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Des articles et des points de vue sur la Fonction Publique, le syndicalisme et la Commune de Paris.

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La conclusion de "Fonctionnaires sujets ou citoyens" (1979)

Le syndicalisme des fonctionnaires  des origines à la scission de 1947-1948

Editions sociales 1979.

Vol 1

« Jamais  plus les fonctionnaires n’accepteront d’être considérés comme des citoyens diminués »

 

   1946-1948 : trois éléments essentiels  de la vie du mouvement syndical de la Fonction publique émergent de cette période si riche de notre Histoire nationale :

 

-le Statut général des fonctionnaires et le Reclassement de la Fonction publique (la revalorisation a tout de même un caractère plus circonstanciel bien qu’associée à l’œuvre statutaire) définissent durablement les fondements du régime français de la Fonction publique.

 

   Certes, ils ne sont pas sans filiation avec la pratique et la jurisprudence d’avant-guerre. Certes ils subiront par la suite bien des atteintes, des déviations, des remises en cause. Mais l’édifice est toujours debout encore aujourd’hui.

 

   Le Statut reste une des grandes conquêtes démocratiques de la Libération.

 

-la Fédération générale des fonctionnaires laisse la place à l’Union générale des Fédérations de Fonctionnaires. Mais la transformation des structures a une portée plus limitée qu’il n’y paraît de prime abord. Les « fédérations internes » existaient déjà et étaient directement affiliées à la CGT. Pourtant il est probable que les effets de la scission syndicale ont occulté les conséquences que les décisions de mars 1946 auraient eues sur l’efficacité de l’organisation syndicale au niveau de la Fonction publique  dans le cours des événements ultérieurs. D’ailleurs le premier congrès de l’UGFF est terne et décevant, ainsi que l’ont remarqué les militants de l’époque, en raison même des nouvelles structures hâtivement élaborées dans la recherche d’un laborieux compromis de fin de congrès. Elles recevront assez rapidement un certain nombre de corrections mais resteront toujours une source de conflit, tantôt latent, tantôt aigu.

  L’essentiel est dans le changement d’hommes et de méthodes qui ont largement fait leur temps. On a vu par quelle conjonction le mouvement des fonctionnaires  a pu enfin mettre un terme au règne de l’équipe qui présida à ses destinées pendant tant d’années. On ne peut refaire l’Histoire. Mais ses leçons permettent de penser que si des hommes courageux et lucides n’avaient pas alors pris la tête du mouvement, la scission syndicale aurait fait plus de ravages encore.

 

-Enfin c’est malheureusement, en effet la période de la scission syndicale. Le principal artisan de la scission dans la Fonction publique, bien entouré il est vrai par un certain nombre d’autres militants, c’est Pierre Neumeyer. En 1927, les dirigeants fédéraux pouvaient éliminer brutalement les syndicats non-conformistes, pour rejoindre sans encombre la CGT de Léon Jouhaux, mener sans opposition ni murmure une politique de compromis et d’atermoiements inspirée de la fameuse théorie du « moindre mal », diriger la FGF selon des méthodes bureaucratiques, refuser obstinément l’unité d’action avec les autonomes et les unitaires, et concevoir jusqu’au bout l’unité syndicale comme le retour pur et simple des autonomes au sein de la CGT.

   Malheureusement, il est encore possible de « négocier » dans le dos des fonctionnaires, de conclure au rabais une opération aussi importante que le Reclassement général de la Fonction publique en faisant passer des préoccupations partisanes au-dessus des intérêts des agents de l’Etat.

   Mais les temps ont changé.

   Maintenant, le mouvement ouvrier, qui a grandi dans les épreuves, résiste victorieusement. La CGT continue, et dans son sein l’UGFF, les fédérations et syndicats qu’elle regroupe résistent aussi.

    C’est que le mouvement syndical des fonctionnaires a opéré sa  mutation. La conscience des agents de l’Etat a grandi.

     Alain Le Léap, ex-confédéré, se dresse contre la    scission syndicale. Il joue avec d’autres  militants de sa tendance, un rôle de premier plan, non seulement dans la fonction publique, mais dans la CGT tout entière  dont il devient secrétaire général aux côtés de Benoît Frachon.

    Les syndicats de fonctionnaires sont fortement secoués par la scission. Ils connaîtront bien des difficultés. Mais il y a désormais en France un syndicalisme de la fonction publique intimement lié à la classe ouvrière.

    Au sein de la CGT, qui présente dans le mouvement syndical international tant de traits originaux,  les fonctionnaires sont prêts à faire face aux rudes tâches qui les attendent pendant la période des guerres coloniales, de la guerre froide, de la politique de la « 3eforce », puis dans les conditions du régime personnel instauré en 1958. L’UGFF deviendra la première organisation  de la fonction publique, et ne cessera de renforcer son autorité et son influence pour affirmer avec éclat, face à la politique dite contractuelle de la période qui suit le grand affrontement de 1968, dans une coopération fraternelle, débarrassée des séquelles du passé, avec les fédérations des PTT et des Services publics et de santé, une orientation efficace au service des fonctionnaires.

   Comme le soulignait Georges Seguy, secréaire général de la GT à l’occasion de la célébration du 30e anniversaire du Statut général des fonctionnaires : «  Jamais plus les fonctionnaires n’accepteront sans réagir puissamment d’être considérés comme des citoyens  diminués, comme des rouages muets d’administrations aveugles et sourdes aux besoins populaires ».

 

 

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