Des articles et des points de vue sur la Fonction Publique, le syndicalisme et la Commune de Paris.
L’ouvrage d’Anicet Le Pors et Gérard Aschieri sur « La fonction publique du XXIe siècle » comporte un chapitre 2 intitulé « Histoire et concepts », un chapitre 3 sur « l’élaboration du statut général des fonctionnaires (1983-1984-1986) et des références à certains aspects de l’histoire de la fonction publique. Il est évident qu’on ne peut envisager l’avenir en ignorant le passé.
Le chapitre 3 évoque l’année 1981 en des termes auxquels il serait déplacé de ma part de ne pas être sensible. On peut lire (page 68) à propos d’Anicet Le Pors nommé ministre de la fonction publique le 24 juin 1981 : « …Il avait une longue expérience de fonctionnaire et de militant syndical, mais il disposa surtout, pendant plus de deux ans, d’un atout d’importance en la personne du directeur de cabinet qu’il choisit, René Bidouze, haut fonctionnaire des Finances, qui avait dirigé l’Union générale des fonctionnaires (UGFF-CGT) pendant sept ans. Celui-ci figurait parmi les meilleurs connaisseurs de l’histoire et du droit de la fonction publique et il avait acquis ainsi de précieuses qualités de négociateur. Il était pout toutes ces raisons très estimé des dirigeants des autres fédérations syndicales de la fonction publique. Il venait par ailleurs de publier le second tome d’un ouvrage sur l’histoire du syndicalisme dans la fonction publique sous le titre particulièrement opportun de : « Les fonctionnaires, sujets ou citoyens ? » Tous deux avaient travaillé ensemble dans les mois qui avaient précédé l’entrée au gouvernement, à la demande de la direction du PCF, sur l’élaboration de propositions concernant d’une part la fonction publique et d’autre part les institutions. Le choix d’un dirigeant syndical de niveau national comme directeur de cabinet ministériel est et demeure une décision exceptionnelle »
Bien que depuis bon nombre d’années tout se passe comme si j’avais mystérieusement disparu sans laisser de traces dans le cours de l’année 1983, en permettant ainsi à d’autres de faire comme si je n’avais jamais existé, il eut été difficile, voire indécent de passer sous silence cette contribution. Dans la foulée, la formule « sujets ou citoyens » maintes fois citée, semble échapper aux tentatives d’accaparement de propriété, et la bibliographie mentionne (ce qui est inhabituel) mon ouvrage « Fonction publique. Les points sur les i » publié en 1995.
Il n’en demeure pas moins que ces avancées ne règlent pas une série de problèmes de fond sur lesquels je me réserve de poursuivre mes interventions, principalement sur la base de mon ouvrage « L’Etat et les fonctionnaires de la plume sergent-major à internet » qui traite l’histoire de la politique salariale de l’Etat et l’organisation des carrières des fonctionnaires, et dont la forme numérique favorise certainement sans le justifier le silence qui l’affecte.
Sur les conditions, la portée et les suites de ma nomination de 1981, le témoignage évoqué ci- dessus appelle quelques nuances, réserves et précisions qui se situent au-delà de l’anecdote et des questions de personnes. Sur ce point, je conseille à nouveau de prendre connaissance de mon témoignage personnel et de mon analyse dans le texte intitulé « Parcours de trois quarts de siècle d’un fonctionnaire dans le mouvement ouvrier » consultable sur le site Calaméo :
Quatrième partie.
- Directeur du cabinet du ministre de la fonction publique (juin 1981- novembre 1983) pages 34-40.
- Conseiller d’Etat en service extraordinaire ( novembre 1983- novembre 1987) (pages 40-42).
Sans ce blog, sans les perspectives qu’il doit permettre avec leur prolongement dans les publications numériques, sans le concours de leurs lecteurs et le relai de sites amis auxquels il faut donner quelques développements, je suis convaincu qu’il n’y aurait pas de « revenant », et surtout - car là est l’essentiel - que certaines analyses resteraient dans un placard alors que la sauvegarde de la « conception française de la fonction publique » est une aspiration commune.