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16 juin 2020 2 16 /06 /juin /2020 08:46

   L’ouvrage « 72 jours qui changèrent la cité » se situait effectivement dans le prolongement de mes travaux sur la fonction publique qui avaient eux-mêmes une incontestable originalité.

     Les prestations des historiens concernant la Commune (parfois caractérisées par la diversité de leurs tendances, voire par des préoccupations corporatistes ou individuelles) ne pouvaient exclure celle des sociologues, des philosophes, des juristes et même des spécialistes des questions militaires. La recherche est depuis longtemps assez largement multidisciplinaire.

   La mienne s’est donné trois objectifs :

1° étudier la place de la Commune de Paris dans l’histoire des services publics ; 

2° contribuer à insérer plus nettement la Commune dans l’histoire des idées, des institutions de la République et des libertés municipales ;

 3° débarrasser l’histoire de la Commune de certaines instrumentalisations d’un autre temps.

  Poursuivant mes investigations, j’ai publié « La Commune de Paris telle qu’en elle-mêmeUne révolution sociale aux avant-postes de la République et des libertés municipales », Le temps des cerises, 2004. En quatrième page de couverture cet ouvrage était présenté comme « une approche originale et nouvelle » et il était souligné que « dans le même temps qu’il exposait les faits majeurs de cet événement important de l’histoire du mouvement ouvrier, l’auteur s’attachait à les dégager des caricatures et des instrumentalisations dont ils ont souvent fait l’objet et à les inscrire dans l’histoire des idées, des évolutions de la société et des institutions de la République ». 

  En 2009, il a été réédité dans une nouvelle collection marquée par une iconographie beaucoup plus étendue. La réédition de l’ouvrage précédent n’étant pas envisagée, j’avais insisté pour que soient intégrés dans le nouveau texte plusieurs de ses développements concernant la gestion des services publics, l’expression juridique des actes de la Commune, leur tableau en annexe.

  La carence notoire et persistante de l’éditeur (qui n’a correctement assumé aucune des responsabilités prévues dans le contrat avec l’auteur  et ira jusqu’à envisager la mise au pilon) m’a incité à utiliser le compte que j’ai ouvert sur le site internet Calaméo dans les années 2010 pour une certaine diffusion de ces travaux par la publication de larges extraits dans une brochure intitulée  « Services publics fonctionnaires et magistrats sous la Commune de Paris ».  

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16 juin 2020 2 16 /06 /juin /2020 08:42

    Au long d’un « Parcours » de plus de trois quarts de siècle décrit dans un texte dont la dernière version a été récemment insérée sur le site « Calaméo » ( « Fonctionnaire-citoyen  Syndicaliste-historien » ) ma contribution à l’Histoire de la Commune de Paris s’est également exprimée dans des conférences et des  études dont les textes ont été sauvegardés par mes soins et pourront éventuellement  être utilisés ou repris. 

 

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9 juin 2020 2 09 /06 /juin /2020 09:18

  A tout seigneur, tout honneur, ce « retour sur la Commune de Paris 1871 » s’est ouvert dans ce blog le 2 juin par la présentation de l’ouvrage publié il y a trente ans, en 1991, sous le titre « Lissagaray la plume et l’épée ».

  Il me plait de saluer encore une fois ce combattant d’un autre siècle en estimant que toute personne s’intéressant à la commémoration prochaine (en 2021) du 150e anniversaire de la Commune de Paris et a fortiori à sa préparation et à son déroulement ne devrait pouvoir se soustraire à cet hommage, et à tout le moins à l’évocation de son rôle, quels que soient son âge, sa spécialité ou ses tendances personnelles. Pour y contribuer, on trouvera ci-après une notice biographique qui a déjà été insérée dans ce blog dont la vocation est de s’adapter aux nécessités de la démarche. 

                                                                            O

                                                                          O O 

   Lissagaray, né à Toulouse en 1838, mort à Paris en 1901, plutôt petit et trapu, d’allure militaire, était connu pour son indépendance d’esprit, son tempérament fougueux, son courage physique allié à une détermination politique sans défaillance, qui l’ont conduit à des duels dont le plus célèbre fut celui qui l’opposa à son cousin Paul de Cassagnac, un « mameluck » du Second Empire.

  On a dit parfois, pour minimiser ses mérites ou émettre des doutes sur sa qualité d’écrivain, que Lissagaray fut l’homme d’un seul livre – bien qu’il ait écrit d’autres ouvrages aujourd’hui introuvables – en considérant avec quelque injustice que son Huit journées de mai derrière les barricades publié dès 1871 n’était qu’une simple préparation de son grand œuvre.

  Dans ces deux principaux écrits, les événements de la Commune de Paris sont décrits et analysés presque à chaud, et bouleversent encore le lecteur comme de véritables reportages réalisés par un correspondant de guerre, ou plutôt « correspondant de révolution » selon le mot de l’historien Jean Bruhat. « Simple du rang », « ni membre, ni officier, ni fonctionnaire de la Commune » ainsi qu’il l’a lui-même souligné, Lissagaray s’est fondé sur sa connaissance personnelle et directe de l’événement auquel il a participé dans les rangs de la Garde nationale, combattant sur les barricades.

 Au cours de son exil à Londres, de 1871 à 1880, il a bénéficié des conseils de Karl Marx, qui s’est employé à faire réaliser une bonne traduction allemande de son livre, alors qu’Eleanor, la fille cadette du maître, sa fiancée malgré l’opposition paternelle, en écrivait la première traduction anglaise. Pendant des années, Lissa, ainsi que ses compagnons l’appelaient, a fait œuvre d’historien, recherchant les témoignages, remettant sans cesse son texte sur le métier « car, écrivait-il, le vainqueur guettera la moindre inexactitude pour nier tout le reste ». Son livre était une analyse critique, équilibrée, car « celui qui fait au peuple de fausses légendes révolutionnaires, celui qui l’amuse d’histoires chantantes, est aussi criminel que le géographe qui dresserait des cartes menteuses pour les navigateurs ». Une appréciation d’autant plus remarquable qu’elle était formulée quelques années à peine après les événements.

 Tout cela explique pourquoi son texte a gardé toute sa fraîcheur et a résisté à l’usure du temps.

  Personnage aux multiples facettes, Lissagaray a commencé sa carrière à Paris dans les années 1860 comme animateur des « Conférences littéraires de la rue de la Paix » avec le concours de personnalités déjà célèbres ou qui le deviendront, Jules Vallès, Eugène Pelletan, Charles Floquet, Elisée Reclus… et une conférence retentissante sur Alfred de Musset.

  Il fut un orateur républicain écouté dans les nombreuses réunions publiques qui se tinrent à Paris après la publication de la loi de 1868, et lors de la campagne plébiscitaire de 1870, pourchassé par les tribunaux de Napoléon III.

  Pendant la guerre franco-allemande, après le désastre de Sedan, il exerça les fonctions de commissaire de guerre dans les armées de la République levées par Gambetta.

  Mais Lissagaray était avant tout un journaliste.

  Déjà, sous l’Empire, il avait fait ses premières armes dans le métier comme rédacteur en chef de l’Avenir du Gers, puis collaboré à divers journaux, La Réforme de Vermorel, La Marseillaise de Rochefort, et pendant les événements de la Commune, il publiera deux journaux éphémères, L’Action, et Le tribun du peuple. Après son retour d’exil, en 1880, il a tenu une place marquante dans la presse de tendance socialiste, par des journaux qu’il a fondés, et dont il était le directeur ou le rédacteur en chef. La Bataille, seul quotidien politique se réclamant du socialisme avant la parution du Cri du peuplede Jules Vallès, reparaissant après une interruption de trois années pour mener une ardente bataille contre le général Boulanger alors que d’autres anciens communards pactisaient avec lui ou restaient en dehors de l’action sur le fondement d’analyses contestables du type « Ni Ferry ni Boulanger ». Puis La Grande Bataille pour « la France aux républicains », contre les corrompus du scandale de Panama, et des collaborations occasionnelles à diverses autres publications. Dans la continuité des activités littéraires de sa jeunesse, il dotait ces journaux, ce qui était plutôt novateur pour la presse de l’époque, de rubriques consacrées à la littérature, au théâtre et aux arts.

 Ce redoutable polémiste, qui écrivit quotidiennement un éditorial pendant une dizaine d’années, était connu bien au-delà de l’audience des journaux où il écrivait. Les témoignages de ses contemporains concordent pour le considérer comme une des meilleures plumes, avec Jules Vallès, parmi les journalistes de cette mouvance socialiste dispersée et divisée en chapelles. Les titres de ses articles faisaient mouche, il avait des trouvailles dans un style riche, coloré, incisif, affublant ses adversaires ou les personnalités politiques qu’il combattait de surnoms ridicules. Il était aussi un maître formateur de nouveaux talents et des journalistes voués à un certain renom lui doivent beaucoup.

  Journaliste militant, il était engagé dans les luttes politiques et sociales, candidat aux élections législatives de 1885 et 1893 et à plusieurs élections partielles, non pour obtenir un siège, mais pour exprimer ses idées. Des idées qui ne manquaient pas d’originalité, marquées d’un anticonformisme qui le situait en dehors de toute discipline et le conduisait parfois à des conflits et à des accrochages violents, notamment avec Paul Lafargue et son épouse Laura, une des filles de K. Marx qu’il exécrait pour des raisons où s’entremêlaient les divergences politiques et les ressentiments liés à la plaie ouverte que représentait la rupture imposée avec Eleanor.

     Toute sa vie, Lissagaray, personnage inclassable, est resté fidèle à la République, aux libertés, aux aspirations ouvrières, à la recherche de l’unité du mouvement socialiste.

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2 juin 2020 2 02 /06 /juin /2020 09:18

    

   Ceux qui ont lu des ouvrages sur la Commune de Paris et sur l’histoire politique et sociale de la fin du XIXe siècle ne peuvent ignorer le nom de P-O Lissagaray, dont l’Histoire de la Commune de Paris publiée en 1876, reprise en 1896 avec une nouvelle préface de l’auteur dans une version définitive, et constamment rééditée au long du XXe siècle reste un classique, un ouvrage de référence. 

      Mais si des communards qui n’ont pas nécessairement joué un rôle essentiel font plus ou moins régulièrement l’objet d’articles ou de conférences, si des associations se sont constituées pour perpétuer le souvenir et les idées de certaines personnalités du mouvement ouvrier de l’époque, tel n’était manifestement pas le cas de Lissagaray,  un journaliste ayant participé aux luttes des républicains sous le Second Empire, aux combats des armées de  la République,  avant d’être un garde national sur les barricades dont la biographie n’avait été traitée jusqu’alors que de façon partielle et limitée par certains auteurs.

       Je ne cache pas que mes origines béarnaises et mon nom qui est celui d’une rivière de la Basse - Navarre qui prend sa source dans la forêt des Arbailles ne sont pas étrangers à une certaine proximité avec ce Gascon qui portait le patronyme basque de ses ancêtres (Lissagaray = l’église d’en haut) et que la ville d’Auch honore d’une stèle pas très éloignée, sur les bords du Gers, de la statue de d’Artagnan.

      Les contacts que j’ai pris avec les responsables de l’association « Les Amis de la Commune », dont je n’étais pas encore un adhérent, ont bien vite révélé que la biographie de Lissagaray n’avait jamais figuré dans leurs objectifs et que Claude Willard, président de cette association et d’autres historiens ne soutenaient pas mon initiative.

     Je me suis néanmoins engagé dans les recherches et les investigations qui devaient aboutir à la réalisation de mon projet, dont j’ai remis le manuscrit aux « Editions sociales ». Au bout de plusieurs mois, j’ai constaté qu’il était enterré avec l’accord des animateurs de cette association, sans qu’on ait estimé devoir m’informer et en éludant toute confrontation d’idées sur ce sujet....

     Cet obstacle a été surmonté grâce à l’intervention de Daniel Angleraud, un militant chrétien ancien secrétaire de la CGT qui avait exercé dans le passé les fonctions de directeur des Editions ouvrières auprès de Claude Pennetier, historien responsable du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier (le Maitron). Ce dernier a fait à mon ouvrage un accueil chaleureux. 

     Publié au printemps 1991 sous le titre Lissagaray, la plume et l’épée, il ouvrait une nouvelle collection, La part des hommes, avec une biographie de Gracchus Babeuf écrite par Jean-Marc Schiapa, et aussi un texte sur Jules Guesde simplement tiré par Claude Willard des travaux antérieurs dont il était un spécialiste.  

     Ce livre fut commenté et présenté dans une quinzaine de journaux, dans une conférence de présentation du président de la Société historique et archéologique d’Auch avec un commentaire dans La Dépêche du midi

    Henri Krasucki, secrétaire général de la CGT a fortement manifesté l’intérêt qu’il portait à la parution de cet ouvrage. Il en parlait autour de lui avec la chaleur humaine et l’enthousiasme qui le caractérisaient. Quelques dirigeants politiques et syndicaux rencontrés dans ces années  avaient la même attitude. 

      Considéré comme le « Michelet de la Commune », Lissagaray   était un républicain engagé dans les combats politiques de la fin du XIXe siècle, un « mousquetaire de la sociale ». Ceux qui aujourd’hui s’intéressent à l’Histoire et s’emploient à l’évoquer par des initiatives diverses, des publications, des conférences, des commémorations, des participations à des fêtes populaires… seraient bien avisés de ne pas l’oublier, quelles que soient leurs propres tendances éventuelles.

 

 

 

 

Claude Pennetier

 

                                       L'auteur devant la stèle à Auch

 

       

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1 juin 2020 1 01 /06 /juin /2020 10:41

Ce retour sur la Commune de Paris 1871 doit donner lieu dans ce blog au cours de ce mois de juin 2020 (et par la suite) à des commentaires et analyses portant sur des publications qui se sont échelonnées sur une vingtaine d’années, de 1991 à 2010 et dont il paraît légitime de les sauvegarder tout en restant lucide et modeste sur la portée de cette démarche dans la période que nous vivons. 

      Cette démarche ne peut atteindre ses objectifs si elle n’est pas accompagnée de quelques explications sur le fond et de quelques remarques sur des aspects techniques incontournables dans le cadre d’une certaine communication avec les « visiteurs ».

    - Sur le fond, il est établi sans contestation possible qu’il ne faut attendre d’aucune organisation politique, syndicale ou associative, d’aucun des spécialistes des disciplines qui pourraient être impliquées et s’abstiennent de toutes références à mes publications relatives à la Commune, à la fonction publique, au syndicalisme des fonctionnaires (et même à l’existence de ce blog et de mon compte Calaméo) dans les  notes de bas de page qui accompagnent leurs prestations si tant est qu’elles seraient  adéquates. Dans ce contexte, il faut saluer  l’action spécifique de la Bibliothèque nationale et dans une certaine mesure celle de quelques réseaux qui prennent une sorte de relais. 

   - Sur la forme, c’est-à-dire sur les modalités, c’est en fait le numérique qui me permet d’assumer mes responsabilités et mes prérogatives d’auteur en toute indépendance au prix de  certaines contraintes techniques qui s’imposent aussi aux lecteurs  et auxquelles la série d’articles en cours de publication concernant un certain « retour sur la Commune de Paris » ne peut échapper :

                                -le site Calaméo permet de publier des brochures présentant des études structurées sur des sujets déterminés.

                                 le blog est une modalité de communication ayant pour objet de présenter des textes aussi succincts que possible  datés et  présentés au jour le jour. 

 

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25 mai 2020 1 25 /05 /mai /2020 08:31

 

  En novembre 1987, lors de la cessation de mes fonctions de Conseiller d’Etat en service extraordinaire, j’étais âgé de 65 ans. Naturellement, je n’exercerai plus aucune des responsabilités politiques, administratives ou syndicales du passé… Je pensais que le moment était venu de m’intéresser à d’autres domaines que les questions de la fonction publique et du syndicalisme des fonctionnaires qui avaient abondamment rempli ma vie active. Pendant deux décennies je consacrerai une grande partie de mon temps à la Commune de Paris sans pour autant négliger ou abandonner mes travaux antérieurs qui d’ailleurs se poursuivront et  prendront  même de nouvelles dimensions.

   On reviendra   sur ces ouvrages et sur les conférences de la période. De toute façon, on peut à tout instant accéder à toutes les références dans ce blog et dans mon dernier ouvrage numérique inséré sur le site Calaméo : « Fonctionnaire - citoyen / Syndicaliste - historien ». 

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18 mai 2020 1 18 /05 /mai /2020 08:49

     Un article daté du 6 février dernier intitulé « Les années ont passé » avait pour objet d’évoquer l’état de ma relation avec la CGT, le mouvement syndical des fonctionnaires, l’Institut CGT d’histoire sociale, en reprenant cet extrait de mon dernier ouvrage numérique :

« … Il est apparu que je ne suis plus guère en état physique, en raison de difficultés rhumatismales de déplacement, de prendre des contacts, d’organiser des rencontres, ni même de répondre aux invitations que je reçois ou d’assister aux diverses activités et manifestations. Il en est résulté une absence de confrontations directes et contradictoires et de participation à des activités et à des débats dans lesquels les questions relatives à l’histoire de la fonction publique et du syndicalisme des fonctionnaires pourraient éventuellement occuper leur place… » 

   Ce propos - qui visait essentiellement ma condition physique « due à l’âge » - s’applique pleinement de la même façon à l’association « Les Amis de la Commune Paris 1871 » et à d’autres organisations dont je suis membre ou dont je reçois régulièrement des informations et comptes rendus.

   Sur l’ensemble des questions de fond qui ont été traitées dans mes publications, et des observations sur les relations humaines, après la disparition de la plupart des personnalités que j’ai rencontrées dans ma vie, je maintiens fermement mes positions, dont on reparlera en tant que de besoin. 

   A tout   moment je me réserve, en effet, de rappeler - si c’est nécessaire et possible - des données, des principes, de combler des lacunes et de regretter des carences. La formule « ni censeur ni gardien du temple » doit s’appliquer avec discernement.

   Dans l’immédiat, le moment est venu de rétablir un certain équilibre en faveur de mes ouvrages, articles et conférences consacrés à la Commune de Paris 1871 (dont on célèbrera bientôt le 150e anniversaire) qui paraissent subir à peu près le même sort que mes travaux sur la fonction publique et le syndicalisme des fonctionnaires.

   Jusqu’à preuve du contraire, je pense que les mêmes causes ont les mêmes effets, et se reproduisent au gré des générations.

 

1- (Démission liée à l’âge)

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11 mai 2020 1 11 /05 /mai /2020 09:47

   Tel était le titre du premier des articles de ce blog   ouvert   en mai 2010 pour désigner le siège des organisations syndicales de fonctionnaires et donner un aperçu des événements dont il avait été le théâtre pendant plus de quarante années avant d’être vendu à une mutuelle d’Instituteurs qui le cédera plus tard au Parti socialiste. 

   Au long des années 2010-2020 la « Maison des fonctionnaires » a été évoquée avec d’autant plus de   constance dans ce blog que les dirigeants socialistes et les journalistes de la presse écrite, de la télévision et de la radio ont donné un nouvel exemple de la manière dont la vie politique et l’information sont conçus dans notre pays : l’ignorance, la mauvaise foi et la prétention ont délibérément relégué dans les oubliettes l’histoire syndicale qui a marqué cette maison de 1934 à 1978. 

   Après la vente de l’immeuble en 2017 je constatais : « …ils se contrefoutent que cet immeuble ait été acquis en 1935 par une souscription de la Fédération générale des fonctionnaires… Comme ils se contrefoutent que la plaque commémorative de 1964 célébrant la reprise de la maison aux traîtres de Vichy par un commando de la Résistance en 1944 ait été retrouvée dans les gravats des travaux de rénovation par des militants syndicaux »

   Une question reste posée : qu’ont fait les politologues, historiens et autres spécialistes pour rétablir la vérité sur ce siècle d’Histoire si tant est qu’eux-mêmes en aient une bonne connaissance ? Cette question est également posée pour d’autres données de l’histoire de la fonction publique et du syndicalisme des fonctionnaires.

   Pour ma part, plongé comme l’ensemble de la population dans les turbulences et les incertitudes de la crise sanitaire, je poursuis ma démarche en toute indépendance   et je précise, pour ceux qui en douteraient (ou feraient semblant) que je suis toujours prêt à la « castagne ».  Ci-après, sur ce sujet, deux nouveaux extraits de mon plus récent ouvrage numérique : 

"Fonctionnaire - citoyen - Syndicaliste - historien"

Un parcours professionnel, citoyen et militant de plus de trois quarts de siècle

Deux extraits :

        

 I- La « Maison des fonctionnaires » : 10 rue de Solferino (p 49-50)

 « Dans l’exercice de mes responsabilités nationales à tous les niveaux du syndicalisme des fonctionnaires (Syndicat national des Indirectes, Fédération des Finances, Union générale des fédérations de fonctionnaires) j’ai siégé pendant vingt ans, de 1958 à 1978, dans les bureaux de la « Maison des fonctionnaires » située au 10 rue de Solferino, dans le 7earrondissement de Paris.

  Délégué aux congrès du syndicat des Indirectes des lendemains de la Libération, le siège du syndicat situé dans cet immeuble était mon point de ralliement. Après mon arrivée dans la région parisienne j’y ai assisté aux réunions de la commission exécutive de ma section syndicale.

  De 1958 à 1963, je travaillerai dans les locaux du rez - de- chaussée » occupés par le syndicat des Indirectes, de 1963 à 1970 au 1er étage, dans le bureau où Philippe Henriot avait été exécuté en 1944 (les traces de balles étaient restées sous les lambris). De 1970 à 1978 je siégerai dans le bureau central auquel on accédait par le grand escalier où, disait-on, Charles Laurent, secrétaire général de la Fédération des fonctionnaires pendant 35 ans, de 1909 à 1946, avait placé un « huissier à chaîne », comme dans les palais ministériels.

   A mon arrivée en 1958, je savais que cette maison avait une histoire qui remontait à la veille de la Première guerre mondiale. En décembre 1913, le congrès de la Fédération des fonctionnaires créée en 1909 avait adopté un texte qui « reconnaissait l’utilité de la création d’une Maison des fonctionnaires », en « approuvait le principe » et renvoyait cette question à « l’étude du conseil fédéral pour la recherche des moyens pratiques propres à sa réalisation » et lui « donnait mandat » de l’assurer le plus vite possible, « de quelque manière que ce soit »

  Au lendemain de la guerre de 1914-1918, la Fédération regroupait des associations transformées en syndicats malgré l’interdiction gouvernementale et la jurisprudence draconienne du Conseil d’Etat. Elle adhérait à la CGT en 1920, puis la quittait pour sauvegarder son unité et la rejoignait de nouveau en 1927. A cette époque, elle était installée à l’angle des rues de Lille et de Poitiers.

    Forte de ses 300.000 adhérents, d’un hebdomadaire à grand tirage « La tribune des fonctionnaires » dont le premier numéro était sorti en 1913, la Fédération générale des fonctionnaires a fait l’acquisition en 1934, quelques mois avant la réunification de 1935-1936, grâce aux fonds recueillis par souscription auprès des fonctionnaires et agents publics, de l’immeuble situé à l’angle du 10 rue de Solférino et du 94 rue de l’Université, qui appartenait alors à la famille du prince de Broglie.

  Le droit syndical des fonctionnaires ne sera reconnu que dans le statut général adopté au lendemain de la Libération, en 1946. Le mouvement syndical des fonctionnaires bénéficiait d’une reconnaissance de facto depuis 1924 après la victoire électorale du « cartel des gauches ». Il ne pouvait donc acquérir la propriété de l’immeuble et il a dû constituer à cet effet une société immobilière.

 Ainsi le mouvement syndical des fonctionnaires restait dans le quartier des ministères et des ambassades, à proximité de la Chambre des députés. En 1940, après la dissolution des syndicats, le gouvernement de Vichy s’est emparé de ce siège pour y installer les services de son ministère de l’Information. En juin 1944, un groupe de résistants a exécuté sur place le sinistre Philippe Henriot, porte- parole de la collaboration. Le 18 août, un groupe de FTP (Francs-tireurs partisans) a repris possession de l’immeuble où la Fédération des fonctionnaires s’est immédiatement réinstallée.

 Après la scission de 1947-1948 la maison abritait l’Union générale des fédérations de fonctionnaires CGT, la Fédération de l’Education nationale, et plusieurs syndicats nationaux autonomes ou affiliés à FO. Elle était gérée – dans des conditions qui bravaient la division syndicale – par un comité réunissant les représentants des organisations qui y avaient leur siège sous la présidence es-qualités du secrétaire général de l’UGFF.

  En face, au 5 de la rue de Solferino, se trouvaient, pendant « la traversée du désert » les bureaux du général de Gaulle » …

 

II- De la « Maison des fonctionnaires » à la Maison du Parti socialiste (p 91-92)

 

  « Dès mon entrée en fonctions de secrétaire général de l’UGFF, j’avais délégué à Roger Jemond, trésorier de cette organisation - qui s’en est très bien acquitté- les questions relatives à la gestion de la « Maison des fonctionnaires » concernant notamment la situation des deux gardiennes. Celle du 94 rue de l’Université était plutôt en rapport avec la FEN. Celle du 10 rue de Solferino était branchée sur l’UGFF et ses composantes. Elle excellait dans le rôle d’indicatrice de police et colporteuse de ragots et bénéficiait de complaisances dont elle ne manquait pas d’abuser parmi les permanents. 

 Sous l’impulsion de mon prédécesseur Roger Loubet, les organisations syndicales dont le siège était situé dans des locaux de la « Maison des fonctionnaires » s’étaient interrogées sur l’éventualité d’un projet de rénovation et de transformation en une Maison commune à l’ensemble du mouvement syndical des fonctionnaires. Cette éventualité s’étant heurtée à d’insurmontables difficultés administratives et financières, le comité de gestion que je présidais à mon tour a été saisi en 1978 d’un projet de mise en vente. Dans un premier temps, les responsables de la Fédération de l’Education nationale, du Syndicat national des instituteurs se sont employés, avec le concours de l’avocat Jean Cornec à tenter de prendre la situation en mains. Je me suis opposé à cette prétention à une hégémonie qui n’a d’ailleurs pas tardé à confirmer son inefficacité. La question de la propriété de l’immeuble butait, en effet sur les difficultés juridiques - évoquées dans un chapitre précédent- qui résultaient des conditions d’acquisition de l’immeuble à une époque où le rejet du droit syndical des fonctionnaires avait contraint à la création d’une société immobilière dépourvue d’existence réelle. De toute façon, si la FEN avait le droit d’être représentée par un avocat, les organisations de la CGT regroupées par l’UGFF étaient fondées à être représentées de la même façon. C’est ainsi qu’avec Me Calpouzos, nous sommes intervenus auprès du service compétent de la Direction générale des Impôts pour donner à ce problème juridique l’indispensable solution. Directeur divisionnaire des impôts, je n’étais pas plus mal placé qu’un enseignant pour résoudre cette question vitale. A ma connaissance, personne n’a vu (ou n’a voulu voir) que sans cette décision la propriété de l’immeuble serait revenue à l’Etat. D’autre part, j’ai veillé à ce que toute vaine discussion sur les droits respectifs des organisations CGT, FEN et FO soit évitée : le principe de la répartition du produit de la vente en trois parts égales a été retenu. C’est la Mutuelle de retraite des instituteurs présidée par René Teulade qui s’est portée acquéreur. Elle revendra son siège, quelques années plus tard, au Parti socialiste.

 Les organisations qui siégeaient rue de Solférino se sont installées dans de nouveaux locaux. Plus tard, les sièges de l’UGFF et ceux des fédérations et syndicats qu’elle regroupait s’installeront à la bourse du travail de la CGT à Montreuil.

  Depuis des décennies, les journaux télévisés ont très souvent montré des personnalités politiques franchissant les grilles de l’immeuble de la rue de Solferino. Aujourd’hui, personne ne peut ignorer que là se trouve le siège du Parti socialiste. L’ensemble des médias y a largement contribué et Jean-Luc Mélenchon a pris sa place dans ce concert en affligeant ses anciens camarades du qualificatif volontairement désobligeant de « solfériniens ».

 Candidate à la présidente de la République en 2007, Ségolène Royal avait déjà évoqué l’éventualité de la vente de ce siège, dont elle pensait qu’il avait le tort de se situer dans un des arrondissements les plus huppés de la capitale, et qu’il convenait de s’orienter vers l’acquisition de nouveaux locaux dans un quartier populaire.

 Après la débâcle du parti socialiste aux élections présidentielle et législatives de 2017, et les graves difficultés financières qui en résultent, non seulement la question est reprise avec les mêmes arguments mais elle est portée à l’ordre du jour des délibérations du Parti socialiste qui annonce en septembre 2017 la mise en vente de l’immeuble… »

 

La version intégrale

Mes autres publications numériques

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8 mai 2020 5 08 /05 /mai /2020 10:12

      Le 8 mai 1945, c’était la fin de la Seconde guerre mondiale. Agé de 23 ans j’exerçais des fonctions de rédacteur chargé des services du contentieux à la direction départementale des Contributions indirectes à Pau et je m’ engageais dans une intense activité politique et syndicale (cf Préambule de « Fonctionnaire - citoyen / Syndicaliste – historien » Un parcours professionnel, citoyen et militant de plus de trois quarts de siècle)

 

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3 mai 2020 7 03 /05 /mai /2020 15:14

       On a de plus en plus de mal à suivre. Ainsi, on passe du rouge au vert ou vice-versa sur la carte du déconfinement. Au point où nous en sommes, je commence à craindre pour ma petite personne : vais-je virer au vert, alors que j’ai passé ma vie dans le rouge et que je tiens à y rester ?

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Eléments biographiques

   En un demi siècle, j'ai fait "le tour de la table" de la politique de la fonction publique comme syndicaliste, directeur de cabinet du ministre, conseiller d'Etat en service extraordinaire, auteur d'ouvrages.

 

  Né le 2 décembre 1922 à Jurançon (Pyrénées-Atlantiques)

 

-Fonctionnaire

 Receveur divisionnaire des Impôts honoraire

 

-Dirigeant national du mouvement syndical des fonctionnaires (1958-1978)

  Secrétaire du Syndicat national des Contributions indirectes 1958-1963

  Secrétaire général de la Fédération des finances CGT 1963-1970

  Secrétaire général de l’Union générale des fédérations de fonctionnaires (UGFF) et

  Membre du conseil supérieur de la fonction publique 1970-1978

  Membre de la commission exécutive de la CGT 1969-1975.

 

  Membre du conseil d’administration de l’Institut CGT d’histoire sociale.

 

-Directeur du cabinet du ministre de la fonction publique et des réformes administratives  (juin 1981-novembre 1983).

 

-Conseiller d’Etat en service extraordinaire (novembre 1983-novembre 1987).

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