Des articles et des points de vue sur la Fonction Publique, le syndicalisme et la Commune de Paris.
Les positions personnelles du rapporteur s’exprimaient dans des articles publiés avant et après la présentation du rapport au Conseil d’Etat. L’introduction du contrat dans le droit de la fonction publique, dont il apparaissait dans le rapport qu’elle avait sa préférence, faisait l’objet d’un article dans AJDA hebdo n° 19 en mai 2003 reprenant les mêmes données assorties de réserves et d’interrogations se concluant par cette utile précision : « Il ne s’agit là que de réflexions personnelles et par certains côtés de pure spéculation intellectuelle ».
Un article publié dans la revue L’Ena hors les murs en 2009 reprend les références historiques évoquées en les renforçant et en les radicalisant dans le « tryptique » suivant :
1- Attachées jusqu’alors à un régime de convention collective calqué sur le droit du travail les organisations syndicales ont accepté en 1946 de renoncer à leur approche, fondée sur l’idée que les agents publics étaient des travailleurs comme les autres et qu’il ne pouvait être question de subordonner leur situation au bon vouloir d’un Etat regardé comme « au service d’intérêts de classe ». Elles l’ont fait en « contrepartie » de la reconnaissance du droit syndical, du droit de grève et du droit à la participation.
2- Aujourd’hui, les bases de ce compromis historique « ont complètement changé » car l’Etat n’est plus considéré par les syndicats comme un ennemi de classe. Bien au contraire, ajoute l’auteur, ils l’érigent en garant contre les puissances dont il était censé, par le passé, être le paravent.
3-Le moment est donc venu de procéder « à une meilleure articulation entre droit de la fonction publique et le droit commun du travail ».
Une telle insistance sur les positions que les organisations syndicales de fonctionnaires auraient adoptées au long de l’entre-deux-guerres et réaffirmées en 1946 donne à penser que l’auteur considère ces références historiques comme importantes sinon décisives. Il est donc légitime de confronter les affirmations du rapport avec la réalité historique.
Elles pourraient, à première vue, être saluées comme une certaine reconnaissance d’une donnée beaucoup trop souvent éludée : le mouvement syndical des fonctionnaires est à toutes les époques un acteur important de l’histoire de l’administration et de la fonction publique.
Mais on ne saurait se contenter de prendre acte de ce recours aux positions que le mouvement syndical des fonctionnaires aurait adoptées dans des circonstances historiques déterminées et de leurs incidences sur les évolutions du droit de la fonction publique sans se livrer à un examen critique de leur contenu et des interprétations qui les accompagnent. Elles sont, en effet, contredites par les travaux historiques existant en ce domaine et apparaissent à certains égards, comme une instrumentalisation de l’histoire
Les articles suivants, s’engageront dans l’examen critique de ces textes :
Une revendication fondamentale
Les projets de « statut spécial »
La fédération des fonctionnaires voulait-elle un contrat ?
Les évolutions de 1945-1946
Un raccourci qui ne tient pas la route
Le régime statutaire et réglementaire