Des articles et des points de vue sur la Fonction Publique, le syndicalisme et la Commune de Paris.
Par René BIDOUZE
Quelques mois à peine après la publication du statut général des fonctionnaires, l’éditorial de La tribune des fonctionnaires d’août 1947 était intitulé, sous la signature d’Alain Le Léap, secrétaire général de l’UGFF, Le sabotage du statut de la fonction publique. Dans la même période, Jacques Pruja, qui avait activement contribué à son élaboration, écrivait que « les insectes rongeurs ont pénétré dans le statut. » Que diraient-ils en constatant le démantèlement actuel de ce statut (que j’analyserai de façon concrète dans un prochain article )?
Parmi les différents éléments de cette politique, il en est un - qui a été relevé comme il se doit par les organisations syndicales - mais qui pourrait être sous-estimé par les fonctionnaires qui n’en subissent pas les conséquences de façon visible.
Il s’agit des évolutions des structures ministérielles chargées de la fonction publique.
Ces évolutions, qui se sont produites d’abord vers le ministère du Budget, ensuite vers le ministère du Travail, s’inscrivent en effet dans un ensemble de transformations structurelles et statutaires qui tendent à réduire le champ d’application du statut général des fonctionnaires, à le vider de sa substance, puis à le fondre dans le droit du travail.
Un rappel historique des conditions de la création d’un secrétariat d’Etat ou ministère spécifique au lendemain de la Libération, et de la signification que cette création a revêtue ensuite en harmonie avec la conception française de la fonction publique n’est certainement pas inutile.
Eclipse Next 2019 - Hébergé par Overblog