Des articles et des points de vue sur la Fonction Publique, le syndicalisme et la Commune de Paris.
Par René BIDOUZE
Voici une anecdote qui trouve une petite place dans ces développements concernant l’Ordonnance du 4 février 1959 dans l’histoire de la Fonction publique…et la présence des socialistes dans le gouvernement du général de Gaulle en 1958.
En juin 1981, le directeur général de l’administration et de la fonction publique était un conseiller d’Etat qui avait mal accueilli et mal vécu la nomination d'un ministre communiste et qui a demandé et obtenu sa réintégration au Conseil d’Etat en faisant valoir la « clause de conscience ». (Je précise que comme directeur du cabinet j’ai eu avec lui de bonnes relations et que nous nous sommes retrouvés plus tard à la section des finances du Conseil d’Etat).
L’Elysée et Matignon, ont alors imposé la nomination à ce poste de Michel May, conseiller-maître à la Cour des Comptes sans la moindre concertation avec le ministre.
Ce haut fonctionnaire avait exercé des responsabilités dans l’audiovisuel et occupera par la suite les fonctions de président de TF1. Il n’avait même pas été consulté lui-même sur l’opportunité de sa nomination, qui d’ailleurs rompait avec la tradition selon laquelle le poste était tenu par un membre du Conseil d’Etat. Il en était le premier surpris et n’était manifestement pas intéressé par les questions de la fonction publique. Il n’est resté que peu de temps dans ces fonctions.
La seule explication plausible de cette nomination auprès du ministre communiste de la Fonction publique était que Michel May avait appartenu au cabinet de Guy Mollet ministre d’Etat chargé de la fonction publique en 1958 (dont il semblait avoir gardé une empreinte assez légère) et qu’on s’était souvenu de cette période dans les hautes sphères du parti socialiste et du gouvernement.
Comme quoi il arrive que l’histoire reprenne ses droits même de façon inattendue et en l’occurrence quelque peu intempestive.
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