Des articles et des points de vue sur la Fonction Publique, le syndicalisme et la Commune de Paris.
Par René BIDOUZE
Dans un autre de mes ouvrages, Fonction publique Les points sur i, VO éditions 1995 (qui a connu une assez bonne diffusion mais une existence éphémère en tant qu’édition papier puisqu’épuisé assez rapidement et non réédité) on pouvait lire dans le chapitre traitant la « Mission provisoire de réforme de la fonction publique » confiée par le général de Gaulle à Michel Debré en avril 1945 (pages 54 -60) une indication inédite sur la seule visite d’un ministre en exercice qui ait eu lieu, à ma connaissance, au siège de la Fédération générale des fonctionnaires (comme avant la guerre, elle était une des « fédérations » les plus importantes de la CGT et se transformera en Union générale des fédérations de fonctionnaires au congrès de mars 1946, avant la scission de 1947- 48).
Cette anecdote illustre à la fois l’histoire générale du syndicalisme des fonctionnaires et la place qu’y occupait le siège de la rue de Solferino acquis en 1934-1935.
…« Le projet a été soumis à la Commission de réforme de l’Etat de l ’Assemblée consultative, dont le rapporteur était Pierre Cot. L’Assemblée s’est réunie en procédure d’urgence les 21 et 22 juin 1945.
Pierre Neumeyer, intervenant dès l’ouverture des débats ( en l’absence de Charles Laurent en mission au Bureau international du travail) a indiqué que Michel Debré leur avait proposé d’avoir avec eux une « conversation » sur le projet d’ordonnance 1. Charles Laurent avait refusé, estimant qu’il était indispensable d’avoir communication du texte ( Charles Laurent et Pierre Neumeyer, membres de l’Assemblée consultative, étaient les deux principaux dirigeants de la Fédération générale des fonctionnaires).
Michel Debré s’est alors contenté d’une lettre exposant « les grandes lignes du projet » et a accepté de se rendre au siège de la Fédération générale des fonctionnaires, 10 rue de Solferino, pour y faire une « conférence » sur le sujet. Au cours de la discussion qui a suivi, il a refusé de communiquer les projets de textes d’application, qui pourtant étaient déjà prêts »…
1- Il s’agissait de l’Ordonnance du 9 octobre 1945, qui institua l’Ecole nationale d’administration, les instituts d’études politiques, la direction de la fonction publique et les nouveaux cadres d’administration centrale. C’est un des textes « fondateurs » de la fonction publique de la seconde moitié du XX e siècle. On peut en lire une analyse dans plusieurs de mes ouvrages et en dernier lieu dans « L’Etat et les fonctionnaires », publication numérique sur le site Calaméo.
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