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25 février 2016 4 25 /02 /février /2016 08:55

                                                             

Série « Pleins feux sur l’Histoire du syndicalisme des fonctionnaires »

 

Mon témoignage sur Henri Krasucki présente un certain nombre d’éléments dont je sais par une expérience personnelle récente - sur laquelle je me suis déjà expliqué dans ce blog - qu’on n’a aucune chance de les rencontrer ailleurs que dans mes écrits notamment « L’unité d’un parcours militant de plus de trois quarts de siècle » (publication sur le site Calaméo ) en soulignant encore une fois, sans sous estimer ou ignorer le livre classique, qu’à notre époque, un livre numérique est un livre.

Celui que nous appelions familièrement « Krasu » avait de longue date pris conscience des problèmes généraux de la fonction publique et des enjeux du syndicalisme des fonctionnaires. Il s’était associé à ma décision d’engager des travaux d’histoire. Plus que tout autre dirigeant confédéral de la CGT, il s’intéressera à la parution du premier volume de « Fonctionnaires sujets ou citoyens ». En juillet 1981, il m’a appelé pour me faire connaître l’appréciation qu’il portait sur le second tome qui venait de paraître. Il l’avait lu dans l’avion, au retour d’une session de la Fédération syndicale mondiale. Il constatait que mon intention de travailler sur l’histoire du syndicalisme des fonctionnaires manifestée en juin 1978 lors de mon départ de l’UGFF, s’était concrétisée par deux volumes en trois ans. Sur ce tome II il faisait en substance les commentaires suivants que j’ai notés sur-le-champ :

« Les questions délicates ont été parfaitement traitées, avec la hauteur de vues nécessaire. Il est impossible de dire le contraire de ce qui est écrit dans ce livre, qui traite l’histoire pour ce qu’elle est. Sur Léon Rouzaud, Le Brun, Berteloot, très bien. Sur la période délicate, le ton qu’il faut.

Ce livre vient au bon moment, au-delà du monde des fonctionnaires. L’intérêt du premier volume était de donner une idée enfin sérieuse basée sur les faits, d’une histoire compliquée.

Le deuxième est écrit en avril 1981. Les points de suspension et la fin sont bien conçus. Le livre ne sera pas daté, les événements se poursuivront ».

Henri Krasucki ajoutait : « Je défie qui que ce soit de « tousser ».Tout ce qu’on pourra écrire maintenant sur ce sujet sera une contrefaçon, une entreprise de mauvaise foi battue d’avance ».

Les fonctions que tu occupes aujourd’hui se situent bien dans toute cette bataille. Au congrès de l’UGFF, je parlerai de ça » (1)

1-Directeur du cabinet du ministre de la fonction publique et des réformes administratives

 

 

La Vie ouvrière n° 1942 du 18 novembre 1981 consacrait deux pages à la présentation de cet ouvrage sous le titre La recherche passionnée d’une solidarité de destin avec la classe ouvrière comprenant une reproduction de la couverture du vol I, un entretien avec Thérèse Hirzberg et un article d’Henri Krasucki intitulé Pour qui s’intéresse à l’évolution de la CGT

Voici le texte de cet article.

Les deux volumes sur l’histoire du syndicalisme des fonctionnaires de René Bidouze intéressent beaucoup plus que les fonctionnaires.

Tous ceux, toutes celles qui cherchent à connaître, à comprendre la CGT, sa diversité et son évolution au fil du temps ont beaucoup à y apprendre.

Il s’agit d’un travail sérieux, fondé sur les faits sans rien gommer et dégageant, à chaque étape, une réflexion sur le sens profond de ce qui s’est produit.

Thérèse Hirszberg le présente ici à son importance. Je me permets, à l’appui de ce qu’elle en dit, de souligner qu’il n’est pas courant d’avoir un ouvrage qui part des débuts et va jusqu’à nos jours.

De mentionner ensuite l’originalité de la composante « fonctionnaire » du monde du travail et de son cheminement : ce n’est qu’en 1924 qu’ils ont conquis le droit de constituer des syndicats !

Beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît, cette expérience apprend à traiter avec doigté, sans simplification « tout blanc-tout noir », de la réalité historique et donc de ce qu’est réellement notre vaste et si diverse CGT, que des esprits superficiels traitent ces temps-ci avec tant de légèreté. Et pour certains, de malveillance.

Par-dessus tout, et en fin de compte, ces deux volumes montrent pour quelles raisons fondamentales commandées par la vie sociale elle-même et par quel cheminement on est passé d’un syndicalisme des fonctionnaires qui fut longtemps le point d’appui massif du réformisme syndical dans la CGT à un syndicalisme moderne où la conception de masse et de classe, qui est celle de toute la CGT, est devenue le bien commun des organisations CGT de fonctionnaires groupées dans leur UGFF.

Or, c’est l’un des faits les plus considérables de la vie syndicale française : la CGT est la première organisation syndicale chez les fonctionnaires aussi. Et le courant syndical de lutte de classe est, par là, devenu le plus influent parmi les fonctionnaires avec les particularités qui sont les leurs.

Cela fait partie des choses qu’il faut connaître pour comprendre ce qu’est vraiment la CGT.

C’est aussi l’œuvre de plusieurs générations de militants qui ont pris part à la lutte durant des décennies et représentent toutes les sensibilités existant dans la CGT.

De Michel Piquemal, Alain Le Léap, Léon Rouzaud, André Berteloot, Roger Loubet, dirigeants d’aujourd’hui, René Bidouze n’en oublie aucun, loyalement.

Je ne froisserai pas sa modestie en me bornant à rappeler que lui-même a été, durant de nombreuses années, un remarquable secrétaire général de l’UGFF pour qu’on se rende compte qu’il a pris, lui aussi, une certaine part à cette évolution et qu’il connaît ce dont il parle…

(Rediffusion)

 

 

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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18 février 2016 4 18 /02 /février /2016 08:42

Série « Pleins feux sur l’Histoire du syndicalisme des fonctionnaires »

La présentation sommaire des premiers ouvrages de synthèse concernant l’Histoire du syndicalisme des fonctionnaires et sa relation avec le syndicalisme confédéral qui vient d’être faite a tout à gagner au rappel de la contribution de deux grands « anciens », Alain Le Léap et Henri Krasucki.

          

 

« La lecture de la substantielle préface d’Alain Le Léap au tome I de l’ouvrage « Fonctionnaires sujets ou citoyens ? » (Editions sociales, 1979) est de nature à enrichir la connaissance de l’histoire du syndicalisme des fonctionnaires et de sa relation avec le syndicalisme confédéral CGT dont on célèbre le 120e anniversaire. C’est un document de référence.

Les fonctionnaires et citoyens des nouvelles générations vivent dans une France profondément différente de celle qui est évoquée dans ces lignes et sont aux prises avec les grands problèmes de ces premières décennies du XXIe siècle.

Ils pourront néanmoins, avec les distances qui s’imposent, le consulter avec intérêt ».

C’est en ces termes que pour faciliter sa lecture en tenant compte des conditions d’accès à un ouvrage depuis assez longtemps épuisé, ce texte a été inséré dans une nouvelle publication numérique sur le site Calaméo. On y a ajouté un témoignage sur la scission syndicale de 1947-1948 qui avait été avancé trois ans plus tôt à l’occasion du 30e anniversaire du statut général des fonctionnaires de 1946.

On ne saurait par ailleurs ignorer que la personnalité d’Alain Le Léap, déjà affirmée avant la Seconde guerre mondiale, s’inscrit au premier plan de l’histoire politique et sociale des décennies qui ont suivi la Libération. Notamment - pour s’en tenir au domaine syndical - à la direction de la Fédération des Finances puis dans les fonctions de secrétaire général de l’UGFF (organisation qui a remplacé l’ancienne Fédération générale au congrès de 1946 au cours duquel il a joué les premiers rôles) puis dans celles de co-secrétaire général de la CGT aux côtés de Benoît Frachon (de 1948, lors de la scission syndicale de « Force ouvrière » à 1957), et de Vice-président de la FSM.

 

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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 17:11

En ce bas monde et par les temps qui courent, chaque jour apporte son sujet d’angoisse ou de réflexion. Deux éléments viennent prouver que je ne suis pas « moderne » : dans ma classe d’école communale, en ce Béarn du premier tiers du XXe siècle, tout élève ayant plus de cinq fautes à la dictée avait droit à une fessée publique. Autre signe qui ne trompe pas, dans mes propos et mes écrits, il n’ya pas d’insultes !

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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 08:10

(Série « Pleins feux sur l’histoire du syndicalisme des fonctionnaires »)

L’Histoire du syndicalisme des fonctionnaires dont il est question ici s’applique à une longue période allant des origines, c’est-à-dire des « associations professionnelles » de la fin du XIXe siècle, au mouvement syndical de la fin des « Trente glorieuses ». Elle rencontre celle du syndicalisme confédéral dans ses périodes d’unité et de scission sans se confondre avec elle, et présente un ensemble de caractéristiques et d’originalités qui exigent une étude spécifique approfondie.

Le syndicalisme de la période contemporaine (c’est-à-dire les dernières décennies) n’est pas directement dans le champ de mes investigations. Il est partiellement évoqué dans mes écrits sur la fonction publique dans la mesure où cela permet une meilleure compréhension.

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Le premier tome de mon ouvrage Les fonctionnaires sujets ou citoyens ? qui traitait le syndicalisme des origines à la scission de 1947-1948 a paru dès 1979. Les Editions sociales ayant décidé la parution du deuxième tome en 1981, j’ai dû le rédiger au cours des six premiers mois de ma retraite administrative intervenue bien avant la « limite d’âge » pour des raisons de convenance personnelle. En juin 1981, quelques jours avant ma nomination aux fonctions de directeur du cabinet du ministre de la fonction publique et des réformes administratives dans le gouvernement de Pierre Mauroy qui devait modifier profondément le cours de cette retraite, paraissait le deuxième tome consacré au syndicalisme de la scission de 1947-1948 à avril 1981.

Tome I - Le syndicalisme des origines à la scission de 1947-1948, Editions sociales, 1979 370 pages - Préface d’Alain Le Léap, ancien secrétaire général de l’UGFF puis de la CGT

Il est fréquent que les auteurs de préfaces les utilisent pour parler d’eux-mêmes et oublier l’auteur de l’ouvrage et le sujet qu’ils sont censés présenter. Tel n’était pas le cas de la préface d’Alain Le Léap qui est une page d’histoire et un témoignage.

Tome II - Le syndicalisme de la scission de 1947-1948 à avril 1981, 1981, 378 pages

 

   

 

Les auteurs cités dans la période précédente publieront de nouveaux travaux et Jeanne Siwek-Pouydesseau (que j’avais eu l’occasion de rencontrer à différentes reprises) produira à partir de 1989 plusieurs ouvrages de référence également fondés sur la collection de La tribune des fonctionnaires, sur d’autres documents, sur les témoignages d’anciens responsables syndicaux. Ces travaux s’appliquaient à un champ plus étendu d’organisations des services publics affiliées aux diverses confédérations ou autonomes :

- Le syndicalisme des fonctionnaires jusqu’à la guerre froide 1848-1948, Presses universitaires de Lille, 1989 ;

- Les syndicats de fonctionnaires depuis 1948, PUF 1989 ;

- Les syndicats des grands services publics et l’Europe, L’Harmattan 1993 ;

- Les syndicats des fonctions publiques au XXe siècle, Berger-Levrault, 2001

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En marge du mouvement syndical, des Instituts de recherche sociale animés conjointement par d’anciens responsables syndicaux et par des chercheurs ont été constitués. En 1982, un Institut CGT d’Histoire sociale était créé sous la présidence de Georges Séguy. L’Institut Henri Aigueperse constitué auprès de la Fédération de l’Education nationale poursuivra son activité auprès de l’UNSA et un Institut de recherches accompagnera la FSU créée en 1993. Ces organismes auront des publications régulières et éditeront des textes qu’il serait utile d’inclure dans la bibliographie générale précédemment évoquée.

                       

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 08:51

Série « Pleins feux sur l’Histoire du syndicalisme des fonctionnaires »

En conclusion de la préface de « l’Histoire de la CGT », ouvrage présenté comme « un outil de troisième génération », il est souhaité que ce « premier regard sur la CGT dans son histoire » « attise la curiosité des syndiqués » et les incite à s’engager dans de « nouveaux efforts de connaissance ». Si ces considérations sont une façon d’admettre les limites de cet exercice collectif, acceptons-en l’augure. Il faut bien constater que le conseil donné aux syndiqués d’aller à la rencontre du « réseau des instituts locaux et professionnels de l’IHS-CGT » ne pourra être pleinement suivi par les fonctionnaires, car les fonctions publiques sont la seule des grandes « branches professionnelles » à en être dépourvue.

L’histoire du syndicalisme des fonctionnaires est un « créneau » auquel je me consacre depuis des décennies. Même ceux qui, notamment dans le mouvement syndical des fonctionnaires, font semblant de l’ignorer, ne peuvent contester la légitimité de la démarche que j’engage après avoir publié 600 articles dans ce blog.

Cette démarche tend explicitement, dans l’immédiat, à évaluer l’état de la recherche et des travaux en ce domaine - si intimement lié aux questions de l’Etat, de l’administration et de la fonction publique - et à en promouvoir, avec de très modestes moyens, une connaissance correcte. C’est une œuvre exaltante et utile.

Trois articles ont été publiés en janvier dans une nouvelle série intitulée « Pleins feux sur l’histoire du syndicalisme des fonctionnaires »:

I- Sur les traces des pionniers ;

II- Une décision marquante ;

III- Les sources de la recherche historique.

D’autres suivront en ce mois de février pour présenter les premiers ouvrages de synthèse publiés en 1979-1981 et dans les années suivantes, qui constituent encore aujourd’hui le socle de cette connaissance.

J’en appelle à ceux qui à des titres divers - chercheurs, étudiants, militants syndicaux - voudront enfin s’engager dans cette voie en toute indépendance.

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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3 février 2016 3 03 /02 /février /2016 12:05

Adhérent d’un Syndicat national affilié à la CGT et de ses formes successives depuis 70 ans, ayant exercé pendant plus de 30 ans des responsabilités à tous les niveaux géographiques et structurels de la CGT avant de m’engager dans la publication d’ouvrages, études et articles et d’exercer des fonctions qui m’ont placé dans une relation à bien des égards exceptionnelle avec le mouvement syndical, je suis un des survivants de générations qui ont marqué son histoire.

Mais au lendemain de la présentation en 2015 d’une série de conférences marquant le 120e anniversaire de la CGT et de la publication en janvier 2016 d’un ouvrage collectif sur le même sujet, il me revient de répondre à cette question : ces initiatives sont-elles de nature à modifier ou à infléchir ma démarche qui porte sur l’histoire de la fonction publique, du syndicalisme des fonctionnaires et (surtout) de leur relation avec le syndicalisme confédéral ?

Après avoir parcouru en toute objectivité l’ouvrage qui vient de paraître, dont les auteurs sont des historiens, politologues et « observateurs du mouvement social », la réponse est franchement NON, ainsi que les prochains articles en apporteront la confirmation.

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 16:05

Dans un ouvrage récent commenté en son temps dans ce blog, il est écrit que les orientations actuelles de l’UGFF- CGT, présentée comme ayant longtemps figuré dans le camp des « allergiques à l’encre » seraient une « révolution de la négociation »

Ceux qui ne sont pas « allergiques à l’histoire » savent que les gouvernements successifs ont refusé la négociation pendant des décennies largement au-delà de la première moitié du XXe siècle. Une bonne connaissance des conditions de l’apparition de la « politique contractuelle » dans la vie économique et sociale après le grand mouvement de mai 1968, de son contenu et de ses évolutions ultérieures éviterait bien des approximations et quelques bévues.

Les responsables du mouvement syndical CGT des fonctionnaires au sens large du terme ( fonctionnaires, agents communaux, postiers…) comme l’ensemble des fédérations du secteur public et nationalisé dont la centrale coordonnait l’action, n’ont pas confondu deux notions fondamentalement distinctes : la « négociation » et la « signature ».

Dans le système de « politique contractuelle », les gouvernants se sont toujours donné pour objectif d’obtenir une « signature » cautionnant des mesures que de toute façon ils appliquaient unilatéralement en cas d’échec.

Dans mes multiples analyses de la « politique contractuelle » et du « dialogue social » que j’ai largement pratiqués en faisant « le tour de la table », je crois avoir révélé » quelques « vérités » inédites. Ceux qui se donneront la peine de les consulter ne seront pas surpris de constater à propos des négociations salariales annoncées pour ce mois de février 2016, que pour l’essentiel, les résultats en sont connus avant même qu’elles ne soient ouvertes. Au soir de la journée du 26 janvier 2016, dont les pourcentages de grévistes et le nombre des manifestants se situent en dehors de mon commentaire, la ministre a annoncé la couleur sur le point d’indice…

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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25 janvier 2016 1 25 /01 /janvier /2016 08:32

A la veille de la grève et des manifestations du mardi 26 janvier

                          Article n° III de la série

                       « Pleins feux sur l’Histoire

​                              du syndicalisme des

                                  fonctionnaires »

 

La mise en œuvre de l’histoire du syndicalisme des fonctionnaires décidée en 1978 et poursuivie depuis dans les conditions précédemment évoquées dans cette série d’articles posait quelques problèmes inhérents à toute recherche historique.

Pour connaître l’histoire du syndicalisme des fonctionnaires et mesurer sa portée sur l’évolution des problèmes généraux de la fonction publique, il fallait appréhender les structures du mouvement syndical, ses orientations, ses relations avec l’Etat, son fonctionnement interne, et le cas échéant la personnalité de ses responsables. On ne pouvait accéder à cette connaissance sans consulter, étudier, analyser - comme dans toute recherche historique - un ensemble de documents d’archives parmi lesquels les journaux bulletins et circulaires tenaient une place de choix. Dans cet ensemble législatif, réglementaire et jurisprudentiel, il était d’autre part plus indispensable que partout ailleurs de se référer aux textes.

Dans la plupart des organisations syndicales, la question de la conservation des archives a été longtemps négligée. Certaines n’ont retrouvé que beaucoup plus tard des éléments qu’elles croyaient perdus. D’autres restent encore aujourd’hui dans une carence regrettable. Les archives de la Fédération générale des fonctionnaires constituée en 1909 et qui était jusqu’à son remplacement en mars 1946 par l’Union générale des fédérations de fonctionnaires, la grande organisation représentative de ce mouvement syndical avaient disparu pendant la Seconde guerre mondiale.

Les documents disponibles étaient essentiellement la collection complète de La tribune du fonctionnaire. Ce journal créé en 1913, mensuel puis bi -mensuel devenu hebdomadaire sous la responsabilité de Robert Lacoste considéré un temps comme le « dauphin » de Léon Jouhaux pendant les années de l’entre-deux-guerres, a paru pendant plus de 70 ans. La collection avait fait l’objet d’une reliure annuelle qui se trouvait dans le grand bureau du secrétaire général que j’avais occupé au premier étage de l’immeuble du 10 rue de Solférino qui deviendra le siège du Parti socialiste. Au début du XXe siècle, les questions concernant l’Etat et ses relations avec les fonctionnaires, ainsi que les questions de droit public qui se posaient en la matière avaient fait l’objet de débats qui avaient trouvé leur expression dans des rapports, articles, études et ouvrages. Ces textes, dont la bibliographie a été maintes fois reproduite, étaient des matériaux qui seront également utilisés dans les recherches relatives à une histoire de la fonction publique. Ils évoquaient souvent le mouvement syndical naissant des fonctionnaires frappé d’interdiction mais déjà fortement présent sur l’échiquier social.

Les chercheurs et militants qui traiteront l’histoire du syndicalisme des fonctionnaires des deux dernières décennies du XXe siècle disposeront d’une abondante documentation. Quant à l’histoire générale de la fonction publique, qui lui est liée mais reste distincte, elle dispose aujourd’hui d’une documentation et d’un fonds d’archives d’une exceptionnelle richesse ainsi que nous l’avons indiqué à plusieurs reprises dans ce blog. Le retard pris par rapport à d’autres « branches professionnelles » qui sont le plus souvent loin de posséder les mêmes atouts est anormal.

 

 

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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20 janvier 2016 3 20 /01 /janvier /2016 08:58

Le monde des fonctionnaires a toujours eu un fort ancrage à gauche qui d’ailleurs semble se maintenir malgré un recul marqué des tendances représentées par le Front de gauche et ses composantes. Mais comme dans l’ensemble des citoyens et des salariés dont il fait partie, les formations politiques de droite y exercent aussi leur influence. Selon l’enquête du CEVIPOF, l’avancée du Front National parmi les fonctionnaires vient en premier lieu des policiers et des militaires et des catégories précédemment orientées à droite plus sensibles à son argumentaire face aux évolutions des politiques publiques concernant l’immigration, l’Islam, la laïcité, le traitement du terrorisme. L’enquête révèle que pour 20% des agents les enfants d’immigrés nés en France ne sont pas des Français comme les autres. 50% pensent que l’islam constitue une menace pour l’Occident.

Il revient au syndicalisme et dans son sein au mouvement syndical des fonctionnaires de prendre sa part dans la maîtrise d’un tel phénomène. Il lui revient particulièrement de considérer que les fonctionnaires et les agents publics sont un facteur décisif des évolutions du secteur public, de ses réformes, de son efficacité au service de la nation, de la satisfaction des aspirations et des besoins des citoyens et de l’intérêt général. Tel est le cas sur la réforme territoriale de l’Etat, les restructurations dans diverses administrations, les restrictions d’effectifs… qui donnent lieu à des actions menées par les organisations syndicales (Grève et manifestations le 26 janvier).

La conférence que j’ai présentée à l’occasion de l’assemblée générale de l’Institut CGT d’histoire sociale en 2011 sur le thème « Les services publics dans l’histoire sociale » a été chaleureusement accueillie par le public qui y assistait. Elle a fait l’objet d’interventions convergentes et constructives.

Je ne compte pas sur les responsables du mouvement syndical des fonctionnaires - qui ont délibérément ignoré cette conférence - pour la mentionner dans leurs publications et encore moins pour inciter leurs adhérents à en consulter le texte.

Celui-ci a été inséré sur le site de l’IHS-CGT et dans mes publications numériques sur Calaméo. J’ai la faiblesse de penser que sa consultation est toujours d’actualité. A vous de juger.

 

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 09:31

Un article de ce blog daté du 4 décembre évoquait une enquête réalisée par Ipsos/Sopra Steria pour le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof) et Le Monde auprès d’un échantillon de 23.061 personnes à la veille du premier tour des élections régionales.

Selon cette enquête, que les résultats du scrutin ont confirmée, le Front national devait bénéficier d’une forte poussée parmi les ouvriers (45,6 % d’intentions de vote) et les employés (40,8). Le Monde daté du vendredi 4 décembre indiquait : « …Le FN fait jeu égal avec le PS dans les trois fonctions publiques, parvenant même à le devancer assez nettement dans la fonction publique hospitalière (30,4 % d’intentions de vote, contre 23,2%) ». Il notait que le FN devance le PS de 15 points (35,6% contre 20,1%) parmi les salariés d’entreprises publiques et que « les plus de soixante-cinq ans sont la seule classe d’âge dans laquelle le parti de Marine Le Pen n’arrive pas en tête ».

Cette enquête était menée par Luc Rouban, directeur de recherche au CNRS qui, se situant dans la perspective de l’élection présidentielle de 2017, fournit quelques « clés d’explication ». Analysant « une conversion touchant toutes les catégories de fonctionnaires » considérée comme un « tournant historique », il estime que « dans une grande mesure, la contestation sociale s’investit désormais moins dans l’action syndicale, comme en témoigne le faible taux de participation aux élections professionnelles de décembre 2014, que dans le choix électoral. »

Ces analyses dont l’intérêt est évident, et sur lesquelles nous reviendrons, n’infirment en aucune façon ma conviction que la connaissance de l’Histoire de la fonction publique - c’est-à-dire celle de l’élaboration des principes fondamentaux constitutifs de sa conception démocratique au long du XXe siècle - et conjointement celle du syndicalisme des fonctionnaires est une des clés du combat à mener.

Cette histoire atteste que le mouvement syndical des fonctionnaires pourrait, aujourd’hui, en toute indépendance à l’égard du gouvernement et des partis politiques, jouer un rôle spécifique important dans les évolutions démocratiques que notre pays attend. Mais je n’ai aucun moyen d’aller au-delà de cette réflexion personnelle.

En revanche, bien que la consultation de mes ouvrages anciens et celle de mes publications numériques récentes pose quelques problèmes pratiques, j’ai vérifié qu’elle est de nature à apporter de nombreuses contributions à certaines interrogations actuelles. Chacun peut vérifier la pertinence de cette affirmation (1)

1- Histoire de la fonction publique en France, Nouvelle Librairie de France, 1993. Ouvrage collectif sous la direction de Marcel Pinet, Conseiller d’Etat, publié sous le patronage de la Direction générale de l’administration et de la fonction publique. Prix des ministères Histoire/ Mémoire.

Dans le tome III, René Bidouze, La Troisième République (1870-1945) 127 pages.

-Fonction publique, les points sur les i, 232 pages, Editions de la VO, 1995.

-L’évolution historique des fonctions publiques d’emploi et de carrière en France et dans le monde, 44 pages, Institut CGT d’Histoire sociale, mai 2007.

-L’Etat et les fonctionnaires, de la plume sergent-major à internet (en publication numérique sur le site Calaméo).

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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  • : Des articles et des points de vue sur la Fonction Publique, le syndicalisme et la Commune de Paris
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Auteur

  • René BIDOUZE
  • En un demi-siècle, j’ai fait le « tour de la table » de la politique de la fonction publique comme syndicaliste, directeur du cabinet du ministre, conseiller d’Etat en service extraordinaire,  auteur d'ouvrages.
  • En un demi-siècle, j’ai fait le « tour de la table » de la politique de la fonction publique comme syndicaliste, directeur du cabinet du ministre, conseiller d’Etat en service extraordinaire, auteur d'ouvrages.

Eléments biographiques

  Né le 2 décembre 1922 à Jurançon (Pyrénées-Atlantiques)

 

-Fonctionnaire

 Receveur divisionnaire des Impôts honoraire

 

-Dirigeant national du mouvement syndical des fonctionnaires (1958-1978)

  Secrétaire du Syndicat national des Contributions indirectes 1958-1963

  Secrétaire général de la Fédération des finances CGT 1963-1970

  Secrétaire général de l’Union générale des fédérations de fonctionnaires (UGFF) et

  Membre du conseil supérieur de la fonction publique 1970-1978

  Membre de la commission exécutive de la CGT 1969-1975.

 

  Membre du conseil d’administration de l’Institut CGT d’histoire sociale.

 

-Directeur du cabinet du ministre de la fonction publique et des réformes administratives  (juin 1981-novembre 1983).

 

-Conseiller d’Etat en service extraordinaire (novembre 1983-novembre 1987).

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