Des articles et des points de vue sur la Fonction Publique, le syndicalisme et la Commune de Paris.
Les événements de la décennie qui a suivi le mouvement de mai 1968 ont donné lieu à un assez grand nombre d’ouvrages, études, entretiens et colloques et il y a tout lieu de penser que ce mouvement se poursuivra car cette période est riche de questions majeures dont la connaissance et l’approfondissement sont d’une grande utilité dans la vie politique, économique et sociale de cette première partie du XXIe siècle.
Il en va ainsi de la question de la mesure et de l’évolution des prix à la consommation qui à toutes les époques a constitué le point de référence du niveau des salaires et de leur pouvoir d’achat et a d’autant plus profondément marqué la période dont il s’agit qu’elle a connu un niveau très élevé d’inflation.
Un article de Béatrice Touchelay, professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Lille 3, intitulé "1970-1980 - La controverse sur les indices des prix" est publié dans le dernier n° des Cahiers de l’Institut CGT d’Histoire sociale. Cet article qui se réfère à d’autres textes de l’auteur, notamment Cinquante ans d’indice des prix de détail en France, des 13 aux 250 articles, et à divers textes de la CGT concernant son indice, évoque les évolutions des indices des prix, leur contestation dans les années 1970, la création et les évolutions de l’indice publié par la CGT.
On se bornera ici à présenter deux observations :
1°- Alors que la période ouverte par le mouvement de mai 1968 est celle de la « politique contractuelle », elle n’est même pas mentionnée dans l’article. La question des indices était la pierre d’achoppement de la « politique salariale de l’Etat » ( au sens le plus large du terme) s’appliquant directement aux personnels actifs et retraités des secteurs publics et nationalisés, interférant sur celle du patronat pour les salariés du secteur privé, et apparaissant comme un élément important de la politique économique, sociale et budgétaire.
2°- Il est indiqué que l’indice de la CGT « cesse d’être publié à partir de l’élection de François Mitterrand à la présidence de la République en mai 1981 », mais la « désindexation des salaires » décidée par Jacques Delors, ministre des Finances, en avril 1983 pour devenir la marque de la politique salariale de tous les gouvernements successifs est absente.
Si on établissait une bibliographie des travaux de spécialistes de toutes disciplines portant sur cette période et sur celle des « années Mitterrand », on ouvrirait une vision plus large de l’histoire économique sociale et politique et de celle des différentes composantes du mouvement syndical qui reste pour une large part à écrire.
Peut-être se souviendrait-t-on alors de mes modestes contributions : ma communication au Colloque de L’Institut CGT d’Histoire sociale sur « La CGT de 1966 à 1984 : l’empreinte de Mai 1968 » (dont les Actes ont été publiés dans un volume de 533 pages) comprenant des développements sur la politique salariale de l’Etat, repris en 2011 dans ma conférence sur Les services publics dans l’Histoire sociale et dans d’autres études récentes ou plus anciennes. Peut-être se déciderait-t-on à signaler mon dernier ouvrage L’Etat et les fonctionnaires et agents publics de la plume sergent-major à internet, qui est une histoire de cette politique salariale et de l’organisation des carrières des fonctionnaires de la fin du XIXe siècle à nos jours (la troisième partie du volume 2 de cet ouvrage inséré en publication numérique sur le site Calaméo est précisément consacrée à la « politique contractuelle » de la période 1968-1981 et à ses suites).