Dans ses interventions de retour sur la scène politique, l’ancien président de la République a affirmé - après d’autres dirigeants de droite - que le régime de la fonction publique présenté comme un système « d’emploi à vie » n’était plus adapté à la situation actuelle de notre pays. Ensuite, il a précisé qu’il faut poursuivre le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite et avancé une première inflexion de son affirmation précédente en proposant la création d’un « nouveau contrat de cinq ans » qu’il semble envisager en premier lieu pour les collectivités locales. Pour la Fonction publique de l’Etat dont l’organisation, les structures, les missions des services centraux et des services extérieurs posent un ensemble de problèmes complexes, l’improvisation et l’opportunisme politique apparaissent dans l’annonce que les policiers et les enseignants (notamment) pourraient rester en dehors. Un autre prétendant au pouvoir propose de réduire les effectifs des trois fonctions publiques de quelque 600.000 unités, ce qui peut rappeler le rapport Longuet de triste mémoire, ou encore une proposition similaire de Jacques Chirac il y a une trentaine d’années (que les plus anciens ont probablement oubliée et que les plus jeunes ne connaissent pas).
Nous n’en sommes qu’au début d’une nouvelle ère de compétitions et d’affrontements pour la conquête du pouvoir. Ces personnages de droite rivaliseront dans la voie d’une « mise en extinction » plus ou moins étendue du statut général des fonctionnaires prolongeant et accentuant le processus engagé au long des dernières décennies de « cohabitations » et « d’alternances » politiques et que d’aucuns s’emploient à éluder ou minimiser pour des raisons pas très recommandables.
Il faut bien voir qu’il s’agit, en l’occurrence, d’un ensemble de questions qui concernent les institutions de la République, leurs relations avec les citoyens, le rôle et le fonctionnement des administrations, les équilibres du budget de l’Etat et de celui des collectivités territoriales, les besoins de leurs usagers, le recrutement, la carrière, les rémunérations et les retraites des fonctionnaires et agents publics.
L’avenir proche et lointain dépend pour l’essentiel de ce qu’il adviendra de notre pays, de son système institutionnel, et de la politique économique et sociale qui s’imposera dans le contexte européen et mondial.