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12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 08:30

Cet article s’insère dans la série en cours sous la rubrique « Pleins feux sur l’histoire du syndicalisme des fonctionnaires »

 

Ma décision de mettre un terme en juin 1978 - alors âgé de 55 ans - aux mandats de secrétaire général de l’Union générale des fédérations de fonctionnaires (UGFF- CGT) que j’exerçais depuis décembre 1970, après ceux du Syndicat national des Indirectes (1958-1962) et de la Fédération des Finances (1962-1970) était un acte personnel mûrement réfléchi.

Il impliquait mon retour dans une administration très différente de celle que j’avais quittée, et deux adaptations successives aux fonctions de directeur divisionnaire à la Direction de la Garantie et des services industriels à Paris, puis de receveur divisionnaire des impôts du département de l’Aisne. J’étais à dix ans de la « limite d’âge ».

Cet acte répondait à un attachement au principe de mandats syndicaux renouvelables à durée limitée. Il était annoncé un an à l’avance et accompagné d’une proposition de méthode inédite (qui sera plus ou moins correctement mise en œuvre par ceux qui en auront la charge), celle d’une détermination ouverte et démocratique débarrassée des systèmes de cooptation et des promotions fondées sur des équilibres discutables de courants de pensée où « démocratie » et « indépendance » syndicales avaient du mal à se frayer un chemin. C’était il y aura bientôt quarante ans, dans un contexte politique très différent de celui d’aujourd’hui.

Cet acte s’accompagnait d’une autre décision (chaleureusement approuvée par Henri Krasucki qui en analysera la réalisation et en soulignera la portée dans des termes qui restent novateurs) celle d’engager une étude aussi approfondie que possible de l’histoire du syndicalisme des fonctionnaires et de sa relation avec le syndicalisme confédéré.

J’avais douloureusement vécu les ravages d’une certaine ignorance non exempte de mauvaise foi à l’occasion de la crise des années 1975, qui avait été surmontée par un débat démocratique sans précédent faisant échec à des méthodes autoritaires (dont l’analyse s’avère encore d’actualité).

J’avais ressenti l’intérêt d’une telle étude lors de la commémoration en 1976 du 30e anniversaire du statut général des fonctionnaires dont j’avais pris l’initiative avec les fédérations des PTT et des Services publics et de santé sous la présidence de Georges Séguy et la participation de Jacques Pruja, Alain Le Léap, Léon Rouzaud, Pierre Meunier, personnalités qui avaient tenu les premiers rôles dans l’adoption du statut en 1946 et dans sa sauvegarde face aux « révisionnistes » de tout acabit.

Cinq ans plus tard, avec l’accession de la gauche au pouvoir, on y puisera les fondements de réformes auxquelles il me sera donné de contribuer dans des fonctions entièrement nouvelles au long des années suivantes.

Aujourd’hui, j’assume pleinement cette conception des réalités syndicales et de l’exercice des responsabilités.

 

 

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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9 janvier 2016 6 09 /01 /janvier /2016 08:56

A l’occasion de la célébration du 20e anniversaire de la mort de François Mitterrand qui donne lieu en ce moment à de nombreuses initiatives, je crois devoir reproduire ce passage de mon texte intitulé « L’unité d’un parcours militant de plus de trois quarts de siècle » que l’on peut consulter sur le site Calameo (page 85)

Conseiller d’Etat en service extraordinaire

(Novembre 1983 - novembre 1987)

Un Conseiller d’Etat venu du monde syndical

Selon le statut des membres du Conseil d’Etat, cette institution comprend douze Conseillers d’Etat en service extraordinaire, choisis « parmi les personnalités qualifiées dans les divers domaines de la vie nationale » pour une période de quatre ans, en principe renouvelable après une période de deux ans. Pendant la durée de leur activité, ils siègent dans les sections administratives et à l’assemblée générale, mais ils ne peuvent être affectés à la section du contentieux.

En novembre 1983, trois postes de conseiller d’Etat en service extraordinaire devenaient vacants. Parmi les nombreuses candidatures qui lui étaient soumises, le Président de la République, François Mitterrand a décidé de choisir des personnalités venues du monde syndical. Dans le passé trois ou quatre anciens dirigeants syndicaux de la FEN et de FO avaient été nommés par Giscard d’Estaing et Chirac. Il a retenu Robert Cheramy, ancien membre de la direction de la FEN, conseiller technique à l’Elysée, Félix Fortin secrétaire général de la fédération des services publics FO (qui ne restera que quelques mois) et moi-même.

En ce qui me concerne, plusieurs proches du chef de l’Etat, notamment Jacques Fournier secrétaire général du gouvernement, avaient insisté sur l’intérêt du choix, opéré pour la première fois, d’un ancien responsable de la CGT ayant exercé de surcroît des fonctions de directeur de cabinet. Paul Legatte et peut-être d’autres conseillers de l’Elysée étaient certainement intervenus dans le même sens.

J’avais le sentiment que peu de dirigeants de la CGT et du Parti communiste avaient perçu et apprécié la portée de cette nomination. Certaines prestations douteuses de Georges Marchais m’en apporteront plus tard la confirmation. La réaction spontanée et immédiate d’Henri Krasucki n’en était que plus significative. Non seulement il m’a fait connaître sa satisfaction personnelle sur le terrain de l’amitié et de l’estime, mais il a organisé un repas auquel ont participé quelques camarades soigneusement choisis pour marquer l’hommage de la CGT.

La section des Finances

Mon affectation par Pierre Nicolaÿ, Vice-président du Conseil d’Etat - que nous avions souvent rencontré - à la section des Finances, compétente pour les textes statutaires relatifs à la fonction publique allait de soi. De même qu’avec son successeur Marceau Long, qui avait exercé les fonctions de directeur général de la Fonction publique et était secrétaire général du gouvernement en 1981.

Les deux présidents successifs de la section des Finances, Jacques Chardeau et Jacques Boutet, m’ont fait confiance en me désignant comme rapporteur de nombreux décrets qui étaient des textes d’application des dispositions législatives relatives à la fonction publique adoptées dans les années 1981-1983, et se situant donc dans le prolongement de mes fonctions précédentes, bien que le succès de la droite aux élections législatives de 1986 ait quelque peu modifié la donne.

Lorsqu’un texte statutaire concernant les personnels des collectivités territoriales venait devant la section de l’Intérieur, dont le président était notre ami Jean Kahn, j’étais souvent désigné pour représenter la section des Finances. J’étais membre suppléant de l’Assemblée générale, et je siégeais également à la section du Rapport et des études présidée par Guy Braibant.

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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8 janvier 2016 5 08 /01 /janvier /2016 08:12

Cet article est le premier de la série annoncée, dont les éléments serviront d’introduction et de support à une analyse critique du traitement de l’Histoire de la fonction publique et du syndicalisme des fonctionnaires.

                                                                               O

En 1938, une petite brochure (format 10 x 15) reproduisait une conférence de Charles Laurent, qui fut secrétaire général de la Fédération des fonctionnaires pendant trente-sept ans, de 1909 à 1946, sur Le syndicalisme des fonctionnaires, Aperçu historique, présentée dans une série d’histoire syndicale sous les auspices de l’Institut supérieur ouvrier.

Dans les années 1950, un dépliant intitulé L’Histoire du syndicalisme fonctionnaire était édité par Les Cahiers du Nouveau Réveil des Indirectes avec une Introduction d’André Berteloot secrétaire général de l’UGFF. Ce texte se référait aux travaux d’histoire syndicale de Michel Piquemal et Jacques Pruja, illustres devanciers du Syndicat des Indirectes.

Il existait d’autres textes, notamment ceux de deux universitaires, Yves Saint-Jours et Marcel Piquemal et ceux de Jeanne Siwek-Pouydesseau, directeur de recherches qui avait publié en 1970-1971 des études concernant l’élaboration du statut général des fonctionnaires, le Conseil supérieur de la fonction publique. La deuxième partie de l’ouvrage d’André Tiano intitulé Les traitements des fonctionnaires et leur détermination (1930-1957) était composée de plusieurs chapitres consacrés au mouvement syndical.

 

Postiers et enseignants apportaient une contribution spécifique. Georges Frischmann, secrétaire général de la fédération des PTT, a publié en 1967 une Histoire de la Fédération des PTT qui sera rééditée en 2011. Des syndicalistes du monde enseignant se sont exprimés tels Paul Delanoue en 1973 (Les enseignants) Robert Cheramy en 1974 (La FEN, 25 ans d’unité syndicale) Henri Aigueperse en 1977 (100 ans de syndicalisme).

 

Les militants issus des organisations syndicales des administrations financières (Caisse des dépôts et consignations, Contributions directes et indirectes, Douanes, administration centrale…) étaient aux avant postes de l’implantation du mouvement syndical des fonctionnaires puis d’une certaine diffusion de son Histoire. Parmi eux, Jean-Yves Nizet, secrétaire général du Syndicat de l’Enregistrement, dont les travaux sur la fiscalité et le rôle dans la campagne de la fédération des Finances des années 1965 pour l’allègement des impôts frappant les salariés que Benoît Frachon salua solennellement au congrès confédéral.

Presque toutes ces personnalités sont décédées. A elles, et aux militants et chercheurs qui sont toujours là, il faut rendre l’hommage qui leur est dû, la meilleure façon étant de ne pas enterrer leurs travaux et de respecter les réalités historiques. La longue tradition du mouvement ouvrier, c’est aussi cela.

 

 

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 08:55

Avertissement au lecteur

Tout lecteur quotidien du blog consultera la série des articles qui suivent au gré de leur publication.

En revanche, le lecteur occasionnel aura intérêt à les consulter en fonction de leur numérotation

 

 

                                         I- Avant-propos

 

Il n’y a pas d’objection à ce qu’on me désigne, quand l’occasion se présente, comme « syndicaliste »: cette qualité est la dominante de ma vie. Ma première carte syndicale date de la Libération. Fidèle aux engagements de ma jeunesse, je reste attentif aux grandes leçons de l’Histoire contemporaine.

Encore faut-il différencier les diverses étapes de mon parcours de plus de trois quarts de siècle et prendre acte, pour une période déjà longue, d’une réalité incontournable : mon absence de toute relation avec les responsables de l’Union générale des fédérations de fonctionnaires et de la CGT.

En guise de contribution à l’édification des nouvelles générations, il était rappelé dans un des derniers articles que le traitement de l’histoire du syndicalisme général des fonctionnaires - qui occupe dans l’histoire sociale une place non reconnue comme elle devrait l’être - est dans la tradition (actuellement rompue) des pionniers de ce syndicalisme et de quelques chercheurs. Il était précisé que dans une nouvelle série, quelques autres vérités seraient énoncées.

Nous y voilà. Plus que jamais « ailleurs et autrement ». Par les temps qui courent et dans le monde où nous vivons, il faut s’exprimer avec détermination..

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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1 janvier 2016 5 01 /01 /janvier /2016 08:17
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23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 08:50

Malgré les titres apocalyptiques de la situation nationale et internationale

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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16 décembre 2015 3 16 /12 /décembre /2015 08:53

Comme beaucoup de citoyens, je suis profondément affligé par la situation qui règne dans notre pays. Mon très long parcours de l’époque du Front populaire à nos jours ne m’incite ni à l’indulgence ni à la nostalgie.

Mais l’intérêt porté à une bonne connaissance de l’Histoire du syndicalisme général des fonctionnaires, - dont j’estime qu’elle occupe dans l’histoire sociale une place qui n’est pas reconnue comme elle devrait l’être - ne relève pas d’une vision obsessionnelle affectant un cerveau d’« ancien combattant ».

J’entends démontrer à nouveau, en guise de contribution à l’édification des nouvelles générations, qu’il est dans la tradition (actuellement rompue) des pionniers de ce syndicalisme et de quelques chercheurs.

Le moment est venu de reprendre les données essentielles de cette réalité, sans perdre de vue que l’élaboration d’une bibliographie aussi exhaustive que possible serait le premier acte positif d’une expression historique organisée.

Je rappellerai ensuite dans quelles conditions je me suis inscrit dans cette tradition, et je mettrai au jour les manquements qui affectent ce sujet pour tenter de déboucher sur des perspectives.

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 11:16

Après les événements nationaux et internationaux de la dernière période et les élections régionales des 6 et 13 décembre, tous les aspects de la vie nationale et particulièrement ceux qui concernent les orientations et l’action du mouvement social seront diversement affectés par la recherche d’une nouvelle configuration politique dans la perspective de l’élection présidentielle.

Dans ce contexte auquel nul ne pourra se soustraire, la démarche spécifique de ce blog se poursuivra modestement et fermement sur son « créneau », dans un nouveau chapitre en cours d’élaboration.

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 10:17

Force est de constater que la campagne menée depuis 2010 par les centaines d’articles publiés dans ce blog pour une prise en considération des divers aspects de l’Histoire de la fonction publique et du syndicalisme des fonctionnaires reste pratiquement sans effet, notamment au sein de la CGT et de ses instances d’Histoire sociale.

Dans une émission de télévision, on a récemment cité un auteur disant qu’il « ne commencerait à vieillir que lorsqu’il aurait cessé de s’indigner ». A une époque où les raisons d’une telle attitude prennent des dimensions exceptionnelles, je peux la reprendre à mon compte.

Mais sur ce sujet, le temps de l’indignation est dépassé. Nous verrons bientôt qu’il existe des moyens de faire face à la situation.

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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 16:41

Avec mes proches qui me soutiennent et m'assistent, Liliane, Marianne et Philippe.

93e anniversaire
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  • : Le blog de René BIDOUZE
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  • René BIDOUZE
  • En un demi-siècle, j’ai fait le « tour de la table » de la politique de la fonction publique comme syndicaliste, directeur du cabinet du ministre, conseiller d’Etat en service extraordinaire,  auteur d'ouvrages.
  • En un demi-siècle, j’ai fait le « tour de la table » de la politique de la fonction publique comme syndicaliste, directeur du cabinet du ministre, conseiller d’Etat en service extraordinaire, auteur d'ouvrages.

Eléments biographiques

  Né le 2 décembre 1922 à Jurançon (Pyrénées-Atlantiques)

 

-Fonctionnaire

 Receveur divisionnaire des Impôts honoraire

 

-Dirigeant national du mouvement syndical des fonctionnaires (1958-1978)

  Secrétaire du Syndicat national des Contributions indirectes 1958-1963

  Secrétaire général de la Fédération des finances CGT 1963-1970

  Secrétaire général de l’Union générale des fédérations de fonctionnaires (UGFF) et

  Membre du conseil supérieur de la fonction publique 1970-1978

  Membre de la commission exécutive de la CGT 1969-1975.

 

  Membre du conseil d’administration de l’Institut CGT d’histoire sociale.

 

-Directeur du cabinet du ministre de la fonction publique et des réformes administratives  (juin 1981-novembre 1983).

 

-Conseiller d’Etat en service extraordinaire (novembre 1983-novembre 1987).

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