Des articles et des points de vue sur la Fonction Publique, le syndicalisme et la Commune de Paris.
Une série d’interrogations concernant l’histoire de la CGT des deux dernières décennies du XXe siècle – qui ne sont pas étudiées dans mon ouvrage Les fonctionnaires sujets ou citoyens ? dont le tome 2 traite de la période de la scission de 1947-1948 à avril 1981 et qui de toute façon dépassent largement son objet - sont aujourd’hui posées selon plusieurs sources, les unes publiques, les autres d’accès plus restreint.
Ainsi, dans une conférence sur « démocratie ouvrière et démocratie syndicale » survolant l’histoire du syndicalisme de 1884 à 1995 dans la perspective d’un colloque prévu pour 2013, la crise survenue à la direction de la CGT en 1978-1982 est mentionnée en ces termes : « Au 40e congrès de Grenoble en 1978, Georges Séguy reprend son projet d’autonomisation de la CGT par rapport au PCF. Il est contré par Henri Krasucki qui lui succède en 1982. La CGT traverse une crise sur laquelle toute la clarté n’a pas encore été opérée ».
Sur cette période, on dispose de témoignages, de commentaires partiels, plus ou moins hermétiques, qui suscitent parfois plus d’interrogations qu’ils n’apportent de réponses. Des témoins et acteurs de premier plan comme Henri Krasucki sont décédés depuis plusieurs années.
Si on s’intéresse à l’histoire sociale, et si on estime qu’il serait utile de faire « toute la clarté » on ne peut en rester là. Quel que soit l’intérêt - très inégal - des éléments disponibles qu’il faut de toute façon soumettre à un examen critique, ou d’éventuelles communications dans un colloque, on peut souhaiter une analyse d’ensemble menée selon les méthodes et contraintes de la recherche historique. D’autant que d’autres questions et d’autres épisodes posent le même problème.
Indépendamment des formes qu’elle peut revêtir, une telle analyse devrait se situer clairement dans le contexte général de notre histoire contemporaine et des multiples éléments de la relation de la CGT (dont il faudra vérifier si elle était, comme il est affirmé dans cette conférence, un « syndicalisme partidaire face au keynesiano - fordisme ») avec le Parti communiste, sans perdre de vue qu’il conviendra d’étudier aussi, sans complaisance, la relation des autres centrales (FEN, FO, CFTC, CFDT) avec les partis et le pouvoir politique.
Pour les périodes auxquelles ils s’appliquent, mes textes n’éludent pas la question de la représentation des courants de pensée au sein de la CGT, de la part qu’y a prise le mouvement des fonctionnaires et des conséquences qui en ont résulté pour son fonctionnement et son action. Le syndicalisme des fonctionnaires et agents publics est par nature et par définition en rapport direct avec l’Etat, le gouvernement, le Parlement, les collectivités publiques. Il occupe donc sur l’échiquier politique, économique et social une situation spécifique.
L’analyse de la « politique salariale de l’Etat », c’est-à-dire en fait de l’ensemble de la politique générale de l’Etat à l’égard des fonctionnaires traitée dans L’Etat et les fonctionnaires de la plume sergent-major à internet pour la période de la fin du XIXe siècle à nos jours ( site Calaméo) donnera lieu à la présentation ici même d’un certain nombre d’articles portant sur les principaux thèmes représentatifs de cette politique.
Une telle étude implique le mouvement syndical dans les conditions qui ont été maintes fois explicitées dans mes écrits, mais ne se confond pas avec une analyse de ses orientations et de son action qui relève d’une autre démarche, et dont j’émets encore une fois l’opinion que pour la période des deux dernières décennies du XXe siècle elle gagnerait à être réalisée sans plus tarder.