Des articles et des points de vue sur la Fonction Publique, le syndicalisme et la Commune de Paris.
Dans une allocution prononcée le 19 septembre 2007 à l’occasion de sa visite de l’Institut régional d’administration de Nantes, le Président de la République avait annoncé l’ouverture d’un vaste chantier intitulé « Service public 2012 » comportant un ensemble de mesures tendant à réaliser pendant le quinquennat une véritable « révolution » de nature à transformer profondément l’Etat, l’administration, la fonction publique.
Des débats ont été engagés, des mesures prises sous le label de la « Révision générale des politiques publiques » (RGPP), des restructurations sont en cours, et le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux prenant sa retraite a abouti depuis le début du quinquennat, à la suppression d’environ cent mille emplois.
En ce début de 2010, un malaise règne dans l’ensemble de la fonction publique car les effets de cette politique se font sentir.
C’est ce que je constate, comme tout citoyen attentif. Mais mon propos n’est pas de m’exprimer directement dans ce débat. Je n’exerce plus, depuis longtemps, de responsabilité administrative ou syndicale.
Dans le prolongement du dernier article « Ni censeur, ni gardien du temple » et en préambule de la série d’articles annoncée au début, il n’est pas sans intérêt de revenir sur la démarche de Nicolas Sarkozy et de son porte plume Henri Guaino
L’allocution présidentielle exposait les objectifs d’une politique qui étaient en fait la poursuite des réformes des statuts et des institutions administratives survenues dans le dernier quart de siècle en poussant dans leur logique les analyses et propositions de hauts fonctionnaires et experts entérinées par les gouvernements de la précédente législature.
Après avoir flatté les éminentes qualités des fonctionnaires et de l’administration –ce qui est un classique - et tracé le tableau du malaise qui aurait atteint tous les rouages de l’Etat, ce discours annonçait :
« Le moment est venu de refonder l’Etat, de refonder le service public, de refonder la fonction publique. Comme on l’a fait en 1945 avec le programme du Conseil national de la Résistance. Comme on l’a fait en 1958 avec le général de Gaulle. »
Plus loin, il reprenait:
« En 1945, il y avait dans le droit fil du programme du Conseil national de la Résistance une grande ambition pour la fonction publique qui était le corollaire d’une grande idée de l’Etat et d’une grande ambition républicaine.
En 1958, ce fut un autre moment fort de la rénovation de l’Etat, de la restructuration de son autorité, de son prestige, de son unité et la fonction publique a joué un rôle décisif… »
Certes, il ne pouvait manquer d’évoquer les grandes évolutions d’une fonction publique et de services publics qui n’étaient pas restés « immobiles » dans un monde en transformation.
Mais la référence de cette « longue tradition du service public » c’était 1945 et 1958 dans une présentation schématique.
Nous aurons l’occasion de vérifier que cette vision de l’histoire était quelque peu manichéenne et que le discours qui la portait se situait essentiellement dans la foulée de la campagne électorale. Il est plus pertinent de se souvenir que la fonction publique est une création continue au cœur de la vie nationale.
Dans cet esprit, on aimerait savoir si les partis de gauche qui ont vocation à gouverner et les candidats potentiels à l’élection présidentielle ont une vision d’ensemble de la fonction publique du XXIe siècle.