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11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 14:25

     Les réunions des instances de la CGT consacrées aux problèmes de la succession de Bernard Thibault au congrès confédéral de 2013 ont  donné lieu à des communiqués  et  informations.  Mais  on a pu lire aussi des  commentaires, appréciations et  témoignages plus ou moins pertinents émanant de journalistes et « d’experts » qui sont ou se croient bien informés.

      Ils  ont émis des appréciations  sur les orientations  de la CGT et sur  ses relations avec le Parti communiste au cours des décennies qui nous séparent des lendemains de la Seconde guerre mondiale et de la scission de 1947-1948 qui a profondément modifié le paysage syndical de notre pays.  Certains  évoquent à ce propos  la  « culture communiste » des générations précédentes de militants de la CGT pour expliquer les modalités de succession des dirigeants qui ont donné lieu par ailleurs à divers  commentaires et témoignages.

     La  nécessité d’engager des investigations d’historiens,  de syndicalistes et d’instituts d’Histoire sociale   sur l’ensemble de l’Histoire de la CGT de la seconde moitié du XXe  siècle et plus largement des diverses composantes du mouvement syndical français est évidente.

     Quoi qu’il en soit, on peut observer que dans toutes les formations politiques, organisations syndicales, associations sportives … à toutes les époques, les procédures de présentation des futurs responsables et de « dauphins » plus ou moins cooptés ont tenu une large place. Dans n’importe quelle organisation dotée de ses propres statuts, le  ou les candidats  à la direction doivent  remplir un certain nombre de conditions, qu’ils soient ou non soumis ensuite à une élection, et le principal dirigeant sortant n’est pas le plus mal placé pour faire des propositions.

          Personnellement je continue à assumer une certaine  contribution à l’histoire du syndicalisme des fonctionnaires dont on ne mesure certainement  pas à quel point elle est un des éléments importants de celle du mouvement ouvrier.

      L’histoire des fédérations et syndicats nationaux constitutifs du mouvement syndical  des fonctionnaires présente une diversité marquée d’un certaine originalité. En ce qui me concerne, j’ai connu dans les responsabilités que j’ai exercées dans ce mouvement syndical au sein de la CGT  un parcours  caractérisé par des particularités notables. Le Syndicat national auquel j’appartenais, celui des Contributions indirectes, a résisté à la scission de 1947-1948 et  groupait 70% à 80% de l’ensemble du personnel. Ma situation au sein de son secrétariat  était exactement, dans le domaine de la représentation des courants de pensée  l’inverse de celle que l’on rencontrait ailleurs. Sur ce terrain,  la Fonction publique occupait dans la CGT une place originale qui n’a pas été sans conséquences marquantes sur sa propre évolution. Contrairement à la pratique la plus courante, j’ai annoncé un an avant le congrès de l’UGFF de juin 1978 que je ne demanderai pas le renouvellement de mon mandat de secrétaire général, et que je n’interviendrai en aucune façon dans la désignation de mon successeur en laissant aux composantes de l’organisation le soin d’en discuter et d’en décider 1.  C’était  il y a trente-cinq ans ! L’Histoire est ainsi  faite  de données spécifiques  qui  dépassent  les schémas  et les grilles de lecture simplifiées.

1- René Bidouze, Les fonctionnaires sujets ou citoyens ? Le syndicalisme de la scission de 1947-1948 à 1981, Editions sociales,  1981. Note page 363.

- Histoire d’une crise. Site Calaméo.

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE - dans Syndicalisme
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  • René BIDOUZE
  • En un demi-siècle, j’ai fait le « tour de la table » de la politique de la fonction publique comme syndicaliste, directeur du cabinet du ministre, conseiller d’Etat en service extraordinaire,  auteur d'ouvrages.
  • En un demi-siècle, j’ai fait le « tour de la table » de la politique de la fonction publique comme syndicaliste, directeur du cabinet du ministre, conseiller d’Etat en service extraordinaire, auteur d'ouvrages.

Eléments biographiques

  Né le 2 décembre 1922 à Jurançon (Pyrénées-Atlantiques)

 

-Fonctionnaire

 Receveur divisionnaire des Impôts honoraire

 

-Dirigeant national du mouvement syndical des fonctionnaires (1958-1978)

  Secrétaire du Syndicat national des Contributions indirectes 1958-1963

  Secrétaire général de la Fédération des finances CGT 1963-1970

  Secrétaire général de l’Union générale des fédérations de fonctionnaires (UGFF) et

  Membre du conseil supérieur de la fonction publique 1970-1978

  Membre de la commission exécutive de la CGT 1969-1975.

 

  Membre du conseil d’administration de l’Institut CGT d’histoire sociale.

 

-Directeur du cabinet du ministre de la fonction publique et des réformes administratives  (juin 1981-novembre 1983).

 

-Conseiller d’Etat en service extraordinaire (novembre 1983-novembre 1987).

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