Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Des articles et des points de vue sur la Fonction Publique, le syndicalisme et la Commune de Paris.

Publicité

Une biographie originale, "Lissagaray la plume et l'épée"

    

   Ceux qui ont lu des ouvrages sur la Commune de Paris et sur l’histoire politique et sociale de la fin du XIXe siècle ne peuvent ignorer le nom de P-O Lissagaray, dont l’Histoire de la Commune de Paris publiée en 1876, reprise en 1896 avec une nouvelle préface de l’auteur dans une version définitive, et constamment rééditée au long du XXe siècle reste un classique, un ouvrage de référence. 

      Mais si des communards qui n’ont pas nécessairement joué un rôle essentiel font plus ou moins régulièrement l’objet d’articles ou de conférences, si des associations se sont constituées pour perpétuer le souvenir et les idées de certaines personnalités du mouvement ouvrier de l’époque, tel n’était manifestement pas le cas de Lissagaray,  un journaliste ayant participé aux luttes des républicains sous le Second Empire, aux combats des armées de  la République,  avant d’être un garde national sur les barricades dont la biographie n’avait été traitée jusqu’alors que de façon partielle et limitée par certains auteurs.

       Je ne cache pas que mes origines béarnaises et mon nom qui est celui d’une rivière de la Basse - Navarre qui prend sa source dans la forêt des Arbailles ne sont pas étrangers à une certaine proximité avec ce Gascon qui portait le patronyme basque de ses ancêtres (Lissagaray = l’église d’en haut) et que la ville d’Auch honore d’une stèle pas très éloignée, sur les bords du Gers, de la statue de d’Artagnan.

      Les contacts que j’ai pris avec les responsables de l’association « Les Amis de la Commune », dont je n’étais pas encore un adhérent, ont bien vite révélé que la biographie de Lissagaray n’avait jamais figuré dans leurs objectifs et que Claude Willard, président de cette association et d’autres historiens ne soutenaient pas mon initiative.

     Je me suis néanmoins engagé dans les recherches et les investigations qui devaient aboutir à la réalisation de mon projet, dont j’ai remis le manuscrit aux « Editions sociales ». Au bout de plusieurs mois, j’ai constaté qu’il était enterré avec l’accord des animateurs de cette association, sans qu’on ait estimé devoir m’informer et en éludant toute confrontation d’idées sur ce sujet....

     Cet obstacle a été surmonté grâce à l’intervention de Daniel Angleraud, un militant chrétien ancien secrétaire de la CGT qui avait exercé dans le passé les fonctions de directeur des Editions ouvrières auprès de Claude Pennetier, historien responsable du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier (le Maitron). Ce dernier a fait à mon ouvrage un accueil chaleureux. 

     Publié au printemps 1991 sous le titre Lissagaray, la plume et l’épée, il ouvrait une nouvelle collection, La part des hommes, avec une biographie de Gracchus Babeuf écrite par Jean-Marc Schiapa, et aussi un texte sur Jules Guesde simplement tiré par Claude Willard des travaux antérieurs dont il était un spécialiste.  

     Ce livre fut commenté et présenté dans une quinzaine de journaux, dans une conférence de présentation du président de la Société historique et archéologique d’Auch avec un commentaire dans La Dépêche du midi

    Henri Krasucki, secrétaire général de la CGT a fortement manifesté l’intérêt qu’il portait à la parution de cet ouvrage. Il en parlait autour de lui avec la chaleur humaine et l’enthousiasme qui le caractérisaient. Quelques dirigeants politiques et syndicaux rencontrés dans ces années  avaient la même attitude. 

      Considéré comme le « Michelet de la Commune », Lissagaray   était un républicain engagé dans les combats politiques de la fin du XIXe siècle, un « mousquetaire de la sociale ». Ceux qui aujourd’hui s’intéressent à l’Histoire et s’emploient à l’évoquer par des initiatives diverses, des publications, des conférences, des commémorations, des participations à des fêtes populaires… seraient bien avisés de ne pas l’oublier, quelles que soient leurs propres tendances éventuelles.

 

 

 

 

Claude Pennetier

 

                                       L'auteur devant la stèle à Auch

 

       

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article