Des articles et des points de vue sur la Fonction Publique, le syndicalisme et la Commune de Paris.
Par René BIDOUZE
Au cours du débat qui a suivi sur France 3 le documentaire intitulé « Dénoncer sous l’Occupation », le présentateur s’interrogeait sur la question de savoir si on avait connu dans l’Histoire un phénomène d’une telle ampleur. La réponse est certainement négative. Cependant, dans d’autres périodes tragiques, on a assisté à des vagues de dénonciations. Ainsi dans la période de répression féroce qui a suivi la « Semaine sanglante » en 1871.
Dans mon ouvrage 72 jours qui changèrent la cité, La commune de Paris dans l’histoire des services publics on pouvait lire (page 168) dans le chapitre concernant l’ordre public assuré par la Commune de Paris :
On ne conteste guère le fait que les commissaires de quartier (et les commissaires centraux créés dans les arrondissements par un arrêté publié au JO du 14 mai prévoyant qu’ils devaient faire chaque jour un rapport au délégué à la Sûreté générale) veillèrent, avec le concours de la Garde nationale, au maintien de l’ordre public. On sait que la Sûreté recevait de nombreuses dénonciations. Elle fit connaître par la voie du Journal Officiel qu’elle ne tiendrait aucun compte des lettres anonymes : « L’homme qui n’ose signer une dénonciation sert une rancune personnelle et non l’intérêt public ».
Les autorités versaillaises n’auront pas ces scrupules : elles encourageront les vengeances et les règlements de comptes pendant la « Semaine sanglante » avec le concours des « brassardiers », individus partis de Versailles porteurs d’un brassard tricolore, et au cours de la période de répression, les dénonciations auraient atteint le chiffre effarant de 399.823 parmi lesquelles une sur vingt était signée ».
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