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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 16:22

Le 12 mai, j’ai inséré dans ce blog un article de présentation du dernier ouvrage d’Emmanuel Todd, anthropologue et historien (« Qui est Charlie ») dont j’estime qu’il ouvre des perspectives de « réflexion et de débat » sans pour autant, en ce qui me concerne, sortir du champ d’investigation que j’ai choisi (l’histoire de la fonction publique et du syndicalisme des fonctionnaires) ni souscrire sans autre examen à des analyses qui dépassent ma compétence.

Dans cet esprit, on pouvait apprécier notamment la confrontation d’Emmanuel Todd avec des spécialistes qualifiés, philosophes ou sociologues, dans l’émission de France 2 « Ce soir ou jamais » le vendredi 15 mai.

Malheureusement, il n’en va pas de même dans les prestations de certains journalistes et politiciens soucieux de préserver et de perpétuer une politique dont tout indique qu’elle est massivement contestée dans les milieux populaires de la « France périphérique » décrite par le géographe Christophe Guilluy.

Ainsi dans le dernier numéro de « Télérama » un article affirme péremptoirement, sans le moindre argument, que l’ouvrage dont il s’agit est « un exercice périlleux que l’intellectuel a raté », ponctué d’une série d’invectives qui se veulent spirituelles pour faire de son analyse un « numéro de trapèzes », et de « haute voltige » et pour conclure : « Tant va l’intellectuel à l’actu que parfois, il « crashe ».

L’auteur de cet article se situe plutôt quant à lui, au ras des pâquerettes.

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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18 mai 2015 1 18 /05 /mai /2015 07:43

Le syndicalisme enseignant, celui des PTT, des Finances, de l’Equipement ou d’autres ministères ou administrations ont des aspects spécifiques constitutifs de leur identité et de leur histoire qui revêtent un intérêt non seulement pour les personnels actifs ou retraités de ces secteurs, mais pour l’ensemble des fonctionnaires et largement au-delà. L’histoire du syndicalisme enseignant et celle des fédérations des PT ont fait l’objet d’un grand nombre d’études. Elles sont régulièrement traitées par des publications spécialisées.

Mais il convient de présenter deux ordres de considérations :

 

                                                                            I

Les personnels de l’Education nationale, des PTT et des Finances ont représenté ensemble plus des trois quarts des effectifs des fonctionnaires de l’Etat, dont les problèmes généraux (statut général, rémunérations, grille indiciaire, classements catégoriels généraux…) ont été traités, depuis les réformes de la Libération, par un ministère ou un secrétariat d’Etat chargé de la Fonction publique et des réformes administratives, délégué auprès du Premier ministre et directement soumis à une tutelle du ministère des Finances.

Les organisations syndicales (syndicats nationaux ou fédérations affiliées aux centrales CGT, CFDT, FO…) regroupant ces personnels sont impliquées dans un ensemble de relations au sein d’un « syndicalisme général des fonctionnaires » constitué par des fédérations générales ou unions de fédérations représentatives compétentes sur les problèmes généraux communs à des millions d’agents publics.

Les fédérations des PTT - non affiliées à ces fédérations générales - ont toujours été associées à leur action et directement représentées dans leurs relations avec l’Etat.

La FEN (puis la FSU) sont à la fois des fédérations de personnels enseignants et des fédérations générales de fonctionnaires, et même, à certains égards, des centrales syndicales.

Or à la lecture des nombreux textes et publications concernant l’histoire du syndicalisme du monde enseignant, des PTT et d’autres administrations ou services, on est souvent conduit à s’interroger sur la place qu’ils occupaient dans le monde des fonctionnaires dont ils faisaient partie. Chacun est à même de vérifier le bien fondé de cette observation critique, qui n’a d’ailleurs rien de nouveau, et de réfléchir aux suites qu’elle pourrait comporter.

 

                                                                          II

Tel auteur spécialiste du syndicalisme exerçant des responsabilités sur le terrain de l’histoire sociale - conscient du fait que l’histoire de la fonction publique et de son mouvement syndical est une partie clairement identifiée de l’histoire politique, économique et sociale - insère systématiquement dans ses textes (articles, études, conférences) des éléments limités et partiels de cette histoire. Ces éléments sont sommaires et frappés d’approximations et d’erreurs qu’il serait légitime de relever et de rectifier. Ils n’apportent guère aux textes dans lesquels ils sont insérés l’équilibre apparemment recherché.

En réalité, on peut craindre que cette pratique ait pour effet de contrecarrer une véritable connaissance des réalités historiques, des particularités et des contributions originales de la fonction publique au mouvement social pour la longue période des origines aux lendemains de mai 1968 qui ont fait l’objet de travaux d’ailleurs systématiquement absents des nombreuses notes de références qui accompagnent ces prestations.

Elle peut avoir de surcroît pour effet d’entériner les carences qui affectent le rapport du mouvement syndical CGT des fonctionnaires à son histoire au moment où il importe que s’engagent de nouvelles recherches pour les dernières décennies du XXe siècle.

En formulant ces critiques, je prends, comme toujours mes responsabilités. Sur le sort qui leur sera réservé, je crois avoir de bonnes raisons de rester sceptique pour des raisons qui relèvent d’autres disciplines que le droit ou l’histoire.

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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15 mai 2015 5 15 /05 /mai /2015 18:14

A l’occasion des 120 ans de la CGT, le bâtiment culturel du centre de formation Benoît Frachon  à Gif sur Yvette devient      « Espace Marius Bertou » (Inauguration le 11 juin 2015)

Marius, décédé en 2012, fut aussi un des dirigeants de l’UGFF- CGT pendant des années et l’auteur d’articles très documentés sur la fonction publique.

Hommage à Marius Bertou
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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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12 mai 2015 2 12 /05 /mai /2015 08:50

L’historien et anthropologue Emmanuel Todd qui avait publié avec le géographe Hervé Le Bras « Le Mystère français » vient de publier un nouvel ouvrage « Qui est Charlie ? ». Celui-ci a aussitôt suscité l’hostilité affichée de Manuel Valls, des dirigeants socialistes, et d’une bonne partie des « élites ». Cette publicité intempestive a probablement contribué au succès de librairie de cet ouvrage.

Quand on s’intéresse à l’histoire sociale, et spécialement à celle de la fonction publique et du syndicalisme des fonctionnaires, on ne peut manquer, même si ce sujet n’est pas celui du livre, de s’interroger sur la place occupée par les fonctionnaires dans ses analyses et ses conclusions.

L’auteur place au cœur de sa démarche le concept du bloc historique défini par les lettres MAZ (classes moyennes, personnes âgées, catholiques zombies) dont il estime qu’il domine idéologiquement et politiquement la société française et s’est massivement exprimé dans les manifestions du 11 janvier 2015 sur le thème « Je suis Charlie ». Il rappelle que « Le Mystère français » avait baptisé « catholicisme zombie » la force anthropologique et sociale née de la désagrégation finale de l’Eglise dans ses bastions traditionnels et de sa réincarnation présentée comme le phénomène central des cinquante années 1965-2015.

Selon son analyse s’appuyant sur des statistiques et des cartes, les classes moyennes supérieures ont entraîné les couches intermédiaires de la société française dans les manifestations alors que les classes populaires et les jeunes des banlieues n’y ont pas participé, ce que personne ne conteste. En sa qualité d’historien, ll se réfère au référendum sur le traité de Maastricht, qui avait déjà marqué en 1992 la prédominance des catégories supérieures entraînant les catégories intermédiaires et les personnes âgées dans le vote OUI, les classes populaires et les ouvriers votant NON. Il évoque le « vote de classe » sur le projet européen de 2005 suivi du soulèvement des banlieues, cette année 2005 lui apparaissant comme « une occasion manquée de la lutte des classes ».

Il estime que la propagande de Maastricht était « libérale, égalitaire, universaliste » et que la réalité de 2015 a contredit totalement ses promesses. Il pense que « pour les ouvriers, les employés et les jeunes ce quart de siècle a été perdu », et qu’on peut parler de « vingt ans d’échec ».

L’auteur situe certainement les fonctionnaires de l’Etat et des collectivités locales et hospitalières actifs et retraités dans ce blog historique MAZ dont on peut mesurer les dimensions en considérant les catégories de l’INSEE selon lesquelles les classes supérieures (où l’on peut inclure une part de la haute fonction publique) représentent 1% de la population active, les classes moyennes constituant une masse de 42% contre 57% pour les classes populaires.

L’analyse des différents chapitres de cet ouvrage traitant notamment « Les difficultés de la France laïque et égalitaire » « Les Français d’extrême droite », « Les Français musulmans »… n’est pas de la compétence d’un modeste blog centré sur l’histoire de la fonction publique et du syndicalisme des fonctionnaires.

En revanche, alors que les diatribes du Premier ministre et les commentaires de certains journalistes et personnalités politiques auraient tendance à nous entraîner sur le terrain de polémiques politiciennes en mettant en exergue quelques formules et appréciations pouvant être jugées excessives ou contestables, de tels travaux sont de nature à nourrir la réflexion de ceux qui souhaitent promouvoir au service d’un autre avenir pour notre pays, une connaissance approfondie de sa longue histoire politique et sociale.

Dans sa conclusion, l’historien rappelle ce que fut « la France républicaine du passé », ce qu’est devenue « la France néo-républicaine du présent » et « les choix qui s’offrent à nous ».

C’est un sujet de réflexion et de débat qui offre de réelles perspectives.

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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10 mai 2015 7 10 /05 /mai /2015 08:40

Un responsable du mouvement syndical CGT des fonctionnaires se présente comme « un agent d’accueil aux Archives de France, entré par la plus petite porte dans la fonction publique ». La journaliste qui l’interrogeait et faisait état de cette particularité estimait qu’il serait « considéré aujourd’hui comme un décrocheur… » souscrivant ainsi, consciemment ou non, au glissement du concept « d’instruction primaire » à celui de « sortie sans diplôme du système éducatif » qui parait-il caractérise les statistiques officielles et leur utilisation dans des débats sur le « populisme » et l’influence du Front national.

Il est notoire que la Fonction publique a toujours été la plus forte concentration de diplômés, même à une époque où ils étaient relativement peu nombreux dans la société, avec des proportions très élevées de promotion interne par concours. Aujourd’hui, on assiste à un accroissement spectaculaire du nombre des « fonctionnaires surdiplômés ». On ne sait pas si cette réflexion était, de la part de la journaliste qui a par ailleurs rencontré des dizaines d’interlocuteurs plus ou moins complaisants pendant des mois au siège de la CGT à Montreuil, un compliment ou une vacherie.

Les prédécesseurs de ce militant - diplômés ou non du secondaire et du supérieur - étaient d’origine tout aussi modeste, fidèles à leurs convictions, aux solidarités de classe, et assumaient leurs responsabilités au service de l’ensemble des personnels qu’ils représentaient et avaient une haute idée de l’indépendance du mouvement syndical. Ils étaient plutôt dans les « premiers de la classe », affrontant les concours internes et externes, jouissant de compétences administratives, juridiques et pratiques reconnues au moins égales à celles des représentants de la Haute administration et des membres des cabinets ministériels. Ils n’étaient surtout pas des « décrocheurs ». Ils ne se considéraient pas comme tels et personne n’aurait osé les qualifier ainsi.

En fait, ces remarques ne sont pas anecdotiques. Elles conduiront à évaluer, au-delà des considérations - somme toute secondaires - liées aux parcours personnels, les racines et le sens profond des divergences d’analyse et de comportement sur la fonction publique et son histoire syndicale 1.

1- Un article de ce blog en date du 15 mars 2015, reprenant un chapitre du livre numérique « L’Etat et les fonctionnaires » (dont on s’obstine à ignorer qu’il est un livre au même titre que les ouvrages « papier ») était intitulé « Réflexions sur la sociologie des fonctionnaires ». Le livre d’Emmanuel Todd, historien et anthropologue qui rencontre un grand succès (malgré l’hostilité des « élites » et des « princes qui nous gouvernent » ou peut-être à cause d’elle) retient d’ores et déjà notre attention.

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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8 mai 2015 5 08 /05 /mai /2015 08:06

S’il est une question qui ne figurait pas dans les débats politiques à l’occasion des élections municipales et européennes de mars et mai 2014, des élections départementales de mars 2015 (et ne figurera probablement pas davantage lors des élections régionales) ni dans les programmes proposés aux électeurs et électrices, c’est bien celle du régime général de la Fonction publique. Quand la situation des fonctionnaires est évoquée dans les médias, c’est presque toujours par le petit bout de la lorgnette, par l’énoncé de poncifs archi-usés.

Or il s’agit d’un ensemble de questions qui concernent les cinq millions de fonctionnaires de l’Etat, des collectivités locales et hospitalières, et leurs organisations syndicales, mais sont avant tout de la compétence des citoyens et usagers du service public, de la nation et de ses institutions.

Pour comprendre la nature et le sens des nombreuses mesures législatives et réglementaires qui ont affecté au cours des trois dernières décennies la construction statutaire des années 1984-1986, il faut les analyser objectivement. Pour mesurer combien son avenir proche et lointain dépend de ce qu’il adviendra de notre pays, de son système institutionnel, dans le contexte européen et mondial, une bonne connaissance, exempte de toute instrumentalisation, de l’Histoire de la fonction publique et de son mouvement syndical est indispensable.

Ce sont des vérités premières. Mais il ne suffit pas de les admettre, voire de les proclamer en ne faisant rien pour les mettre en œuvre ou en les enfermant dans des visions contestables. Une question peut-être impertinente ne pourra être indéfiniment enterrée : que font les personnalités qui auraient des titres à promouvoir cette histoire, et dont la situation personnelle relève, pour nombre d’entre elles, du régime statutaire de la fonction publique ?

Le cheval de James Ellroy est toujours devant l’abreuvoir, à côté de son maître qui n’a ni ordinateur, ni téléphone portable, et ne regarde pas la télévision.

A bientôt les ruades.

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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6 mai 2015 3 06 /05 /mai /2015 08:27

     Deux ans après avoir surmonté par un débat démocratique sans précédent la crise qui avait affecté le mouvement syndical CGT des fonctionnaires, l’Union générale des fédérations de fonctionnaires dont j’étais le secrétaire général depuis 1970, était selon tous les critères habituels d’appréciation, à son apogée. Dans mes  propres écrits et dans les commentaires d’Henri Krasucki les conditions dans lesquelles je me suis alors  consacré à l’histoire du syndicalisme des fonctionnaires après avoir mis un terme à mes mandats syndicaux  en rejoignant l’administration des Finances en 1978 ont été largement exposées.   

     A ma connaissance le déclin du mouvement syndical - que personne ne semble contester - n’a vraiment commencé que plus tard. Les crises se sont succédé et  plusieurs secteurs de la fonction publique n’y ont pas échappé ( UGFF, Finances, Equipement…)

     Après les fonctions de directeur du cabinet du ministre de la fonction publique et de conseiller d’Etat en service extraordinaire (1981-1987) qui ont constitué un remarquable  poste d’observation, je n’ai exercé aucune responsabilité politique ou administrative et je ne suis pas directement  impliqué dans les réflexions  sur la fonction publique du XXIe siècle.

     Encore une fois l’état de la recherche dans le domaine d’investigation de ces publications pose quelques questions sur lesquelles le moment serait venu de briser les « non-dits » et les silences qui l’affectent depuis tant d’années.

    Le romancier américain  James Ellroy ( l’auteur du « Dahlia noir » qui publie aujourd’hui un nouveau roman )  dit à son interviewer à propos d’événements importants mais peu connus que personne ne demande à connaître, « on peut mener le cheval à l’abreuvoir, pas le forcer à boire ».

     Ainsi que chacun peut le constater, je continue à m’exprimer, principalement sur l’histoire. De nouvelles publications numériques sont prévues. Alors que je suis entré dans ma 93e année et que la plupart de mes compagnons de combat ont disparu, je ne resterai pas inerte devant l’abreuvoir.

 

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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4 mai 2015 1 04 /05 /mai /2015 08:15

A la lecture, dans « Le Monde » daté du 15 avril 2015 de la présentation du livre de Raphaëlle Bacqué intitulé « Richie », surnom donné à Richard Descoing, directeur de Sciences Po trouvé mort à 53 ans dans une chambre d’hôtel à Manhattan en 2012, on peut se poser quelques questions. En particulier sur ce qu’il y a lieu d’attendre de certains jeunes gens qui seront les « élites » ayant vocation à construire et à gérer notre future administration, et qui se comportent comme des « cireurs de pompes » ambitieux prêts à tout. Il y a tout lieu de penser qu’ils se contrefoutent des épisodes et des données de l’histoire de la fonction publique et surtout de celle du syndicalisme des fonctionnaires que ce blog permet de rappeler. Espérons qu’il en va autrement dans les jeunes générations de fonctionnaires qui n’ont pas beaucoup d’occasions de rencontrer des écrits sur ces sujets.

O

A toutes fins utiles, on va donc poursuivre en rappelant aujourd’hui un épisode assez largement méconnu qui devrait donner à réfléchir.

A la veille de la Seconde guerre mondiale fut constitué un « Comité de la Hache » comprenant une « Mission des fonctionnaires » présidée par un Inspecteur des Finances, Xavier des Francs, à laquelle s’est joint Maurice Lagrange, maître des requêtes au Conseil d’Etat. Cet organisme a rédigé un projet de statut des fonctionnaires codifiant la jurisprudence du Conseil d’Etat et les dispositions les plus élaborées des statuts particuliers, accompagné d’un projet de « réorganisation des services » consacrant la distinction entre « fonctionnaires » relevant du statut et « employés » considérés comme des agents de droit privé liés à l’Etat par un contrat de travail.

La déclaration de guerre a interrompu les travaux de ce Comité de la Hache, mais l’acte dit « loi » du 29 mars 1941 a annoncé la mise à l’étude d’un projet de statut dont Maurice Lagrange, devenu chargé de mission au Secrétariat général de la Présidence du gouvernement de Vichy a été chargé et l’a soumis au Conseil d’Etat. Une commission spéciale présidée par Pierre Josse a tenu onze séances pour son examen. L’assemblée générale du Conseil d’Etat, réunie dans les salons de l’Hôtel Majestic à Royat, lui a consacré les journées des 19, 20 et 21 août 1941. Le 25 août, Alfred Porché, Vice-Président, adressait à l’amiral Darlan une longue lettre accompagnant les projets de lois résultant de ces délibérations. L’un portait « statut général des fonctionnaires civils de l’Etat et des établissements publics de l’Etat », l’autre était relatif à « l’organisation des services ». Ces textes deviendront la loi du 14 septembre 1941, publiée au JO du 1er octobre. Une troisième loi du même jour concernait l’extension du titre sur les associations professionnelles aux agents des collectivités locales et aux agents non titulaires.

A la Libération ces textes de Vichy ont été abrogés et les profondes réformes donnant naissance à une nouvelle fonction publique ont été engagées. Le directeur du cabinet de Maurice Thorez, vice-président du conseil promoteur du statut général des fonctionnaires en 1946, était Pierre Meunier, fonctionnaire du ministère des Finances ancien secrétaire général du Conseil national de la Résistance proche de Jean Moulin, militant antifasciste des années de l’entre-deux-guerres et collaborateur de Pierre Cot ministre du Front populaire.

L’histoire des 70 années qui ont suivi, l’analyse du régime de fonction publique en vigueur et de certains projets montrent qu’il est des « idées » abusivement parées des vertus de la « modernité » qui sont loin d’avoir disparu.

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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2 mai 2015 6 02 /05 /mai /2015 07:43

Ce blog marque son cinquième anniversaire. Plus de 500 articles y ont été insérés sur de multiples aspects de l’histoire de la fonction publique, du syndicalisme des fonctionnaires, de la Commune de Paris. Ils ont certainement contribué à la connaissance par un public plus étendu des ouvrages, études et articles publiés sur ces sujets au long de plusieurs décennies. Ils constituent en eux-mêmes sur de nombreux points un élargissement de la réflexion, une approche plus précise, un rebondissement à la faveur d’événements de la politique économique et sociale.

Au cours de cette période, une dizaine de nouveaux écrits rassemblant près d’un millier de pages ont fait l’objet de publications numériques sur le site Calaméo.

Aujourd’hui, il faut souhaiter que s’instaure un dialogue avec les lecteurs, que de nouveaux relais s’établissent, et que soient bousculés les obstacles, les blocages que ces initiatives - dont il faut bien dire qu’elles s’inscrivent dans le dernier chapitre du « Parcours militant de plus de trois quarts de siècle » dont une nouvelle version vient d’être éditée, peuvent encore rencontrer.

 

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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1 mai 2015 5 01 /05 /mai /2015 08:54

Quand on nous parle de la République et des républicains - dans des discours parfois abusifs et indignes dont les médias nous rebattent les oreilles - se heurtant, il est vrai, à quelques textes de qualité, il serait salutaire de se souvenir que nous ne sommes pas aux Etats-Unis, et que la Commune de Paris fut un épisode marquant de notre histoire nationale, aux avant-postes de la République.

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Présentation

  • : Le blog de René BIDOUZE
  • Le blog de René BIDOUZE
  • : Des articles et des points de vue sur la Fonction Publique, le syndicalisme et la Commune de Paris
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Auteur

  • René BIDOUZE
  • En un demi-siècle, j’ai fait le « tour de la table » de la politique de la fonction publique comme syndicaliste, directeur du cabinet du ministre, conseiller d’Etat en service extraordinaire,  auteur d'ouvrages.
  • En un demi-siècle, j’ai fait le « tour de la table » de la politique de la fonction publique comme syndicaliste, directeur du cabinet du ministre, conseiller d’Etat en service extraordinaire, auteur d'ouvrages.

Eléments biographiques

  Né le 2 décembre 1922 à Jurançon (Pyrénées-Atlantiques)

 

-Fonctionnaire

 Receveur divisionnaire des Impôts honoraire

 

-Dirigeant national du mouvement syndical des fonctionnaires (1958-1978)

  Secrétaire du Syndicat national des Contributions indirectes 1958-1963

  Secrétaire général de la Fédération des finances CGT 1963-1970

  Secrétaire général de l’Union générale des fédérations de fonctionnaires (UGFF) et

  Membre du conseil supérieur de la fonction publique 1970-1978

  Membre de la commission exécutive de la CGT 1969-1975.

 

  Membre du conseil d’administration de l’Institut CGT d’histoire sociale.

 

-Directeur du cabinet du ministre de la fonction publique et des réformes administratives  (juin 1981-novembre 1983).

 

-Conseiller d’Etat en service extraordinaire (novembre 1983-novembre 1987).

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