Des articles et des points de vue sur la Fonction Publique, le syndicalisme et la Commune de Paris.
Par René BIDOUZE
Thomas Piketty fournit dans « Capital et idéologie » Seuil, septembre 1919 sur les évolutions des « Trente glorieuses » et des « Quarante piteuses » qui les ont suivies ces données fondées sur une enquête et des statistiques :
Les électeurs sans diplôme ou dont le plus haut diplôme était le certificat d’études primaires représentaient encore 72% de l’électorat lors de l’élection législative de 1956. Ils ont voté à 57% pour les partis de gauche (communiste, socialiste, radical). 50% des électeurs diplômés du secondaire (23% de l’électorat) et 37% des diplômés du supérieur (5% de l’électorat) ont également voté à gauche.
Dans toutes les élections suivantes, le vote pour les partis de gauche des électeurs de la première de ces catégories qui représentait un pourcentage décroissant de l’électorat n’a cessé de diminuer alors que celui des votes des diplômés du supérieur représentant des pourcentages en forte progression de l’électorat augmentait.
Dans le même temps, la participation électorale a fortement chuté parmi les moins diplômés du fait que les catégories populaires se sentent de plus en plus abandonnées.
L’abstention atteint aujourd’hui des proportions spectaculaires.
La connaissance de ces statistiques est certainement utile. Elle montre à elle seule, parmi bien d’autres éléments, à quel point la société d’aujourd’hui est différente de celle des décennies précédentes. Mais l’affirmation de Thomas Piketty selon laquelle ce véritable « renversement du clivage éducatif » aurait conduit à un remplacement du « parti des travailleurs » par le « parti des diplômés » constitué notamment par les enseignants, les professions intermédiaires, les cadres du secteur public, les métiers de la santé et de la culture…dans ce qu’il appelle la « gauche brahmane » mérite réflexion.
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