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12 octobre 2015 1 12 /10 /octobre /2015 07:43

- Une question qu’on ne se pose pas et qui n’aura pas de réponse : Supprimer « l’emploi à vie » dans la fonction publique, concept né du chômage de masse et ardemment diffusé par des nantis qui ne risquent rien et se répètent en boucle, cela diminue de combien le nombre des chômeurs ?

- Une autre question : si au lieu de recruter des fonctionnaires par concours en leur donnant ensuite une formation adéquate, on recrute des contractuels sur titres ou des vacataires sans qualification, cela fait quelle économie pour le budget de l’Etat ou de la collectivité concernée (dans l’immédiat et même à long terme) ?

- Il y a un demi-siècle certains « experts » ont longtemps disserté sur une « gestion prévisionnelle des effectifs » dans la fonction publique. Elle est, en effet, consubstantielle du « système de carrière ». Son échec- qui aurait pu être évité et reste une exigence pour les temps qui viennent- est une donnée de l’histoire. Si elle était largement connue, ce qui n’est manifestement pas le cas, Sarkozy aurait plus de mal à faire avaler sa proposition de généraliser un « contrat de cinq ans », qui est une de ses manières de liquider le statut des fonctionnaires.

- Il y a trop de fonctionnaires, mais pas assez d’enseignants, de policiers, d’infirmières … (avez-vous remarqué qu’on oublie le plus souvent dans cette énumération les agents des finances qui pourraient poursuivre l’évasion fiscale mais dont les effectifs sont en constante diminution ?) Même question pour les magistrats et les militaires qui relèvent d’autres statuts. Alors où manie-t-on la « hache » ou la « guillotine », du nom des comités qui se succédaient dans la période de l’entre-deux-guerres ?

- Encore une question dans cette série : Que diraient certaines vedettes de la télévision et les journalistes de moindre importance qui en prennent à leur aise avec le statut des fonctionnaires (qui est une garantie fondamentale d’indépendance) si on adoptait la même attitude qu’eux en s’en prenant au statut des journalistes sous prétexte qu’il est fondé sur des lois anciennes de 1881, 1936 ou 1974 et quelques décrets relevant du Code du travail ?

A suivre…

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 09:19

On nous annonce le retour de la dictée à l’école primaire. L’avenir nous dira si c’est un nouveau coup politique ou une mesure efficace alors que selon des enquêtes récentes, les étudiants font de plus en plus de fautes d’orthographe.

Lorsque, dans les années 1930, j’étais un élève de l’école communale de Jurançon, dans mes Pyrénées natales, tout élève ayant plus de cinq fautes à la dictée avait droit à une fessée devant toute la classe. Me situant dans la catégorie du 0 faute, et placé au premier rang, je trouvais le spectacle hilarant. L’instituteur, qui était un fin pédagogue, s’est arrangé un beau jour pour que je sois le seul à avoir cinq fautes, et j’ai cessé de rigoler.

Quand un vieux de la vieille de mon espèce offre un témoignage, cela ne signifie pas nécessairement que les faits rapportés soient proposés comme un modèle à suivre. Je ne suis pas un adepte patenté de la fessée, dont les vertus éducatives ont fait récemment l’objet d’un débat contradictoire, et encore moins de la fessée publique…Mais qui sait ce que l’avenir nous réserve ?

Dans l’immédiat, Valls se déchaîne quand on arrache des chemises, mais c’est la « déculottée » électorale qui s’annonce.

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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5 octobre 2015 1 05 /10 /octobre /2015 07:22

Quand on s’intéresse réellement aux problèmes fondamentaux de la fonction publique, à l’efficacité de l’administration au service de l’intérêt général et à la situation des fonctionnaires, il est légitime de s’interroger sur la suite qui sera donnée à une série de données marquantes de la dernière période.

Fin octobre 2013 a été publié le Rapport sur la Fonction publique présenté par Bernard Pêcheur, Président de section au Conseil d’Etat.

En juin 2015 une Lettre rectificative au Projet de loi relatif à la déontologie et aux droits et obligations des fonctionnaires modifiant plusieurs chapitres des quatre titres du statut général a été déposé.

Après un an de négociations, le moment est venu de la présentation d’un protocole relatif aux parcours professionnels, aux carrières et aux rémunérations des fonctionnaires (PPCR) soumis à la signature des organisations syndicales, débouchant après les décisions du Premier ministre, sur des controverses relatives aux conceptions et à la pratique de la « politique contractuelle » et du « dialogue social » dans la fonction publique, et sur un mouvement de grève interprofessionnelle annoncé pour le 8 octobre.

Il n’est que trop évident que les propos irresponsables d’un ministre aux dents plus longues que celles de ses collègues et l’agitation médiatico - politique qu’ils ont occasionnée ignorent délibérément ces réalités, et n’ont qu’un lointain rapport avec l’avenir du régime général de la fonction publique, dont le statut est la principale expression juridique.

Ils n’ont rien à voir avec un débat, c’est-à-dire avec une confrontation contradictoire des différents aspects juridiques, économiques et sociaux du sujet, et on pourrait s’étonner, si on n’était pas habitué aux palinodies qui encombrent notre vie politique, qu’un ensemble de problèmes d’une telle importance soit traité de cette manière.

Quoi qu’il en soit, les événements de la dernière période auront inévitablement des prolongements et des conséquences qu’il importera d’observer et d’analyser.

Ne serait-ce qu’en ma double qualité de fonctionnaire retraité et de syndiqué, je suis malgré tout solidaire de ceux qui soutiennent à des titres divers la conception française de la fonction publique et son statut. Mais je ne renonce à aucune de mes réserves, à aucun de mes désaccords portant sur le fond et sur les voies et moyens d’un combat efficace dans le contexte politique et électoral de cette fin de quinquennat.

O

Les mentions sommaires et partielles généralement répétitives que l’on rencontre maintenant dans certaines prestations ne sauraient occulter l’absence persistante de toute approche globale et exhaustive de l’histoire de la fonction publique et peut-être plus encore de celle du mouvement syndical des fonctionnaires pourtant riches d’arguments et de références.

Cette absence résulte à la fois - parmi un certain nombre de facteurs dont la simple évocation serait édifiante - d’une lacune inavouable de la connaissance historique et d’une sorte d’allergie à l’utilisation des travaux existants en la matière.

Sans surestimer la portée de l’histoire et sans lui attribuer des vertus excessives dans l’issue des problèmes posés, j’en viens à penser qu’elle est décidément en état de légitime défense.

Dans ce contexte, je n’ai pas d’autre alternative que de maintenir pour un temps mon approche et ma contribution, dont les fondements, la spécificité et les limites ont été maintes fois explicités, et de souhaiter un sursaut dont je regrette qu’il tarde un peu trop à se produire.

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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1 octobre 2015 4 01 /10 /octobre /2015 08:07

Pour illustrer les constantes de l’histoire de la fonction publique, il est opportun de rappeler encore une fois les propos tenus par certains membres de nos « élites », éminents devanciers d’un personnage aux dents longues qu’une véritable campagne des medias s’emploie à promouvoir.

Contrairement à ce que cette agitation politico - médiatique tente de nous faire croire, personne ne propose un véritable débat, ni ceux qui fustigent le statut et n’ont pas d’autre objectif que de consolider et d’aggraver les atteintes qu’il a subies en lui donnant un champ d’application aussi réduit que possible dans le cadre d’une large mise « en voie d’extinction », ni certains de ceux qui le soutiennent de façon sommaire et souvent maladroite après avoir entériné cette politique pendant les années de « cohabitations » et « d’alternances ».

L’histoire n’a pas commencé en septembre 2015…

                                                                       O

 

Roland Drago, membre de l’Institut, qui s’était déjà manifesté dans le passé écrivait dans un article de la revue Service public de juin 1994 que les qualités qui sont « encore » celles de la fonction publique française, en dépit de son « gigantisme » et de la « rigidité des règles qui la régissent », « tiennent plus à des traditions qui, paradoxalement, remontent à une époque où son statut était limité et peu contraignant qu’à des règles qui finiront par l’étouffer et à l’écarter des services les plus actifs. » Dans un colloque en décembre 1993, le même auteur déclarait : « il s’agirait de savoir pourquoi, pendant un siècle et demi, la fonction publique française a pu vivre sans statut. Ses qualités étaient-elles moindres à ces époques ? » Et d’évoquer « la rigidité d’un système où tout est réglementé et où les « droits acquis » interdisent toute réforme », ce qui était juridiquement inexact.

Thierry de Montbrial dans une introduction à un ouvrage publié en 2002 par l’Académie des sciences morales et politiques dont il était le président sous le titre La France du nouveau siècle, se référant à une contribution sur la fonction publique, déclarait qu’il s’agissait de « substituer un système différencié de régulation par objectif et par contrat » au statut « monolithique d’inspiration soviétique » publié en 1946, émettant ainsi une appréciation démentie par le contenu, les sources et les modalités de l’élaboration de ce statut, la situation politique et juridique des fonctionnaires soviétiques au service du Parti - Etat qui n’avait rien de commun avec celle des fonctionnaires français.

Maurice Druon, de l’Académie française, publiait dans Le Figaro du 22 septembre 2003, un article intitulé La CGT contre la France où il concluait ainsi ses charges contre les fonctionnaires : « Il faudrait en tout premier, et par ordonnance, changer le statut de la fonction publique que les communistes fabriquèrent en 1946, faire voter cette loi contre le droit de grève qui était promise et qui ne fut jamais mise en chantier, et rogner le pouvoir des commissions paritaires qui sont des soviets installés dans chaque ministère... » Chacune de ces appréciations recélait une inexactitude et une outrance révélant une ignorance des données historiques et juridiques de la fonction publique alliée à la prétention et à la mauvaise foi.

Jacques Marseille, professeur à la Sorbonne, directeur de l’Institut d’histoire économique et sociale, affirmait que la caractéristique du statut des fonctionnaires, dont il estimait qu’il est « fossilisé » est d’être « conforme aux principes alors défendus par la CGT ». Entre autres affirmations contraires aux réalités juridiques, il fustigeait « ce fameux statut général élaboré par Maurice Thorez et sanctionné par la loi du 19 octobre 1946. » pour affirmer que « cinquante années ont passé et ce statut, toujours en vigueur, continue de régir le fonctionnement de notre administration. »

Jean Choussat, ancien directeur du Budget se signalait à l’époque du gouvernement de Michel Rocard par une série d’attaques virulentes sur les pratiques du « dialogue social » qu’il assimilait à une « démission de l’autorité », sur le comportement jugé irresponsable des organisations syndicales, pendant qu’un autre expert proposait d’éviter d’attaquer de front les « bastilles » qui bloquent l’administration, parmi lesquelles « l’intangibilité du statut de la fonction publique » en voyant dans la politique dite du « renouveau des services publics » « un moyen de les contourner ».

Philippe Caïla, directeur du cabinet de Santini, éphémère secrétaire d’Etat à la fonction publique dans le gouvernement de François Fillon, participant à une Rencontre-débats en janvier 2009, a peut-être emporté la palme en affirmant que « le statut de 1946 sentait un peu le pétainisme

Ces dinosaures avaient eux-mêmes des ancêtres :

Théophile Berlier, Comte du Premier Empire, au cours d’un débat au Corps législatif : « La position spéciale des fonctionnaires publics peut et doit même en plusieurs circonstances, leur faire interdire ce qui est licite à d’autres »

De Lasies, député du Gers le 14 novembre 1906, après le vote par la majorité de la Chambre des députés hostile au droit de grève des fonctionnaires d’une augmentation substantielle de l’indemnité parlementaire : « Mon indignation n’a d’égale que ma satisfaction »

Michel Debré, Homme d’Etat des IVe et Ve Républiques , dans « La mort de l’Etat républicain »: « Le fonctionnaire est homme de silence. Il sert, il travaille, il se tait.

 

 

 

 

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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29 septembre 2015 2 29 /09 /septembre /2015 08:35

L’entre-deux-guerres a connu de violentes campagnes anti-fonctionnaires alors que les gouvernements de la IIIe République tentaient vainement d’imposer un « statut-carcan ». La contestation du statut général des fonctionnaires est une constante de l’histoire de la seconde moitié du XXe siècle. Elle s’est manifestée dès sa publication en 1946 et n’a jamais cessé, avec des poussées de fièvre et d’hystérie.

La principale critique adressée à ce statut par les héritiers des autocrates des périodes précédentes était celle de sa « rigidité ». Celle du « gigantisme » est survenue principalement après les réformes de 1981-1986, et la dénonciation de « l’emploi à vie » par des personnages bien payés et inamovibles n’est apparue qu’avec le chômage de masse qui frappe les classes populaires. Ces critiques émanent au fil du temps d’un troupeau de « dinosaures » (de tous âges) du monde de la politique, des médias et de la finance qui n’hésitent pas à brandir à chaque époque le concept éculé de la « modernité ».

Le principal atout de ces réactionnaires réside dans l’ignorance entretenue des principes fondamentaux de la fonction publique, des textes législatifs et réglementaires tendant à l’adaptation du système aux évolutions de l’administration et de la société, des avancées et des reculs liés aux fluctuations de l’histoire politique, économique, et sociale qu’il importe d’analyser.

Au long des trente dernières années le statut des fonctionnaires a subi de nombreuses atteintes et remises en cause, son champ d’application a été réduit notamment par le recours accru aux non titulaires, et il a été mis en voie d’extinction dans l’ancienne administration des PTT. La droite espère revenir au pouvoir et lui porter l’estocade dont elle a toujours rêvé.

Telles sont les réalités qu’une véritable mobilisation des médias s’emploie à occulter.

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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26 septembre 2015 6 26 /09 /septembre /2015 08:11

La semaine qui a suivi les propos d’E.Macron sur le statut des fonctionnaires a été marquée par une avalanche exceptionnelle de commentaires, analyses et proclamations, par des sondages orientés, et a été couronnée par une longue soirée consacrée à l’émission de France 2 « Des paroles et des actes » en présence du gouvernement presque au grand complet.

La situation politique, les affrontements et les chocs d’ambitions personnelles, le déclin et les divisions des partis politiques, les perspectives des prochaines échéances électorales, les stratégies pour la présidentielle … tout cela a été abondamment évoqué au long de l’agitation politico-médiatique de ces derniers jours.

Lorsqu’on s’intéresse particulièrement à la fonction publique, il est des constatations que l’on ne peut manquer de faire : les politiciens de droite, qui sont des adversaires déclarés du statut des fonctionnaires, en ont profité pour réaffirmer leur hostilité, et un sondage a permis d’accréditer l’idée que la majorité des Français seraient du même avis. Mais les problèmes fondamentaux de la fonction publique, la situation des fonctionnaires et les rapports entre l’Etat et les millions d’agents publics, la consultation en cours sur un protocole concernant les parcours professionnels, les carrières et les rémunérations négocié depuis des mois sont restés en dehors de cette agitation alors qu’elle était partie de propos sur le statut.

Au-delà de ce constat spécifique, les réponses au sondage qui a clôturé l’émission de F2 ont montré que les positions « avant » et « après » étaient identiques et que pratiquement personne n’avait changé d’avis au cours de cette soirée-spectacle.

O

Dans l’ensemble de mes ouvrages, articles et études consacrés à la fonction publique, je crois avoir démontré que la contestation du statut général des fonctionnaires comme principale expression juridique de la conception française de la fonction publique est une constante de l’histoire. J’ai analysé les diverses formes que cette contestation a revêtues en fonction de l’évolution des données politiques, économiques et sociales.

Je crois avoir également démontré que le mouvement syndical des fonctionnaires a été un acteur essentiel des évolutions de la fonction publique et que son histoire lui est intimement associée.

Cette contribution à l’histoire générale de la fonction publique et du syndicalisme des fonctionnaires est fondée à la fois sur les fonctions que j’ai exercées au long d’un parcours de plus de trois quarts de siècle et sur les travaux auxquels je me suis livré.

Elle coexiste avec les contributions de personnalités et d’experts de diverses disciplines et de revues spécialisées et avec les participations aux initiatives qui ont marqué les colloques et commémorations.

Tout cela, joint à une documentation et à des fonds d’archives d’une ampleur et d’une diversité exceptionnelle constitue un acquis pour toute réflexion tendant à définir une administration et des services publics efficaces servis par des fonctionnaires dotés de garanties fondamentales et soumis à des droits et obligations conformes à l’intérêt général.

Mais nous sommes très loin d’une telle démarche. En ce qui me concerne, je ne me suis jamais senti à ce point « ailleurs et autrement ».

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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22 septembre 2015 2 22 /09 /septembre /2015 08:48

Au cours d’un petit-déjeuner-débat organisé vendredi dernier 18 septembre avec la participation de plusieurs dizaines de personnes, parmi lesquelles des hauts fonctionnaires, des dirigeants d’entreprise, des journalistes, le ministre de l’Economie Emmanuel Macron aurait déclaré que le statut général des fonctionnaires « n’est plus adapté au monde tel qu’il va ».

On connaît la suite.

Que des propos aussi irresponsables d’un ministre témoignant surtout qu’en dépit des éloges dont il fait l’objet, il ne connait pas le sujet dont il parle et dénonce un ensemble législatif, réglementaire et jurisprudentiel qu’il n’a probablement jamais lu, et  que ces propos soient relayés par des commentaires complaisants de certains milieux relève de l’imposture.

A l’appui des ripostes et protestations légitimes qu’elle suscite, l’Histoire de la fonction publique française, y compris dans sa période contemporaine, apporte des réponses cinglantes.

 

                                                                               O

Dans le dernier livre de

Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot

anciens directeurs de recherche au CNRS

« Tentative d’évasion (fiscale)

lisez les chapitres sur « L’ENA, école de pouvoir », la carrière de Macron et de quelques autres, le pantouflage et la porosité entre le public et le privé…

 

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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21 septembre 2015 1 21 /09 /septembre /2015 08:23

Emmanuel Macron, ministre de l’Economie qui appartient à la caste des très hauts fonctionnaires grassement payés au service de la finance et des privilégiés de la fortune, a tenu le haut du pavé pendant tout ce week-end après avoir prétendu que le statut général des fonctionnaires ne serait pas adapté à la situation actuelle de notre pays.

Les plus hautes autorités de l’Etat se sont senties obligées, ne serait-ce que pour des raisons électorales, de « recadrer » cette intervention intempestive et inopportune en affirmant leur attachement au statut sans pour autant désavouer le comportement du ministre.

Dans ce contexte, il appartient au mouvement syndical des fonctionnaires d’assumer ses responsabilités.

O

Les principes fondamentaux de la conception française de la fonction publique sont le produit d’une longue histoire. Ils sont une création continue qui doit être associée à une analyse sérieuse des évolutions de l’administration et de la société. Leur connaissance par le plus grand nombre possible de fonctionnaires et agents publics est plus nécessaire que jamais.

Sachant que certains s’emploient pour des raisons non explicites en abusant parfois des responsabilités qui leur sont confiées, à maintenir une chape de plomb sur cette histoire et sur celle du syndicalisme des fonctionnaires, j’ai avancé des données qui auraient risqué d’être oubliées ou malmenées notamment à l’occasion des célébrations en cours du 120e anniversaire de la CGT. D’autres aspects de la place occupée par le syndicalisme des fonctionnaires dans l’histoire confédérale - dont l’étude figure dans les travaux publiés au fil du temps - seront rappelés.

O

Des militants qui consultent régulièrement mes publications et approuvent la légitimité de ma démarche ont pris l’initiative de lui donner une certaine diffusion. Il en résulte une progression de la consultation du blog.

Dans le même temps, quelques nouveaux abonnements viennent renforcer la démarche et de nouveaux liens sont établis.

J’espère que ce mouvement va s’amplifier et qu’il viendra faciliter le développement des projets en cours de préparation dont nous parlerons le moment venu.

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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18 septembre 2015 5 18 /09 /septembre /2015 09:07

A toutes fins utiles, pour le cas où certaines données historiques seraient oubliées ou malmenées:

1° le mouvement syndical s’est développé en France après la publication de la loi du 21 mars 1884 : Fédération nationale des syndicats constituée en 1886, suivie en 1892 de celle de la Fédération des Bourses du travail et en 1895 de celle de la CGT.

2° cette loi ne s’appliquait pas aux personnels des services publics, ainsi que l’a confirmé, quelques mois plus tard, un arrêt de la Cour de Cassation en date du 25 juin 1885 (les ouvriers d’Etat pouvaient constituer des syndicats).

3° toutes les tentatives des associations professionnelles de fonctionnaires constituées dès la fin du XIXe siècle notamment par les instituteurs, les postiers, les agents des Ponts et chaussées et du grand nombre de celles qui se sont constituées après la publication de la loi du 1erjuillet 1901 de se transformer en syndicats se sont heurtées à l’opposition des gouvernements de la IIIe République.

La position de ces derniers était cependant assez ambiguë : ils considéraient que la « capacité syndicale » ne saurait être accordée aux agents de l’Etat, car ils détiennent une « portion de la puissance publique ». Ils toléraient les associations ou amicales, et même les rares syndicats existants, mais ils s’employaient à combattre ceux qui tentaient de se créer. Dans le même temps, ils avançaient l’idée d’un « statut spécial » essentiellement destiné à consacrer cette situation.

4° La partie la plus déterminée du mouvement associatif des fonctionnaires a mené une lutte intense pour la reconnaissance du droit syndical, c’est-à-dire, concrètement, le bénéfice de la loi de 1884. A la fin de l’année 1905 et au début de 1906, la publication du « Manifeste des instituteurs syndicalistes », la campagne menée par le « Comité central pour la défense du droit syndical des salariés de l’Etat, des départements et des services publics », organisme créé par les associations professionnelles qui groupaient plus de 300.000 adhérents (chiffre énorme pour l’époque et même pour la nôtre, par comparaison avec les effectifs globaux concernés) marquaient les premières initiatives d’une longue lutte pour le droit syndical, saluées par la CGT qui subissait alors la répression du pouvoir, et par des personnalités comme Anatole France, Ferdinand Buisson, Jean Jaurès.

5° au lendemain de la Première guerre mondiale, la Fédération des fonctionnaires créée en 1909 a adhéré à la CGT en 1920 et s’est employée à cette transformation malgré la répression et les poursuites.

6° après avoir largement contribué à la victoire électorale du Cartel des gauches en 1924, la fédération des fonctionnaires a obtenu la reconnaissance de facto du mouvement syndical des fonctionnaires par une circulaire du ministre de l’Intérieur Camille Chautemps.

7° la jurisprudence du Conseil d’Etat a consacré pendant cette longue période (jusqu’à la publication de la loi de 1946 portant statut général des fonctionnaires) le caractère « illégal » des syndicats de fonctionnaires.

Cet exposé fait apparaître que la lutte du mouvement associatif des fonctionnaires pour la constitution de syndicats s’est constamment heurtée à l’opposition des gouvernements et à une jurisprudence draconienne du Conseil d’Etat, et que la reconnaissance explicite du droit syndical est la pierre d’achoppement des rapports entre l’Etat et les fonctionnaires pendant trois quarts de siècle.


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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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14 septembre 2015 1 14 /09 /septembre /2015 07:53

Invité de l’émission « Agora » sur France Inter ce dimanche 13 septembre, Pierre Rosanvallon a laissé le champ libre à mon compatriote Béarnais François Bayrou, dont les discours ne devraient pourtant pas nous faire oublier qu’il est atteint, comme d’autres politiciens, des défauts analysés dans l’ouvrage qui vient de paraître.

Nous verrons peut-être bientôt ce que les descendants des « rats de cave » et des « gabelous » ont à nous dire.

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  • René BIDOUZE
  • En un demi-siècle, j’ai fait le « tour de la table » de la politique de la fonction publique comme syndicaliste, directeur du cabinet du ministre, conseiller d’Etat en service extraordinaire,  auteur d'ouvrages.
  • En un demi-siècle, j’ai fait le « tour de la table » de la politique de la fonction publique comme syndicaliste, directeur du cabinet du ministre, conseiller d’Etat en service extraordinaire, auteur d'ouvrages.

Eléments biographiques

  Né le 2 décembre 1922 à Jurançon (Pyrénées-Atlantiques)

 

-Fonctionnaire

 Receveur divisionnaire des Impôts honoraire

 

-Dirigeant national du mouvement syndical des fonctionnaires (1958-1978)

  Secrétaire du Syndicat national des Contributions indirectes 1958-1963

  Secrétaire général de la Fédération des finances CGT 1963-1970

  Secrétaire général de l’Union générale des fédérations de fonctionnaires (UGFF) et

  Membre du conseil supérieur de la fonction publique 1970-1978

  Membre de la commission exécutive de la CGT 1969-1975.

 

  Membre du conseil d’administration de l’Institut CGT d’histoire sociale.

 

-Directeur du cabinet du ministre de la fonction publique et des réformes administratives  (juin 1981-novembre 1983).

 

-Conseiller d’Etat en service extraordinaire (novembre 1983-novembre 1987).

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