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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 13:33

 

 « Les traits originaux » de la scission de 1947-1948 dans le mouvement syndical des fonctionnaires

      A la lecture de la préface d’Alain Le Léap au vol 1 de Fonctionnaires sujets ou citoyens, nos lecteurs auront certainement noté l’importance toute particulière que ce militant  accordait aux divers aspects de la scission syndicale de 1947-1948 qu’il avait directement vécue, et à laquelle il s’était opposé avec une grande énergie.

     A l’occasion de la commémoration du 30e anniversaire du Statut général des fonctionnaires en octobre 1976, il devait apporter un témoignage inédit également reproduit trois ans plus tard dans mon ouvrage qui consacrera     un chapitre (p 356-366) à cette page particulièrement importante de l’histoire du syndicalisme.

     Voici, extraite de ce chapitre, l’analyse que je faisais des  « traits originaux » de cette scission dans le mouvement syndical des fonctionnaires.

    Après une description du  mouvement revendicatif de l’automne 1947, des premiers actes de la scission syndicale, et  du  déroulement de  cette scission, ce texte reprenait le témoignage d’Alain Le Léap (p 364-366)

 

                                              

                                                                                             O

 

   La Fonction publique est, en 1946-1947, un terrain privilégié pour les manœuvres  scissionnistes des dirigeants de la tendance Force ouvrière et du Parti socialiste. La grève de juillet 1946 dans les PTT, le maintien délibéré d’un foyer d’agitation autour des divergences entre les Finances et les PTT à propos du Reclassement, le sabotage des grèves de juillet et décembre 1947, jalonnent l’entreprise de scission. Ces faits suffiraient à eux seuls à réduire à néant les prétextes avancés den décembre 1947.

    Lors de la célébration du 30e anniversaire du statut général des fonctionnaires, le 19 octobre 1946, Alain Le Léap aura l’occasion de déclarer :

« …J’avais accompagné, en fin juillet 1946, je crois ; je dis bien en 1946, une délégation du syndicat des Douanes actives auprès du directeur du cabinet du ministre des Finances pour appuyer les revendications des douaniers.

     Le lendemain, je recevais un coup de téléphone de Jouhaux. Il avait appris ma démarche et me donnait l’ordre  d’arrêter là cette action. Je lui avais répondu que je n’avais d’ordre à recevoir  que de ceux qui m’avaient élu et j’avais raccroché un  peu brutalement. Il me rappelait quelques secondes plus tard en me demandant de passer à son bureau. Là, il m’exposa qu’il tentait une opération sur la Fédération postale en faisant obtenir des avantages particuliers aux postiers, qu’il lui fallait rompre les parités avec les administrations des Finances. Il ajouta que si cela réussissait il continuerait avec les cheminots, puis d’autres fédérations, mais que, s’il échouait, il s’en irait. Il déclara encore que dans la partie qu’il jouait, les revendications de « mes » fonctionnaires ne l’intéressaient pas. Sur le moment j’avais pensé que sa menace de départ signifiait une démission. Ce n’est que plus tard que j’ai compris que, dès cet instant, il envisageait la scission s’il ne parvenait pas à redevenir majoritaire…

(…) Depuis avril ou mai 1947, certaines fédérations ne payaient plus à l’UGFF les cotisations qu’elles lui devaient. Pour faire face aux échéances, il fallait, chaque fois, pleurer misère pour obtenir juste ce qui était nécessaire. Au moment où les éléments scissionnistes nous ont quitté, ils devaient à l’UGFF plus de 4 millions de francs et la laissaient avec un passif de près de 3 millions.

   Les buts étaient évidents :

-nous empêcher de vivre, après leur départ, faute de moyens financiers ;

-disposer de ressources pour le fonctionnement de l’organisation scissionniste qu’ils se proposaient de créer.

   Et tout cela fut discuté un vendredi au début de décembre, chez Léon Blum, à Jouy-en-Josas… »

     Il est évident que le mouvement syndical des fonctionnaires est considéré par les dirigeants de la tendance FO comme une des bases essentielles du réformisme et comme un de leurs principaux points d’appui. Mais indépendamment du recul enregistré par leurs conceptions, de l’incontestable avancée  du syndicalisme de classe au lendemain de la guerre et de l’occupation, les formes et l’étendue de la scission dans la fonction publique s’expliquent par des raisons spécifiques. Elles sont le reflet de la nature même de la fonction publique, des structures du mouvement syndical et de leur histoire.

    La base  du syndicalisme des fonctionnaires est bien le « syndicat national », forme d’organisation originale, pratiquement propre à la fonction publique au sein des centrales ouvrières. C’est une donnée administrative et syndicale fondamentale.

    Le fonctionnaire adhère au groupement constitué dans son administration (association professionnelle au début du siècle, devenue plus tard syndicat). Le problème numéro un c’est celui de l’unité, de la cohésion de ce groupement. Vient ensuite celui de son insertion dans un ensemble plus vaste aux niveaux de la Fonction publique et du monde du travail

   C’est ce qui explique, pour une large part, que la scission se soit faite par « pans » entiers, certains syndicats allant à FO, d’autres restant à la CGT, d’autres enfin s’organisant dans l’autonomie.

   Ce phénomène général a été influencé par le passé de chaque organisation

   Bien que déjà en recul, les pratiques bureaucratiques, le syndicalisme de sommet, en honneur non seulement à la tête de la Fédération des fonctionnaires  mais aussi  à celle des fédérations internes et de la plupart des syndicats qu’elle regroupait ont permis à des dirigeants en majorité réformistes de faire basculer leurs organisations à FO ou dans l’autonomie.

   Il est significatif à cet égard, que les syndicats exclus de la FGF en 1927 et qui constituaient l’ancienne Fédération autonome des fonctionnaires aient sauvegardé leur unité en condamnant la scission et en refusant d’aller à FO.

   Ainsi peut-on mesurer le rôle positif joué par ces syndicats, par cette fédération  et par les militants qui les ont impulsés de 1928 à 1935. Sur la base, déjà élargie en 1947-1948, qu’ils avaient constituée avant la réunification de 1935, le syndicalisme de combat pourra résister, puis se développer.

 

 

 

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE - dans Histoire
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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 10:02

 

Voici la suite des extraits de Fonctionnaires sujets ou citoyens exposant la position de la Fédération des fonctionnaires sur la question de l’exclusion des militants communistes en 1939, après la signature du pacte germano-soviétique.

 

«   … Que se passe-t-il chez les fonctionnaires ?

    Traditionnellement, La Tribune ne paraît pas pendant la période d’été. Mais en 1939, les événements provoquent une interruption beaucoup plus longue. Après le numéro daté du 12 août, le suivant, publié dans un format réduit, porte la date de novembre, avec la mention « série de guerre ».

    En première page un  article de Neumeyer, sur « l’action coopérative », un article de Laurent intitulé « La Fédération continue - les bases de notre vie nouvelle ». Rien sur les événements des dernières semaines. Laurent écrit cependant : « Nous avons toujours été, à la Fédération, parmi les adversaires les plus résolus des méthodes communistes. Ce n’est pas à nous que l’on peut reprocher des coquetteries avec les tenants de ce parti. 

   Une page est consacrée à la publication des communiqués et résolutions des fédérations et syndicats, se bornant à donner des indications relatives à la poursuite de leur activité dans les conditions de la guerre.

   Cependant, la Fédération de l’Enseignement précise explicitement qu’elle approuve les mesures prises par la CGT contre les communistes.

   Avant la réunification syndicale de 1935, le mouvement syndical des fonctionnaires ne comportait d’organisations de la CGTU que dans l’Enseignement. De plus, on sait l’écho rencontré dans ces milieux par les thèses défaitistes et anticommunistes de Delmas et de ses amis. Mais dans la plupart des syndicats de fonctionnaires, les militants communistes sont peu nombreux, et comme Pruja le faisait observer au congrès de la FGF du printemps 1939, ils sont rares dans les organismes de direction. Enfin beaucoup de responsables sont mobilisés depuis les premiers jours de septembre. Il est évident, dans ces conditions, que les décisions du bureau confédéral et  de la CGT ne sauraient avoir, du point de vue des mesures pratiques qui en découlent directement, la même portée dans les syndicats de fonctionnaires (1) que dans le reste du mouvement syndical.

    Les propos de Laurent s’éclairent lorsqu’on sait que des militants et des organisations ont reproché à la direction fédérale d’avoir tardé à faire connaître si elle approuve ou non la position adoptée par la CGT.

   Dans Le Peuple du 3 novembre 1939, on peut lire un article de Robert Lacoste intitulé « Explications », ayant pour objet « de réfuter quelques inexactitudes et s’il en est besoin, donner un avertissement très clair à certains camarades ». « On s’obstine à prétendre, écrit-il, que mes amis Charles Laurent, Neumeyer et moi-même, nous nous serions refusés à désapprouver le pacte germano-soviétique et la politique extérieure pratiquée par l’URSS depuis la signature de cet instrument diplomatique ».Il réfute ces assertions et rappelle qu’à la CA confédérale « personne  ne s’est élevé avec plus de vigueur que nous contre la volte-face de l’URSS. » 

   Il explique ensuite ainsi la position de trois représentants des fonctionnaires « Il est vrai que nous avons fait des réserves sur l’avenir que nous ménage la décision de la CA confédérale. Question de tactique, non de principe ! Qu’on n’oublie pas que, par scrupule, nous n’avons pas développé ces réserves. Le silence que nous avons observé dans l’intérêt de tous, au seuil d’une nouvelle et délicate expérience, va-t-on nous en faire reproche ? J’écris avec une sincérité entière que mon seul vœu est que  nous nous soyons trompés. Nous ne nous sommes tus que pour rester unis… »

   Le 5 novembre 1939, la FGF réunit une conférence d’information. Neumeyer y présente un rapport critiquant la décision de la CA de la CGT. Il estime qu’elle est l’œuvre du « clan des défaitistes »  dont Léon Jouhaux  serait « prisonnier ». Il indique que les fonctionnaires membres de la CA de la CGT n’ont pas été consultés sur la déclaration du bureau confédéral, et qu’ils n’ont pas été convoqués à la réunion de la CA qui a suivi (2).

   La date de la CE fédérale est fixée au 26 novembre 1939.

   Guilbaud, secrétaire général du Syndicat des douanes actives, donne sa démission de secrétaire adjoint de la FGF. Dans sa lettre du 6 novembre 1939, il « accuse les dirigeants fédéraux d’avoir retardé le plus possible la date à laquelle la CE fédérale serait appelée à fixer l’attitude de la Fédération à l’égard de ceux qui n’ont pas voulu ou qui n’ont pas pu désavouer la politique stalinienne (3). »

   La motion adoptée par la commission exécutive indique que la FGF est « une des rares organisations confédérées qui n’aient jamais compté de membres du Parti communiste parmi ses dirigeants et militants responsables». Elle exprime son plein accord avec les décisions adoptées par la CGT (4). Mais la discussion a révélé les divergences existant au sein de la FGF…

   Ainsi la chasse aux communistes est menée à la fois par le gouvernement, et par un certain nombre de directions syndicales.

  …En cédant aux pressions dont elle était l’objet, la Fédération des fonctionnaires a certes adopté la résolution du 26 novembre 1939, mais son hostilité à la décision confédérale d’exclure les militants communistes ne fait aucun doute. Même si, comme Lacoste l’a écrit, elle s’inspire de préoccupations tactiques et trouve appui dans la situation objective du mouvement syndical des fonctionnaires, cette attitude est, dans le climat de déchaînement anticommuniste de l’époque, un acte positif ».

 

1- Il s’agit ici, naturellement, des fonctionnaires au sens strict, et non des postiers,  qui sont dans une situation différente.

2-D’après le compte rendu de Guilbaud, secrétaire général du syndicat des Douanes actives. L’Action douanière, 10-15 novembre 1939.

3- L’Action douanière, 10-15 novembre 1939.

4- La Tribune des fonctionnaires, Décembre 1939, Le Peuple du 30 novembre 1939 publient le texte de cette motion

     Il convient de rappeler que pendant la Seconde guerre mondiale, le 17 avril 1943, les « accords du Perreux » ont annulé la scission syndicale de 1939 et consacré la réunification de la CGT en respectant dans les différentes instances la représentation des deux grandes tendances (ex-confédérés et ex-unitaires) qui existait en 1939. La CGT était représentée au Conseil national de la Résistance.

 

 

 

 

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE - dans Histoire
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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 11:27

 

 

 -  L’Esquisse d’une histoire de la CGT de Jean Bruhat et Marc Piolot publiée en 1966 consacrait un chapitre (p 161-168) à la scission syndicale de septembre 1939 et aux événements qui l’ont précédée depuis 1937. La dernière page de ce chapitre traitait succinctement la vague d’exclusions qui a suivi le pacte germano-soviétique.

 

 -Dans L’Histoire de la Fédération CGT des PTT (1967 rééditée en 2011) de Georges Frischmann, le chapitre premier de la sixième partie (p 465-468) traitait ces événements au ministère et dans le mouvement syndical des PTT.

 

 - Dans Fonctionnaires sujets ou citoyens, le  chapitre  II de la quatrième partie  (p 273-290) était intitulé De la rupture du Front populaire à la guerre (1938-1939). Dans le 1er chapitre de la sixième partie La scission syndicale et la « drôle de guerre » (1939-1940),  j’exposais ce qui s’était passé « chez les fonctionnaires » dans cette période.

 

 

Extrait de Fonctionnaires sujets ou citoyens vol 1 (p 291-296)

 

Chapitre premier de la cinquième partie  La Deuxième Guerre mondiale et la Libération  ( 1939-1944) intitulé  La scission syndicale et la « drôle de guerre » (1939-1940)

 

( p 291-292)

 

   Les puissances occidentales refusent l’organisation d’une véritable sécurité collective et les pourparlers militaires (avec l’Union soviétique) traînent en longueur.

   Le 23 août 1939 est signé le pacte de non-agression germano-soviétique. Le 1er septembre, Hitler envahit la Pologne. Le 3 septembre, l’Angleterre puis la France déclarent la guerre à l’Allemagne. Mais pendant que l’armée allemande écrase la Pologne, les troupes françaises et britanniques restent l’arme au pied.

   Les troupes soviétiques franchissent les frontières de Pologne le 17 septembre.

   Le lendemain, le bureau confédéral de la CGT déclare : « Il n’y a plus de collaboration possible avec ceux qui n’ont pas voulu ou pas pu condamner une telle attitude, brimant les principes de solidarité humaine qui sont l’honneur de notre mouvement ouvrier. »

   Le 25 septembre, la CA de la CGT confirme cette décision du bureau confédéral par 24 voix dont 3 « avec réserve » contre 5 et deux abstentions ( un certain nombre de membres de la CA sont mobilisés)

   Dans les fédérations, les unions départementales, les syndicats, le  même processus se déroule. Les communistes sont exclus, et lorsqu’ils sont en majorité, la minorité reconstitue de nouveaux syndicats.

   Le Peuple, organe de la CGT, publie les prises de position des fédérations. Le numéro du 3 novembre 1939 rend compte d’une réunion du 27 octobre au cours de laquelle les représentants d’une cinquantaine de syndicats de la région parisienne constituent un « comité de liaison et de solidarité en vue d’opérer le « regroupement syndical » et le « redressement de la situation » après l’exclusion des militants unitaires. Le secrétaire général de cet organisme est Perrot, ancien secrétaire général de la Fédération postale. Au bureau, pour ne citer que les fonctionnaires, on trouve  Gisèle Bernadou  (Instituteurs de Seine et Oise) et Rigaill (Fédération des fonctionnaires).

   Le Parti communiste est dissous le 26 septembre 1939. Les syndicats dont les adhérents  refusent de désavouer leurs dirigeants membres de ce parti sont également dissous. Un décret autorise les préfets à suspendre les maires et les conseillers municipaux « pour des motifs d’ordre public ou d’intérêt général ».

   Les militants communistes sont pourchassés, arrêtés, ou contraints à la clandestinité.

   Pendant plusieurs mois, c’est la « drôle de guerre ». Aucune  opération  contre l’Allemagne. Par contre tout se passe comme si la France était en guerre avec l’Union soviétique. Avant même que la France soit envahie et livrée, les communistes ont déjà subi une féroce répression.

   Au lendemain du procès des députés communistes (20 mars-30 avril 1940) le gouvernement décide, par un décret signé de Sérol, ministre socialiste de la Justice, d’appliquer la peine de mort contre les Français suspects de propagande communiste.

   Les militants communistes paieront, aux côtés d’autres résistants qui refuseront la servitude, un lourd tribut dans la lutte patriotique contre l’occupation hitlérienne (1).

(1) En mars 1940, le ministère de l’Intérieur publie ce bilan : « Les mandats électifs du communisme n’existent plus. Trois cents conseils municipaux communistes ont été suspendus. En tout deux mille  sept cent soixante dix huit élus communistes ont été déchus de leur mandat. Les deux quotidiens L’Humanité qui tirait à 500.000 exemplaires et Ce soir à 250.000 exemplaires ont été supprimés, ainsi que 159 autres feuilles.

 

   620 syndicats ont été dissous, 11.000 perquisitions ont eu lieu. 675 dissolutions de groupements politiques à tendance communiste ont été prononcées. En outre, les militants ont été traqués, 3400 ont été arrêtés au 7 mars. Il y a de nombreux internements dans les camps de concentration, 10.000 sanctions ont été prises contre les fonctionnaires communistes. »

 

 

  La suite de cet extrait exposant la position de la Fédération des fonctionnaires dans un prochain article.

 

« Question de tactique non de principe »

 

 

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE - dans Histoire
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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 08:57

   Les événements de 1939  sont une  page essentielle  de l’histoire mondiale.  La place de la CGT dans ces événements et singulièrement  celle du mouvement syndical des fonctionnaires (qui comporte des aspects originaux auxquels Alain Le Léap faisait une brève allusion dans sa préface à propos de Charles Laurent) sont probablement assez largement méconnus.

   Avant de les évoquer plus largement, je crois devoir présenter ce modeste témoignage personnel :

   J’appartiens, comme on dit, à un milieu modeste et provincial des années de l’entre-deux-guerres dont les enfants qui avaient l’avantage d’aller  au-delà du certificat d’études primaires (avec, comme c’était mon cas une bourse obtenue par concours mais non payée en application des décrets-lois de Laval et rétablie par le Font populaire) n’avaient guère d’autre ressource que  de fréquenter « l’Enseignement primaire supérieur » menant au brevet élémentaire ou au Brevet supérieur, et très rarement l’Enseignement secondaire aux effectifs limités qui menait au Baccalauréat en deux parties.  Le débouché de ces diplômes était soit l’entrée par la petite porte dans  la carrière d’instituteur, soit les concours des Contributions indirectes, des Douanes et des PTT. Il était fréquent de passer les trois et de choisir ensuite. D’où la très grande proximité de ces administrations et de leurs personnels.

  En ce qui me  concerne, pour une série de raisons personnelles, j’ai délibérément choisi les Indirectes après avoir exercé les fonctions d’instituteur détaché à l’Inspection académique, mais la proximité avec les PTT  aura par la suite des dimensions  particulières : j’ai épousé en 1952, Henriette Seguet (qui était institutrice et sera une des dirigeantes nationales de l’Union des femmes françaises). Son père Raymond était un « postier » au destin politique et syndical profondément marqué par les événements de la période et son frère était facteur.

   Conseiller municipal élu en 1936 au titre du Front populaire à Jurançon (la commune de ma naissance) il avait été déchu de son mandat, arrêté, suspendu puis révoqué, interné dans une série de camps  avant d’être déporté en Algérie au camp de Bossuet avec de nombreux autres  militants communistes, libéré plusieurs mois après le débarquement des Alliés en 1942 et rapatrié en 1945, après la capitulation de l’Allemagne (1)

     Dans les années de la Libération, il était contrôleur principal des PTT, secrétaire du syndicat départemental des PTT des Basses-Pyrénées (Pyrénées Atlantiques) et membre du bureau de l’Union départementale CGT. A la même époque, je militais  dans la section de Pau du Syndicat national des Indirectes, et je prenais une part très active à l’action contre la scission qui devait connaître  dans ce syndicat bien des traits particuliers.

   Mon appartenance professionnelle, mon engagement dans le syndicat des Indirectes et la Fédération des Finances,  et mes liens familiaux étaient en harmonie avec  les orientations de l’UGFF (dont je serai le secrétaire général dans les années 1970) et ses relations avec les Fédérations des PTT et des services publics et de santé.

 

 

 

 

 

 

 

LaRedouteDeBossuet

 

(1)      Raymond a été arrêté en 1940, muté d’office à Issoire (Puy-de-Dôme) en février 1940, suspendu de ses fonctions quelques jours plus tard  à la suite d’une provocation organisée par la police et la gendarmerie. Puis il a été interné « administrativement » dans les camps de St Martin de Ré, du château de Sablou ( Dordogne), de St Paul d’Eygeaux (Haute-Vienne), révoqué en janvier 1941 en application de la « loi » de Vichy  du 17 juillet 1940. Il a été ensuite transféré au camp  de Djelfa, dans le sud algérien, puis à la Redoute de Bossuet en Oranie., où se trouvaient plusieurs centaines de détenus. Plus de 600 militants communistes ont été ainsi déportés sans jugement.

       La IIIe République et le régime de Vichy  ont organisé des camps aux appellations diverses (camps d’accueil, d’internement, de séjour, centres de séjour surveillés, camps de prisonniers). Sous Vichy, il y aura des camps de transit (Drancy, Pithiviers…) d’où les détenus devaient être déportés en Allemagne.

 

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE - dans Histoire
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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 07:58

Le syndicalisme des fonctionnaires  des origines à la scission de 1947-1948

Editions sociales 1979.

Vol 1

« Jamais  plus les fonctionnaires n’accepteront d’être considérés comme des citoyens diminués »

 

   1946-1948 : trois éléments essentiels  de la vie du mouvement syndical de la Fonction publique émergent de cette période si riche de notre Histoire nationale :

 

-le Statut général des fonctionnaires et le Reclassement de la Fonction publique (la revalorisation a tout de même un caractère plus circonstanciel bien qu’associée à l’œuvre statutaire) définissent durablement les fondements du régime français de la Fonction publique.

 

   Certes, ils ne sont pas sans filiation avec la pratique et la jurisprudence d’avant-guerre. Certes ils subiront par la suite bien des atteintes, des déviations, des remises en cause. Mais l’édifice est toujours debout encore aujourd’hui.

 

   Le Statut reste une des grandes conquêtes démocratiques de la Libération.

 

-la Fédération générale des fonctionnaires laisse la place à l’Union générale des Fédérations de Fonctionnaires. Mais la transformation des structures a une portée plus limitée qu’il n’y paraît de prime abord. Les « fédérations internes » existaient déjà et étaient directement affiliées à la CGT. Pourtant il est probable que les effets de la scission syndicale ont occulté les conséquences que les décisions de mars 1946 auraient eues sur l’efficacité de l’organisation syndicale au niveau de la Fonction publique  dans le cours des événements ultérieurs. D’ailleurs le premier congrès de l’UGFF est terne et décevant, ainsi que l’ont remarqué les militants de l’époque, en raison même des nouvelles structures hâtivement élaborées dans la recherche d’un laborieux compromis de fin de congrès. Elles recevront assez rapidement un certain nombre de corrections mais resteront toujours une source de conflit, tantôt latent, tantôt aigu.

  L’essentiel est dans le changement d’hommes et de méthodes qui ont largement fait leur temps. On a vu par quelle conjonction le mouvement des fonctionnaires  a pu enfin mettre un terme au règne de l’équipe qui présida à ses destinées pendant tant d’années. On ne peut refaire l’Histoire. Mais ses leçons permettent de penser que si des hommes courageux et lucides n’avaient pas alors pris la tête du mouvement, la scission syndicale aurait fait plus de ravages encore.

 

-Enfin c’est malheureusement, en effet la période de la scission syndicale. Le principal artisan de la scission dans la Fonction publique, bien entouré il est vrai par un certain nombre d’autres militants, c’est Pierre Neumeyer. En 1927, les dirigeants fédéraux pouvaient éliminer brutalement les syndicats non-conformistes, pour rejoindre sans encombre la CGT de Léon Jouhaux, mener sans opposition ni murmure une politique de compromis et d’atermoiements inspirée de la fameuse théorie du « moindre mal », diriger la FGF selon des méthodes bureaucratiques, refuser obstinément l’unité d’action avec les autonomes et les unitaires, et concevoir jusqu’au bout l’unité syndicale comme le retour pur et simple des autonomes au sein de la CGT.

   Malheureusement, il est encore possible de « négocier » dans le dos des fonctionnaires, de conclure au rabais une opération aussi importante que le Reclassement général de la Fonction publique en faisant passer des préoccupations partisanes au-dessus des intérêts des agents de l’Etat.

   Mais les temps ont changé.

   Maintenant, le mouvement ouvrier, qui a grandi dans les épreuves, résiste victorieusement. La CGT continue, et dans son sein l’UGFF, les fédérations et syndicats qu’elle regroupe résistent aussi.

    C’est que le mouvement syndical des fonctionnaires a opéré sa  mutation. La conscience des agents de l’Etat a grandi.

     Alain Le Léap, ex-confédéré, se dresse contre la    scission syndicale. Il joue avec d’autres  militants de sa tendance, un rôle de premier plan, non seulement dans la fonction publique, mais dans la CGT tout entière  dont il devient secrétaire général aux côtés de Benoît Frachon.

    Les syndicats de fonctionnaires sont fortement secoués par la scission. Ils connaîtront bien des difficultés. Mais il y a désormais en France un syndicalisme de la fonction publique intimement lié à la classe ouvrière.

    Au sein de la CGT, qui présente dans le mouvement syndical international tant de traits originaux,  les fonctionnaires sont prêts à faire face aux rudes tâches qui les attendent pendant la période des guerres coloniales, de la guerre froide, de la politique de la « 3eforce », puis dans les conditions du régime personnel instauré en 1958. L’UGFF deviendra la première organisation  de la fonction publique, et ne cessera de renforcer son autorité et son influence pour affirmer avec éclat, face à la politique dite contractuelle de la période qui suit le grand affrontement de 1968, dans une coopération fraternelle, débarrassée des séquelles du passé, avec les fédérations des PTT et des Services publics et de santé, une orientation efficace au service des fonctionnaires.

   Comme le soulignait Georges Seguy, secréaire général de la GT à l’occasion de la célébration du 30e anniversaire du Statut général des fonctionnaires : «  Jamais plus les fonctionnaires n’accepteront sans réagir puissamment d’être considérés comme des citoyens  diminués, comme des rouages muets d’administrations aveugles et sourdes aux besoins populaires ».

 

 

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE - dans Fonction publique
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3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 07:51

 Après la préface d'Alain Le Léap, voici l'avant-propos de l'auteur de cet ouvrage publié en 1979.

Le syndicalisme des origines à la scission de 1947-1948,

 Editions sociales Notre temps /société, 1979, 369 pages

(Tome 1)

 

   La France compte aujourd’hui  plus de deux millions de fonctionnaires, c’est-à-dire 10% de la population active, comme la plupart des pays développés (1)

   Près d’un million de fonctionnaires, enseignants ou administratifs, relèvent de l’Education nationale, 400.000 sont postiers. Une centaine de milliers d’autres sont policiers.

   Au service d’un Etat dont l’intervention s’est largement étendue à tous les domaines de la vie nationale, ils accomplissent les tâches les plus variées.

   Le fonctionnaire, c’est l’enseignant, instituteur ou professeur de faculté, l’ingénieur et le technicien exerçant son activité dans des branches diverses. C’est aussi le postier et l’huissier de ministère, le cuisinier de lycée et l’agent pénitentiaire, l’ouvrier d’Etat et le policier, le percepteur, l’inspecteur du travail et l’aiguilleur du ciel, le douanier et le chercheur…

    Les fonctionnaires sont des salariés, et la conscience de leur condition a largement progressé. Face à l’Etat-employeur, leur action revendicative revêt les mêmes formes Que celles des autres travailleurs. Ils participent à leurs côtés aux luttes générales pour la liberté, la démocratie, le progrès social. La Fonction publique, on l’a dit, est devenue « la plus grande entreprise de France ». Les fonctionnaires tiennent une grande place dans la vie nationale comme travailleurs et comme citoyens.

    Il reste difficile de connaître avec précision les effectifs des syndicats autres que ceux de la CGT. Mais on peut avancer sans crainte d’exagération que le mouvement syndical de la Fonction publique groupe au moins 1.500.000 adhérents. La Fonction publique et les fonctionnaires peuvent être envisagés selon plusieurs acceptions. La plus large englobe les agents de l’Etat de toutes catégories et de tous ministères et ceux des collectivités locales. Mais la Fonction publique est un vaste ensemble au sein duquel certaines spécificités se sont affirmées au fil des événements. Ainsi les « fonctionnaires » les « postiers » les « enseignants », les « communaux », les « hospitaliers » et tous les personnels dont la rémunération dépend directement ou indirectement de l’Etat  ont-ils tout à la fois leur propre histoire et un large fond commun, marqués par la complexité et la contradiction. Ils sont tantôt unis dans une même fédération, tantôt groupés dans des organisations distinctes qui  entrent parfois en conflit  ou coordonnent  leur action  dans un « Cartel des Services publics » englobant aussi les cheminots, les personnels de l’éclairage, des tabacs et allumettes…

     Cet ouvrage est essentiellement consacré au syndicalisme des fonctionnaires. Mais bien entendu, les points de rencontre avec celui du secteur public sont extrêmement nombreux et l’on ne s’étonnera pas des références abondantes à l’Histoire de la Fédération CGT des PTT de Georges Frischmann (2) qui a ouvert la voie à la présente recherche. Certes, l’organisation de base  c’est, dans les premiers âges du mouvement, l’association professionnelle, devenue plus tard le syndicat, regroupant les personnels d’une même administration. Chaque syndicat a connu des évolutions qui recoupent assez largement celles du syndicalisme « fédéral » des fonctionnaires dont il est une partie constitutive, mais n’en comportent pas moins des aspects particuliers qui ne manquent pas d’intérêt pour la compréhension de l’évolution générale.

.

(1) Il s’agit, naturellement, des fonctionnaires de l’Etat.

     Voir dans L’Etat et les fonctionnaires (Publication numérique  sur le site Calaméo)  les évolutions qui ont conduit à la création des Fonctions publiques territoriale et hospitalière  et aux titres III et IV du Statut général en 1983-1984 et 1986.

     Après la transformation de l’administration des  PTT en  deux exploitants publics, la Poste et France Télécom en 1990, les effectifs de ce secteur ne figurent plus dans les statistiques de la Fonction publique du Rapport annuel publié à la Documentation française.

 

(2) Réédité en 2011 au Temps des cerises.

 

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE - dans Fonction publique
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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 06:32

Fonccitoy 

La préface d’Alain Le Leap à

Fonctionnaires sujets ou citoyens 

Le syndicalisme des origines à la scission de 1947-1948,

 Editions sociales Notre temps /société 1981, 369 pages (1)

 

   Accepter de prendre la responsabilité de cette préface m’avait, au départ, quelque peu inquiété.

   Dans toute analyse historique, le rapprochement des faits, leur interprétation peuvent conduire à des conclusions divergentes.

   Allais-je, moi qui suis sorti du mouvement réformiste, me trouver en parfaite communauté  de pensée avec l’auteur ?

    La lecture du travail remarquable effectué par René Bidouze m’a rassuré. Le recul du temps permet de bien juger les faits et les hommes. La simple impartialité conduit alors à une convergence logique de vues.

    René Bidouze a pris le mouvement syndical des fonctionnaires à ses débuts. Il a souligné les difficultés de sa naissance et de sa croissance. Relatant les événements en situant chacun d’eux dans son contexte politique et social, il conduit le lecteur, aussi jeune soit-il, à une pleine compréhension de ce que fut l’action syndicale des fonctionnaires de la vieille fédération,  puis de l’UGFF, pendant les quarante années de la période dont il fait l’examen. Tâche difficile dans un domaine où la documentation n’abondait pas. Je dois rendre hommage à la justesse de son analyse comme à la sincérité de son expression. La présentation me devenait alors facile, en m’aidant de quelques souvenirs personnels. Qu’il me soit permis de le dire : le sérieux et l’objectivité de son travail n’ont fait qu’ajouter à l’estime et à la grande et amicale sympathie que je lui portais.

(1) Les sous-titres  et les notes sont de la rédaction du blog

                                              

Le monde des fonctionnaires

 

 

   Le monde des fonctionnaires constitue un milieu difficile par sa diversité. L’influence politique y joue un rôle considérable. L’évolution y est lente. L’action syndicale y a toujours été difficile.

   Il convenait de rappeler brièvement comme le fait l’auteur, que l’agent de l’Etat était encore, à la fin du siècle dernier et d’une manière quasi-générale, docilement soumis au régime qui le payait. Il n’avait pas conscience de ses droits ou du sens réel de ses devoirs ou, s’il l’avait, il ne le manifestait pas. Trop souvent, sa carrière dépendait davantage de sa docilité que de ses qualités ou de sa compétence.

    A l’époque, il était difficile de  faire entrer dans ce milieu des idées jugées « avancées » et l’union pour la défense des intérêts communs commençait seulement à prendre corps.

    René Bidouze montre comment l’action syndicale a fait, de l’ancien serviteur plié aux caprices du régime, un citoyen à part entière, pleinement conscient de ses droits et décidé à les défendre, à les étendre même, afin de conserver sa juste place dans une société en pleine évolution.

    On est parfois tenté d’accréditer l’idée que l’action syndicale des fonctionnaires était contraire aux intérêts de la Nation. Il n’en est rien, bien au contraire.

     Le sort de la Nation dépend de l’Etat. L’Etat ne peut être fort, entreprendre valablement une action audacieuse et constructive que s’il peut compter, du haut en bas de l’échelle, sur un corps de fonctionnaires compétents et entièrement dévoués à la cause publique. C’est ce que trop de politiciens ont délibérément négligé (je reviendrai sur ce sujet à l’occasion d’une brève réflexion sur le statut de la fonction publique).Il est aisé de comprendre que la compétence du corps des fonctionnaires tout entier ne sera assurée que si, à tous les niveaux, les meilleurs éléments de la jeunesse se sentent attirés par les carrières de la fonction publique. Et le dévouement à l’intérêt général sera d’autant plus sûr que chacun sachant que son rôle est compris et approuvé par l’ensemble de la Nation, aura le sentiment qu’il lui est rendu justice, que ses droits sont établis sur une base équitable et que sa place relative dans la hiérarchie sociale est préservée.

   Mais combien de Français ont nettement conscience de cela ?

   Par des campagnes de dénigrement systématique, certains s’efforcent de présenter les fonctionnaires comme des « budgétivores » sans utilité réelle, alors que leur rôle est essentiel.
   Les charges de Courteline faisaient sourire ; leur outrance même empêchait qu’on les prenne au sérieux.

   On a trop tendance aujourd’hui, dans certains milieux, à faire des agents de l’Etat les boucs émissaires d’une politique dans l’élaboration  de laquelle ils ne sont pour rien, à détourner  sur eux le mécontentement populaire pour masquer les  responsabilités réelles du pouvoir.

   Je me répète peut-être en disant que cela ne porte pas préjudice aux seuls fonctionnaires, mais, en diminuant l’autorité de leur fonction, à la Nation elle-même.

                                                        

 

Hommage aux pionniers du  syndicalisme des fonctionnaires

 

   La création et le développement de la vieille Fédération des fonctionnaires ont été l’œuvre de quelques hommes  auxquels, même si  on ne partage pas entièrement leurs vues, il est juste de rendre hommage. Ils ont faire preuve d’un courage, d’une détermination qui n’étaient pas, au début du siècle, dans ce milieu, monnaie courante.

   A Charles Laurent, d’abord. Il en a été, pendant trente années, le véritable « patron ».

   J’ai conservé de lui le souvenir d’un homme très personnel, ne se livrant pas, peu enclin à accorder sa confiance, quelque peu bourru, ayant une conception bien à lui de l’action syndicale, mais très honnête vis-à-vis de lui-même et des autres et soucieux de préserver l’unité de son organisation. Réformiste, il l’était certes et ne s’en cachait pas. Mais un réformiste un peu hors du commun, ne s’intégrant dans aucun mouvement fractionnel, quelles qu’aient pu être ses sympathies personnelles. Opposé à la montée des communistes dans le mouvement syndical, il les combattait loyalement et il a eu le mérite, en deux circonstances particulièrement graves, d’adopter une attitude indépendante et honnête : en 1939, en ne votant pas l’exclusion des communistes de la CGT ; en 1947, en n’approuvant pas la scission syndicale, même s’il ne s’y est pas publiquement opposé. (2) Malgré son souci de ne jamais faire prendre à la Fédération une position, à son sens, trop avancée, il n’a pas hésité en certaines circonstances, à s’engager dans la bataille politique. Peut-être eut-il pu avoir parfois une attitude plus combative. Il reste tout de même la grande figure de la Fédération des fonctionnaires dont il a su faire, en partant de zéro, une organisation puissante avec laquelle le gouvernement a dû compter.

    Charles Laurent avait trouvé en Pierre Neumeyer un adjoint d’une fidélité à toute épreuve. Profondément humain et désintéressé- il avait refusé à la Libération, les brillantes situations qui lui avaient été proposées- d’un dévouement sans défaillance, Neumeyer a tout donné de lui-même, dans l’ombre de Laurent, à la vieille Fédération. Je lui portais une affectueuse estime et j’ai profondément regretté qu’il n’ait pas eu la volonté ou le courage, en 1947, de s’opposer à ses amis et qu’il ait accepté la scission syndicale (3)

   En face d’eux, il y avait, entre autres, Michel Piquemal. Adversaire du réformisme, combatif à l’extrême, soucieux de s’attaquer aux causes du mal dont souffrait la condition des fonctionnaires et pas seulement d’en limiter les conséquences, Piquemal donnait un sens différent à l’action de notre mouvement syndical, traçant déjà les grandes lignes de son orientation actuelle (4).

 

(2) Alain Le Léap évoque la période qui a suivi la signature du pacte germano-soviétique en 1939, la dissolution du Parti communiste, l’exclusion des communistes de la CGT, la «  drôle de guerre » Dans la Cinquième partie de l’ouvrage Fonctionnaires sujets ou citoyens, un chapitre traite de ce qui s’est passé dans cette période dans le mouvement syndical des fonctionnaires ( p 291-296)

 

(3) Je porte un jugement plus sévère sur ce syndicaliste  (que je n’ai pas connu) en analysant notamment  ses positions dans la question du Reclassement général de la fonction publique et la scission syndicale de 1947-1948.

 

(4) NDLR. Les syndicalistes cités par Le Léap, y compris lui-même et l’auteur de l’ouvrage étaient des fonctionnaires des Finances. Les secrétaires généraux successifs de l’UGFF de 1948 à 1978 seront des fonctionnaires des Finances appartenant au Syndicat national des Contributions indirectes ( Marcel Ragon, Léon Rouzaud,  André Berteloot,  Roger Loubet, René Bidouze).

   A l’exception de Charles Laurent et de Pierre Neumeyer qui appartenaient  à l’époque plus ancienne de l’entre-deux-guerres,  j’ai  connu  et  rencontré  ces dirigeants syndicaux à  l’époque de  la Libération alors que j’étais un jeune militant dans les Pyrénées Atlantiques et j’ai travaillé plus tard sur le plan national avec ceux  qui exerçaient encore des responsabilités.

L’opposition des pouvoirs publics et des serviteurs de l’Etat

 

   L’enseignement majeur que l’on peut tirer de l’étude de René Bidouze est,  bien entendu, l’opposition quasi permanente  des pouvoirs publics et des serviteurs de l’Etat.

   Chacun sait  que le sort des fonctionnaires  dépend du budget de l’Etat et que le budget est le reflet de la politique du gouvernement qui l’a élaboré. Aucun d’entre nous ne peut donc être indifférent à la politique gouvernementale. Si l’on excepte la période qui a suivi immédiatement la Libération du territoire, jamais un gouvernement n’a donné un ordre prioritaire à l’inscription au budget des crédits nécessaires non seulement à la participation des fonctionnaires à la répartition des richesses dues au développement de la production nationale, mais même au strict maintien de leur pouvoir d’achat. La politique délibérée d’inflation conduit à réduire chaque fois davantage la part relative qui était la leur dans le budget de l’Etat. On comprend aisément que le mouvement syndical soit conduit à appeler à l’action pour la sauvegarde des intérêts de tous. Et tous les agents de l’Etat, à quelque niveau qu’ils se situent, devraient se retrouver ensemble pour la défense de leurs intérêts communs – ceci condamne à mon sens, le pluralisme syndical dont les motivations sont nettement partisanes. Mais l’on peut dire qu’il s’est presque  traditionnellement installé en France, les tenants du pluralisme estimant- ou tentant d’accréditer l’idée qu’il est nécessaire pour empêcher l’ingérence de la politique dans le mouvement syndical.

   Ils craignent, en fait, qu’une organisation unique ne soit influencée par les éléments les plus lucides et les plus dynamiques et que le raisonnement et l’action conduisent à la mise en cause de l’Etat tel qu’il est conçu dans le système capitaliste.

   Mais qui peut valablement soutenir qu’un Etat qui sacrifie délibérément les intérêts conjoints des fonctionnaires et de la Nation pour la satisfaction des gros intérêts privés ne soit pas mis en cause par ceux qui en sont les victimes ? En refusant de l’admettre ou de le dire, les dirigeants réformistes engagent lourdement leur responsabilité.

   Dans le secteur privé, pour la défense de leurs intérêts généraux et de l’Etat qui les sert, les « patrons », malgré certaines oppositions entre eux, sont tous unis contre le mouvement ouvrier au sein d’une organisation unique, le Conseil national du Patronat français (CNPF).

   C’est un exemple à méditer.

   Face à un même patron, l’Etat, ayant les mêmes intérêts à défendre, les diverses organisations syndicales ont nécessairement, à peu de choses près, le même programme revendicatif.

   Au sein d’une même organisation les petites différences disparaîtraient et quel « apolitisme » peut-on considérer plus valable que celui qui résulterait de la présence de toutes les tendances, politiques ou confessionnelles, au sein d’une même organisation avec le souci de tous d’en préserver l’unité ! Et quelle autorité aurait une semblable organisation sur l’ensemble des fonctionnaires et même au- delà, sur les couches les plus conscientes de la population !

   Alors comment admettre que -ce qui est plus grave- dans cette période où le pluralisme syndical existe, certains dirigeants syndicaux refusent systématiquement la concertation, la recherche d’une plateforme revendicative commune et des formes d’action permettant d’en obtenir la réalisation ? Les pouvoirs publics ont toujours joué de cette division des forces syndicales. Ils s’efforcent de l’accentuer, accordant leurs faveurs – au demeurant purement gratuites et flattant seulement la vanité des hommes – à ceux qui s’opposent à cette union tant redoutée.

   Mais quelle est,  alors, la responsabilité de ceux qui font leur jeu !

 

Les réformes de la Libération

 

   Une période seulement a donné, au cours des quarante années évoquées par René Bidouze, un aspect différent à la fois de l’attitude des pouvoirs publics et du rôle du mouvement syndical : celui des années fin1944/début 1947. La France sortait de l’abîme. Tout était à refaire. Le programme du Conseil national de la Résistance offrait des horizons nouveaux. Recréer l’Etat sur des bases nouvelles était un impératif catégorique. Il s’agissait, pour la première fois dans notre Histoire, de le mettre réellement a       u service de la Nation. Dans le cadre d’une très haute politique, au sens noble du terme, devant assurer un développement harmonieux de l’économie, une évolution constante de la société vers le mieux-être de tous, il fallait, tout d’abord tant dans la conception que dans la réalisation des réformes, disposer d’un corps d’élite sachant interpréter et appliquer les décisions d’un pouvoir politique né du peuple et gouvernant par lui et pour lui.

    En décidant que le traitement de base des fonctionnaires devait être égal à 120% du minimum vital, la loi du 19 octobre 1946 portant statut de la fonction publique répondait, par-delà même les seuls intérêts des fonctionnaires, à un impératif plus large d’intérêt national.

    Qu’il me soit permis de rendre ici hommage à celui qui en a permis la réalisation alors qu’il était vice-président du conseil chargé de la fonction publique, Maurice Thorez, à l’époque secrétaire général du Parti Communiste Français. Je le fais aujourd’hui comme je l’ai fait en 1946 – alors que j’étais dans les rangs du mouvement réformiste et assez éloigné de la conception communiste de la société -plus d’ailleurs par ignorance que par principe- parce que le projet était d’une telle qualité que cet hommage était et demeure du domaine de la stricte  honnêteté.

   Qu’il me soit également permis d’associer à cet hommage notre camarade Jacques Pruja, Secrétaire général adjoint de l’UGFF, qui avait, dans notre bureau, la responsabilité de l’élaboration de ce statut et qui, en liaison avec le cabinet de  Maurice Thorez s’est remarquablement acquitté de  sa tâche. J’ai revu Jacques Pruja avec une joie réelle et une certaine émotion, plus d’un quart de siècle plus tard, lors de la célébration du trentième anniversaire du statut, parce que je pense que –malgré nos différences de vues politiques- nous avons constitué,  à l’époque, une équipe valable, efficace, en raison de la bonne volonté de chacun et de la loyauté dans le travail collectif. Ceux qui jouent les Cassandre ont critiqué et critiqueront peut-être encore cette coopération avec le gouvernement. Il ne peut s’agir que de mauvaise foi ou d’une totale incompréhension. En fait nous prenions nous-mêmes  en main notre propre destin, nous assurions notre avenir sur des bases justes et durables, et, j’insiste à nouveau sur ce point, dans l’intérêt même de la Nation.

   Montesquieu a dit qu’en entrant dans un pays il le jugeait non d’après ses lois, mais d’après l’application qui en était faite. Qu’eut-il pu dire du nôtre s’il avait eu à juger de l’application de notre statut ? Après l’éviction de Maurice Thorez et des ministres communistes du gouvernement, le statut, qui avait pourtant été voté à l’unanimité par l’Assemblée nationale, ne fut jamais intégralement appliqué. Au fil des jours il fut démantelé. La conception de l’Etat qui avait présidé à son élaboration fut abandonnée et les intérêts privés dominèrent à nouveau au détriment des intérêts de la Nation (5).

 

(5) Ces réformes de la Libération,  leurs évolutions ultérieures, ainsi que les réformes de 1981-1984 et leurs remises en cause  sont analysées dans mon ouvrage  L’Etat et les fonctionnaires (publication numérique sur le site Calaméo)  qui reprend et développe des écrits antérieurs.

 

 

Rupture avec le réformisme

   De cette époque date ma rupture avec le mouvement réformiste, dont l’anticommunisme systématique était  - et demeure – la motivation essentielle, ce qui est, de toute évidence, contraire aux intérêts des salariés du secteur public comme du secteur privé.

   De purement revendicative dans le passé, l’action syndicale avait donc pris, sous l’impulsion de l’UGFF, un caractère constructif. Un deuxième exemple peut être donné : le reclassement de la fonction publique, complément nécessaire du statut de base de la revalorisation générale des traitements et de la péréquation intégrale des retraites. Il s’agissait, en partant de critères équitablement établis de mettre en place une hiérarchie juste et harmonieuse. Il fallait surmonter  les oppositions catégorielles, dépasser les vues tout naturellement égoïstes des syndicats. Il fallait éviter l’éclatement de notre organisation. Ce fut malaisé, mais nous y sommes parvenus, affirmant ainsi l’autorité de notre organisation .

    Je me suis un peu attardé sur cette période sans doute parce que je l’ai vécue mais surtout parce qu’elle a ouvert au mouvement syndical des fonctionnaires des vues nouvelles, en rappelant que leur mise en œuvre n’est possible que si les personnalités politiques faisant partie du gouvernement sont soucieuses avant tout de l’intérêt général du pays et conscientes du rôle que nous devons tenir.

 

Les constantes de l’histoire

 

   Mais les représentants des gros intérêts privés qui, au sortir de l’occupation, courbaient la tête, ont vite repris « du poil de la bête ». Ils entendaient changer le cours de la politique française et ils y sont parvenus. L’éviction des ministres communistes du gouvernement, en mai 1947, fut la première manifestation de changement, la scission syndicale de décembre 1947 en fut la deuxième, la plus décisive peut-être car elle allait briser la capacité de lutte de tous les travailleurs, fonctionnaires compris.

   René Bidouze, dans cet ouvrage, relate les conditions de la scission syndicale. Il cite un témoignage que j’ai apporté sur ce sujet (6)      

   Tout au long de l’histoire, le mouvement réformiste a eu une attitude constante : lorsqu’au sein d’une organisation il est majoritaire, il règne sans partage ; s’il perd cette majorité, il provoque la rupture. Malgré les apparences et malgré parfois un langage pseudo révolutionnaire, il fait tout pour maintenir en place un système économique dominé par le grand capital, sacrifiant ainsi délibérément les intérêts de ceux qu’il prétend défendre. Cela était vrai en 1947, cela est vrai trente ans plus tard.

   Il suffisait, en décembre 1947, de lire les éloges que l’ensemble de la presse de droite adressait à ceux qui ont fait la scission pour savoir à quoi s’en tenir. Les prétextes et les faux-semblants ne changent rien en la matière. On peut aujourd’hui mesurer les conséquences de cette scission. Elle est pleinement responsable de  la situation

(6) Dans la Sixième partie de Fonctionnaires sujets ou citoyens, un  chapitre traite  la scission syndicale de 1947-1948 ( p 356-366)

      Le témoignage d’Alain Le Léap, présenté au cours de la commémoration du 30e anniversaire du statut   sera repris  dans ce blog.

Conclusion

 

   Il ne convient sans doute pas de s’appesantir sur ce passé avec l’amère satisfaction de se dire que l’on n’a, dans la situation actuelle, aucune responsabilité.

   Il faut le faire pour tirer les leçons d’une expérience douloureuse, pour orienter les esprits vers l’avenir, pour comprendre les possibilités qu’aujourd’hui encore l’union peut apporter.

    Je souhaite pour cela que le livre de René Bidouze soit lu par tous, non seulement par les fonctionnaires, mais bien au-delà, par tous ceux que le rôle de l’Etat ne laisse pas indifférent.

    Et je lui renouvelle mes compliments et mes remerciements pour avoir donné, en quelque sorte, à notre action une dimension nouvelle.

 

                                                          Alain Le Léap

                                        Ancien secrétaire général de l’UGFF

  

 

 

 

 

 

 

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE - dans Fonction publique
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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 09:10

 

     On a publié dans ce blog  la préface et la conclusion du volume 2 de Fonctionnaires sujets ou citoyens qui s’appliquait à la période de la scission de 1947-1948 à 1981.

    On  publiera prochainement la préface d’Alain Le Léap, l’avant-propos  et la conclusion du volume 1  qui s’appliquait à la période des origines à la scission de 1947-1948.

    A chacun de juger  l’utilité de  ces publications et de s’exprimer le cas échéant.

                                                                    °

                                                               °        °*

 Le léap

   Alain Le Léap fut le premier secrétaire général de l’Union générale des fédérations de fonctionnaires, organisation qui  prit en mars 1946 la place de l’ancienne Fédération générale des fonctionnaires. Il se dressa contre la scission syndicale  devint secrétaire général de la CGT aux côtés de Benoît Frachon et occupa cette fonction jusqu’en 1957. Alain Le Léap a été aux premiers rangs des luttes des travailleurs pour leurs revendications, pour les libertés et pour la paix.

.  Il est  né à Lanneur (Finistère), le 29 septembre 1905, décédé au Pradet (Var) le 26 décembre 1986.

 

 

 

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE - dans Fonction publique
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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 09:41

   Si on veut bien considérer que la qualité d’acteur et témoin des événements d’une période ne comporte pas que des inconvénients, les fonctions  que j’ai exercées de 1981 à 1987 au ministère de la fonction publique et au Conseil d’Etat  m’ont permis de mettre au jour un certain nombre d’erreurs, d’affirmations contestables, voire d’oublis plus ou moins systématiques dans les études et surtout dans les témoignages qui ont déjà  traité – sans attendre  que le « recul historique » ait fait son œuvre - de la politique de la fonction publique de ces  années qui sont celles de la gauche au pouvoir et d’un début de « cohabitation ».

   La tradition de célébration d’anniversaires mise en pratique tant par les journalistes que par les hommes politiques est un moyen de présenter des analyses, d’exprimer des interprétations, voire de faire prévaloir des thèses qui risquent de s’imposer ensuite comme des « vérités » établies. Rappelons – nous l’avalanche récente d’articles, études, commentaires, films et documentaires sur le trentième anniversaire de 1981 où, comme on dit, on a vu le pire et le meilleur.

   Dans ces années 2011-2012 marquées par d’intenses débats, à quelques mois de l’élection présidentielle de mai 2012 (qui peut amener une victoire de la gauche) je pense – en écoutant les candidats et les journalistes qui les interrogent- qu’une bonne connaissance de  la politique de la fonction publique des années 1981-1986 et de celle des années de « cohabitations » pourrait être d’une grande utilité pour tous ceux qui à des titres divers exercent ou exerceront des responsabilités en  cette  matière. J’ai exposé dans ce blog depuis sa création en mai 2010, un certain nombre de problèmes récurrents de la fonction publique en soutenant l’idée que la connaissance explicite de ces périodes  est d’un grand intérêt.

   On  ne saurait  ignorer d’autre part que même dans les années de la gauche au pouvoir, les positions des organisations syndicales de fonctionnaires et celles du gouvernement et de son ministère de la fonction publique étaient marquées par une concertation pratiquement sans précédent, mais aussi par des divergences et des conflits, et que les conceptions des rapports entre mouvement syndical et pouvoir politique se sont exprimées de façons diverses.

    Je ne suis pas trop mal placé pour estimer que la connaissance des positions des différentes composantes du mouvement syndical des fonctionnaires dans  la décennie 1981-1991 et des sujets de désaccords présente un certain intérêt. Quand cette étude sera-t-elle engagée et qui s’en chargera ? Est-il outrecuidant de poser la question ?

    L’histoire conservera en toute hypothèse ses vertus. Mais on peut craindre que l’impact  de la connaissance historique sur  le combat social - qui est un des objectifs affichés par les militants  qui s’investissent dans l’histoire sociale - ne s’émousse fortement si on prend trop de distance avec l’événement.

  Pour ce qui concerne la fonction publique, au train où vont les choses, où en seront dans quelques années  les garanties fondamentales des fonctionnaires  qui sont une des composantes du domaine législatif (art 34 de la Constitution) et le statut général  qui en est la principale expression juridique ? Alors que cette conception de l’Etat et de ses rapports avec les fonctionnaires et agents publics est mise à mal avec un statut   « en voie d’extinction » à des degrés divers selon les secteurs,  certains politiciens «  libéraux » de  droite envisagent de la remettre en cause dès 2012 sous couvert d’une fallacieuse limitation du statut aux agents de l’Etat « régalien ». Ces derniers savent-ils qu’ils expriment des « idées » qui étaient déjà dépassées  il y a plus d’un demi-siècle, et qu’ils sont des réactionnaires au sens précis du terme ?

   La connaissance historique ne dicte certes pas le programme des candidats à l’élection présidentielle et aux élections législatives qui suivront. Mais elle permet au moins de contrecarrer les projets rétrogrades, les intentions malsaines, ou simplement une ignorance propice à tous les mauvais coups.

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE - dans Fonction publique
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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 08:13

 

   A l’occasion de la réédition de l’Histoire de la Fédération CGT des PTT (1672-1946 ) de Georges Frischmann, nous avons évoqué l’étroite coopération qui a marqué  dans les années 1970 les relations entre cette Fédération et l’Union générale des fédérations de fonctionnaires.

 

    Il est un autre domaine (qui relève aussi du présent blog) sur lequel je me suis entretenu à différentes reprises avec Georges Frischmann pour aboutir à la conviction commune que nous devions nous  y investir dans le prolongement de notre action syndicale : les services publics sous la Commune de Paris.

 

-en 1997, il a publié une biographie d’Albert THEISZ, directeur des Postes de la Commune, Edition de la Fédération des Postes et Télécommunications.

 

 

-en 2001, j’ai publié 72 jours qui changèrent la cité, La Commune de Paris dans l’histoire des services publics, Editions Le temps des cerises.

 

 

   Nous avons tenu, à l’époque,  des  réunions de militants syndicaux pour en parler. J’espère que le flambeau est entre les mains de nos successeurs, en cette année de 140e anniversaire de l’événement marquée par de nombreuses initiatives.

 

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE - dans La Commune
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Auteur

  • René BIDOUZE
  • En un demi-siècle, j’ai fait le « tour de la table » de la politique de la fonction publique comme syndicaliste, directeur du cabinet du ministre, conseiller d’Etat en service extraordinaire,  auteur d'ouvrages.
  • En un demi-siècle, j’ai fait le « tour de la table » de la politique de la fonction publique comme syndicaliste, directeur du cabinet du ministre, conseiller d’Etat en service extraordinaire, auteur d'ouvrages.

Eléments biographiques

  Né le 2 décembre 1922 à Jurançon (Pyrénées-Atlantiques)

 

-Fonctionnaire

 Receveur divisionnaire des Impôts honoraire

 

-Dirigeant national du mouvement syndical des fonctionnaires (1958-1978)

  Secrétaire du Syndicat national des Contributions indirectes 1958-1963

  Secrétaire général de la Fédération des finances CGT 1963-1970

  Secrétaire général de l’Union générale des fédérations de fonctionnaires (UGFF) et

  Membre du conseil supérieur de la fonction publique 1970-1978

  Membre de la commission exécutive de la CGT 1969-1975.

 

  Membre du conseil d’administration de l’Institut CGT d’histoire sociale.

 

-Directeur du cabinet du ministre de la fonction publique et des réformes administratives  (juin 1981-novembre 1983).

 

-Conseiller d’Etat en service extraordinaire (novembre 1983-novembre 1987).

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