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11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 09:15

L’état des lieux que j’ai cru devoir établir et publier à diverses reprises et encore tout récemment dans ce blog (21février 2015) permet d’avoir une vue assez claire des travaux existants et de leurs auteurs concernant l’histoire générale du syndicalisme des fonctionnaires.

Si on établissait, comme je le souhaite, une bibliographie aussi exhaustive que possible des travaux relatifs à l’histoire de la fonction publique on disposerait d’une documentation apportant un éclairage de la même nature.

Tout auteur s’engageant selon les contraintes et les règles d’une véritable recherche historique (qu’il ne faut pas confondre avec des compilations de seconde main) ne peut échapper - qu’il parte de l’une ou de l’autre - à la constatation de l’étroite corrélation entre ces deux composantes indissociables de l’histoire politique et sociale.

Tel fut le cas lorsque, après avoir mis un terme définitif en 1978 aux mandats exercés successivement à tous les niveaux des structures du mouvement syndical CGT des fonctionnaires (et dans l’intention clairement affichée de leur donner un prolongement efficace) j’ai publié sous le titre « Fonctionnaires, sujets ou citoyens ? » les deux volumes d’une histoire inédite du syndicalisme couvrant la période des origines à 1981.

Tel fut encore le cas lorsque, quelques années plus tard, ayant assumé des responsabilités au ministère de la Fonction publique et au Conseil d’Etat, j’ai publié un nouvel ouvrage partant de la démarche inverse sous le titre « Fonction publique les points sur les i « comportant des chapitres spécialement consacrés à l’étude du syndicalisme considéré comme « un acteur de l’histoire administrative ».

Naturellement, toutes mes études intermédiaires et ultérieures se sont inscrites dans la même voie. Un nouvel ouvrage conçu dans le cours de la première décennie 2000 aurait pu relever de la technique classique de la réédition, dont j’ai éprouvé par ailleurs les contraintes et les obstacles.

Mais les travaux et réflexions menés jusque là montraient une autre dimension qui reste aujourd’hui au cœur des problèmes posés: les différents aspects de la « politique salariale » de l’Etat impliquant l’organisation des carrières des fonctionnaires dans le cadre du régime général de la fonction publique dont le statut est la principale expression juridique s’ouvraient sur un nouveau champ de recherche. Curieusement, en effet, cette politique - qui certes était au premier plan de mes études sur le syndicalisme - n’occupait, et n’occupe encore qu’une place réduite dans les analyses qui nous sont présentées notamment dans des colloques, journées d’études ou ouvrages bénéficiant d’une certaine publicité (y compris dans les publications syndicales, ce qui pose un problème de principe et de conception de l’indépendance du syndicalisme sur lequel nous reviendrons).

Il va de soi que « L’Etat et les fonctionnaires » ( et d’autres textes insérés en publications numériques) s’adressent à des lecteurs appartenant au monde des fonctionnaires et agents publics (qui comprend plus de cinq millions d’actifs et des millions de retraités, d’anciens combattants et ayant-droits) mais aussi à des citoyens et usagers curieux de mieux appréhender des questions aussi importantes que l’évolution du poids des rémunérations des fonctionnaires dans le budget de l’Etat et dans ceux des collectivités territoriales, la place qu’elles occupent dans la politique économique, financière et sociale de tout gouvernement à toutes les époques.

- Le premier tome s’applique à la période des origines à 1981, c’est-à dire à celle qui a fait l’objet de mes travaux sur le syndicalisme des fonctionnaires.

- Le second se compose des deux dernières parties de la version précédente traitant respectivement la politique menée par la gauche au pouvoir en 1981-1986, et par les gouvernements de la période de cohabitations et alternances de 1986 à 2006. Il se distingue fondamentalement du premier en n’évoquant les orientations et l’action du mouvement syndical des fonctionnaires que par des incidentes apparaissant comme indispensables à une bonne appréhension du sujet. L’étude proprement dite de l’histoire du syndicalisme de cette période n’entrera pas dans le champ de ces recherches.

On pouvait se demander si la période 1986-2006 doit être incluse dans cette contribution à l’histoire. La réponse est positive pour un ensemble de raisons. Au cours de cette période caractérisée par les alternances et les « cohabitations », des réformes structurelles majeures marquent à la fois - qu’il s’agisse de la politique salariale de l’Etat ou de la politique statutaire et catégorielle - une rupture avec les périodes précédentes, et une continuité de l’action gouvernementale qui l’emporte largement sur les différences. Bien qu’elle ne dispose pas de tout le recul nécessaire, elle est une histoire du temps présent indispensable à la compréhension des débats et décisions en cours et des questions essentielles de l’avenir de la fonction publique en France en ce début de XXIe siècle.

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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5 mars 2015 4 05 /03 /mars /2015 17:22

Dans l’article précédent, j’ai annoncé la nouvelle présentation sur le site Calaméo de l’ouvrage « L’Etat et les fonctionnaires, de la plume sergent-major à internet ».

Pour des raisons diverses que nous analyserons le cas échéant, cet ouvrage fait manifestement l’objet d’une véritable conspiration du silence.

La seule Note de lecture a été publiée dans le n° 129 des Cahiers de l’Institut CGT d’histoire sociale ( reprise dans ce blog le 7 mai 2014). A ma connaissance, elle n’a été ni mentionnée ni reproduite dans aucune des publications des organisations du mouvement syndical CGT des fonctionnaires.

Dans l’immédiat je confirme mon appel : lecteurs, établissez des liens, abonnez-vous à ce blog, consultez les textes du site calaméo.

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 10:22

Dès lors que l’ouvrage intitulé « L’Etat et les fonctionnaires de la plume sergent-major à internet » ne faisait pas l’objet d’une « édition-papier », la publication numérique s’imposait. Elle a été réalisée sur un site internet jouissant d’une large audience internationale (en l’occurrence le site http://calameo.fr), auquel on accède soit directement, soit par l’intermédiaire de ce blog.

Les publications numériques sont largement accessibles, et leur consultation ne présente aucune difficulté. Mais il faut bien convenir que la lecture et l’étude d’un texte de plusieurs dizaines de pages sur internet n’est pas aussi aisée que sur un document papier. Pour l’instant, si tel chercheur ou utilisateur souhaitait disposer de ce texte dans le cadre d’un échange de recherches et réflexions, il y aurait lieu, sans exclure le recours à d’autres formules techniques existantes, de le lui communiquer.

Ce système a des avantages et des inconvénients. J’avais noté que selon un Rapport du Conseil d’analyse stratégique cité dans une étude du Monde Sciences et médecine du 28 août 2013, 83,3 % des plus de 75 ans - qui représentent 11,3 % de la population - déclarent n’avoir jamais utilisé un ordinateur et 89 % n’ont jamais été connectés sur Internet. Une autre étude, menée par des chercheurs d’une université du Danemark parue dans The Lancet note que « les nonagénaires d’aujourd’hui ont des capacités physiques et intellectuelles jamais atteintes dans le passé ». Néanmoins, l’ordinateur et les différents instruments de la communication numérique sont entrés dans la vie quotidienne, professionnelle (et même privée) d’une partie de plus en plus importante de lecteurs potentiels.

Quoi qu’il en soit, la formule présente l’avantage de permettre de faire subir aux textes des évolutions et des adaptations de présentation, de forme, et même de fond si cela s’avère nécessaire. C’est ainsi que « L’Etat et les fonctionnaires » d’abord publié en trois tomes, a été unifié par la suite. Il est désormais présenté dans deux tomes traitant respectivement la période des origines à 1981 et la période contemporaine couvrant les années de la gauche au pouvoir en 1981-1986 et les deux décennies 1986-2006 comportant un certain nombre de compléments et adaptations.

On reviendra sur ce sujet dans de prochains articles.

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 09:02

Qui se souviendrait de la regrettable déclaration de Christian Pineau, au nom du groupe socialiste à l’Assemblée nationale constituante que Maurice Thorez fustigeait en ces termes dans un texte commentant l’adoption du statut général des fonctionnaires reproduit dans une brochure publiée en 1946 par le CDLP, si je ne l’avais mentionnée dans mes écrits que d’aucuns, disposant des moyens de communication et des relais de relations médiatiques se sont toujours employés à enterrer ? : « L’Assemblée nationale adopta le Statut à l’unanimité, faisant litière des calomnies des feuilles réactionnaires, reprises, hélas ! à la tribune par le porte-parole du Parti Socialiste qui osa parler de l’esprit « totalitaire » d’une loi essentiellement démocratique qui fait honneur à notre pays ».

Cette phrase illustre et éclaire une bonne partie de l’histoire de la fonction publique sous la IVe République (1946-1958).

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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21 février 2015 6 21 /02 /février /2015 08:40

En cette année 2015, de nombreuses initiatives sont prises pour commémorer le 120e anniversaire de la CGT.

Il me paraît opportun de rappeler que le syndicalisme ne se limite pas au niveau confédéral et que l’histoire de ses diverses structures et des relations entre elles recèle une grande richesse.

Dans cet esprit, je crois devoir reprendre ici le document qui figure en annexe à mon ouvrage numérique « L’Etat et les fonctionnaires, de la plume sergent-major à internet » (site Calameo).

On verra bien , le cas échéant, que ce rappel n’est pas une clause de style ou une formalité sans suite.

                        Le syndicalisme des fonctionnaires,

                           acteur de l’histoire administrative

                      Etat des lieux de la recherche historique

 

Dans les premières années du XXe siècle, les questions concernant l’Etat et ses relations avec les fonctionnaires et agents publics et les questions concernant le droit public faisaient l’objet de débats qui trouvaient leur expression dans des rapports, articles, études et ouvrages dont il est remarquable qu’ils traitaient du mouvement syndical naissant des fonctionnaires frappé d’interdiction mais fortement présent sur l’échiquier social. Il se confirmera de façon constante que si l’histoire de l’administration et de la fonction publique et celle du syndicalisme des fonctionnaires sont distinctes, elles ont indissociables.

Pourtant pendant des décennies, l’histoire du syndicalisme des fonctionnaires n’a véritablement inspiré aucun auteur. Dans les années 1970-1980, plusieurs ouvrages concernant le mouvement syndical des postiers ( Georges Frischmann, Histoire de la fédération CGT des PTT, Editions sociales 1967 ) et celui des enseignants ( Robert Cheramy, La FEN, 25 ans d’unité syndicale, Epi éditeurs, 1974, Paul Delanoue, Les enseignants, Edtions sociales 1973…) ont paru. Mais indépendamment des textes publiés avant 1939, il n’en existait que très peu, notamment ceux d’Yves Saint-Jours, Marcel Piquemal ou Jeanne Siwek-Pouydesseau, traitant de certains aspects de l’histoire générale du mouvement syndical des fonctionnaires. Le plus notable était le gros ouvrage d’André Tiano datant de 1957, Les traitements des fonctionnaires et leur détermination 1930-1957 dont la deuxième partie était composée de plusieurs chapitres consacrés à cette histoire, mais rarement cité dans les bibliographies.

Pour connaître cette histoire et mesurer sa portée sur l’évolution des problèmes généraux de la fonction publique, il fallait appréhender les structures du mouvement syndical, ses orientations, ses relations avec l’Etat, son fonctionnement interne et le cas échéant la personnalité de ses responsables. On ne pouvait accéder à cette connaissance sans consulter, étudier, analyser – comme dans toute recherche historique- un ensemble de documents d’archives parmi lesquels les journaux bulletins et circulaires tiennent une place de choix. Dans cet ensemble législatif, réglementaire et jurisprudentiel, il est d’autre part plus indispensable que partout ailleurs de se référer aux textes.

Dans la plupart des organisations syndicales, la question de la conservation des archives a été longtemps négligée. Certaines n’ont retrouvé que beaucoup plus tard des éléments qu’elles croyaient perdus. Les archives de la Fédération générale des fonctionnaires constituée en 1909 et qui était jusqu’à son remplacement en mars 1946 par l’Union générale des fédérations de fonctionnaires, la grande organisation représentative de ce mouvement syndical avaient disparu pendant la Seconde guerre mondiale. Les documents disponibles étaient essentiellement la collection complète de La tribune du fonctionnaire. Ce journal créé en 1913, mensuel puis bi-mensuel devenu hebdomadaire pendant les années de l’entre-deux-guerres, a paru pendant plus de 70 ans.

 

En 1979 et 1981, sur le fondement d’une consultation de ces archives, un ouvrage en deux volumes a été publié :

- Les fonctionnaires sujets ou citoyens ?

Tome I - Le syndicalisme des origines à la scission de 1947-1948, Editions sociales, 1979 370 pages

Tome II - Le syndicalisme de la scission de 1947-1948 à avril 1981, 1981, 378 pages.

Jeanne Siwek-Pouydesseau, qui avait publié en 1970-1971 des études concernant l’élaboration du statut général des fonctionnaires, le Conseil supérieur de la fonction publique, la participation, a produit plusieurs ouvrages de référence également fondés sur la collection de La tribune des fonctionnaires, sur d’autres documents, sur des rencontres avec d’anciens responsables syndicaux, et s’appliquant à un champ plus étendu d’organisations des services publics affiliées aux diverses confédérations ou autonomes :

- Le syndicalisme des fonctionnaires jusqu’à la guerre froide 1848-1948, Presses universitaires de Lille, 1989 ;

- Les syndicats de fonctionnaires depuis 1948, PUF 1989 ;

- Les syndicats des grands services publics et l’Europe, L’Harmattan1993 ;

- Les syndicats des fonctions publiques au XXe siècle, Berger-Levrault, 2001.

Sous bénéfice d’inventaire, dès lors que la Fédération de l’Education nationale (FEN) était aussi une des fédérations représentatives des fonctionnaires, les auteurs d’ouvrages consacrés au syndicalisme enseignant ont été conduits de façon plus ou moins large selon les périodes, à évoquer divers aspects de l’histoire générale du syndicalisme des fonctionnaires, mais il semble que ces références soient restées assez limitées. Aujourd’hui l’Institut de recherches de la FSU et le centre Aigueperse produisent des études.

En revanche, alors que l’Institut CGT d’histoire sociale, constitué en 1982, a apporté une contribution importante à l’histoire du syndicalisme, relayée efficacement par des instituts régionaux et par des instituts rattachés à un certain nombre de branches professionnelles, il n’existe toujours pas d’institut CGT d’histoire sociale pour la fonction publique.

On a pu entendre, notamment dans des colloques officiels consacrés au cinquantenaire de l’ENA (1995) et du statut général des fonctionnaires (1996), des communications émanant de hauts fonctionnaires, de juristes ou de spécialistes de science administrative que l’on ne saurait inscrire sans autre examen dans la recherche historique concernant la fonction publique et a fortiori le syndicalisme des fonctionnaires.

Il en va de même de certaines études publiées par des universitaires se citant mutuellement dans une sorte de circuit fermé et s’appuyant parfois sur des témoignages unilatéraux et contradictoires qui ont prétendu analyser les positions du mouvement syndical des fonctionnaires dans les premières années du XXe siècle et dans l’entre-deux-guerres notamment dans le cadre du centenaire de la Charte d’Amiens.

Même si le champ de la recherche historique reste très largement ouvert et gagnerait à produire des études nouvelles sur certaines périodes et sur certaines questions, il existe aujourd’hui un fonds de nature à faire échec aux spéculations intellectuelles et aux instrumentalisations qui sont destinées à faire prévaloir certaines conceptions

 

 

 

 

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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18 février 2015 3 18 /02 /février /2015 11:25

A la suite du dérapage jugé antisémite d’une personnalité importante de la République âgée de 92 ans, un député socialiste faisant lui-même partie de ces personnages qui nous rebattent les oreilles et inondent nos yeux à longueur de journée, avec des journalistes qui leur posent des questions convenues et répétitives, s’en est pris au « naufrage de la vieillesse » que le général de Gaulle avait appliqué au maréchal Pétain.

Pour éviter la vieillesse - avec ou sans naufrage- on n’a jusqu’à présent trouvé qu’une seule solution.

En ce qui me concerne, sans le soutien affectueux et l’assistance technique de mon proche entourage, il est certain que j’aurais quelques difficultés à assumer dans de bonnes conditions ce blog et les publications numériques qui l’accompagnent. Depuis quelque temps, j’y ajoute un appel aux lecteurs réguliers ou occasionnels à établir des liens et à s’abonner.

Indépendamment du réaménagement en cours de ce dispositif en vue de le rendre plus accessible et plus efficace, j’ai encore des choses à dire sur l’histoire de la fonction publique et du syndicalisme des fonctionnaires auxquels j’ai consacré une large partie de mon parcours de trois quarts de siècle.

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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11 février 2015 3 11 /02 /février /2015 10:10

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 09:34

Le titre donné à l’ouvrage que j’ai publié en 1979-1981 (Fonctionnaires sujets ou citoyens ) a connu le sort classique et honorable des expressions qui reflètent une réalité sans qu’on se préoccupe outre mesure de leur paternité.

Dans cet ouvrage figuraient des citations de propos tenus par diverses personnalités dont la caractéristique était d’exprimer les conceptions de l’Etat et de la fonction publique qu’il a fallu combattre au fil du temps, et d’illustrer ainsi le combat dont l’adoption du statut général des fonctionnaires marquait en 1946 une étape décisive.

Parmi les citations favorables à la conception française de la fonction publique qui triomphait enfin des obstacles accumulés depuis plus d’un demi-siècle, j’ai de longue date mis en évidence cette observation que Maurice Thorez présentait à propos de la Réforme administrative dans un texte qui traitait également le statut général des fonctionnaires dans une brochure publiée en 1946 et que pratiquement plus personne ne connaissait : « Le fonctionnaire est enfin considéré comme un homme et non comme un rouage impersonnel de la machine administrative ».

Dans certains écrits, cette citation a été maintes fois reprise. Mais voilà que dans un entretien publié par « L’Humanité » du vendredi 23 janvier 2015 elle est à nouveau citée, en remplaçant subrepticement le mot « homme » par le mot « citoyen ». S’il s’agit, comme je le crois, de réinvestir et de déconnecter le concept de « fonctionnaire-citoyen », c’est un procédé dérisoire, qui n’est pas à la hauteur de l’enjeu d’aujourd’hui : la sauvegarde de la conception française de la fonction publique, plus compromise et menacée qu’on ne veut bien le dire.

De toute façon, rien ne saurait justifier une quelconque manipulation des textes cités. C’est une exigence élémentaire.

Puisque l’occasion m’en est donnée, voici la partie du texte signé de Maurice Thorez dont cette phrase était la conclusion, et qui mérite d’être connue telle qu’elle aujourd’hui.

« Les fonctionnaires sont les premiers à déplorer les défauts de l’Administration. Ils sont les premiers à en souffrir. La structure incohérente de l’Administration entraîne l’existence d’un personnel hétérogène et diversifié à l’excès. A côté de fonctionnaires titulaires, on trouve des agents contractuels, des auxiliaires, des temporaires, tous recrutés selon des méthodes différentes. Il en résulte de sérieuses inégalités quant aux aptitudes, à la compétence, et, pour tout dire, à la qualité des divers agents de l’Etat. Il en résulte une lente dévalorisation de la fonction publique, sur le plan matériel comme sur le plan moral. Il en résulte la désaffection de nos jeunes gens pour des emplois qui ne leur assurent plus une vie décente et la considération qui doit s’attacher aux bons serviteurs de l’Etat. Il en résulte l’affaiblissement de l’esprit d’initiative et du sens de la responsabilité. L’Administration archaïque et « autocratique » étouffe la responsabilité.

Si bien que la Réforme de l’Administration est aussi le problème de la « libération » du fonctionnaire, enfin considéré comme un homme et non comme un rouage impersonnel de la machine administrative. »

Je me sens mieux que jamais dans la situation « ailleurs et autrement ».

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 09:51

A l’initiative du politologue Thomas Guénolé, le prix du plus grand menteur en politique vient d’être décerné à Nicolas Sarkozy pour 17 bobards significatifs par un jury de journalistes. Des prix spéciaux ont été distribués à diverses personnalités politiques.

En fait cette démarche pourrait ouvrir de larges horizons sur les sujets les plus variés. Ici, nous faisons modestement du « fact checking » sans le savoir quand nous mettons au jour, sur le terrain de l’histoire de la fonction publique et du syndicalisme des fonctionnaires qui est notre champ d’investigation, quelques procédés d’instrumentalisation par des « oublis » volontaires, des mutilations de citations, des sélectivités orientées dans les bibliographies etc…avec des incursions dans la psychologie appliquée ou la psychanalyse d’amateur.

A bientôt.

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 11:04

« Sujets ou citoyens ? » Cette interrogation est le titre que j’ai donné aux deux tomes de l’ouvrage que j’ai publié en 1979 et 1981 sur le syndicalisme des fonctionnaires des origines à la scission de 1947-1948, puis de cette scission à avril 1981 c’est-à-dire sur un sujet qui n’avait encore fait l’objet d’aucune étude d’ensemble (1).

Largement fondé sur une étude de la collection complète de « La tribune des fonctionnaires », organe de la Fédération générale créé en 1913 devenu pendant une partie de l’entre-deux-guerres un hebdomadaire à grand tirage, la réalisation de cet ouvrage m’avait apporté la conviction de l’étroite corrélation entre l’évolution du droit de la fonction publique et celle du syndicalisme. D’autant que la Fédération générale des années 1909-1946 bénéficiait de la compétence et de l’exceptionnelle longévité de ses dirigeants, face à des hauts fonctionnaires et à des ministres éphémères parfois plus préoccupés de leur carrière que de l’intérêt général. Mon expérience de dirigeant syndical ayant exercé ses responsabilités à tous les niveaux des nouvelles structures de la deuxième moitié du XXe siècle conduisait déjà à ce constat, ainsi confirmé par l’étude des matériaux classiques de la recherche historique, puis par les fonctions politiques et juridiques des décennies suivantes.

Je pense que le moment est venu de montrer de façon plus approfondie et systématique qu’il s’agit non d’une affirmation rhétorique, mais d’une réponse, d’un éclairage et d’une démonstration s’appliquant à des données fondamentales de l’histoire politique et sociale qui restent au cœur des contradictions et affrontements de notre époque.

1 - Cet ouvrage a été présenté à plusieurs reprises dans ce blog, et le commentaire qu’Henri Krasucki en avait fait en 1981 a été repris dans un récent article.

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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  • : Le blog de René BIDOUZE
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  • René BIDOUZE
  • En un demi-siècle, j’ai fait le « tour de la table » de la politique de la fonction publique comme syndicaliste, directeur du cabinet du ministre, conseiller d’Etat en service extraordinaire,  auteur d'ouvrages.
  • En un demi-siècle, j’ai fait le « tour de la table » de la politique de la fonction publique comme syndicaliste, directeur du cabinet du ministre, conseiller d’Etat en service extraordinaire, auteur d'ouvrages.

Eléments biographiques

  Né le 2 décembre 1922 à Jurançon (Pyrénées-Atlantiques)

 

-Fonctionnaire

 Receveur divisionnaire des Impôts honoraire

 

-Dirigeant national du mouvement syndical des fonctionnaires (1958-1978)

  Secrétaire du Syndicat national des Contributions indirectes 1958-1963

  Secrétaire général de la Fédération des finances CGT 1963-1970

  Secrétaire général de l’Union générale des fédérations de fonctionnaires (UGFF) et

  Membre du conseil supérieur de la fonction publique 1970-1978

  Membre de la commission exécutive de la CGT 1969-1975.

 

  Membre du conseil d’administration de l’Institut CGT d’histoire sociale.

 

-Directeur du cabinet du ministre de la fonction publique et des réformes administratives  (juin 1981-novembre 1983).

 

-Conseiller d’Etat en service extraordinaire (novembre 1983-novembre 1987).

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