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Des articles et des points de vue sur la Fonction Publique, le syndicalisme et la Commune de Paris.

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Occuper le terrain sans attendre

   Si on veut bien considérer que la qualité d’acteur et témoin des événements d’une période ne comporte pas que des inconvénients, les fonctions  que j’ai exercées de 1981 à 1987 au ministère de la fonction publique et au Conseil d’Etat  m’ont permis de mettre au jour un certain nombre d’erreurs, d’affirmations contestables, voire d’oublis plus ou moins systématiques dans les études et surtout dans les témoignages qui ont déjà  traité – sans attendre  que le « recul historique » ait fait son œuvre - de la politique de la fonction publique de ces  années qui sont celles de la gauche au pouvoir et d’un début de « cohabitation ».

   La tradition de célébration d’anniversaires mise en pratique tant par les journalistes que par les hommes politiques est un moyen de présenter des analyses, d’exprimer des interprétations, voire de faire prévaloir des thèses qui risquent de s’imposer ensuite comme des « vérités » établies. Rappelons – nous l’avalanche récente d’articles, études, commentaires, films et documentaires sur le trentième anniversaire de 1981 où, comme on dit, on a vu le pire et le meilleur.

   Dans ces années 2011-2012 marquées par d’intenses débats, à quelques mois de l’élection présidentielle de mai 2012 (qui peut amener une victoire de la gauche) je pense – en écoutant les candidats et les journalistes qui les interrogent- qu’une bonne connaissance de  la politique de la fonction publique des années 1981-1986 et de celle des années de « cohabitations » pourrait être d’une grande utilité pour tous ceux qui à des titres divers exercent ou exerceront des responsabilités en  cette  matière. J’ai exposé dans ce blog depuis sa création en mai 2010, un certain nombre de problèmes récurrents de la fonction publique en soutenant l’idée que la connaissance explicite de ces périodes  est d’un grand intérêt.

   On  ne saurait  ignorer d’autre part que même dans les années de la gauche au pouvoir, les positions des organisations syndicales de fonctionnaires et celles du gouvernement et de son ministère de la fonction publique étaient marquées par une concertation pratiquement sans précédent, mais aussi par des divergences et des conflits, et que les conceptions des rapports entre mouvement syndical et pouvoir politique se sont exprimées de façons diverses.

    Je ne suis pas trop mal placé pour estimer que la connaissance des positions des différentes composantes du mouvement syndical des fonctionnaires dans  la décennie 1981-1991 et des sujets de désaccords présente un certain intérêt. Quand cette étude sera-t-elle engagée et qui s’en chargera ? Est-il outrecuidant de poser la question ?

    L’histoire conservera en toute hypothèse ses vertus. Mais on peut craindre que l’impact  de la connaissance historique sur  le combat social - qui est un des objectifs affichés par les militants  qui s’investissent dans l’histoire sociale - ne s’émousse fortement si on prend trop de distance avec l’événement.

  Pour ce qui concerne la fonction publique, au train où vont les choses, où en seront dans quelques années  les garanties fondamentales des fonctionnaires  qui sont une des composantes du domaine législatif (art 34 de la Constitution) et le statut général  qui en est la principale expression juridique ? Alors que cette conception de l’Etat et de ses rapports avec les fonctionnaires et agents publics est mise à mal avec un statut   « en voie d’extinction » à des degrés divers selon les secteurs,  certains politiciens «  libéraux » de  droite envisagent de la remettre en cause dès 2012 sous couvert d’une fallacieuse limitation du statut aux agents de l’Etat « régalien ». Ces derniers savent-ils qu’ils expriment des « idées » qui étaient déjà dépassées  il y a plus d’un demi-siècle, et qu’ils sont des réactionnaires au sens précis du terme ?

   La connaissance historique ne dicte certes pas le programme des candidats à l’élection présidentielle et aux élections législatives qui suivront. Mais elle permet au moins de contrecarrer les projets rétrogrades, les intentions malsaines, ou simplement une ignorance propice à tous les mauvais coups.

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