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14 septembre 2018 5 14 /09 /septembre /2018 12:57

Le Président de la République reconnaît la responsabilité de l’Etat français dans la mort de Maurice AUDIN , mathématicien militant de l’indépendance de l’Algérie torturé et  tué en 1957.

    Cet événement historique est l’occasion d’un modeste mais ferme et sincère rappel de témoignage personnel sur la guerre d’Algérie dans l’histoire du syndicalisme. (On peut le trouver dans mes articles et ouvrages que des dirigeants syndicaux font semblant d’ignorer).

    La guerre d’Algérie, à laquelle nos gouvernants ont longtemps dénié le caractère de « guerre » pour la qualifier « d’évènements » faisait rage depuis novembre 1954. Je participais à toutes les manifestations organisées pour imposer la paix et j’étais partisan de l’indépendance contre  les menées de l’Armée française et sa pratique de la torture dans la bataille d’Alger. En 1958, la guerre d’Algérie restait au cœur de la vie nationale après le complot du 13 mai et la venue au pouvoir du général de Gaulle. 

    Les années 1958-1962 sont celles de mon mandat de secrétaire du Syndicat national des Indirectes auprès de Léon Rouzaud, secrétaire général de cette prestigieuse orgnisation et dirigeant éminent du mouvement syndical CGT des fonctionnaires, les premières d’une succession de responsabilités à la Fédération des Finances, à l’UGFF et à la CGT.

      Le Syndicat des Indirectes entretenait des relations amicales avec le Syndicat des Contributions diverses d’Algérie devenu autonome après l’interdiction de la CGT par Guy Mollet. Dans le même temps, il était profondément engagé dans la lutte pour la paix en Algérie par la négociation. J’étais présent dans toutes les rencontres entre les deux syndicats, j’ai rédigé la plupart des articles sur la guerre d’Algérie dans l’organe  La Vie syndicale.

    AVitry-s-Seine où j’habitais depuis 1960 jusqu’à mon installation dans le 13earrondissement de Paris en 1970, dans la circonscription Ivry-Vitry du député Maurice Thorez, je militais par ailleurs  très activement en toute indépendance  comme citoyen  pour la paix en Algérie. J’ai assisté à plusieurs meetings de cet homme politique de tout premier plan qui était d’une remarquable adéquation avec son électorat populaire.

  Dans des discussions au sein de la commission administrative du syndicat  sur l’attitude à adopter dans un référendum relatif à l’autodétermination en 1961 j’ai défendu une position différente de celle de Rouzaud qui a été mis en minorité. Mais j’ai rejeté les propositions sectaires et irréalistes qui n’ont pas manqué de s’exercer sur moi pour accentuer ce que certains interprétaient comme un avantage de « tendance ».J’ai considéré qu’il s’agissait d’une donnée de la vie démocratique du syndicat qui ne mettait pas en cause la profonde cohésion de l’équipe. 

  En 1962, les pourparlers franco-algériens débouchaient sur un cessez-le-feu et sur les accords d’Evian approuvés par référendum. Chargé, au sein du Bureau syndical, entre autres responsabilités, de celle des mouvements de personnel, je me suis profondément engagé pendant des semaines auprès de la DGI  dans l’affectation de chacun des nombreux fonctionnaires rapatriés d’Algérie qui faisaient appel à notre soutien syndical. 

   En novembre 1964, je représentais la CGT aux côtés de Madeleine Colin et Marius Colombani aux cérémonies et aux manifestations commémoratives de l’indépendance algérienne à Alger.

    Georges Pompidou était nommé Premier ministre en remplacement de Michel Debré. En octobre, le gouvernement renversé par une motion de censure et l’Assemblée nationale dissoute, le oui l’emportait au référendum qui proposait l’élection du président de la République au suffrage universel. 

    De Gaulle était élu en 1965. Notre syndicat, combattait leur politique sur le fondement de ses orientations fondamentales élaborées dans de larges débats démocratiques, et participera au mouvement de mai 1968 et à ses suites…( cf « L’unité d’un parcours citoyen et militant de plus de trois quarts de siècle »).

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Eléments biographiques

   En un demi siècle, j'ai fait "le tour de la table" de la politique de la fonction publique comme syndicaliste, directeur de cabinet du ministre, conseiller d'Etat en service extraordinaire, auteur d'ouvrages.

 

  Né le 2 décembre 1922 à Jurançon (Pyrénées-Atlantiques)

 

-Fonctionnaire

 Receveur divisionnaire des Impôts honoraire

 

-Dirigeant national du mouvement syndical des fonctionnaires (1958-1978)

  Secrétaire du Syndicat national des Contributions indirectes 1958-1963

  Secrétaire général de la Fédération des finances CGT 1963-1970

  Secrétaire général de l’Union générale des fédérations de fonctionnaires (UGFF) et

  Membre du conseil supérieur de la fonction publique 1970-1978

  Membre de la commission exécutive de la CGT 1969-1975.

 

  Membre du conseil d’administration de l’Institut CGT d’histoire sociale.

 

-Directeur du cabinet du ministre de la fonction publique et des réformes administratives  (juin 1981-novembre 1983).

 

-Conseiller d’Etat en service extraordinaire (novembre 1983-novembre 1987).

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