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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 08:38

Après une brève évocation de la part prise par Martine Aubry dans l’élaboration des lois Auroux, on peut lire dans l’article sur « Les cinq étapes du « dialogue social » en France ».

« De son côté, Jacques Delors son père, applique en 1983 un premier plan de rigueur. La lexie du « social delorisme » est alors forgée. Le statut de la fonction publique est remanié le 13 juillet 1983. L’attribution des sièges au Conseil supérieur de la fonction publique est alors indexée sur les résultats électoraux aux commissions administratives paritaires, non rendus publics jusqu’alors pour ne pas « contrevenir à la neutralité de ses agents ».


La réforme d’Anicet Le Pors provoque le déclassement de Force ouvrière, que l’administration considérait comme la plus puissante organisation. FO passe du premier au quatrième rang, derrière la CFDT. André Bergeron analyse les résultats et constate que la supériorité de la CFDT provient du SGEN. Il décide de rompre le « pacte tacite » de 1947. Les lambertistes obtempèrent. La tendance FUO quitte la FEN pour rejoindre FO. L’unité de la FEN est pour la première fois ébranlée. La remise en cause de son existence s’amplifiera par la suite »

Ce texte sommaire mentionne des éléments qui sont peut-être, pour une part, des effets secondaires de la réforme, et qui relèvent précisément des recherches historiques sur le syndicalisme des fonctionnaires des deux dernières décennies du XXe siècle que l’on tarde à engager, et auxquelles je ne participerai pas, sauf pour faire les mises au point auxquelles me conduiront certainement mes anciennes responsabilités et mes recherches. Ce texte cite André Bergeron dont il faut tout de même savoir qu’à ce moment, il menait campagne contre la présence de ministres communistes au gouvernement, ce qui n’altérait d’ailleurs pas les relations du ministère avec tous les responsables des fédérations de fonctionnaires sans discrimination.

Ce texte ignore les analyses et témoignages des deux principaux acteurs de cette réforme (le ministre de la fonction publique et son directeur de cabinet), ainsi que les informations substantielles et les précisions juridiques contenues dans le Rapport annuel du ministère dont l’édition par la Documentation française a été décidée à leur initiative pour la première fois en 1981 et maintenue depuis lors.

Il ignore les évolutions de cette question dans la vie syndicale des années et des décennies précédentes qui ont été largement évoquées dans les travaux consacrés à l’histoire du syndicalisme des fonctionnaires, et il semble même admettre la position politicienne des gouvernements à l’égard de la scission syndicale et de ses suites et l’interdiction faite à la direction générale de la fonction publique de publier les résultats des élections dont je savais de source certaine, alors que j’exerçais la fonction de secrétaire général de l’UGFF, qu’elle les centralisait.

Il ignore mon intervention au congrès confédéral de la CGT en 1975 présentée au nom de l’UGFF et des fédérations des PTT et des Services publics, lançant un défi public à la presse au sujet de la publication des résultats des élections aux commissions paritaires et de la représentativité des organisations syndicales. Une intervention suivie d’une rencontre immédiate au pied de la tribune avec la journaliste du « Monde » Joanine Roy dont tous les congressistes ont été les témoins. Il ne sait pas qu’à l’occasion d’une de mes interpellations du ministre Gabriel Peronnet ( après celles que j’avais menées auprès de Michel Massenet) à propos de ce refus de publication, un des membres de la délégation FO avait ouvertement demandé le maintien du « pouvoir discrétionnaire » du gouvernement dans la répartition des sièges au Conseil supérieur de la fonction publique dont cette organisation était abusivement la bénéficiaire.

Plus significatif encore, et révélateur du positionnement personnel de l’auteur (qui est un adhérent de la FSU) sur l’échiquier syndical, il adopte (sans le dire alors que ses publications sont généralement caractérisées par un grand nombre de notes de référence) l’interprétation de Jean-Paul Roux, dirigeant de la FEN puis de l’UNSA selon laquelle le ministère de la fonction publique a voulu « mettre un coin dans le partenariat historique entre la FEN et FO » qui est en même temps un aveu de connivences anciennes. Une allégation qui avait été réfutée dans mes écrits déjà cités. Comme indiqué dans ces écrits, « Le fait que cette référence aux suffrages recueillis dans les élections aux CAP ne sera pas remise en cause par les gouvernements successifs des décennies suivantes fait à lui seul justice des spéculations dont il a pu faire l’objet ».

Nous verrons d’ailleurs comment la question du « dialogue social » dans la fonction publique donnera lieu plus tard à un « Livre blanc » sous la responsabilité du Conseiller d’Etat Jacques Fournier.

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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  • René BIDOUZE
  • En un demi-siècle, j’ai fait le « tour de la table » de la politique de la fonction publique comme syndicaliste, directeur du cabinet du ministre, conseiller d’Etat en service extraordinaire,  auteur d'ouvrages.
  • En un demi-siècle, j’ai fait le « tour de la table » de la politique de la fonction publique comme syndicaliste, directeur du cabinet du ministre, conseiller d’Etat en service extraordinaire, auteur d'ouvrages.

Eléments biographiques

  Né le 2 décembre 1922 à Jurançon (Pyrénées-Atlantiques)

 

-Fonctionnaire

 Receveur divisionnaire des Impôts honoraire

 

-Dirigeant national du mouvement syndical des fonctionnaires (1958-1978)

  Secrétaire du Syndicat national des Contributions indirectes 1958-1963

  Secrétaire général de la Fédération des finances CGT 1963-1970

  Secrétaire général de l’Union générale des fédérations de fonctionnaires (UGFF) et

  Membre du conseil supérieur de la fonction publique 1970-1978

  Membre de la commission exécutive de la CGT 1969-1975.

 

  Membre du conseil d’administration de l’Institut CGT d’histoire sociale.

 

-Directeur du cabinet du ministre de la fonction publique et des réformes administratives  (juin 1981-novembre 1983).

 

-Conseiller d’Etat en service extraordinaire (novembre 1983-novembre 1987).

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