Des articles et des points de vue sur la Fonction Publique, le syndicalisme et la Commune de Paris.
Par René BIDOUZE
Les personnages d’un téléfilm en deux parties intitulé L’école du pouvoir présenté sur ARTE dans une rediffusion récente sont des jeunes " énarques" entrés dans les cabinets ministériels en 1981. Personnellement j’ai regardé ce téléfilm comme un divertissement plutôt intéressant. Directeur du cabinet du ministre chargé de la fonction publique et des réformes administratives de juin 1981 à novembre 1983, jusqu’à ma nomination en qualité de Conseiller d’Etat en service extraordinaire, j’ai naturellement rencontré un grand nombre de ces « énarques » dans les réunions interministérielles. Dans mes fonctions antérieures de secrétaire général de l’Union générale des fédérations de fonctionnaires, et dans celles de secrétaire général de la fédération des Finances, j’avais rencontré de nombreux hauts fonctionnaires formés dans le même moule. Je n’ai aucune envie de joindre ma voix à un concert où, me semble-t-il tout et le contraire de tout a été dit. J’ai gardé un souvenir d’estime et de considération à l’égard de certains, un sentiment de rejet ou d’indifférence à l’égard de quelques autres, ce qui n’a rien d’original.
Je veux surtout noter que si l'ENA a toujours fourni un contingent appréciable de conseillers techniques et de chargés de mission dans les cabinets ministériels, ce qui est dans sa vocation, il en est - aux différentes époques - qui viennent d'autres horizons.
Pour ce qui concerne le cabinet du président de la République François Mitterrand et ceux des ministres du gouvernement de Pierre Mauroy Premier ministre, la consultation du « trombinoscope » et de l’ouvrage publié par Monique Dagnaud et Dominique Mehl au début de cette législature sous le titre « L’élite rose » permet de s’en faire une certaine idée.
Mon ouvrage Fonction publique Les points sur les i paru en 1995 (VO Editions) dont le premier tirage a été rapidement épuisé et qui est probablement introuvable, traitait d’un ensemble de questions générales de la fonction publique. Il contenait aussi des développements sur la participation de militants syndicalistes à des cabinets ministériels en 1981, et sur les conditions de ma nomination.
Je crois donc utile de reprendre ce que j’écrivais il y a quinze ans. Quels que soient les témoignages ultérieurs sur ces événements, je confirme mordicus ma relation, en la ponctuant de la formule du gendarme mentionnée dans une précédente note : « Lecture faite, persiste et signe. »
Puisque ce sujet est sur la sellette en cette période où le retour de la gauche au pouvoir pourrait être une hypothèse crédible, j’évoquerai par la suite mes relations avec l’Elysée et les prolongements qu’elles ont eues sur ma contribution aux travaux sur la fonction publique. .
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