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23 novembre 2019 6 23 /11 /novembre /2019 17:02

   Il paraît que, selon Edouard Philippe, « ceux qui parlent ne savent pas, et ceux qui savent ne parlent pas ». La foire d’empoigne de la mission Frédéric Thiriez sur la réforme de la Haute fonction publique et de l’ENA qui serait « retardée ,  apparaît , d’après un des « observateurs avisés » qui s’agitent autour de cette affaire  comme « une erreur de casting monumentale » (Cf « Le Monde 24-25 novembre 2019).

 

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15 novembre 2019 5 15 /11 /novembre /2019 15:26

        Dans « L’Humanité » du 15 novembre 2019, un long entretien avec Bertrand BADIE, professeur émérite des Universités à Sciences PO Paris qui vient de publier

       Hégémonie contestée. Les nouvelles formes de domination internationale, Odile Jacob

      Initiateur avec Pierre LAURENT, sénateur, vice-président de la Commission des Affaires étrangères, de la Défense et des forces armées du Sénat, d’un colloque

        Pour réinventer la politique internationale de la France

 

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14 novembre 2019 4 14 /11 /novembre /2019 09:50

     

   Jeanne Siwek-Pouydesseau, Directeur de recherches au CNRS a publié des ouvrages de référence.  Elle occupe une place éminente sur le terrain des recherches et des publications relatives à la fonction publique et au syndicalisme des fonctionnaires :

 - Le syndicalisme des fonctionnaires jusqu’à la guerre froide 1848-1948, Presses universitaires de Lille, 1989 ;

 - Les syndicats de fonctionnaires depuis 1948, PUF 1989 ;

 - Les syndicats des grands services publics et l’Europe, L’Harmattan 1993 ;

 - Les syndicats des fonctions publiques au XXe siècle, Berger-Levrault, 2001

 

 

 

 

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8 novembre 2019 5 08 /11 /novembre /2019 10:03

     Je reconnais volontiers que ma « démarche » personnelle n’aurait guère de sens si elle ignorait les multiples aspects de la crise profonde qui affecte la vie politique, économique, sociale, culturelle de notre pays en ces premières décennies du XXIe siècle

      Ainsi, Thomas Piketty, qui se situe parmi les chercheurs les plus compétents et les plus connus ne manque pas de souligner le « rôle civique et politique des sciences sociales ». (« Capital et Idéologie », Seuil, septembre 2019) en notant ( page 1196) que « les chercheurs ont beaucoup de chance. Ils sont payés par la société pour lire des livres, explorer des sources nouvelles, synthétiser ce qu’il est possible d’apprendre des archives et des enquêtes disponibles, et tenter de restituer ce qu’ils ont appris à ceux qui les rétribuent (c’est-à-dire le reste de la société) », en regrettant qu’ils aient « parfois tendance à perdre un peu trop de temps dans des querelles disciplinaires et des assignations identitaires stériles ».

       Il estime « qu’une partie de notre désarroi démocratique contemporain provient d’une  autonomisation excessive  du savoir économique vis-à-vis des autres sciences sociales et de la sphère civique et politique » résultant également  d’une « tentation  récurrente des professionnels de ce savoir, qu’ils opèrent à l’Université ou dans le monde marchand,  de s’arroger un monopole d’expertise et une capacité d’analyse qu’ils  n’ont pas » et «  du fait que les historiens, sociologues, politistes et autres philosophes ont trop souvent abandonné aux économistes l’étude des questions économiques. »

     On a relevé dans un précédent article de ce blog que l’historien Gérard Noiriel reproche à ses confrères « d’avoir trop souvent tendance à se comporter en donneurs de leçons face aux porteurs de mémoire en pointant des lacunes, des faiblesses, des contradictions ».

    On pourrait multiplier les citations qui jalonnent toutes les époques. Par exemple celle de Roger Grégoire, Conseiller d’Etat qui fut le premier de tous les directeurs généraux de la fonction publique, qui constatait en 1954, dans les dernières années de la IVe République, que « les historiens abandonnent l’histoire des institutions aux juristes » dont il était un brillant représentant.

      Qu’il soit permis aujourd’hui à ceux qui sont dans ce que Piketty appelle le « reste de la société », c’est-à-dire ceux qui paient et qui subissent, de s’inquiéter du large recrutement opéré par Macron dans ces milieux pour servir des intérêts de classe et continuer de plus belle après 2022 grâce à  une nouvelle mascarade avec le Rassemblement national.

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1 novembre 2019 5 01 /11 /novembre /2019 10:28

Personne ne saurait contester l’intérêt et l’utilité de la contribution des spécialistes des sciences sociales à l’analyse des différents aspects de la situation politique, économique et sociale et à la recherche des solutions.

         Si celle de l’Histoire et des historiens est moins évidente, elle n’en est pas moins réelle. Comme toujours, des personnalités émergent, d’autres s’y emploient par les moyens classiques, d’autres se signalent autrement…

         Ainsi, on avait pu noter la création en 2005 à l’initiative de l’historien Gérard Noiriel  d’un « Comité de vigilance face aux usages publics de l’histoire » (CVUH)  regroupant des historiens, chercheurs et enseignants du supérieur et du secondaire préoccupés par l’instrumentalisation politique de l’histoire, suivie de la publication d’un « Dictionnaire critique » intitulé « Comment Nicolas Sarkozy écrit l’histoire de France ». Cet historien a publié ensuite d’autres ouvrages et poursuivi son action. Invité de l’émission « C Politique » du dimanche 20 octobre 2019 sur F5, il s’est largement exprimé sur le thème « Historien : un rôle politique ? en dénonçant notamment l’usage abusif que le président Macron fait à son tour de l’Histoire.

     En appelant l’attention dans ce blog sur la première phrase de l’Introduction de l’ouvrage « La CGT en question(s) »signée de Michel Pigenet et Michel Dreyfus dont j’ai estimé que l’IHS  CGT assurait  indûment la présentation et la promotion, on pouvait se souvenir qu’en octobre 2018, dans son ouvrage « Une histoire populaire de la France », après avoir rappelé (p 734) qu’il « ne faut pas confondre l’Histoire et la Mémoire » Gérard Noiriel  avait fait cette remarque : « Les historiens universitaires ont trop souvent tendance à se comporter en donneurs de leçons face aux porteurs de mémoire en pointant des lacunes, des faiblesses, des contradictions »

         Il est certain que l’histoire de la fonction publique et du syndicalisme des fonctionnaires (qui est et demeure le centre de gravité de ma démarche personnelle) ne figure pas parmi les multiples sujets de débats et de controverses qui animent le monde politico-médiatique. J’ai le sentiment (sous bénéfice d’inventaire) qu’elle est - en tant que telle - absente des publications et des initiatives des organisations syndicales et même - ce qui est plus surprenant - de leurs organismes d’histoire sociale et de formation syndicale. En toute hypothèse, elle est plutôt maltraitée. C’est une carence que je ne cesse de dénoncer et de combattre.

         Sans entrer dans les subtilités des définitions et des débats récurrents sur les différences entre « Histoire » et « Mémoire », et sans trop m’attarder sur la place des historiens, politologues, observateurs sociaux et instituts de recherche sur l’échiquier politique et social et sur les rapports entre eux, tout cela m’incite à poursuivre ma démarche en toute indépendance. 

 

 

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27 octobre 2019 7 27 /10 /octobre /2019 09:47

   Le SNUippFSU, syndicat le plus représentatif des enseignants du Primaire, a bien raison d’affirmer, à propos du débat confus qui se développe à propos des « sorties scolaires », qu’il faut « faire vivre la laïcité, pas l’instrumentaliser ».

    Encore faudrait-il faire un effort pour contribuer de façon plus efficace à la clarté du débat. Par exemple  en donnant au commun des mortels le maximum d’informations sur la nature, le contenu, le rôle des « accompagnatrices, les formes d’organisation et d’encadrement de ces « sorties scolaires » …    

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18 octobre 2019 5 18 /10 /octobre /2019 09:08

     Aujourd’hui, l’histoire du syndicalisme des fonctionnaires, qui est tout à la fois une branche majeure de l’histoire confédérale dans les périodes d’unité ou de division, un des vecteurs essentiels de l’évolution des relations entre syndicalisme et politique et des rapports entre tendances, au cœur des conceptions de l’Etat, des institutions …( et pas seulement l’histoire d’une « branche professionnelle ») est éludée à la fois  par l’Institut CGT d’Histoire sociale  et par les organisations du mouvement syndical des fonctionnaires  (dans lesquels j’ai exercé des responsabilités à tous niveaux et dont je partage les idéaux) et par les historiens et politologues universitaires (dont je ne fais pas partie) qui s’emploient avec un certain succès à occuper les premiers rôles.

       Fidèle à mon « parcours », et à une appartenance syndicale sans défaillance au syndicalisme des Finances publiques, je suis pleinement solidaire de ceux qui luttent.

       En ma qualité d’acteur, témoin et auteur de l’histoire politique et sociale (dont chacun est libre d’apprécier la portée mais dont la réalité ne peut être ignorée comme c’est le cas depuis des années) je suis indigné par une situation contraire aux intérêts fondamentaux dont le mouvement social s’honore d’être le défenseur et qui est aussi, à mes yeux, une sorte de rupture avec certaines traditions de la recherche et du débat d’idées.

                                         I -   Sur les traces des pionniers…  

    Une certaine réflexion sur le syndicalisme des fonctionnaires et son Histoire s’inscrit dans une longue période de plus d’un siècle. Déjà en 1908 paraissait un ouvrage de J. Jeanneney intitulé « Associations et syndicats de fonctionnaires »   

     En 1938, une petite brochure (format 10 x 15) reproduisait une conférence de Charles Laurent, qui fut secrétaire général de la Fédération des fonctionnaires pendant trente-sept  ans, de 1909 à 1946, sur  Le syndicalisme des fonctionnaires, Aperçu historique, présentée  dans une série d’histoire syndicale sous les auspices de l’Institut supérieur ouvrier. Le CCEO  publiait un texte de Le Clère sur « Le syndicalisme des fonctionnaires »… 

     Dans les années 1950, un dépliant intitulé L’Histoire du syndicalisme fonctionnaire était édité par Les Cahiers du Nouveau Réveil des Indirectes avec une Introduction d’André Berteloot  secrétaire  général de l’UGFF. Ce texte se référait aux travaux d’histoire syndicale  de Michel Piquemal et Jacques Pruja, illustres devanciers du Syndicat des Indirectes.

   En 1969 le grand livre de référence était « La Fonction publique et ses problèmes actuels » de Victor Silvera, professeur de droit, dont le premier chapitre était un « Aperçu historique de l’évolution du droit de la fonction publique » et les trois derniers une étude du contentieux et de la jurisprudence.

    Dans les années 1970 des textes étaient publiés, notamment par des juristes, Yves Saint-Jours (« Les relations du travail dans le secteur public ») Marcel Piquemal (« Le fonctionnaire. Droits et garanties », Préface de Jean Kahn Conseiller d’Etat) des administrateurs civils en fonctions à la Direction générale de la Fonction publique en contact direct avec les représentants des fédérations générales de fonctionnaires Pierre Robert-Duvilliers et Jean-Marie Pauti (« Rémunérations et avantages sociaux dans la fonction publique »).

      Jeanne Siwek-Pouydesseau, directeur de recherches, que nous retrouverons plus tard,  avait déjà publié en 1970-1971 une étude  concernant l’élaboration et l’adoption  du statut général des fonctionnaires en 1946.

   Postiers et enseignants apportaient une contribution spécifique. Georges Frischmann, secrétaire général de la fédération des PTT, a publié en 1967 une Histoire de la Fédération des PTT qui sera rééditée en 2011 et suivie d’un tome II rédigé par 22 auteurs. Des syndicalistes du monde enseignant se sont exprimés tels M. Ferré en 1925 sur L’histoire du syndicalisme révolutionnaire des instituteurs, Paul Delanoue en 1973 (Les enseignants) Robert Cheramy en 1974 (La FEN, 25 ans d’unité syndicale) Henri Aigueperse en 1977 (100 ans de syndicalisme).

 

    Les militants issus des organisations syndicales des administrations financières (Caisse des dépôts et consignations, Contributions directes et indirectes, Douanes, administration centrale…) étaient aux avant-postes de l’implantation du mouvement syndical des fonctionnaires puis d’une certaine diffusion de son Histoire dans leurs publications régulières. Parmi eux, Jean-Yves Nizet, secrétaire général du Syndicat de l’Enregistrement, dont les travaux sur la fiscalité et le rôle dans la campagne de la fédération des Finances des années 1965 pour l’allègement des impôts frappant les salariés que j’animais en qualité de secrétaire général de la fédération et que Benoît Frachon saluait solennellement au congrès confédéral.

    Ainsi, pour s’en tenir aux ouvrages traitant spécifiquement le mouvement associatif puis syndical des fonctionnaires et sans mentionner les textes déjà nombreux qui étudiaient les questions relatives à la fonction publique et à l’administration, la bibliographie comptait quelques pionniers.

    Je les connaissais, j’avais rencontré certains d’entre eux, et je comptais quelques proches amis. Presque tous ces auteurs ont disparu depuis longtemps. La meilleure façon de leur rendre hommage est de ne pas enterrer leurs travaux et de respecter les réalités historiques. La longue tradition du mouvement ouvrier, c’est aussi cela.

 

  II - Deux décisions marquantes              

                                                                                                                                                                         

       Que cela plaise ou non à certains, ma décision de mettre un terme en juin 1978 - alors âgé de 55 ans - aux mandats de secrétaire général de l’Union générale des fédérations de fonctionnaires (UGFF- CGT) que j’exerçais depuis décembre 1970, après ceux du Syndicat national des Indirectes (1958-1962) et de la Fédération des Finances (1962-1970) était un acte personnel mûrement réfléchi.

       Il impliquait mon retour dans une administration très différente de celle que j’avais quittée, et deux adaptations successives aux fonctions de directeur divisionnaire à la Direction de la Garantie et des services industriels à Paris, puis de receveur divisionnaire des impôts du département de l’Aisne. J’étais à dix ans de la « limite d’âge » de mon corps de catégorie A.

    Cet acte répondait à mon attachement à la conception de mandats syndicaux renouvelables à durée limitée. Il était annoncé un an à l’avance et accompagné d’une proposition de méthode inédite (qui sera plus ou moins correctement mise en œuvre par ceux qui en auront la charge) pour la recherche de mon successeur, caractérisée par le rejet des systèmes de cooptation et de promotion fondés sur des équilibres discutables de « courants de pensée » et plus clairement « communistes - non communistes » où « démocratie » et « indépendance » syndicales avaient du mal à se frayer un chemin. C’était il y a quarante ans, dans un contexte politique très différent à tous égards de celui d’aujourd’hui.

    -  Cet acte s’accompagnait d’une autre décision (chaleureusement approuvée par Henri Krasucki qui en analysera la réalisation et en soulignera la portée dans des termes qui restent novateurs) celle d’engager une étude aussi approfondie que possible de l’histoire du syndicalisme des fonctionnaires et de sa relation avec le syndicalisme confédéré.

     J’avais douloureusement vécu les ravages d’une certaine ignorance non exempte de mauvaise foi à l’occasion de la crise des années 1975, qui avait été surmontée par un débat démocratique sans précédent faisant échec à des méthodes autoritaires (dont l’analyse rencontrera encore d’innombrables obstacles au long des décennies suivantes ( cf mon ouvrage numérique« Fonctionnaire-citoyen.Syndicaliste-historien »  traitant mon « parcours » sur Calaméo).

     J’avais ressenti l’intérêt d’une telle étude lors de la commémoration en 1976 du 30e anniversaire du statut général des fonctionnaires dont j’avais pris l’initiative avec les fédérations des PTT et des Services publics et de santé sous la présidence de Georges Séguy et la participation de Jacques Pruja, Alain Le Léap, Léon Rouzaud, Pierre Meunier, personnalités qui avaient tenu les premiers rôles dans l’adoption du statut en 1946 et dans sa sauvegarde face aux « révisionnistes ».

           Le premier tome de mon ouvrage Les fonctionnaires sujets ou citoyens ? qui traitait le syndicalisme des origines à la scission de 1947-1948 a paru en 1979. Les Editions sociales ayant décidé la parution du deuxième tome en 1981, j’ai dû le rédiger au cours des six  premiers mois de ma retraite administrative intervenue pour des raisons de convenance personnelle. En juin 1981, quelques jours avant ma nomination aux fonctions de directeur du cabinet du ministre de la fonction publique et des réformes administratives dans le gouvernement de Pierre Mauroy qui devait modifier profondément le cours de cette retraite, paraissait le deuxième tome consacré au syndicalisme de la scission de 1947-1948 à avril 1981.

 

Tome I - Le syndicalisme des origines à la scission de 1947-1948, Editions sociales, 1979   370 pages - Préface d’Alain Le Léap, ancien secrétaire général de l’UGFF puis de la CGT

Tome II - Le syndicalisme de la scission de 1947-1948 à avril 1981, 1981, 378 pages

     A suivre…

 

 

 

 

 

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10 octobre 2019 4 10 /10 /octobre /2019 16:38

   J’ai acheté l’ouvrage « La CGT en question(s) » et je l’ai lu.

    Je constate que le domaine de mes investigations (l’histoire des services publics, de la fonction publique, du syndicalisme général des fonctionnaires et de sa relation avec les instances confédérales), qui s’inscrit incontestablement dans l’histoire générale de la CGT et plus largement les questions que j’ai traitées dans l’exercice des fonctions de directeur du cabinet du ministre de la fonction publique et de conseiller d’Etat en service extraordinaire sont pratiquement absents et ne font l’objet d’aucune référence dans les notes et la bibliographie.

    Dans ma situation - qui n’est pas celle d’un lecteur ordinaire n’exerçant aucune responsabilité et ne pouvant faire état d’un « parcours » déterminé - on est en droit de s’en étonner dès lors que la situation personnelle des auteurs relève probablement  du statut général des fonctionnaires et du régime général de rémunérations et de carrière de la fonction publique, quelles que soient leurs affiliations syndicales personnelles et la nature de leur relation avec les instances de l’Institut CGT d’histoire sociale

    Mon parcours me permet précisément par ailleurs de rester dubitatif sur le contenu de cet ouvrage et de faire des réserves sur la pertinence d’une présentation et d’une promotion par cet organisme.

 

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5 octobre 2019 6 05 /10 /octobre /2019 09:23

     L’Institut CGT d’Histoire sociale présente, à l’occasion de la réunion de son conseil d’administration, un ouvrage d’une indéniable qualité intitulé « La CGT en question (s) » dont les auteurs sont des historiens et des politologues « reconnus ».

     Son intérêt se manifeste dès les premières lignes de son Introduction :

« Le portrait de la CGT en « vieille dame » du syndicalisme procède du cliché. Tenace, il suggère la sympathie et invite au respect dû aux anciens. Pour autant qu’ils en acceptent le statut. En clair, qu’ils admettent avoir fait leur temps et sachent se tenir, avec ce que cela suppose de sagesse ou, mieux, de modération. A l’occasion ils piquent la curiosité. On tolère qu’ils radotent et l’on s’attendrit à les entendre relater un passé supposé révolu »

     Sous réserve d’identifier ces « anciens », on notera que ceux d’entre eux  qui sont morts auront eu la chance d’éviter un propos de nature  à rendre jaloux le « méchant » de l’Elysée !

      Les vingt dernières pages sont consacrées à une bibliographie concernant des centaines d’ouvrages dont il est précisé qu’ils ont été publiés « depuis 1995 », le lecteur étant renvoyé à d’autres ouvrages pour les travaux antérieurs.

      Quant aux publications numériques (qui sont souvent considérées comme n’étant pas des livres) elles ne sont pas mentionnées dans cette bibliographie « moderne ». Leurs auteurs n’ont pas d’autre ressource que d’aller pleurer en compagnie des « anciens » qui « radotent » dans leur coin.

      Décidément, la vie n’est pas un « long fleuve tranquille » dans ce 21e siècle dont un ancien ministre nous annonce qu’il sera « l’âge d’or des services publics »

     Personnellement je cumule les handicaps dès lors que j’ai été préalablement viré en dehors des « radars » comme n’ayant jamais existé. Je n’assisterai pas à la présentation de cet ouvrage, mais je ne resterai pas pour autant « inerte ».

 

 

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3 octobre 2019 4 03 /10 /octobre /2019 16:06

 

   L’existence dans l’administration, d’agents auxiliaires n’est pas un phénomène nouveau ou occasionnel. Dans les dernières années du Second Empire, on recrutait des femmes comme auxiliaires dans les Postes, aux Finances et dans d’autres services. Pendant la Seconde guerre mondiale, on a embauché des personnes pour travailler dans des services nés des circonstances. A la Libération, plus de cent mille agents qui occupaient des emplois considérés comme devenus inutiles étaient licenciés. Cependant, des auxiliaires recrutés pendant la guerre occupaient encore des emplois permanents dans des conditions juridiques anormales.

   Après avoir regretté les défauts de notre administration, encore aggravés par Vichy qui a généralisé la bureaucratie en multipliant les créations d’échelons et d’organismes parasitaires, Maurice Thorez constatait : « A côté des fonctionnaires titulaires, on trouve des agents contractuels des auxiliaires, des temporaires, tous recrutés selon des méthodes différentes. Il en résulte de sérieuses inégalités quant aux aptitudes, à la compétence, et pour tout dire, à la qualité des divers agents de l’Etat. Il en résulte une lente dévalorisation de la fonction publique, sur le plan matériel comme sur le plan moral... »

    Aussi, dès 1945, plusieurs textes étaient intervenus pour clarifier la situation (Ordonnance du 21 mai 1945 créant des emplois d’agents du cadre complémentaire de bureau, décret du 22 mai 1945 relatif aux auxiliaires de bureau et de service, Ordonnance du 28 août 1945 prévoyant le recrutement sur contrat d’employés de bureau). Un décret du 19 avril 1946 plusieurs fois modifié par la suite allait même jusqu’à doter les auxiliaires d’un véritable « statut » prévoyant des modalités du recrutement, des mutations, des congés, de la discipline, de la cessation de fonctions. Il appartenait aux administrations de prendre, le cas échéant, les règlements destinés à adapter les dispositions générales - qui ne s’appliquaient pas aux personnels ouvriers - aux servitudes particulières résultant de leurs attributions et de leur fonctionnement.

   Lors de l’élaboration du Statut général, l’administration comptait encore dans ses rangs un grand nombre d’auxiliaires (selon certaines statistiques, environ 400.000) alors que les effectifs de titulaires étaient de l’ordre du million). Mais le statut n’avait pas vocation à résoudre cette situation. Cela ne signifiait pas, contrairement à ce que certains auteurs ont écrit, que la situation des non titulaires aurait été « négligée » au cours de l’élaboration du statut, ainsi que l’attestent les textes déjà cités. Après l’adoption du statut, une loi de « dégagement des cadres » en date du 3 septembre 1947 était votée.

   La loi du 3 avril 1950 devait prévoir que les emplois créés par les textes antérieurs pouvaient être transformés en emplois permanents classés dans l’une des catégories B, C ou D, (et non dans la catégorie A). Elle précisait qu’à compter du 1er janvier 1950, il ne pouvait plus être fait appel à des agents non titulaires que dans des cas expressément déterminés, et énonçait les conditions de la titularisation des auxiliaires en fonction. Cette loi a produit ses effets en matière de titularisation, mais n’a pas atteint son but quant au fond, car le recrutement des auxiliaires a repris dans toutes les administrations avec une grande ampleur.

   Cette loi est restée dans la mémoire d’une génération de militants syndicaux et de spécialistes de la fonction publique comme une tentative estimable de placer l’ensemble des fonctionnaires dans le champ d’un statut général récemment adopté dans un contexte politique favorable. Mais en même temps, elle est restée comme un exemple mémorable d’échec devant les pesanteurs et les résistances de l’administration.

   Une précision s’impose à l’intention de ceux qui dans les premières années du XXIe siècle ont  instrumentalisé l’histoire pour imposer l’introduction du contrat dans le droit de la fonction publique : dans les années qui ont suivi la Libération, il s’agissait de personnels auxiliaires accomplissant des tâches dévolues aux fonctionnaires d’exécution des catégories Cet D, ou de personnes rémunérées à la tâche et à la vacation, sans parler de celles qui n’étaient que des numéros, puisqu’elles étaient payées sur des crédits de matériel, sur des « tas de cailloux », comme on disait dans les Ponts et Chaussées. La notion de « contrat » si elle existait, était tout à fait marginale. Elle n’interviendra, essentiellement pour les personnels du niveau de la catégorie A, que dans les années 1960, par le recrutement de « contractuels » dont la situation devait donner lieu à divers décrets fixant les conditions générales des contrats  qui leur seront accordés individuellement  dans les administrations et établissements publics.

   Les questions relatives au recrutement des personnels non titulaires aux dénominations diverses, à leur situation, aux modalités de leur titularisation, jalonnent l’histoire de la fonction publique et se sont même situées dans les premières années du XXIe siècle au cœur du débat sur les perspectives. Ces questions ont constitué de tous temps un terrain de contradictions, de débats et de luttes. Leur ampleur était telle qu’un rapporteur du budget de la fonction publique allait jusqu’à évoquer ce qu’il appelait « une fonction publique parallèle ».

   Le sujet a fait les beaux jours de colloques universitaires, d’articles de doctrine des revues juridiques, et ce qui a été dit ou écrit représenterait de gros volumes dont il n’est pas excessif de penser qu’ils sont ignorés par la grande masse des fonctionnaires, syndiqués ou non et par bon nombre d’historiens et politologues.

    Prochain article : «  Les non titulaires dans les années 1981 »

 

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Eléments biographiques

   En un demi siècle, j'ai fait "le tour de la table" de la politique de la fonction publique comme syndicaliste, directeur de cabinet du ministre, conseiller d'Etat en service extraordinaire, auteur d'ouvrages.

 

  Né le 2 décembre 1922 à Jurançon (Pyrénées-Atlantiques)

 

-Fonctionnaire

 Receveur divisionnaire des Impôts honoraire

 

-Dirigeant national du mouvement syndical des fonctionnaires (1958-1978)

  Secrétaire du Syndicat national des Contributions indirectes 1958-1963

  Secrétaire général de la Fédération des finances CGT 1963-1970

  Secrétaire général de l’Union générale des fédérations de fonctionnaires (UGFF) et

  Membre du conseil supérieur de la fonction publique 1970-1978

  Membre de la commission exécutive de la CGT 1969-1975.

 

  Membre du conseil d’administration de l’Institut CGT d’histoire sociale.

 

-Directeur du cabinet du ministre de la fonction publique et des réformes administratives  (juin 1981-novembre 1983).

 

-Conseiller d’Etat en service extraordinaire (novembre 1983-novembre 1987).

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