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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 08:15

Les « Ateliers de l’Histoire » du CNFPT (Centre national de la Fonction publique territoriale) ont réalisé en 2010 un DVD reproduisant un entretien de 2 heures avec René Bidouze sur le thème « de l’emploi à la carrière ». Cette vidéo était un témoignage et une analyse qui portaient sur un enjeu essentiel des choix de 1981-1984, remis en question dans les années suivantes, et objet de nouvelles interrogations aujourd’hui. L’évolution historique des régimes d’emploi et de carrière ont également fait l’objet d’une brochure éditée par l’IHS-CGT en 2007. Ces contributions, ainsi d’ailleurs que d’autres textes émanant de spécialistes ou de rapporteurs, étaient absentes des commémorations du 30e anniversaire de la loi du 13 juillet 1983. Il n’est jamais trop tard pour bien faire.

Cliquez ici pour visionner la vidéo

1981-1986: Une vidéo et d'autres textes "oubliés"
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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 13:25
L'idole de M.Valls: Clemenceau "briseur de grèves"

L’Humanité du vendredi 20 septembre publie les débats d’une table ronde de la Fête de l’Huma sur « Jaurès et Clemenceau ordre et révolution »,à laquelle participaient Gilles Candar, président de la Société d’études jauresiennes, Catherine Moulin historienne, Jean-Michel Ducompte, président de la Ligue de l’enseignement, Frédérik Genevée, responsable du fonds des archives du PCF, Christian Picquet, porte-parole de la Gauche unitaire, Paul Quilès, animateur du club Gauche avenir et ancien ministre. Comme ces intervenants, l’éditorial de Claude Cabanes se référant au « clemencisme », fustige Manuel Valls qui dans un ouvrage récent écrivait : « mon choix est fait, je choisis Clemenceau contre Jaurès ».

Un débat intéressant et instructif, plein d’enseignements. Pour tout historien du mouvement social et singulièrement du syndicalisme des fonctionnaires, l’affrontement entre ces deux personnalités est une donnée familière.

Dans un article de ce blog en date du 5 septembre 2012 intitulé « A chacun ses références » j’écrivais ceci :

« Ces jours-ci, certains journaux nous informent que des hommes politiques ont une particulière admiration pour « Le Tigre », Georges Clemenceau. Tel serait le cas de Manuel Valls et de Jean-Pierre Chevènement, qui arborent fièrement le titre de « Premier flic de France » inventé par leur idole.

Relisez l’histoire sociale du début du XXe siècle. Vous y rencontrerez un homme d’Etat « briseur de grèves », adversaire déterminé de la jeune CGT, promoteur acharné d’un statut autoritaire pour les fonctionnaires leur interdisant formellement le droit syndical et en faisant des « sujets » et non des « citoyens ».

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20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 13:54

Une grande partie de mes travaux personnels est éditée sur « papier » dans des ouvrages aujourd’hui épuisés. Une bonne partie de ceux de la dernière décennie, dont l’édition classique n’est pas nécessairement exclue, sont dans des publications numériques.

Dans plusieurs articles, j’ai souligné que ces publications sont largement accessibles, et que si elles ne sont pas directement téléchargeables - ce qui est normal pour des raisons évidentes dont nous reparlerons s’il y a lieu - leur consultation ne présente aucune difficulté. J’ai également regretté qu’un livre en publication numérique ne soit pas traité dans les « Notes de lecture », dans les citations ou bibliographies, comme un livre en édition « papier ».

Ces derniers temps, on a apporté quelques améliorations aux modalités d’accès au site Calaméo pour consulter l’ouvrage « L’Etat et les fonctionnaires ». Effectivement le nombre de « visites » est en nette progression.

Cela dit, il faut être conscient des réalités. Selon un Rapport du Conseil d’analyse stratégique cité dans une étude du Monde Sciences et médecine du 28 août 2013, 83,3 % des plus de 75 ans déclarent n’avoir jamais utilisé un ordinateur et 89 % n’ont jamais été connectés sur Internet. Mais cette tranche d’âge ne représente, en dépit du « vieillissement » dont on parle tant, que 11,3 % » de la population 1. Il est probable que les pourcentages de personnes se situant en dehors de l’informatique diminuent rapidement dans les tranches d’âge des plus de 60 ans ou des plus de 50 ans et s’inversent ensuite. L’ordinateur et les différents instruments de la communication numérique sont entrés dans la vie quotidienne, professionnelle (et même privée) des fonctionnaires et agents publics actuellement en fonctions.

Les ouvrages édités sur papier jouissent-ils d’une audience plus importante ? Quand on prend connaissance de l’impressionnante « vue d’ensemble » de la « Rentrée des idées » dans « Le Monde des Livres » du 23 août qui présente les nombreux essais qui « en histoire comme en sociologie, en économie comme en littérature » « s’attachent à penser notre temps incertain », et dans les rubriques culturelles des autres journaux, notamment L’Humanité du 29 août, on peut penser que la diffusion de bon nombre de ces centaines d’ouvrages reste limitée dans le temps et dans l’espace, surtout lorsqu’elle ne donne lieu à aucun véritable effort de promotion. Chaque ouvrage, sur papier ou numérique, a son lectorat potentiel. L’Etat et les fonctionnaires a le sien.

1- Une autre étude, réalisée par des chercheurs d’une université du Danemark parue dans The Lancet note que « les nonagénaires d’aujourd’hui ont des capacités physiques et intellectuelles jamais atteintes dans le passé ».

                                             

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19 septembre 2013 4 19 /09 /septembre /2013 13:10
Toco manetos

En regardant la télévision, j’ai l’impression que François Hollande est un champion des bisous et des poignées de mains.

Il mérite qu’on lui transfère le titre de « Toco manetos » que les Palois avaient naguère décerné au maire socialiste de Pau André Labarrère.

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 08:26

Dans un précédent article, ont été avancées quelques explications concernant le contenu et les finalités de l’ouvrage intitulé « l’Etat et les fonctionnaires. De la plume sergent-major à internet ». Cet ouvrage est véritablement, à ce stade, au centre de ma démarche. Il est, dès lors, légitime que toutes dispositions soient prises pour lui assurer une diffusion aussi large que possible.

Pendant le mois d’août, il a été présenté en tête de la nouvelle formule du blog dans sa version numérique en trois volumes, avec un mini lecteur permettant un accès direct au site Calaméo qui a été effectivement « visité » plus activement, en dépit de la période de vacances.

Après quelques légères adaptations et un complément d’annexes, il est repris dans sa version initiale regroupant l’ensemble des trois tomes dans une nouvelle publication numérique de près de 800.000 signes dans 273 pages d’ordinateur.

Pour sa consultation et celle de chacune des 10 publications numériques actuellement insérées sur le site Calaméo 1 il suffira de cliquer sur le pavé prévu à cet effet dans la partie droite du blog.

1-Publications sur Calaméo : Le statut général des fonctionnaires (1946-2006) - Fonctionnaires et magistrats sous la Commune de Paris-Les services publics dans l’histoire sociale -Histoire de la Fonction publique Episodes marquants -La crise du mouvement syndical des fonctionnaires des années 1975-La grève des fonctionnaires dans l’histoire sociale.

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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12 septembre 2013 4 12 /09 /septembre /2013 07:27

La principale expression juridique du régime de Fonction publique reste aujourd’hui le Statut général des fonctionnaires de l’Etat et des collectivités territoriales, bien qu’il ait subi au cours des vingt dernières années un nombre impressionnant de modifications tant dans sa partie législative que dans sa partie réglementaire, une réduction de son champ d’application par un recrutement systématique de non-titulaires et sa mise en extinction pour une masse considérable d’agents notamment dans les deux établissements France Télécom et La Poste.

Ce régime se compose aussi d’un système de rémunération fondé sur une grille indiciaire, d’une organisation générale des carrières, du code général des pensions civiles et militaires, et d’un ensemble de dispositions législatives, réglementaires, jurisprudentielles. Il s’inscrit dans un contexte d’organisation des institutions de la République et de rapports entre les différentes composantes des pouvoirs publics. C’est donc un très vaste domaine qui s’offre à la recherche juridique et historique.

Or les différentes composantes de la politique salariale de l’Etat au sens large du terme que la pratique du mouvement social et de la politique contractuelle lui ont donnée, et les grandes étapes de leur évolution au long de la seconde moitié du XXe siècle n’occupent qu’une place restreinte dans les analyses des spécialistes de la fonction publique, qui portent essentiellement sur les aspects juridiques et statutaires.

Ce constat m’a conduit, voici maintenant près d’une dizaine d’années, à reprendre les recherches que j’avais menées dans le cadre de l’histoire du syndicalisme des fonctionnaires et dans d’autres ouvrages et articles plus spécialement consacrés à l’histoire de la fonction publique pour une longue période allant de la fin du XIXe siècle à 19811 et à les compléter pour les deux dernières décennies du XXe siècle en me référant à la fois aux éléments accumulés dans l’exercice de responsabilités politiques et administratives et à la très riche documentation constituée par les publications de l’INSEE et par les Rapports annuels de la Direction générale de l’Administration et de la Fonction publique.

Cette recherche devait être initialement consacrée essentiellement aux modes de détermination des rémunérations des fonctionnaires qui sont longtemps restés empiriques, liés aux fluctuations politiques et sociales, et n’ont commencé à s’inscrire dans les normes d’une « politique salariale » qu’après la Seconde guerre mondiale, dans la politique des « masses salariales » après la grande grève des mineurs en 1963, dans la « politique contractuelle » après le mouvement de Mai 1968, et dans une sorte de déclin du « dialogue social » lié à la fois à la politique sociale et économique, et à des évolutions des orientations et des techniques mises en œuvre par les pouvoirs publics

J’avais pris le parti de considérer que de multiples autres questions telles que les régimes de sécurité sociale, de retraite, d’action sociale, d’hygiène et sécurité, pouvaient être disjointes ou évoquées seulement par des incidentes, dès lors qu’il ne pouvait s’agir d’une étude exhaustive. Mais il est apparu bien vite que l’étude de la politique salariale de l’Etat serait quelque peu hermétique, et qu’on aurait sans doute du mal à en saisir toute la portée, si elle ne s’étendait à un ensemble de questions touchant à l’organisation statutaire, aux carrières, aux rapports entre l’Etat et les collectivités publiques et les personnels et leurs organisations syndicales représentatives.

D’autre part, une approche générale d’un aussi vaste domaine et des écrits qui lui ont été consacrés met en évidence un aspect original d’une grande portée : aucun auteur, qu’il soit historien, juriste, spécialiste de science administrative, économiste… n’échappe, de propos délibéré ou à son corps défendant, à l’obligation d’évoquer le mouvement syndical des fonctionnaires comme un acteur important de l’histoire administrative.

Aussi l’ouvrage intitulé L’Etat et les fonctionnaires, de la plume sergent-major à internet , qui se présente comme une histoire de la politique salariale de l’Etat et de l’organisation des carrières des fonctionnaires, est-il une version considérablement revue et aménagée d’écrits antérieurs depuis longtemps épuisés, reprenant sans pour autant être exhaustif, ceux des développements concernant le syndicalisme des fonctionnaires qui apparaissent indispensables à une bonne compréhension du sujet 2.

Restait la question de son édition dont nous reparlerons s’il y a lieu. Quoi qu’il en soit, cet ouvrage est inséré en publication numérique sur le site Calaméo (2011). Cela peut comporter des inconvénients, mais il reste qu’il est librement et gratuitement accessible dans une version qui évoluera prochainement.

1-René Bidouze

-Les fonctionnaires sujets ou citoyens

Tome I- Le syndicalisme des origines à la scission de 1947-1948. Préface d’Alain Le Léap, ancien secrétaire général de la CGT, 375 pages, Editions sociales, 1979.

Tome II- Le syndicalisme de la scission de 1947-1948 à avril 1981, 38O pages, Editions sociales, 1981.

-Histoire de la fonction publique en France en trois volumes allant des origines à la fin du XXe siècle, publiée sous le patronage de la Direction générale de l’administration et de la fonction publique, Prix des ministères Histoire/Mémoire, Nouvelle Librairie de France, 1993.Cet ouvrage collectif publié sous la direction de Marcel Pinet, Conseiller d’Etat, avec une postface de Bernard Pêcheur, directeur général de l’administration et de la fonction publique se présente ainsi :

Dans la deuxième partie du tome III, René Bidouze, La Troisième République (1871-1945) p 215-343.

-Fonction publique, les points sur les i, 232 pages, Editions de la VO, 1995.

-L’évolution historique des fonctions publiques d’emploi et de carrière en France et dans le monde 44 pages, Institut CGT d’histoire sociale, mai 2007.

2- Je ne cesse d’affirmer que je crois le moment venu de reprendre l’Histoire du mouvement syndical CGT des fonctionnaires (que j’ai traitée jusqu'à avril 1981) et d’engager l’histoire générale de la CGT pour la période correspondant aux deux septennats de François Mitterrand 1981-1995.

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 06:24

Un journaliste-écrivain aujourd’hui disparu, ironisait sur ce qu’il appelait la « coloquinte » pour désigner la maladie qui consiste à multiplier les colloques sur les questions les plus diverses.

Il y a fort à parier qu’on ne cèdera pas à cette maladie au point de « célébrer » le 30e anniversaire de la « désindexation des salaires » décidée par le ministre de l’Economie et des Finances en 1983 comme conséquence d’un emprunt européen, et qui a été maintenu par tous les gouvernements comme un élément permanent de la politique salariale et même aggravé par le blocage du point d’indice.

J’ai beaucoup de choses à dire, et à « raconter » sur ce sujet. A bientôt !

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 07:23

Quelle que soit la qualité des témoins, quel que soit le degré de crédibilité et d’autorité qui s’attache à leur personnalité et à leurs fonctions, les témoignages présentent des lacunes et des défauts. Les défaillances, et même les variations de la mémoire - dont on ne sait pas toujours si elles sont fortuites ou volontaires - la sélectivité dans la sollicitation des témoignages, sont des phénomènes classiques qui ne sauraient être soustraits ni aux confrontations nécessaires, ni à l’examen critique des historiens.

Les diverses formes de la commémoration du 30e anniversaire de la loi de 1983 n’échappent pas davantage que tout autre exercice de ce genre à ces phénomènes que nous aurons sans doute l’occasion de rencontrer dans nos analyses et commentaires.

Il n’est certainement pas possible de mentionner toutes les personnes qui ont participé aux phases successives de l’élaboration et de l’adoption des textes (maturation, élaboration des projets, concertation avec les syndicats et les élus, consultation des organismes paritaires, débats parlementaires…) Mais celles qui ont exercé les principales responsabilités ne sont même pas citées. Ainsi Bernard Bruhnes, conseiller social du Premier ministre qui a présidé toutes les réunions de concertation avec les syndicats ( décédé il y a quelques années) ou Marcel Pinet directeur général de l’Administration et de la fonction publique dont les services ont beaucoup travaillé à la rédaction des projets.

Témoin et acteur de tous les tenants et aboutissants de ces réformes dans les fonctions de directeur du cabinet du ministre et ensuite conseiller d’Etat en service extraordinaire, et même dans mes fonctions précédentes de dirigeant national du mouvement syndical CGT des fonctionnaires, et auteur de travaux de recherche, je suis sur ce terrain en bonne compagnie.

Il se trouve que je n’ai pas attendu que la cloche de l’anniversaire d’un statut dont on finira par croire que rien n’existait avant lui se mette à sonner pour analyser l’histoire générale de la fonction publique. Ainsi l’atteste le rappel des écrits des années 1995, des articles publiés dans ce blog depuis son ouverture en mai 2010, de prestations telles qu’un entretien de deux heures avec « l’Atelier d’Histoire » du Conseil national de la fonction publique territoriale reproduit dans une vidéo, d’une série d’articles, études, communications, conférences pour une bonne part produits sous l’égide de l’Institut CGT d’Histoire sociale, insérés ensuite en publications numériques sur le site Calaméo.

A ce stade, mes principales références sont l’ouvrage inédit de synthèse également inséré en publication numérique, « L’Etat et les fonctionnaires, de la plume sergent-major à internet » et l’entretien enregistré avec le CNFPT. Aux lecteurs qui les consultent d’apprécier dans quelle mesure ils ont valeur d’un témoignage de nature à élargir l’information qui leur est donnée par ailleurs et à mettre au jour des inflexions et des variations dont il conviendra de mesurer la portée et le sens. A eux de vérifier l’intérêt que peuvent présenter des analyses tendant à s’inscrire aussi dans les contraintes de la recherche historique 1.

1- Au lendemain du colloque du 11 juillet j’ai communiqué à la Direction générale de l’Administration et de la Fonction publique la partie de mon ouvrage L’Etat et les fonctionnaires traitant la période 1981-1986 et appelé son attention sur les autres parties de ce texte et sur mes publications numériques. Ma communication a été portée par intranet à la connaissance des services.

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 15:10

Après la tenue le 11 juillet dernier, à la Cité internationale universitaire, d’un colloque commémorant « les 30 ans du statut général de la fonction publique », j’ai entrepris la publication d’une série d’articles qui se prolongera certainement, car une telle initiative s’inscrit dans un très long processus s’appliquant à un ensemble de questions dont il convient de mesurer et de décrire les nombreuses implications.

Le titre même du colloque prête à confusion, car le statut général des fonctionnaires ( même si on passe sur la question qui n’est pas seulement sémantique - ainsi que nous l’avons souligné notamment dans un article déjà ancien de ce blog - de l’appellation « statut de la fonction publique » qui lui est donnée - aura en réalité bientôt 70 ans puisqu’il a été adopté au lendemain de la Libération, en octobre 1946, pour être remplacé à l’aube de la Ve République en application de la nouvelle constitution par l’Ordonnance du 4 février 1959.

La loi du 1er juillet 1983 est le titre 1er d’une nouvelle version étendue aux personnels des collectivités territoriales, et plus tard aux personnels hospitaliers. On amorce donc aujourd’hui le 30e anniversaire du « Statut général des fonctionnaires de l’Etat et des collectivités territoriales » dont on pourrait célébrer les titres II, III et IV en 1984-1986.

Le dernier colloque et ses manifestations annexes répondaient à une opportunité politique, en l’occurrence positive du point de vue des adeptes de la « conception française de la fonction publique » dont le statut, malgré les atteintes dont il a été l’objet, reste l’expression. Il devrait, en effet, marquer une sorte de coup d’arrêt aux orientations du quinquennat précédent, ainsi que nous l’avons immédiatement noté.

Mais sur ce sujet comme sur d’autres, le rappel de certaines données de l’Histoire nous apporte un éclairage qui peut s’avérer utile. La version 1983-1984 du statut a déjà fait l’objet d’une commémoration officielle répondant sans aucun doute à des objectifs différents, par le gouvernement Balladur dans un colloque organisé le 27 avril 1994 sur le thème « 10 années de statut de la fonction publique ». Chacune des séances était ouverte par le ministre délégué à l’Aménagement du territoire et des Collectivités locales (Daniel Hoeffel) et par le ministre de la Fonction publique (André Rossinot).

Les préoccupations politiques de cette époque apparaissaient un peu plus clairement par la mise en place en septembre de la même année d’un « comité scientifique » présidé par un Conseiller d’Etat, composé de chercheurs, universitaires, et de hauts fonctionnaires en vue de préparer le cinquantenaire des « textes fondateurs » du régime français de fonction publique.

Ainsi, un colloque placé sous le patronage d’Edouard Balladur Premier ministre se tenait au Sénat le 23 février 1995. Une dizaine de communications y étaient présentées et le discours de clôture était prononcé par le ministre de la fonction publique. En octobre 1995, on célébrait le cinquantenaire de l’Ordonnance d’octobre 1945 qui avait créé l’ENA à l’instigation de Michel Debré.

Les responsables des organisations syndicales représentatives des fonctionnaires considérées selon le jargon officiel comme des «partenaires sociaux », n’étaient à l’époque que des « invités », et j’étais personnellement dans la même situation ( ce qui n’a pas changé depuis, certains partenaires jouant le même rôle à toutes les époques et sous toutes les couleurs). Au colloque du cinquantenaire auquel j’assistais, j’ai apprécié la question posée publiquement par le secrétaire général de la Fédération Force Ouvrière, qui m’apparaissait assez pertinente, et qui naturellement n’a reçu aucune réponse, de savoir s’il s’agissait d’une « commémoration » ou d’un « éloge funèbre ».

En cette année 1995, nous étions déjà dans une configuration qui, sans perdre de vue les évolutions et les changements politiques ultérieurs, montre qu’il y a quelques tendances lourdes dans le mouvement social et politique. Dans un ouvrage publié cette année-là sous le titre « Fonction publique. Les points sur les i » VO éditions, 232 pages, épuisé peu de temps après sa publication et non réédité, j’ai largement exposé et commenté ces événements.

Cet ouvrage comprenait un « Préambule » présentant ( dans le style de l’éditeur) des « Réponses à quelques interrogations préalables et pertinentes » (p 9-46) :

Qui est madame ou monsieur « le fonctionnaire ? » - Comment « fonctionne » la fonction publique ?- Quel est le « territoire » étudié par ce livre - Existerait-il un certain « corporatisme » des fonctionnaires ?- L’histoire des fonctionnaires reste-t-il à écrire ?- Quel est le rôle du syndicalisme des fonctionnaires ? - Quel a été le parcours personnel de l’auteur ? - Pourquoi des syndicalistes dans les cabinets ministériels ?- Comment s’établissent les relations entre le pouvoir et les syndicats ? - Le pouvoir peut-il être sans effet sur les hommes ? - A quoi servent les cabinets ministériels ? - Quel bilan pour les années 1981-1984 ? – Quelle devrait être la véritable vocation de l’Administration ?

Cette partie assez substantielle était suivie de quatre chapitres :

-L’évolution historique de la fonction publique (p 47-80)

-Le syndicalisme des fonctionnaires, acteur de l’Histoire administrative (p 81-128)

-La politique salariale dans la fonction publique (129-178)

-Quel avenir pour la fonction publique française ? (p 179-226)

J’écrivais dans cet ouvrage : « Il faudrait être bien naïf pour ne pas voir que la tenue en février 1995 d’un colloque - même qualifié d’introductif- portant sur des textes d’octobre 1945 et octobre 1946 constituait une accélération de la commémoration inspirée par le calendrier électoral. Il s’agissait de tirer parti de l’événement avant l’élection présidentielle et le départ du gouvernement Balladur ».

Sur ce thème des tendances lourdes du mouvement social et politique, j’ai encore beaucoup de choses à dire et à rappeler, en particulier la première de toutes les commémorations de l’anniversaire du statut général des fonctionnaires, réalisée en 1976 sous l’égide la CGT, qui n’est pas pour rien dans l’éclosion des réformes en 1981-1984, et donnera la main à de prochains développements.

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 08:31

A part un petit nombre de fonctionnaires aujourd’hui très âgés, ceux qui étaient  retraités ou en fin de carrière  dans les années 1981-1984 ont disparu. Les plus jeunes de l’époque sont maintenant en fin de carrière, les plus jeunes d’aujourd’hui  n’étaient pas nés et beaucoup d’autres étaient en culottes courtes.

     Les réformes de la fonction publique que l’on évoque à l’occasion de ce trentième anniversaire et a fortiori celles qui les ont  précédées ne relèvent pas d’une réalité directement vécue par la majorité des fonctionnaires en activité.

     D’où l’intérêt majeur des analyses juridiques et historiques disponibles, des présentations bibliographiques, et  des sources d’information et de documentation.

    Les publications de l’INSEE, le Rapport annuel de la Fonction publique et  les  tableaux, graphiques et documents inclus dans chacune de ses  éditions, sont une source essentielle pour la documentation, l’information, l’analyse de la politique générale de la Fonction publique.

    Qui se souvient que le premier exemplaire présenté sous la forme d’un volume édité par la Documentation française est celui de l’année 1981 ? Pour les quelques années précédentes, c’était un petit document ronéotypé d’une vingtaine de  pages, et antérieurement il n’existait pas. C’est une des réalisations marquantes et durables de la période 1981-1984 et d’une collaboration efficace entre le cabinet du ministre et l’administration, c’est-à-dire des fonctionnaires de tous niveaux qui accomplissent dans l’ombre un travail remarquable.

    On aimerait que les textes traitant de questions se rattachant à l’histoire, en l’occurrence celle  de la fonction publique - surtout s’ils sont de seconde main,  ce qui est le cas le plus fréquent  - fussent assortis de notes de références et de citations de leurs sources.

   Je reste convaincu que le premier acte de la phase qui s’engage  devrait être de créer les conditions, comme base indispensable d’une recherche digne de ce nom,  comme garantie d’une approche honnête et objective, d’une bibliographie aussi exhaustive que possible des travaux, souvent de très grande qualité, qui ont été consacrés aux problèmes généraux de la Fonction publique par des spécialistes compétents.

     J’espère que ma proposition, qui peut faire l’objet de démarches concrètes à partir des diverses bibliographies partielles existantes,  aboutira dans des délais raisonnables 1.                                 

 1- Je n’ai pas oublié que dans un domaine à certains égards comparable sur le plan technique, mais exigeant des qualifications professionnelles, des investigations menées dans un cadre administratif contraint  et un soutien logistique important  ( la réalisation d’un Guide des sources de la Commune de Paris (dont j’ai pris l’initiative et que j’ai coordonnée) a du vaincre une incroyable série d’oppositions, de chausse-trappes et d’obstacles, et qu’il a fallu plus de cinq années de travail de l’équipe scientifique pour aboutir à son édition par la Documentation Française.

 

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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  • René BIDOUZE
  • En un demi-siècle, j’ai fait le « tour de la table » de la politique de la fonction publique comme syndicaliste, directeur du cabinet du ministre, conseiller d’Etat en service extraordinaire,  auteur d'ouvrages.
  • En un demi-siècle, j’ai fait le « tour de la table » de la politique de la fonction publique comme syndicaliste, directeur du cabinet du ministre, conseiller d’Etat en service extraordinaire, auteur d'ouvrages.

Eléments biographiques

  Né le 2 décembre 1922 à Jurançon (Pyrénées-Atlantiques)

 

-Fonctionnaire

 Receveur divisionnaire des Impôts honoraire

 

-Dirigeant national du mouvement syndical des fonctionnaires (1958-1978)

  Secrétaire du Syndicat national des Contributions indirectes 1958-1963

  Secrétaire général de la Fédération des finances CGT 1963-1970

  Secrétaire général de l’Union générale des fédérations de fonctionnaires (UGFF) et

  Membre du conseil supérieur de la fonction publique 1970-1978

  Membre de la commission exécutive de la CGT 1969-1975.

 

  Membre du conseil d’administration de l’Institut CGT d’histoire sociale.

 

-Directeur du cabinet du ministre de la fonction publique et des réformes administratives  (juin 1981-novembre 1983).

 

-Conseiller d’Etat en service extraordinaire (novembre 1983-novembre 1987).

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