de quatre ans en novembre 1983.

- L’entretien avec le secrétaire général de l’UGFF-CGT (pages 109-113) présente ce dernier comme le porte-drapeau d’une « révolution de la négociation », à la tête d’une organisation qui aurait longtemps figuré « dans le camp des allergiques à l’encre ».

- Dans un développement sur le thème « Cohabiter avec un gouvernement de gauche : un exercice difficile » (pages 318-320), la participation de ministres communistes au gouvernement de Pierre Mauroy est présentée comme une des causes majeures de « l’hémorragie massive » des effectifs de la CGT.

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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29 août 2014 5 29 /08 /août /2014 13:03

Il y a tout lieu de se féliciter que le mouvement syndical CGT des fonctionnaires semble - enfin - s’engager dans le domaine de l’Histoire de la Fonction publique et de son syndicalisme, notamment par l’évocation de certains aspects des événements marquants concernant la Maison des fonctionnaires au 10 rue de Solferino, ou les combats de la Libération.

Surtout si on peut y voir les premiers signes d’une poursuite et d’un approfondissement des travaux que mérite cette longue et prestigieuse histoire.

Puisque tous les espoirs sont permis, peut-on émettre celui que les auteurs (anonymes) de tels travaux fassent encore quelques progrès en prenant en considération, indépendamment des règles de la recherche historique et d’un certain respect intellectuel et de fraternité de combat - et ne serait-ce que dans un souci d’efficacité - tous les acquis de cette recherche ?

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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Présentation

  • : Le blog de René BIDOUZE
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Auteur

  • René BIDOUZE
  • En un demi-siècle, j’ai fait le « tour de la table » de la politique de la fonction publique comme syndicaliste, directeur du cabinet du ministre, conseiller d’Etat en service extraordinaire,  auteur d'ouvrages.
  • En un demi-siècle, j’ai fait le « tour de la table » de la politique de la fonction publique comme syndicaliste, directeur du cabinet du ministre, conseiller d’Etat en service extraordinaire, auteur d'ouvrages.

Eléments biographiques

  Né le 2 décembre 1922 à Jurançon (Pyrénées-Atlantiques)

 

-Fonctionnaire

 Receveur divisionnaire des Impôts honoraire

 

-Dirigeant national du mouvement syndical des fonctionnaires (1958-1978)

  Secrétaire du Syndicat national des Contributions indirectes 1958-1963

  Secrétaire général de la Fédération des finances CGT 1963-1970

  Secrétaire général de l’Union générale des fédérations de fonctionnaires (UGFF) et

  Membre du conseil supérieur de la fonction publique 1970-1978

  Membre de la commission exécutive de la CGT 1969-1975.

 

  Membre du conseil d’administration de l’Institut CGT d’histoire sociale.

 

-Directeur du cabinet du ministre de la fonction publique et des réformes administratives  (juin 1981-novembre 1983).

 

-Conseiller d’Etat en service extraordinaire (novembre 1983-novembre 1987).

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