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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 08:17

De nombreux travaux ont été consacrés aux gouvernements présidés par le général de Gaulle aux lendemains de la Libération. La participation des ministres communistes à ces gouvernements, et tout particulièrement celle de Maurice Thorez dont la personnalité, le rôle et l’action dans ses fonctions de secrétaire général du Parti communiste français ont couvert une très longue période des années 1930 à sa mort en 1964, ne pouvaient manquer d’occuper dans ces travaux une place de choix. Vice président du conseil spécialement chargé de la fonction publique dans les gouvernements successifs de novembre 1945 à mai 1947 (Charles de Gaulle, Félix Gouin, Georges Bidault, Paul Ramadier) et promoteur de l’élaboration et de l’adoption du statut général des fonctionnaires en octobre 1946, il est un rouage essentiel de l’histoire de la fonction publique et de ses liens avec celle des conceptions de l’Etat et de la société.

J’avais reproduit dans ce blog en mars 2011 le « commentaire » signé de Maurice Thorez accompagnant dans une brochure éditée fin 1946 le texte de la loi portant statut général des fonctionnaires adoptée le 5 octobre à l’unanimité par l’Assemblée nationale constituante. Mon ouvrage inséré en publication numérique sur le site Calaméo « L’Etat et les fonctionnaires, de la plume sergent-major à internet » contient, dans les chapitres traitant la période fondatrice des années de la Libération, quelques citations extraites de ce commentaire.

En réalité, ce dernier avait une portée plus large. La troisième partie s’intitulait « Le statut » mais la deuxième traitait « La réforme administrative » et la seconde « L’œuvre de neuf mois » et énonçaient des principes généraux qui caractérisent la conception française de la fonction publique et une vision démocratique et sociale de la République française. C’est une illustration de la place occupée par l’histoire de la fonction publique dans l’histoire politique et sociale de notre pays (un sujet sur lequel j’ai entrepris de m’exprimer) 1.

Pour l’anecdote - à laquelle je ne résiste pas davantage que d’autres rares témoins survivants de l’époque - j’indique que lors de la publication de la brochure, j’exerçais les fonctions de contrôleur des Contributions indirectes chargé des services du contentieux à la direction départementale de cette administration à Pau, après avoir exercé celles d’instituteur détaché à l’Inspection académique. Je militais activement au Syndicat des Indirectes dont je serai quelques années plus tard un des responsables nationaux et j’étais fortement engagé dans l’action politique. Jeune fonctionnaire profondément intéressé, dans ma lointaine province, aux débats de la période, j’ai eu l’occasion d’utiliser cette brochure pour confondre le député socialiste Gaston Chaze, lui-même fonctionnaire de l’Enregistrement en visite dans nos bureaux : il tentait d’accréditer l’idée que c’était un statut « totalitaire » adopté sans véritable débat et dont personne ne connaissait le texte, reprenant ainsi les propos du porte parole de son groupe (Christian Pineau) à la fin des travaux parlementaires que Maurice Thorez mentionnait dans son commentaire pour les regretter dès lors qu’ils s’appliquaient à « une loi essentiellement démocratique qui fait honneur à notre pays ».

Dans les responsabilités nationales exercées ensuite à tous les niveaux du mouvement syndical des fonctionnaires, dans celles de directeur du cabinet du ministre chargé trente-cinq ans plus tard des réformes administratives et de la fonction publique et aujourd’hui encore dans le souvenir des différentes étapes de l’histoire, le papier jauni de cette brochure est resté présent.

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 07:48

 

  L’Histoire de la Fonction publique de la deuxième moitié du XXe siècle est jalonnée par l’adoption de la loi n° 46-2294 du 19 octobre 1946 portant statut général des fonctionnaires, et  par deux nouvelles versions générales de ce statut abrogeant la version précédente : l’Ordonnance n°59-244      du 4 février 1959 et le statut général des fonctionnaires de l’Etat et des collectivités territoriales  composé de trois lois suivi d’une quatrième en 1983-1984-1986 ( lois n° 83-634 du 13 juillet 1983, loi n°24-16 du 11 janvier 1984, loi n° 84-53 du 26 janvier 1984, loi n°86-33 du 9 janvier 1986)

   Chacune de ces  étapes  (1959  et 1981-1984) de l’évolution générale du statut adopté au lendemain de la Libération  a clôt une période marquée par la publication de quelques lois modifiant plusieurs de ses articles et de textes  réglementaires. Sur ce point, on a noté  une relative stabilité sous la IVeRépublique de 1946 à 1958, et une certaine accélération dans la première partie de la Ve République  de 1958 à 1983. En revanche, si la version générale de 1983-1984-1986 a été formellement maintenue dans les trois décennies de 1986-2006 et au-delà, on a constaté  une véritable inflation de textes législatifs et réglementaires qui la dénaturent assez largement. Des réformes structurelles et statutaires très importantes  en ont réduit le champ d’application par  une politique de « mise en extinction » du statut pour des pans entiers de la fonction publique.

   Il va de soi que tout ministre, fonctionnaire ou syndicaliste chargé de responsabilités dans la gestion générale de l’administration et de la fonction publique et tout spécialiste des différentes disciplines s’appliquant à ce domaine  se doivent  d’en avoir une connaissance approfondie.

   Mais les analyses juridiques et les implications sociales immédiates  gagnent  à s’inscrire dans une vision plus large : l’histoire de la fonction publique et l’histoire politique sont  inséparables.

 -  La loi d’octobre 1946 était adoptée à l’unanimité par l’Assemblée Nationale Constituante au terme de débats menés dans le contexte de la reconstruction de l’Etat, de la réforme administrative, des grandes réformes économiques et sociales des lendemains de la Libération  et de l’installation des institutions de la IVeRépublique ;

 -  L’Ordonnance de 1959 qui opérait un transfert massif du statut au domaine réglementaire  était  publiée en application de la Constitution du 4 octobre  1958 instaurant la VeRépublique dont l’article 34 inscrivait les « garanties fondamentales accordées aux fonctionnaires civils et militaires de l’Etat »     dans le domaine de la loi ;

 - Les lois constitutives du statut général des fonctionnaires de l’Etat et des collectivités territoriales de 1983-1984-1986 étaient conditionnées par les lois de décentralisation constituant une pièce maîtresse de cette nouvelle phase de nos institutions résultant de l’accession de la gauche au pouvoir;

 - Les réformes structurelles et statutaires des dernières décennies du XXe siècle et des premières du XXIe  surviennent  dans une période de notre histoire politique caractérisée par une succession « d’alternances » et de « cohabitations » dans un contexte européen et mondial profondément affecté par  une crise dont on ne connaît ni l’issue ni les conséquences les plus durables sur la société.

     La conception française de la fonction publique s’est construite au fil du temps sur les fondements de la jurisprudence du Conseil d’Etat élaborée de la fin du XIXe siècle à la première moitié du XXe puis sur les principes repris dans un ensemble statutaire législatif et réglementaire. Ses adversaires n’ont jamais désarmé. Leurs héritiers d’aujourd’hui restent plus ou moins partagés sur la méthode. Certains sont conscients qu’ils peuvent célébrer le bilan de leur action au cours des trente dernières années en constatant que la gauche au pouvoir n’abroge que rarement les remises en cause opérées par la droite, alors que celle-ci s’empresse de détruire ce qui lui paraît  porter atteinte  à ses sujets de prédilection (haute fonction publique, droit syndical et droit de grève, non titulaires…) chaque fois qu’elle  revient  aux affaires. Ils pensent que la meilleure méthode est de poursuivre, d’accentuer à l’occasion la liquidation progressive du statut. D’autres croient le moment venu de préconiser une politique tendant à porter  l’estocade.

    Pourtant, ces considérations  centrées sur le statut général des fonctionnaires restent  en deça de la réalité. On  ne peut  ignorer, en effet le statut des militaires et celui des magistrats. On  peut encore moins ignorer que cet ensemble statutaire est une composante d’un système qui s’applique à plus de cinq millions de salariés et à des millions d’ayant-droit comportant un régime spécifique de rémunérations relevant de la politique économique, budgétaire et sociale de l’Etat et des collectivités publiques, et des  régimes de retraites consigné dans un Code général des pensions civiles et militaires.

    La fonction publique est en soi un domaine très étendu. Les liens de ses  évolutions  avec l’histoire politique et sociale sont loin d’occuper la place qui leur revient.

 

 

 

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE - dans Fonction publique
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17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 15:33

LA « REFORME » DES RETRAITES EST DE NOUVEAU A L’ORDRE DU JOUR. Ci-dessous l’article publié dans ce blog en juin 2010 :

     Sous l’Ancien Régime, les pensions, manifestation de la faveur royale, n’étaient pas un droit. Le roi  récompensait par une pension les services éminents. Dès 1778, la Ferme générale a créé en faveur  de son personnel une caisse de retraite. Le principe des pensions aux anciens serviteurs de l’Etat affirmé par la Révolution française dans la loi du 22 août 1790 a reçu une première application avec les lois des 11 et 18 avril 1831 concernant les militaires. Les fonctionnaires civils ont ensuite bénéficié d’un régime de pensions avec la loi du 9 juin 1853, maintenue en vigueur jusqu’à la réforme de 1924.

La réforme de 1924

      L’année 1924 est une année marquante dans le domaine des pensions de retraite des fonctionnaires.. Selon la loi du 14 avril 1924, l’admission à la retraite et la pension  ne sont plus des récompenses mais un droit et le régime des retraites devient commun aux fonctionnaires civils et militaires. C’est  une garantie essentielle  dont les autres salariés ne bénéficient pas. La loi apporte des avantages nouveaux, tels que la pension proportionnelle acquise avec quinze ans de services, la majoration en faveur des agents chargés de famille. Toutefois, le nouveau régime ne permet pas une évolution réelle des pensions en fonction du coût de la vie. Ces dernières sont, en effet déterminées en valeur nominale au moment de leur liquidation.

 La réforme de 1948

       Conformément à l’article 140 de la loi du 19 octobre 1946 portant statut général des fonctionnaires  un nouveau régime des retraites est fixé par la loi du 20 septembre 1948. Un décret d’application paraît le 17 mars 1949.

1951. Le Code des pensions civiles et militaires

        Selon l’article  L 1  de ce code, institué par un décret du 23 mai 1951,  «  la pension est une allocation pécuniaire personnelle et viagère accordée aux fonctionnaires civils et militaires et, après leur décès à leurs ayant cause désignés par la loi, en rémunération des services qu’ils ont accomplis jusqu’à le cessation régulière de leurs fonctions. Le montant de la pension, qui  tient compte du niveau, de la durée et de la nature des services accomplis, garantit en fin de carrière à son bénéficiaire des conditions matérielles d’existence en rapport avec la dignité de sa fonction. »

         Sont dans le champ d’application du code des pensions, les fonctionnaires relevant du Statut général, les magistrats de l’ordre judiciaire, les militaires ainsi que leurs conjoints survivants et orphelins.

Les agents non titulaires, les personnels des collectivités locales, les ouvriers d’Etat

     Les agents non titulaires relèveront d’un régime spécial créé par le décret du 23 septembre 1970, l’Institution de retraite complémentaire des agents non titulaires des collectivités publiques (IRCANTEC)

     Les  personnels des collectivités locales, qui n’ont pas été inclus dans le statut général des fonctionnaires, sont restés  affiliés à une caisse spéciale créée par l’Ordonnance du 9 octobre 1945, la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales (CNRACL)

    Quant aux ouvriers des établissements industriels de l’Etat, ils relèvent d’un régime spécial créé par la loi du 21 mars 1928.

     Le paiement  de la pension de retraite, comme celui du traitement, est assuré par le budget de l’Etat. La retraite  est considérée selon la jurisprudence du Conseil d’Etat comme un « prolongement du traitement » assuré par une cotisation qui était de 6 % à l’époque (7, 85% aujourd’hui) et ne saurait relever d’une caisse de retraite ou d’un régime de « capitalisation »

La réforme de 1964

     Le régime des retraites des fonctionnaires fait  l’objet d’une profonde réforme par la loi du 26 décembre 1964.

      Depuis 1958, une réforme du Code des pensions est en gestation, mais les organisations syndicales ne sont ni associées ni même informées. Avant  son dépôt au Parlement en avril 1964, le projet leur  est communiqué pour information, étant précisé qu’aucune modification ne lui sera apportée. Au cours du débat parlementaire, le gouvernement rejette la plupart des amendements, et la réforme fait l’objet de la loi n° 64-1339 du 26 décembre 1964 qui entraîne la modification des régimes des ouvriers d’Etat et des agents des collectivités locales. Cette loi, à laquelle le Code des pensions est annexé, et qui  fera l’objet de décrets d’application du 28 octobre 1966, précise que la pension est une allocation pécuniaire personnelle et viagère ... accordée au fonctionnaire et après son décès à ses ayant - cause, en rémunération des services accomplis jusqu’à la cessation régulière des fonctions.

      C’est une réforme assez étendue du régime des retraites antérieurement fixé par la loi de 1948, avec un transfert de nombreuses dispositions législatives  au domaine réglementaire. Une politique qui s’est manifestée avec une grande ampleur en 1959 dans la refonte du statut général, se manifeste encore avec cette réforme des retraites et aura toujours la faveur de l’administration qui préfère la circulaire et le décret à la loi.

 La réforme de 2003

     Dans la dernière décennie du XXe siècle, la question d’une réforme générale  des différents régimes de retraites est posée avec une particulière constance.

     En avril 1991 paraît un Livre blanc préfacé par le Premier ministre Michel Rocard présentant la situation de l’ensemble des régimes de retraites et leurs perspectives d’évolution, et au cours des années suivantes divers rapports sont   publiés,  notamment  celui de Jean-Michel Charpin, commissaire général du Plan en 1999.

      Le 28 août 1993, le gouvernement Balladur publie les décrets s’appliquant aux régimes de retraite du secteur privé (allongement  progressif  de 37,5 à quarante années de  la durée de cotisation, indexation sur les prix ...) et personne ne pouvait douter que tôt ou tard  les personnels de la fonction publique  seraient concernés.

     Avec la  loi n° 2003-775 du 21 août 2003 et ses décrets d’application, le gouvernement Raffarin et sa majorité de droite revenue au pouvoir en avril 2002 adoptent  des dispositions nouvelles concernant  le régime des retraites des fonctionnaires.

     Le ministère de la fonction publique  diffuse et met  en ligne des guides de mise en œuvre thématiques : guide général, guide du rachat de périodes d’études, guide du temps partiel, guide de la cessation progressive d’activité.

      L’article 51 de la loi dispose une nouvelle rédaction des articles L 13 à L 17 du code des pensions civiles et militaires :

Art L 16

Les  pensions sont revalorisées chaque année par décret en Conseil d’Etat conformément à l’évolution prévisionnelle de l’indice des prix à la consommation hors du  tabac prévue dans le rapport économique, social et financier annexé à la loi de finances pour l’année considérée.

Si l’évolution constatée des prix à la consommation hors du tabac, telle que mentionnée dans le rapport économique social et financier pour l’année suivante est effectivement différente de celle qui avait été initialement prévue, il est procédé, dans des conditions fixées par décret en Conseil d’Etat, à un ajustement destiné à assurer, pour ladite année suivante, une revalorisation conforme à ce constat.

     Ce dispositif appliqué à compter du 1er janvier 2004 a complètement déconnecté l’évolution des pensions de retraite de celle des traitements, et  des mesures statutaires et indiciaires applicables aux personnels en activité

      L’article 76 de la loi prévoit la création d’un régime additionnel obligatoire dont l’assiette est constituée par les rémunérations accessoires de toute nature perçues par les agents des trois fonctions publiques, et dont les modalités de gestion sont fixées par le décret n° 2004-569 du 18 juin 2004 et l’arrêté du 26 novembre 2004. Cette gestion est confiée à un établissement public (ERFAP) dont le conseil d’administration  de 17 membres comprend des représentants des organisations syndicales et la gestion administrative relève de la Caisse des dépôts et consignations.

 

 

 

 

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE - dans Fonction publique
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7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 18:23

     On apprend avec tristesse le décès de Pierre Mauroy. Directeur du cabinet d’Anicet Le Pors, ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de la Fonction publique et des réformes administratives en 1981-1983, puis Conseiller d’Etat en service extraordinaire 1983-1987, j’ai gardé le souvenir d’un homme d’Etat, d’un dirigeant socialiste fidèle à ses origines et à ses convictions.

      Je n’ai pas oublié qu’il fut l’auteur d’une formule - souvent reprise sans se soucier de son origine - présentée dans la séance du Conseil supérieur de la fonction publique qu’il présidait exceptionnellement le 9 mars 1982, pour désigner la conception de la carrière qui devait caractériser le projet de statut général des fonctionnaires de l’Etat et des collectivités territoriales : une « fonction publique à deux versants »1.

   1- De son vivant, j’ai - modestement - rendu hommage à cet  arbitrage lié à la grande œuvre de la Décentralisation,  notamment dans un entretien repris dans une  vidéo avec le Centre national de la fonction publique territoriale mentionnée  en tête de ce blog et dans mon étude de l’histoire de la fonction publique souvent citée ces derniers temps.

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE - dans Témoignages
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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 07:16

 

Extrait de « L’Etat et les fonctionnaires » vol 3 (p 41-42)

 (http://www.calameo.fr    René Bidouze)

Des réformes statutaires et  structurelles majeures  

   La Communauté européenne constituée par le Traité de Rome signé le 25 mars 1957 par six pays et entré en vigueur le 1er janvier 1958 a connu de profondes évolutions marquées par l’Acte unique signé à Luxembourg le 17 février 1986, le Traité de Maastricht signé le 7 février 1992 entré en vigueur le 1ernovembre 1993, le Traité  d’Amsterdam signé le 2 octobre 1997 entré en vigueur le Ier mai 1999,le Traité de Nice signé le 26 février 2001.                                                                                                                

    Après la tentative  d’adopter un traité constitutionnel unique, rejeté en 2005 par le peuple français, le traité de Lisbonne sera signé le 13 décembre 2007 et  entrera en vigueur le 1erdécembre 2009.

    La déréglementation et le développement de la concurrence ont entraîné de profondes transformations du  statut juridique  des  entreprises publiques  et de celui de leurs personnels.

   On évoquera ici trois éléments importants des  évolutions  se rapportant aux  domaines statutaires et structurels de  la fonction publique :

-les réformes du statut de la fonction publique territoriale ;

-la création des deux exploitants publics, Poste et France-Télécom ;

-la libre circulation des fonctionnaires dans l’Union européenne.

La  fonction publique territoriale

  •    La majorité parlementaire et  le gouvernement issus des élections de mars 1986  ne devaient  pas tarder à s’engager dans la voie d’une réforme profonde du statut de la fonction publique  territoriale publié en 1983-1984 en prenant appui sur les carences, les hésitations et les retards  de la gestion précédente que nous avons évoquées supra pour affirmer que ce statut était inapplicable.

   Dès le 26 juin 1986, une proposition de loi allant dans ce sens était déposée au Sénat. Après un certain nombre de consultations, le ministre de l’Intérieur Yves  Galland préparait  un projet de loi sur lequel le Conseil supérieur de la fonction publique territoriale  émettait  un avis négatif. Le Conseil d’Etat émettait de sérieuses réserves et adoptait, avec l’accord des commissaires du gouvernement, un texte maintenant le système des corps que le gouvernement voulait remplacer par des cadres d’emplois. Un nouveau  projet de loi ne tenant aucun compte de ces avis  était  déposé sur le bureau du Sénat le 26 novembre 1986.  

   Ce projet ne prévoyait pas les modifications de plusieurs articles du titre 1er du statut général que la substitution des cadres d’emplois aux corps impliquait et le conseil supérieur de la fonction publique de l’Etat n’avait donc pas été saisi.

   C’est  la majorité parlementaire qui s’est chargée, par des amendements, d’inclure dans la loi un chapitre 1er  comportant des modifications des articles 13 et 14  du titre 1er ainsi que de   l’article 15 relatif à la grille commune de rémunérations, et  de l’article 19 relatif au régime disciplinaire. Le projet du gouvernement  aussi bâclé que le projet initial  soumis au conseil supérieur de la fonction publique territoriale et au Conseil d’Etat, a été  complété par les amendements de la majorité.  La loi n° 87-729 du 13 juillet 1987 qui résultera des débats  le confirmera : elle comportera soixante - six articles alors que le projet du gouvernement n’en comportait que vingt-deux.

   Cette loi n’a pas abrogé les textes de 1983-1984 et n’a pas remis fondamentalement en cause l’existence d’une fonction publique territoriale, comme les partis de la majorité de droite en avaient affirmé l’intention,  mais elle a  modifié le droit de la fonction publique territoriale sur plusieurs points essentiels. 

   Les principales dispositions de ce texte étaient les suivantes : élargissement du recrutement de personnels non titulaires, organisation de la fonction publique territoriale en « cadres d’emplois », abandon corrélatif de la procédure de « changement de corps » prévue en 1984 et de  la notion de « comparabilité » entre emplois de la fonction publique de l’Etat et fonction publique territoriale, suppression de la grille commune qui était un des fondements de la « parité » enfin reconnue en 1983-1984, modification des modalités du recrutement  ouvrant la voie au clientélisme politique par un système de « reçus - collés », régime disciplinaire moins protecteur, suppression de la « commission mixte paritaire » commune aux trois fonctions publiques et réduction du rôle des organismes paritaires et des organes de gestion.

   Cinq ans après la loi de 1987, l’application du  statut de la fonction publique territoriale était de nouveau en question : En février 1992, Jacques Rigaudiat, conseiller référendaire à la Cour des Comptes qui fut conseiller technique au cabinet du ministre de la fonction publique en 1984-1986 dans le gouvernement Laurent Fabius,  puis conseiller social du Premier ministre Michel Rocard, était chargé par Philippe Marchand, ministre de l’Intérieur et par Jean-Pierre Sueur, secrétaire d’Etat aux collectivités locales d’une réflexion d’ensemble sur la fonction publique territoriale. En octobre 1992, son rapport intitulé « Pour une modernisation de la fonction publique territoriale » était publié. Ce rapport émettait l’opinion que le statut de 1984 qui a créé la fonction publique territoriale  a été trop « décalqué » sur le statut de la fonction publique de l’Etat qui faisait alors figure de modèle, et que la loi de 1987 est allée trop loin dans la recherche de la spécificité de cette fonction publique. Il analysait « les dysfonctionnements auxquels il fallait porter remède » et présentait quinze propositions d’aménagement du statut.

   La mise en place des statuts particuliers de la fonction publique territoriale qui  feront  l’objet  de nombreux décrets souvent modifiés au cours de la  décennie, s’opérait lentement au sein de huit « filières » (administrative, technique, culturelle, sportive, sanitaire et sociale, de l’animation,  de la sécurité, des sapeurs pompiers professionnels). On n’a pas tardé à constater que leur nombre et celui des cadres d’emplois ne cessait de s’accroître pour s’adapter à une réalité complexe caractérisée par l’existence d’environ trois cents « métiers ». Certains commençaient à s’en inquiéter.

   La loi n° 94-1134 du 27 décembre 1994 a  apporté à la loi du 26 janvier 1984 relative  à la fonction publique territoriale et à la loi du 12 juillet 1984 qui l’avait modifiée sur les questions concernant la formation des agents un ensemble de nouveaux aménagements : assouplissement de la procédure des concours, réadaptation de la formation initiale, dispositions relatives à la perte d’emploi, redistribution des missions entre le Centre national de la fonction publique territoriale et les centres de gestion.

   La décentralisation a entraîné le transfert  de responsabilités de l’Etat vers les collectivités territoriales  et le transfert de personnels. Les plus nombreux sont les personnels techniques, ouvriers et de service (TOS) du ministère de l’Education nationale

   Un nouveau projet de loi, déposé par M. Hortefeux, ministre des Collectivités territoriales traitant de la formation des agents territoriaux, des organes de la fonction publique territoriale et de la gestion des ressources humaines a débouché sur la loi n° 2007-209 du 19 février 2007.

   De 1986 à 2007, de  nombreuses autres modifications ont été apportées au statut de la fonction publique territoriale. Une cinquantaine de lois  modifiant presque tous les articles du titre III ont été publiées.

 

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE - dans Fonction publique
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1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 07:28

 

 ReneBidouze

 

       On peut avoir d’innombrables raisons d’apprécier, de critiquer, de contester ou rejeter le contenu  d’un texte, ou même d’en ignorer plus ou moins délibérément l’existence ou d’être hostile à son auteur sans être tenu de s’en expliquer.

     Mon ouvrage L’Etat et les fonctionnaires de la plume sergent-major à internet qui est une histoire de  la politique salariale de l’Etat de la fin du XIXe siècle à nos jours allant bien au-delà des questions propres aux rémunérations -  et la douzaine d’autres textes concernant l’histoire de la fonction publique et du syndicalisme des fonctionnaires  pour un total de 800 pages insérés sur le site Calaméo - ne sauraient échapper au sort commun.

    Mais à l’heure où de grands journaux créent des éditions « numériques » largement accessibles et consultables dans des présentations qui ne manquent pas d’attraits, où on peut lire des œuvres littéraires sur son Ipad, il serait plus difficile de comprendre que cet ouvrage  ne soit pas considéré pour ce qu’il est  ( un livre) du seul  fait ( ou sous le prétexte) qu’il n’a pas été l’objet d’une édition « papier » soumise aux considérations commerciales ou autres de certains éditeurs ou aux contraintes de « l’autoédition » et qu’il est publié à titre gratuit  sur un site numérique en dehors de toute attente  d’improbables droits d’auteur.

    Les extraits concernant notamment la fonction publique territoriale qui seront repris dans de prochains articles renverront à l’un des trois volumes à consulter sur le site Calaméo dont j’ai eu l’occasion de dire qu’il est assez régulièrement « visité » et dont j’espère qu’il le sera davantage dans les jours à venir.

     En revanche, si cela peut rassurer ceux qui ont des difficultés ou des réticences à l’égard du « numérique », toutes les études qui seront  mentionnées dans la bibliographie de mes articles  et études (comme  mes ouvrages, pour la plupart  épuisés et donc d’un accès plus difficile) sont naturellement sur « papier ».

     C’est un « ancêtre » (conscient que le livre « papier » n’est pas mort et s’en félicite, mais décidé à agir avec son temps) qui vous le dit !

 

 

 

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE - dans Sociologie
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28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 12:42

   Le 70e anniversaire de la création du Conseil national de la Résistance est commémoré avec un  certain éclat, et il y a tout lieu de s’en féliciter. Mais on ne peut éviter que bien des récits, témoignages ou autres écrits émanant de résistants inconnus ou oubliés échappent aux investigations des médias.

   Puisque je dispose de ce blog, on me permettra de sortir de son périmètre habituel et de  l’utiliser pour reprendre un texte sur Henriette BIDOUZE, inséré dans l’ouvrage publié en 1985 aux éditions Messidor sous le titre « elles la résistance » traitant un élément peu connu : les « comités féminins ». Cet ouvrage, dont l’Avant-propos était de Marie-Claude Vaillant-Couturier, évoquait une vingtaine d’autres  résistantes. 

 

 

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 Henriette Seguet en 1945

 

 

 

   Henriette, lorsqu’on l’appelle encore parfois Ginette, se reporte en des temps et des lieux proches et lointains tout à la fois.

   En avril 1940, elle a dix-neuf ans. Son père, conseiller municipal communiste à Jurançon est arrêté avec d’autres, en tant que tel. Toute la famille était d’ailleurs engagée politiquement, et la jeune fille elle-même était membre des jeunesses communistes.

   Le père était un ouvrier, monteur de téléphones aux PTT, qui, au début de la guerre, avait été muté d’office dans le Puy-de-Dôme, puis révoqué avec un dossier bien fourni de « communiste dangereux ». Ce qui, en avril suivant, lui vaut, et son arrestation et son emprisonnement dans les prisons françaises d’abord (Ile de Ré) puis sa déportation en Afrique du Nord. Le salaire paternel était la seule ressource du foyer. Henriette préparait son brevet supérieur. Elle réussissait bien. Mais devant la situation de sa mère (elle avait un frère plus jeune de quatre ans) elle propose d’abandonner ses études et de prendre du travail. La mère s’oppose et finit par accepter. La nuit, elles travaillent à domicile pour fournir le plus d’ouvrage possible aux entreprises de confection qui leur en confient. Par la suite, la mère d’Henriette trouve un emploi de piqueuse de tiges de chaussures, et la jeune fille obtient quelques suppléances au titre d’institutrice intérimaire.

    Il faut vraiment qu’on en ait besoin, car le dossier d’Henriette n’est pas de ceux qui favorisent alors une carrière : avoir un père en prison pour des raisons politiques, avoir soi-même frayé avec les jeunesses communistes, cela n’est pas dans l’optique des autorités vichyssoises, on s’en doute. Elle tiendra pourtant deux ans dans l’enseignement. Son activité lui permet des contacts dans des villages nouveaux, de renouer avec d’anciens camarades de son père (dont certains avaient milité avec lui contre Tixier-Vignancourt dans le canton d’Orthez…) Mais elle se lie aussi avec des socialistes, à des échanges enrichissants et très positifs avec bien des gens.

    Les communistes organisés demandent, bien entendu, des services à la famille : abriter des clandestins, cacher du matériel. Mais, dit-elle, j’ai comme l’impression qu’ils craignaient de trop mettre en cause la famille du militant arrêté !

   En 1942, Henriette est contactée pour la mise en place des « Comités féminins ». On connaît son passé, ses liens avec l’action des Jeunes filles de France pour l’aide à l’Espagne républicaine, si proche. Sa mère, avant la guerre, avait été membre du Comité mondial des femmes contre la guerre et le fascisme animé,  entre autres, par Maria Rabaté. Henriette avait organisé nombre d’expéditions vers le camp de Gurs, dans la région d’Oloron-Sainte-Marie, où étaient internés les volontaires des « Brigades internationales » ayant franchi la frontière.

   « Au départ, se souvient-elle, les Comités féminins  sont de petits groupes sans liens entre eux. La tâche initiale des Comités féminins est d’organiser la solidarité : avec les familles d’internés, de prisonniers de guerre, de déportés. On collecte des vêtements, de la nourriture, de l’argent au profit des plus nécessiteux, on fait des colis… Mais il est primordial d’établir un réseau de confiance  sur la base de cette solidarité… Et aussi de récupérer des informations précieuses sur les emplacements des dépôts de vivres ou de biens réquisitionnés par les nazis. Parfois on manifeste devant ces dépôts pour revendiquer leur répartition à la population. D’autres fois on organise la mise à sac pure et simple. C’est à la fois aisé à comprendre et difficile à réaliser. Mais l’action d’après « Ginette «  ne devait pas s’arrêter là. La solidarité d’accord, et aussi le déblocage des stocks allemands. Les femmes fournissent des informations sur ces stocks : on sait où il y a des pommes de terre entreposées. Alors elle  se procurent du papier, des étiquettes gommées, pré-encollées sur lesquelles elles tracent le bleu-blanc-rouge national et inscrivent leurs revendications : « Nos enfants n’ont rien à manger et, à tel endroit, les Allemands détiennent tant de pommes de terre. Manifestons, exigeons ce dont nos enfants ont besoin ! » Elles collent leurs affichettes un peu partout, lancent des tracts. Chacune sait quels sont les périls encourus. Pour les mères de famille, l’engagement est parfois plus dur. Henriette et ses vingt ans se sentent « libres et motivés. »

   Elle s’associe à la mise en œuvre d’actions collectives. Ainsi, la « manif » du 14 juillet à Pau, avec des bouquets  tricolores. Henriette est en liaison avec des responsables de Tarbes et de Toulouse. Grâce à ces contacts, elle est informée de la situation générale. Les Comités féminins sont en rapport avec le Front national et les maquis de FTP qui se constituent dans les régions de Nay, Asson  etc, régions qui connaissent de grandes activités de sabotage.  Des partisans sont pris. Exécutés. Des  femmes , indignées , se révèlent alors favorables à l’action clandestine. Pour certaines dont le mari est prisonnier, les sorties nocturnes ne sont pas sans présenter des problèmes d’interprétations malignes. Pourtant les choses vont.

   Henriette rit : un jour se souvient-elle, mission lui est confiée de transporter des armes pour les partisans du maquis de Ferrières. A trois sur leurs vélos. Un gendarme s’arrête, les prenant pour des trafiquants de marché noir. Il leur fait la morale mais ne les fouille pas. Brave gendarme. Les armes seront livrées où il se doit et à qui de droit.

    Un jour Henriette apprend que la mairie de Jurançon réclame des employés pour l’établissement des cartes d’identité. Elle voit immédiatement l’intérêt stratégique d’un tel emploi. Elle est au chômage de surcroît ! Elle se présente, on l’embauche. Quelque semaines après, les FTP, prévenus par cette « employée modèle » arrivent et emportent tous les titres parfaitement légitimes. Pas question pour Henriette de se représenter. Une des raisons pour qu’elle quitte les Basses-Pyrénées.

    Les comités féminins se sont étendus. Leur appui aux maquis est efficace. Leurs actions spectaculaires se multiplient (une manifestation, par exemple, de cent cinquante femmes vêtues de tricolore  sur la place du marché de Pau pour le 14 juillet).

   Henriette n’a jamais refusé une mission. Parfois elle a quelque mésaventure : ainsi lorsque le  Front national  la charge, machine et stencils à l’appui, de compléter et taper un tract pour le lendemain. Une nuit de travail acharné. Mais les machines sont ce qu’elles sont. Et parce qu’elle a oublié de placer une plaque sous son stencil, le titre tracé au poinçon est parfaitement lisible … sur le bois du meuble. «  Bah, dit-elle ». Son groupe possède deux machines à écrire  et deux affreuses ronéos que les femmes manipulent, trimbalent, déménagent sans cesse.

    Au début de 1944 Henriette part dans la    zone de Tarbes et devient responsable de deux départements : Hautes et Basses-Pyrénées . Elle y restera jusqu’en 1946 pour mettre en place les premiers éléments officiels de l’Union des Femmes françaises.

   En 1944, la situation a nettement  tourné en défaveur des nazis. On sent les possibilités insurrectionnelles affleurer partout. Les interventions des maquis se multiplient et les manifestations des femmes se font de plus en plus audacieuses. Mai si, parallèlement la population est désormais dans son ensemble favorable, le danger devient plus pressant. Les Allemands n’ont plus grand-chose à ménager. On découvrira des charniers près d’Oloron et Idron.

    Il y a eu Stalingrad. Arrive le débarquement. Henriette est à Tarbes ce jour-là : elle va participer à la descente des maquis et à la jonction des forces organisées. Les ouvriers, dans les usines de Tarbes, ont créé des organisations de résistance, de sabotage, tout comme ceux de l’arsenal et des chemins de fer.

    C’est l’installation des pouvoirs de substitution avec les mairies. Les femmes des comités y participent. Henriette et ses compagnes appellent à l’insurrection. Henriette est convoquée à Lyon, où les responsables des comités féminins des zones nord et sud décident de s’identifier, en présence de Simone Bertrand, Claudine  Chomat, Marcelle Barjonnet, Fernande Valignat. Il lui faudra trois jours pour aller de Tarbes à Lyon tant les perturbations sont encore importantes.

    Elle restera un temps secrétaire départementale de l’UFF des Hautes-Pyrénées, retournera à Pau, viendra en 1952 à Paris prendre place à la direction nationale de l’UFF (où elle sera rédactrice en chef, puis directrice du journal Heures Claires). Connue jusqu'alors sous son nom de jeune fille Henriette Seguet épouse René Bidouze en 1952. 

    Elle continue à s’enthousiasmer pour la transformation de la condition féminine. Un regret : que la Résistance ne soit pas plus et mieux exposée dans les livres scolaires. Un espoir : que jamais la guerre ne  

revienne, que chacun soit prêt  à tout pour éviter le retoures horreurs qui ont fait d’elle une femme dont la destinée fut intimement liée à celle de la libération de notre pays.

 Henriette Bidouze, Vice-présidente de l’Union des Femme françaises, est décédée en 1989.

         (cf notices Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier - Wikipédia)

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE - dans Histoire
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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 08:29

    A l’occasion de l’anniversaire du Conseil national de la Résistance, je rappelle qu’à l’initiative de L’Union des Femmes françaises s’était tenu à la Sorbonne, les 22 et 23 novembre 1975, un colloque sur « Les femmes dans la Résistance »

    Henriette Bidouze, ancienne résistante, directrice de la revue « Heures claires », était la coordinatrice de ce colloque, dont les Actes furent publiés aux Editions du Rocher en 1977.

        Je signale aussi "elles la résistance" témoignages recueillis par  Marie-Louise Coudert, avec un  avant-propos de Marie-Claude Vaillant-Couturier,  Messidor, 1985 .

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE - dans Histoire
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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 06:53

 « Où en est le statut des fonctionnaires territoriaux ? (« Le droit ouvrier », organe juridique de la CGT)  août 1988 (p 325-333)  

   Cette étude, qui présentait une analyse détaillée de la « loi Galland » accompagnée de diverses notes de références, est beaucoup trop longue pour être reproduite dans ce blog.

   Elle était ainsi structurée :

LE STATUT DE 1983-1984 : UN STATUT PROFONDEMENT NOVATEUR

De nombreuses modifications législatives

Un statut inappliqué

 

LES DISPOSITIONS DE LA LOI DU 13 JUILLET 1987

Un recours massif aux agents non titulaires

L’organisation de la fonction publique territoriale en « cadres d’emplois »

L’abandon de la « comparabilité »

L’abandon de la « grille commune »

La porte ouverte à un recrutement fondé sur le clientélisme

Avancement, mutations, perte d’emploi : la séparation du grade et de l’emploi est-elle réellement maintenue ?

Un régime disciplinaire moins protecteur

Une réduction du rôle des organismes paritaires

Une réduction des organes de gestion

L’abandon du paritarisme dans l’organisation de la formation

Quelques conclusions

   Cette étude  notait, à propos de certains aspects de l’attitude du gouvernement à l’égard de la consultation des  organismes paritaires  et de l’examen du projet par la section de l’Intérieur et par l’assemblée générale du Conseil d’Etat : « L’élaboration de ce texte a été marquée par des attitudes ambiguës, des reculs tactiques, une rare désinvolture tant à l’égard du Conseil d’Etat que des organismes paritaires nationaux »1.

   Il serait  intéressant, pour tout chercheur intéressé par ces problèmes (ou pour tout organisme collectif de recherche dont la constitution s’avère de plus en plus souhaitable compte tenu des carences persistantes constatées en la matière) de consulter - si c’est possible - les délibérations du Conseil d’Etat, et d’étudier les travaux parlementaires au Journal Officiel.

     D’une façon plus générale,  l’étude des débats et des votes parlementaires sur les textes législatifs relatifs à la fonction publique permettrait de découvrir des aspects largement méconnus de notre histoire politique.   La tâche des historiens, des juristes et des sociologues reste considérable.

   A suivre : on reproduira le chapitre de L’Etat et les fonctionnaires sur la Fonction publique territoriale dans cette période.

1- A ma connaissance, on ne trouve nulle part ailleurs, pour diverses raisons,  une telle relation.  

 

 

 

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE - dans Fonction publique
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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 07:32

    J’ai lu quelque part que « La CGT revendique le rétablissement de corps dans la Fonction publique territoriale et en particulier l’abrogation de la loi Galland de 1987 ». 

    Il faut rappeler que cette « Loi Galland » adoptée il y a un quart de siècle ( loi n° 85-729 du 13 juillet 1987)  a ouvert la voie à un grand nombre de textes législatifs et réglementaires qui ont profondément dénaturé, au long de trois décennies de cohabitations et alternances politiques, le statut général des fonctionnaires de l’Etat et des collectivités territoriales adopté en 1983-1984-1986.

    On dispose sur ce sujet de nombreuses études  publiées dans des revues spécialisées et de commentaires émanant de partisans et d’adversaires des systèmes de carrière et d’emploi de la fonction publique.

    J’ai pour ma part clairement et constamment affirmé que ce blog se consacre essentiellement à l’histoire de la fonction publique et du syndicalisme des fonctionnaires par des références  à mes propres travaux et à mon expérience de témoin et d’acteur dans l’exercice de diverses responsabilités.  Je m’en tiens à cette détermination, en m’abstenant de tout commentaire sur les tenants et  aboutissants de la  revendication mentionnée ci-dessus et  sur la place qu’elle peut occuper  dans les orientations et dans l’action du mouvement syndical des fonctionnaires, qui se situent nettement en dehors de mon champ d’investigation. Ce qui me laisse une entière liberté d'appréciation.

                                                        O

                                                    O     O

     En 1987 (après avoir exercé les fonctions de directeur du cabinet du ministre de la fonction publique de 1981 à 1983) j’étais Conseiller d’Etat en service extraordinaire. Régulièrement désigné par le président de la section des Finances pour représenter cette section dans les délibérations de celle de l’Intérieur  (chargée de  l’examen des  projets de textes relatifs à la fonction publique territoriale) j’ai participé à l’examen  du projet qui fera ensuite l’objet d’un débat en Assemblée générale et aboutira à la « loi Galland ».

     D’autre part, au cours de ces années 1983-1988, j’ai publié  en accord avec le rédacteur en chef de l’époque Francis Saramito et en toute indépendance à l’égard de la centrale syndicale, une série d’articles dans « Le droit ouvrier » (organe juridique de la CGT). Celui qui était inséré dans le n° d’août 1988, intitulé « Où en est le statut des fonctionnaires territoriaux ? » était principalement consacré à l’étude de la loi du 13 juillet 1987.

     J’ai publié par la suite  d’autres textes repris et actualisés en 2010 dans une publication numérique sur le site Calaméo : « L’Etat et les fonctionnaires, de la plume sergent-major à internet ».

     Dans l’immédiat, on va reproduire ici une bibliographie de mes articles,  et des extraits de textes concernant la fonction publique territoriale.

 

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE - dans Fonction publique
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  • : Le blog de René BIDOUZE
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  • : Des articles et des points de vue sur la Fonction Publique, le syndicalisme et la Commune de Paris
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  • René BIDOUZE
  • En un demi-siècle, j’ai fait le « tour de la table » de la politique de la fonction publique comme syndicaliste, directeur du cabinet du ministre, conseiller d’Etat en service extraordinaire,  auteur d'ouvrages.
  • En un demi-siècle, j’ai fait le « tour de la table » de la politique de la fonction publique comme syndicaliste, directeur du cabinet du ministre, conseiller d’Etat en service extraordinaire, auteur d'ouvrages.

Eléments biographiques

  Né le 2 décembre 1922 à Jurançon (Pyrénées-Atlantiques)

 

-Fonctionnaire

 Receveur divisionnaire des Impôts honoraire

 

-Dirigeant national du mouvement syndical des fonctionnaires (1958-1978)

  Secrétaire du Syndicat national des Contributions indirectes 1958-1963

  Secrétaire général de la Fédération des finances CGT 1963-1970

  Secrétaire général de l’Union générale des fédérations de fonctionnaires (UGFF) et

  Membre du conseil supérieur de la fonction publique 1970-1978

  Membre de la commission exécutive de la CGT 1969-1975.

 

  Membre du conseil d’administration de l’Institut CGT d’histoire sociale.

 

-Directeur du cabinet du ministre de la fonction publique et des réformes administratives  (juin 1981-novembre 1983).

 

-Conseiller d’Etat en service extraordinaire (novembre 1983-novembre 1987).

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