Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Des articles et des points de vue sur la Fonction Publique, le syndicalisme et la Commune de Paris.

Publicité

1981-84. La formation du cabinet ministériel

Continuons les témoignages et commentaires sur la période 1981-1984 (on reviendra ultérieurement sur d’autres périodes de l’histoire de la fonction publique).

Le mercredi 24 juin 1981, devait se tenir le premier conseil des ministres après la constitution du 2e gouvernement de Pierre Mauroy. Anicet Le Pors m’a appelé pour me demander de l’accompagner à l’issue de cette réunion, dans la rencontre déjà prévue avec Catherine Lalumière, qui occupait le poste depuis un mois dans le premier gouvernement de Pierre Mauroy. Je l’avais rencontrée à l’époque où elle était la responsable du Parti socialiste pour les questions de fonction publique. Elle était secondée par Jeanne Siwek-Pouydesseau, directeur de recherche et auteur d’ouvrages sur la fonction publique qui m’a accueilli en me disant qu’elle s’attendait à ma présence.

Mon positionnement politique était parfaitement clair. Je considérais la participation communiste au gouvernement comme une donnée concrète de la situation que j’avais tendance à approuver, sans être tenu dès lors que je n’avais aucune responsabilité dans le Parti, de me prononcer formellement pour ou contre le principe de cette participation. Nous aurons de nombreuses occasions de constater que d’assez nombreux militants y étaient hostiles. Bien des données plus ou moins bien connues, ou laissées en dehors des témoignages habituels, n’en revêtent pas moins pour certaines d’entre elles une signification qui dépasse l’anecdote. La compréhension de l’histoire politique en a aussi besoin.

Au ministère de la Fonction publique, je me suis d’abord consacré aux premiers contacts avec le cabinet du Premier ministre et la Direction générale de l’administration et de la Fonction publique, à l’organisation de l’appareil administratif du cabinet et à l’installation matérielle des bureaux, et bien entendu à la mise en place du cabinet ministériel.

Guy Braibant, Conseiller d’Etat chargé par le PCF de la coordination des quatre ministres, suggérait ma nomination en qualité de conseiller spécial placé dans l’organigramme « au-dessus du directeur du cabinet » comme lui-même auprès de Charles Fiterman ministre des Transports, et envisageait la nomination de mon ami Jean-Jacques Philippe, ancien élève de l’ENA, professeur associé spécialiste de fiscalité, qui était comme moi-même un « ancien des Indirectes », aux fonctions de directeur du cabinet.

Il me connaissait personnellement pour m’avoir rencontré notamment dans la commission du PCF qui avait été chargée des questions de la fonction publique dans le cadre de l’actualisation du Programme commun de la gauche, mais il ne connaissait pas le monde syndical et s’en tenait aux normes classiques de constitution des cabinets ministériels. Ma situation personnelle n’était d’ailleurs pas correctement appréhendée. Je n’exerçais aucun mandat syndical depuis trois ans, j’avais rejoint l’administration, et j’avais même pris ma retraite. Je n’aurais jamais accepté de passer directement d’une responsabilité syndicale à un cabinet ministériel.

Pour des raisons concernant les compétences, l’expérience des personnes en cause, les conditions de la mise œuvre du programme que nous avions envisagé, et de la concertation avec les organisations syndicales, j’estimais, avec d’autres camarades, que le dispositif proposé par Braibant était, dans le cas précis du ministère de la Fonction publique, un faux-semblant.

De plus, après les épreuves que j’avais subies dans la crise du mouvement syndical des fonctionnaires et ma retraite administrative anticipée, je ne voulais pas m’engager dans une perspective dont je savais qu’elle était vouée à l’échec. L’expérience des jours et des mois suivants a pleinement confirmé ce diagnostic. Je m’apprêtais à me retirer tranquillement, ma tâche temporaire accomplie. Cependant ma présence auprès d’Anicet Le Pors attestait que j’étais prêt à assumer mes responsabilités en évaluant les chances d’une mise œuvre de certains des objectifs à la détermination desquels je m’étais employé dans le passé. La décision lui appartenait. Il m’a nommé directeur du cabinet. J’exercerai cette fonction jusqu’à ma nomination aux fonctions de Conseiller d’Etat en service extraordinaire en novembre 1983, alors que les réformes statutaires étaient acquises et que la politique salariale rencontrait les difficultés inhérentes à la situation économique et à la « désindexation des salaires » décidée par le ministre de l’Economie et des finances.

Il est évident que je suis bien placé pour traiter les différents aspects de la présence d’un ancien dirigeant du mouvement syndical des fonctionnaires à ce poste et à cette époque de l’histoire politique et sociale.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article