Des articles et des points de vue sur la Fonction Publique, le syndicalisme et la Commune de Paris.
A l’occasion de la célébration du 20e anniversaire de la mort de François Mitterrand qui donne lieu en ce moment à de nombreuses initiatives, je crois devoir reproduire ce passage de mon texte intitulé « L’unité d’un parcours militant de plus de trois quarts de siècle » que l’on peut consulter sur le site Calameo (page 85)
Conseiller d’Etat en service extraordinaire
(Novembre 1983 - novembre 1987)
Un Conseiller d’Etat venu du monde syndical
Selon le statut des membres du Conseil d’Etat, cette institution comprend douze Conseillers d’Etat en service extraordinaire, choisis « parmi les personnalités qualifiées dans les divers domaines de la vie nationale » pour une période de quatre ans, en principe renouvelable après une période de deux ans. Pendant la durée de leur activité, ils siègent dans les sections administratives et à l’assemblée générale, mais ils ne peuvent être affectés à la section du contentieux.
En novembre 1983, trois postes de conseiller d’Etat en service extraordinaire devenaient vacants. Parmi les nombreuses candidatures qui lui étaient soumises, le Président de la République, François Mitterrand a décidé de choisir des personnalités venues du monde syndical. Dans le passé trois ou quatre anciens dirigeants syndicaux de la FEN et de FO avaient été nommés par Giscard d’Estaing et Chirac. Il a retenu Robert Cheramy, ancien membre de la direction de la FEN, conseiller technique à l’Elysée, Félix Fortin secrétaire général de la fédération des services publics FO (qui ne restera que quelques mois) et moi-même.
En ce qui me concerne, plusieurs proches du chef de l’Etat, notamment Jacques Fournier secrétaire général du gouvernement, avaient insisté sur l’intérêt du choix, opéré pour la première fois, d’un ancien responsable de la CGT ayant exercé de surcroît des fonctions de directeur de cabinet. Paul Legatte et peut-être d’autres conseillers de l’Elysée étaient certainement intervenus dans le même sens.
J’avais le sentiment que peu de dirigeants de la CGT et du Parti communiste avaient perçu et apprécié la portée de cette nomination. Certaines prestations douteuses de Georges Marchais m’en apporteront plus tard la confirmation. La réaction spontanée et immédiate d’Henri Krasucki n’en était que plus significative. Non seulement il m’a fait connaître sa satisfaction personnelle sur le terrain de l’amitié et de l’estime, mais il a organisé un repas auquel ont participé quelques camarades soigneusement choisis pour marquer l’hommage de la CGT.
La section des Finances
Mon affectation par Pierre Nicolaÿ, Vice-président du Conseil d’Etat - que nous avions souvent rencontré - à la section des Finances, compétente pour les textes statutaires relatifs à la fonction publique allait de soi. De même qu’avec son successeur Marceau Long, qui avait exercé les fonctions de directeur général de la Fonction publique et était secrétaire général du gouvernement en 1981.
Les deux présidents successifs de la section des Finances, Jacques Chardeau et Jacques Boutet, m’ont fait confiance en me désignant comme rapporteur de nombreux décrets qui étaient des textes d’application des dispositions législatives relatives à la fonction publique adoptées dans les années 1981-1983, et se situant donc dans le prolongement de mes fonctions précédentes, bien que le succès de la droite aux élections législatives de 1986 ait quelque peu modifié la donne.
Lorsqu’un texte statutaire concernant les personnels des collectivités territoriales venait devant la section de l’Intérieur, dont le président était notre ami Jean Kahn, j’étais souvent désigné pour représenter la section des Finances. J’étais membre suppléant de l’Assemblée générale, et je siégeais également à la section du Rapport et des études présidée par Guy Braibant.