Des articles et des points de vue sur la Fonction Publique, le syndicalisme et la Commune de Paris.
III
Voici les dernières pages de la brochure dont l’avant-propos et le sommaire ont été présentés dans les deux articles précédents :
Les nouvelles générations face à l’histoire
Les études sociologiques révèlent que la moitié des électeurs qui ont choisi entre Hollande et Sarkozy en 2012 (et certainement parmi eux de nombreux agents publics et fonctionnaires) n’étaient pas en âge de voter à ces époques. Un cinquième d’entre eux n’étaient pas nés. Ces nouveaux citoyens et citoyennes ont grandi dans un monde et une société très différents de ceux de leurs aînés dont la vie et l’activité s’étaient déroulés principalement au long des « Trente glorieuses ». Ils doivent aujourd’hui faire face à des problèmes dans lesquels la mondialisation, l’Union européenne occupent le terrain dans un contexte de communication envahi par les chaînes de télévision et leur armée d’experts et de journalistes, Internet, les réseaux sociaux…
Que dire, alors, des « cohortes » de citoyens des générations suivantes ?
Ces générations sont directement concernées par les actes et projets relatifs aux réalités de l’administration, des services publics, des statuts des fonctionnaires et agents publics, de leur système de carrière et de rémunération.
On peut comprendre qu’elles ne ressentent pas spontanément le besoin de connaître le droit de la fonction publique, les conditions historiques de son élaboration, de ses évolutions, des confrontations et des luttes sociales qui l’ont façonné au long des décennies précédentes et n’aient pas de la même manière conscience que ces données conditionnent, dans une certaine mesure, le présent et l’avenir, et devraient être partie intégrante du combat politique et social.
Je me tiens aussi bien informé que possible des études et propositions de spécialistes compétents de diverses disciplines concernant la politique de la fonction publique pour aujourd’hui et pour demain. Je me tiens informé par ailleurs des activités, délibérations et programmes des organisations constitutives du mouvement syndical des fonctionnaires. Et plus largement de tous les aspects de la politique sociale et économique.
Il n’est pas interdit à un observateur définitivement éloigné de toute responsabilité et de toute participation à des débats ou délibérations en la matière d’avoir une opinion éventuellement critique et de regretter une ignorance assez largement répandue de l’histoire.
En guise de conclusion…
« Mon appartenance au Mouvement ouvrier français couvre largement toute ma vie. Je reste fidèle aux grands combats pour la défense des intérêts des travailleurs, les libertés, la démocratie, la paix, contre les guerres coloniales pour l’émancipation des peuples, dans lesquels il a tenu une grande place. J’ai signé d’assez nombreux appels ou déclarations de personnalités sur divers sujets.
Pendant des décennies, je me suis principalement consacré au syndicalisme - dont on oublie trop souvent que l’indépendance doit être la première des qualités - dans une époque dont l’étude devrait être menée avec courage, détermination, et sans tabou. A la plupart des étapes de mon long parcours, j’ai rencontré des personnages dont on pouvait dire « qu’avec de tels amis, on n’a pas besoin d’ennemis ». J’ai aussi rencontré, dans les responsabilités que j’ai exercées, et dans les années de ma retraite active, des personnalités de très grande qualité et des militants dévoués et combatifs.
C’est en réalité l’expression achevée de ma personnalité, de mes convictions, de mon caractère, de l’unité et de la fidélité d’un parcours de plus de trois quarts de siècle.
Selon une formule dont je ne suis pas l’auteur et qui me paraît pertinente, je ne suis ni « censeur ni gardien du temple ». A la veille de mon 95e anniversaire, je n’entends pas pour autant renoncer à la libre expression de mes idées et à mon droit de critique face à ceux qui ignorent, éludent ou instrumentalisent l’histoire du syndicalisme des fonctionnaires ou celle de la fonction publique à des fins personnelles. Je reste fermement dans une démarche indépendante qui n’a rien à voir avec les théories sur le « renouvellement », mais probablement parvenue à son terme et débarrassée des contraintes d’un passé révolu ».