Des articles et des points de vue sur la Fonction Publique, le syndicalisme et la Commune de Paris.
« Un puissant mouvement syndical des fonctionnaires, le plus sûr garant de l’avenir… » tel était le titre de la conclusion de mon ouvrage Fonctionnaires sujets ou citoyens, dont le tome 2 était publié en juin 1981.
Cette formule est de tous les temps, mais elle s’applique dans le cadre d’une réalité fondamentale qui s’impose à tous : quelle que soit la capacité d’intervention des fonctionnaires et de leurs syndicats, ils sont des salariés au service de l’intérêt général dont la responsabilité incombe à l’Etat et aux collectivités publiques. Le pouvoir de décision dans tous les domaines qui conditionnent leurs fonctions professionnelles, leur situation et leur carrière relève du gouvernement, des administrations et du Parlement.
Le tome 1 de l’ouvrage L’Etat et les fonctionnaires qui sera prochainement diffusé en publication numérique est une contribution à l’histoire (du XIXe siècle à la fin de la IVe République). Dans le tome 2 (Des débuts de la Ve République à 1986) je propose une analyse qui reste dans le domaine de la recherche historique, mais s’appuie aussi sur des références découlant de ma position de témoin et acteur dans les fonctions occupées avant et après 1981.
Pour ce qui concerne précisément l’histoire du syndicalisme des fonctionnaires, parallèle mais distincte de celle de la fonction publique, elle est nécessairement évoquée de diverses manières, mais mes travaux en ce domaine s’arrêtent à avril 1981. Le champ d’une étude approfondie du syndicalisme de ces trente dernières années fondée sur les documents classiques de la recherche est largement ouvert.
II
Voici donc les réflexions que d’aucuns pourront trouver impertinentes, mais dont j’estime qu’elles relèvent du bon sens :
En 1981, François Mitterrand était élu à la présidence de la République. Pour la première fois depuis un quart de siècle, un gouvernement de gauche était constitué, et pour la première fois depuis la Libération, le portefeuille de la fonction publique et des réformes administratives était confié à un ministre communiste (en cette période de 90e anniversaire du PCF il n’est pas inutile de rappeler que le candidat communiste avait obtenu 15,3% des voix au premier tour de l’élection présidentielle). Ce fut une période de profondes réformes du statut général des fonctionnaires partiellement appliquées de 1984 à 1986 et largement remises en cause dans les deux décennies 1986-2006 de « cohabitations » et « d’alternances ».
L’année 2011 qui s’ouvre sera marquée par les élections cantonales puis sénatoriales précédant l’élection présidentielle de 2012. Dans le cas d’une reconduction de l’actuel président, surtout si la droite dite « populaire » dont les positions sont proches de celles de l’extrême droite parvient à s’imposer, le sort des fonctionnaires ne fait aucun doute !
Mais qu’adviendra-t-il si la gauche l’emporte ?
Sauf erreur ou ignorance de ma part, les candidats potentiels à l’élection présidentielle sont plutôt discrets sur ces sujets même quand ils sont, ce qui est fréquent, anciens élèves de Sciences Po et de l’ENA.
Le moment n’est-il pas venu de leur demander quelle place occuperont les problèmes généraux de la fonction publique et de l’organisation de l’Etat dans leurs projets ?