Des articles et des points de vue sur la Fonction Publique, le syndicalisme et la Commune de Paris.
Les relations entre la fédération CGT des PTT et l’Union générale des fédérations de fonctionnaires étaient, au long des années 1970, particulièrement fraternelles et efficaces. On peut lire à ce sujet, dans l’ouvrage qui vient de paraître, le commentaire suivant :
« Pour la fédération des PTT, L’Union générale des fédérations de fonctionnaires est, dans cette période, un fidèle et solide compagnon de luttes avec lequel les rapports sont empreints d’une réelle camaraderie, sentiment incarné par René Bidouze et Georges Frischmann qui, au-delà de leurs personnalités différentes, sont unis par une estime réciproque. » (p 452-453).
Outre les sentiments fraternels qui unissaient les militants des deux organisations, cette relation recouvrait un ensemble de réalités juridiques, administratives, historiques, et de conceptions de la lutte sociale.
Cette estime réciproque entre les dirigeants de ces organisations était à la fois le fondement et le résultat d’un ensemble de données objectives qu’il est utile d’analyser comme des éléments d’une longue histoire syndicale.
L’histoire du mouvement syndical des fonctionnaires, des postiers et des enseignants est jalonnée d’innombrables points de rencontre, et aussi de spécificités qui apparaissent dans les structures, les affiliations, les luttes revendicatives...
Les ouvrages, articles, analyses consacrés à ce sujet fourmillent d’éléments qui illustrent cette donnée qui est une des pièces maîtresses de l’histoire du mouvement syndical français.
Une anecdote : lorsque, en 1976, j’ai présenté un rapport sur le 30e anniversaire du statut général des fonctionnaires dans une commémoration organisée en commun sous les auspices du bureau confédéral de la CGT, Georges Frischmann est venu me dire à ma descente de la tribune, dans ce langage truculent qu’on lui connaissait : « Bien que tu sois des Finances, je te nomme Postier d’honneur. »(1)
C’est précisément dans l’introduction de Georges Séguy, secrétaire général de la CGT ( à la rédaction de laquelle Frischmann n’était, selon mes informations, pas étranger) que furent définis et décrits avec une grande clarté le sens et la portée de la coopération des fédérations CGT de fonctionnaires, postiers et agents des services publics et de santé.
Voici le passage du discours de Georges Séguy :
« Le bureau confédéral tient à se féliciter du remarquable exemple de travail commun, de discussions fraternellement poussées jusqu’à l’accord complet entre l’UGFF et les Fédérations CGT des PTT et des Services publics, tant pour les positions à prendre dans les discussions salariales, dans les séances du Conseil supérieur de la fonction publique, que pour le contenu et l’organisation des grèves et manifestations.
Cet exemple montre éloquemment qu’il est possible dans la CGT de parvenir à une coopération librement consentie d’organisations dont les buts sont communs sans atténuer l’originalité, les préoccupations particulières et le fonctionnement démocratique de chacune d’elles.
Ce travail permanent et unitaire au sein même de la CGT aura apporté une contribution décisive au développement des luttes englobant tout le secteur public. » (2)
(1)Allusion amicale aux rivalités Finances-PTT qui ont longtemps animé la vie syndicale notamment avant la Seconde guerre mondiale et dans les grandes réformes de la Libération sur le thème des « parités »
(2) Texte intégral dans une plaquette comprenant également le rapport, les interventions d’Alain Le Léap, Jacques Pruja, et le message de Pierre Meunier.
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