Des articles et des points de vue sur la Fonction Publique, le syndicalisme et la Commune de Paris.
Par René BIDOUZE
Selon une enquête menée pour le magazine « Télérama », « une page se tourne » pour la lecture qui subirait aujourd’hui un véritable déclin.
Trois Français sur dix et un Américain sur deux n’ont lu aucun livre en 2014, et l’essentiel des ventes se concentre sur quelques best - sellers. Chaque génération compte moins de lecteurs que la génération précédente et cette population vieillit et se féminise. Les éditeurs publient toujours davantage de livres qui ont de moins en moins de lecteurs, et Internet accélère le processus. Ces considérations s’appliquent à la « littérature » dont, paraît-il « l’âge d’or serait révolu ».
Qu’en est-il des ouvrages traitant des sujets scientifiques ou techniques, de l’histoire, et particulièrement de l’histoire politique et sociale ? Si l’on en croit des propos récurrents de certains responsables, ils rencontrent l’indifférence des plus jeunes générations.
Je manque d’éléments pour apprécier dans quelle mesure les fonctionnaires en activité (ou en retraite) s’intéressent ou non à l’Histoire de la fonction publique et à celle du mouvement syndical des fonctionnaires et plus largement à l’histoire sociale et politique. Rien n’interdit de se poser la même question pour les cheminots, les électriciens et gaziers, les personnels des grandes branches professionnelles…
Pour avoir de bonnes réponses, il faut se poser les bonnes questions. Il est probable qu’en l’état actuel, il n’y a pas de « demande » pressante d’ouvrages, articles, conférences …Mais je crois que la bonne formule est de s’interroger d’abord sur le contenu, la qualité, et l’ampleur de « l’offre » qui est faite.
Sur l’histoire de la fonction publique et du syndicalisme des fonctionnaires, les « chercheurs » et les « militants syndicalistes » peuvent avoir accès à une documentation (maintes fois évoquée ici) d’une exceptionnelle richesse, et à un certain nombre d’ouvrages, études, articles … déjà publiés.
Une double démarche est possible et nécessaire :
-la contribution effective, par tous ceux -organisations, institutions, personnalités - qui en ont la vocation à des titres divers et disposent des moyens de communication - à la connaissance, à la diffusion, à la critique éventuelle et à l’enrichissement des travaux existants, et la publication régulière d’analyses, commentaires et témoignages ;
-l’engagement de nouvelles recherches principalement sur les deux dernières décennies du XXe siècle.
Or jusqu’à plus ample informé, il ne se passe à peu près rien et il n’apparaît aucune perspective. Quand on aura répondu aux exigences qui viennent d’être rappelées, on verra bien si les fonctionnaires s’intéressent à leur histoire (1).
1- Je précise encore une fois qu’il s’agit ici de l’histoire générale de la fonction publique, du régime général géré depuis la Libération par une Direction générale et un ministère, et des orientations des structures du syndicalisme chargées des intérêts communs à l’ensemble des fonctionnaires (qui peuvent être traités selon de multiples approches). Les prestations spécifiques catégorielles relatives au monde enseignant, aux postiers ou aux agents des ministères, administrations relèvent d’une autre démarche et ne manquent pas d’intérêt.
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