Des articles et des points de vue sur la Fonction Publique, le syndicalisme et la Commune de Paris.
Par René BIDOUZE
Les propositions actuellement avancées dans le domaine de la fonction publique reposent sur une double affirmation :
- la pertinence du système de fonction publique de carrière défini par le statut général des fonctionnaires de l’Etat dans le cadre des grandes réformes de la Libération, et à son extension dans les années 1983-1986 aux agents territoriaux et hospitaliers dans une nouvelle version composée des quatre titre du « statut général des fonctionnaires de l’Etat et des collectivités territoriales » ;
- le constat que pour un ensemble de raisons tirées principalement d’une analyse des très nombreuses modifications survenues depuis 30 ans, ainsi que des nouveaux enjeux et des contraintes budgétaires, le « statu quo » n’est pas possible.
On ne peut qu’approuver la première de ces affirmations d’orientation et de principe, dont on est en droit de penser qu’elle n’aurait pas été retenue par le gouvernement et sa majorité parlementaire dans l’hypothèse d’une réélection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République. Mais pour apprécier la portée réelle de cette orientation, il faut se référer d’une part aux analyses qui sont faites des très nombreuses modifications législatives et réglementaires adoptées et maintenues dans une longue période de « cohabitations » et « d’alternances » dont certaines sont des atteintes aux principes fondamentaux, des décisions structurelles tendant à réduire systématiquement le champ d’application du statut mis « en extinction » dans de larges secteurs, du recrutement étendu de non titulaires suivi de plans de titularisations qui perpétuent et aggravent le système, et d’autre part au contenu concret des propositions avancées pour l’avenir des trois fonctions publiques.
Quant à la seconde affirmation, elle en appelle une autre tout aussi péremptoire : personne ne revendique un « statu quo » imaginaire, c’est-à-dire une sorte d’immobilisme qui serait par définition contraire aux aspirations des fonctionnaires et à celles des citoyens et usagers des services publics. Mais comme pour l’ensemble des problèmes posés à notre société en crise, ces aspirations sont diverses et contradictoires.
Dans le contexte délétère que nous connaissons, la formule du rejet du « statu quo » ne sera-t-elle qu’une manière de « tout changer pour ne rien changer » ?
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