Des articles et des points de vue sur la Fonction Publique, le syndicalisme et la Commune de Paris.
« L’alternance politique de 1981 », c’est-à-dire l’accession de la gauche au pouvoir,créait des conditions propices à une nouvelle approche gouvernementale des problèmes généraux de la fonction publique.
Pour approfondir l’analyse historique à l’occasion du 30e anniversaire de la loi de 1983 constituant le titre 1er d’une nouvelle version du statut général des fonctionnaires, il me paraît nécessaire, comme je l’ai indiqué au début de l’été, de poursuivre mes interventions en toute indépendance, d’énoncer mes propres analyses et témoignages, et de combler ainsi quelques lacunes .
Aujourd’hui, on va rappeler un évènement attestant que le mouvement syndical CGT des fonctionnaires associé à la confédération était aux avant-postes des réformes de la fonction publique qui se concrétiseront dans les années 1981.
Le congrès de l’UGFF qui se tenait quelques années plus tôt, en février 1976 était d’une particulière importance dans l’Histoire du mouvement syndical CGT puisqu’il consacrait la sortie de l’une des plus graves crises qu’il ait connues jusque là, dans une sévère confrontation sur des questions fondamentales 1. Réélu secrétaire général, j’ai fait adopter une série de décisions (déjà mentionnées dans de précédents articles de ce blog ) parmi lesquelles la célébration du 30e anniversaire du statut général des fonctionnaires publié en octobre 1946.
Cette célébration a été organisée en octobre 1976 par l’UGFF et les fédérations CGT des PTT et des Services publics et de santé dont les responsables figurent sur la photo de la tribune. ( Georges Frischmann et Raymond Barberis ) A leurs côtés Léon Rouzaud qui fut une personnalité marquante du syndicalisme. Elle avait lieu dans la grande salle de la CGT qui se situait alors au 213 rue Lafayette à Paris. Elle était présidée par Georges Séguy, secrétaire général de la CGT qui a conclu ainsi : « C’est le camarade René Bidouze, secrétaire général de l’UGFF, qui va exprimer les idées communes de l’UGFF, des fédérations des PTT et des Services publics et de la CGT ».
C’était une initiative éminemment syndicale qui était prise pour la première fois depuis l’existence du statut et marquait avec éclat l’attachement de la CGT et de ses organisations à cette grande conquête de la Libération. Le secrétaire général de la Fédération CFDT des fonctionnaires ironisait en disant que c’était une manifestation « d’anciens combattants » et je rétorquais amicalement que « n’est pas ancien combattant qui veut »
La presse était convoquée et présente mais elle n’a pas brillé par ses commentaires. « Le Monde », n’a pas rendu compte de cette assemblée et donnait par ailleurs la parole à la responsable du Parti socialiste pour les questions de la fonction publique qui « oubliait » que Maurice Thorez avait existé (ce que je n’ai pas manqué de relever dans « La Tribune des fonctionnaires »).
La commémoration syndicale avait une particularité notable. Pour la préparer, nous avions fait des démarches auprès de trois personnalités qui avaient pris une part essentielle à l’événement en 1946 : Jacques Pruja, secrétaire général adjoint de l’UGFF principal artisan syndical du statut, Alain Le Léap secrétaire général de l’UGFF, et Pierre Meunier, directeur du cabinet de Maurice Thorez, vice-président du Conseil chargé de la Fonction publique. Les deux premiers ont fait une intervention substantielle, le troisième a adressé un message sur lequel nous reviendrons.
Tous les textes de cette commémoration ont été publiés dans une plaquette largement diffusée par les trois organisations UGFF, PTT, Services publics. J’ai récemment analysé ici même le discours de Georges Séguy en soulignant sa portée.