Des articles et des points de vue sur la Fonction Publique, le syndicalisme et la Commune de Paris.
Par René BIDOUZE
Dans le flot des émissions de radio et de télé, des innombrables articles, commentaires et reportages de la dernière période, certains ont découvert un argument qu’ils ont cru pouvoir opposer aux syndicats et aux millions de manifestants qui reprochent au président de la République et au gouvernement d’avoir refusé d’engager une négociation : la retraite à 60 ans avait été instaurée par Ordonnance.
Bornons-nous, pour le moment, à avancer deux observations :
1° L’adoption par ordonnances de mesures d’ordre social constituées par la 5e semaine de congés, la réduction de la durée hebdomadaire du travail à 39 heures, et la retraite à 60 ans a été préalablement autorisée, en application de l’article 38 de la constitution, par la loi d’orientation n°82-63 du 6 janvier 1982 publiée au JO du 7. Ces mesures du gouvernement de gauche et de sa majorité parlementaire répondaient aux aspirations exprimées depuis longtemps par les salariés et leurs organisations syndicales, ce qui n’est pas le cas de la loi Sarkozy sur les retraites.
2° La négociation devrait être la règle des rapports sociaux. Mais au-delà du principe, il ne faut pas perdre de vue le contenu des propositions, les modalités de la discussion et les résultats. A cet égard, ayant participé aux discussions salariales de la fonction publique des périodes 1968-1978 et 1981-1984 dans les fonctions successives de secrétaire général de l’UGFF-CGT et de directeur du cabinet du ministre de la fonction publique, et ayant ainsi, comme je l’ai rappelé, « fait le tour de la table », je sais comment on procède pour faire cautionner par les organisations syndicales signataires des décisions préalablement élaborées par le gouvernement.
La vigilance et l’action des salariés concernés sont toujours une donnée essentielle de la démocratie sociale, quel que soit le gouvernement en place.
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