Des articles et des points de vue sur la Fonction Publique, le syndicalisme et la Commune de Paris.
Série « Pleins feux sur l’histoire du syndicalisme des fonctionnaires »
Dans les années qui ont précédé l’ouverture de la crise survenue en 1975 et résolue au début de 1976, l’UGFF et les Fédérations CGT des PTT et des Services publics et de santé étroitement associées entre elles et avec le bureau confédéral de la CGT s’étaient largement exprimées sur les problèmes de l’Etat.
Les textes publiés à l’époque dans des plaquettes substantielles largement diffusées constituent aujourd’hui des documents qui s’inscrivent dans l’histoire du mouvement syndical que tout conférencier ou auteur d’articles se situant spécialement dans le cadre de l’histoire sociale se doit de prendre en considération.
La période qui a immédiatement suivi le congrès de clarification de l’UGFF en février 1976 au terme d’un débat sans précédent par son contenu et par son étendue dans toutes les structures, se caractérisait par une activité particulièrement intense du mouvement syndical CGT des fonctionnaires. Son organisation et sa capacité étaient au meilleur niveau de leur histoire. Une section de l’UGFF constituée auprès de l’UD - CGT existait dans la quasi-totalité des départements, La Tribune des fonctionnaires (organe créé en 1913), le Bulletin des retraités, les circulaires, étaient largement et régulièrement diffusées, alors qu’on ne disposait pas encore des possibilités numériques.
En octobre 1976, Georges Séguy secrétaire général de la CGT qui présidait la commémoration du 30e anniversaire du statut général des fonctionnaires définissait et décrivait avec une grande clarté le sens et la portée de la coopération des fédérations CGT de fonctionnaires, postiers et agents des services publics et de santé :
« Le bureau confédéral tient à se féliciter du remarquable exemple de travail commun, de discussions fraternellement poussées jusqu’à l’accord complet entre l’UGFF et les Fédérations CGT des PTT et des Services publics, tant pour les positions à prendre dans les discussions salariales, dans les séances du Conseil supérieur de la fonction publique, que pour le contenu et l’organisation des grèves et manifestations.
Cet exemple montre éloquemment qu’il est possible dans la CGT de parvenir à une coopération librement consentie d’organisations dont les buts sont communs sans atténuer l’originalité, les préoccupations particulières et le fonctionnement démocratique de chacune d’elles.
Ce travail permanent et unitaire au sein même de la CGT aura apporté une contribution décisive au développement des luttes englobant le secteur public. »
On pourra lire à ce sujet, dans l’Histoire de la fédération CGT des PTT parue en 2011 le commentaire suivant :
« Pour la fédération des PTT, l’Union générale des fédérations de fonctionnaires est, dans cette période, un fidèle et solide compagnon de luttes avec lequel les rapports sont empreints d’une réelle camaraderie, sentiment incarné par René Bidouze et Georges Frischmann qui, au-delà de leurs personnalités différentes, sont unis par une estime réciproque. » (p 452-453).
Outre les sentiments fraternels qui unissaient de longue date les militants des deux organisations, cette relation recouvrait un ensemble de réalités juridiques, administratives, historiques, et de conceptions de la lutte sociale.
Les réformes statutaires des années 1983-1984-1986, les très nombreuses modifications qu’elles ont subies ensuite, le large recrutement de non titulaires, la transformation des PTT et d’autres secteurs, ont profondément modifié le paysage.
Nous avons changé d’époque. Est-ce une raison d’enterrer l’histoire ?