En cette année 2016 qui s’achève, les questions qui se posent à propos de l’Histoire du syndicalisme des fonctionnaires, qui est pour une bonne part celle de la fonction publique, ont été évoquées dans de nombreux articles.
On ne saurait affirmer que l’Union générale des fédérations de fonctionnaires (UGFF) doit s’engager directement en tant que telle dans la recherche, la connaissance et l’analyse de ce sujet. Pas davantage qu’elle aurait l’obligation de s’employer, comme le font depuis des années de nombreuses fédérations et unions départementales, à constituer en dehors de ses structures, un institut CGT professionnel d’histoire sociale. Il est cependant légitime d’attendre d’une organisation dont la mission est de défendre les intérêts communs de l’ensemble des fonctionnaires qu’elle apprécie et évalue la part qui revient à la connaissance de cette histoire dans la détermination de ses orientations et de son action.
Elle semble avoir effectivement envisagé à différentes reprises la création d’un institut d’histoire sociale de la fonction publique. Sans s’expliquer sur les raisons de son échec, elle n’y est pas parvenue. Elle se borne tous les dix ans à une sorte de commémoration purement formelle de l’anniversaire du statut général des fonctionnaires. Tous comptes faits, l’histoire du syndicalisme des fonctionnaires est absente de ses publications et de ses initiatives et ses responsables ne s’associent pas aux activités de l’Institut CGT d’Histoiresociale constitué au niveau confédéral.
Après une période au cours de laquelle ce sujet a fait l’objet d’articles dans les publications de cet organisme et de communications dans ses colloques qui n’émanaient d’ailleurs pas du mouvement syndical CGT des fonctionnaires qui s’est tenu à l’écart, il en est également absent. Or cette histoire a de toute évidence une portée qui dépasse de loin les dimensions d’une démarche s’appliquant à une branche professionnelle déterminée et s’inscrit au cœur de l’histoire politique, économique et sociale. D’autre part, la création de nombreux instituts professionnels et régionaux, puis leur activité dans un ensemble coordonné ont figuré dans les objectifs de l’Institut confédéral. On ne comprend pas que la fonction publique reste en dehors de ce processus et que les observations et propositions concernant les voies et moyens d’une correction de cette situation ne reçoivent aucune suite.
Personne ne paraît contester ouvertement la nécessité d’une connaissance aussi large que possible - par les citoyens et les fonctionnaires - de cette histoire sociale, et de sa relation avec celle du syndicalisme confédéral et avec les pouvoirs publics. Encore faut-il y contribuer effectivement ne serait-ce que par des références explicites - en toute hypothèse respectueuses du principe de l’indépendance syndicale - aux travaux existants en la matière. De même s’impose l’analyse historique relative à la période des quatre dernières décennies, marquées par le déclin syndical, les crises du mouvement syndical des fonctionnaires et de ses composantes, les transformations majeures des structures administratives du secteur public, notamment l’ancienne administration des PTT dont la privatisation est perçue par ses promoteurs et par les adversaires du statut comme un modèle …
Or à la lecture du projet de document d’orientation pour le congrès extraordinaire de l’UGFF qui se tiendra du 27 au 31 mars 2017 et d’autres projets, colloques et conférences de l’IHS-CGT de la dernière période, il apparaît que l’Histoire du syndicalisme des fonctionnaires ainsi considérée ne tient pas la place qui devrait lui revenir dans la réflexion et l’activité de ces organisations, ni qu’il pourrait en aller autrement dans un avenir proche.
A l’heure du big data, elle est étrangère aux réseaux d’information. Ses auteurs et leurs écrits sont maintenus en dehors des radars.