Des articles et des points de vue sur la Fonction Publique, le syndicalisme et la Commune de Paris.
Par René BIDOUZE
Personne ne saurait contester l’intérêt et l’utilité de la contribution des spécialistes des sciences sociales à l’analyse des différents aspects de la situation politique, économique et sociale et à la recherche des solutions.
Si celle de l’Histoire et des historiens est moins évidente, elle n’en est pas moins réelle. Comme toujours, des personnalités émergent, d’autres s’y emploient par les moyens classiques, d’autres se signalent autrement…
Ainsi, on avait pu noter la création en 2005 à l’initiative de l’historien Gérard Noiriel d’un « Comité de vigilance face aux usages publics de l’histoire » (CVUH) regroupant des historiens, chercheurs et enseignants du supérieur et du secondaire préoccupés par l’instrumentalisation politique de l’histoire, suivie de la publication d’un « Dictionnaire critique » intitulé « Comment Nicolas Sarkozy écrit l’histoire de France ». Cet historien a publié ensuite d’autres ouvrages et poursuivi son action. Invité de l’émission « C Politique » du dimanche 20 octobre 2019 sur F5, il s’est largement exprimé sur le thème « Historien : un rôle politique ? en dénonçant notamment l’usage abusif que le président Macron fait à son tour de l’Histoire.
En appelant l’attention dans ce blog sur la première phrase de l’Introduction de l’ouvrage « La CGT en question(s) »signée de Michel Pigenet et Michel Dreyfus dont j’ai estimé que l’IHS CGT assurait indûment la présentation et la promotion, on pouvait se souvenir qu’en octobre 2018, dans son ouvrage « Une histoire populaire de la France », après avoir rappelé (p 734) qu’il « ne faut pas confondre l’Histoire et la Mémoire » Gérard Noiriel avait fait cette remarque : « Les historiens universitaires ont trop souvent tendance à se comporter en donneurs de leçons face aux porteurs de mémoire en pointant des lacunes, des faiblesses, des contradictions »
Il est certain que l’histoire de la fonction publique et du syndicalisme des fonctionnaires (qui est et demeure le centre de gravité de ma démarche personnelle) ne figure pas parmi les multiples sujets de débats et de controverses qui animent le monde politico-médiatique. J’ai le sentiment (sous bénéfice d’inventaire) qu’elle est - en tant que telle - absente des publications et des initiatives des organisations syndicales et même - ce qui est plus surprenant - de leurs organismes d’histoire sociale et de formation syndicale. En toute hypothèse, elle est plutôt maltraitée. C’est une carence que je ne cesse de dénoncer et de combattre.
Sans entrer dans les subtilités des définitions et des débats récurrents sur les différences entre « Histoire » et « Mémoire », et sans trop m’attarder sur la place des historiens, politologues, observateurs sociaux et instituts de recherche sur l’échiquier politique et social et sur les rapports entre eux, tout cela m’incite à poursuivre ma démarche en toute indépendance.

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