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22 juin 2016 3 22 /06 /juin /2016 07:16

La fonction publique et les fonctionnaires n’ont décidément pas de chance. Dans une période fertile en palinodies, chausse-trappes et coups bas, il n’est pas de sujet plus malmené, éludé ou salopé.

En apprenant, par un titre du « Monde », qu’un des candidats à la primaire de la droite « prend le parti des fonctionnaires », on tombe de la chaise. En effet, comme le dit, paraît-il ce personnage, la droite - dont il est un des responsables - « n’a jamais su parler aux fonctionnaires et les a souvent pris pour des pestiférés, alors qu’elle aurait du les valoriser ». On pourrait se demander où il veut en venir.

Certes, les « favoris » de cette élection rivalisent (« Le Monde » dixit) dans « un concours de la mesure la plus radicale concernant la fonction publique » : de Fillon qui supprime 600.000 emplois de fonctionnaires en cinq ans à Sarkozy qui se contente de 300.000 et son rival Juppé de 250.000, battus au poteau par le trop « intelligent » Le Maire qui en supprime carrément un million en dix ans et abroge le statut de la fonction publique territoriale. Et le journaliste ne mentionne pas les atteintes prévues au régime des carrières et rémunérations, à celui des retraites et autres garanties fondamentales.

Ceux qui connaissent quelque peu l’histoire de la fonction publique et l’histoire conjointe de son syndicalisme savent à quel point, au long de tout le XXe siècle, les formations et les politiciens de cette famille politique se sont opposés aux conceptions démocratiques et sociales de l’Etat et de la fonction publique et de leur relation avec les fonctionnaires « serviteurs de la nation » et n’ont pris de mesures concrètes que lorsqu’ils y étaient contraints par l’action syndicale.

Il faut croire que lorsqu’on exerce des responsabilités dans cette mouvance on est marqué à vie. Ainsi, même ce démagogue au petit pied qui pense surtout à sa carrière en se répandant sur les plateaux de télévision avec toutes les complaisances classiques est amené à présenter des « propositions » qui ne sont que des variantes de la politique de ses patrons et soi-disant concurrents dont il espère sans doute être un jour un ministre. La fonction publique et les fonctionnaires n’ont rien à attendre de cette agitation à la petite semaine.

On retiendra avant tout que cette manigance dérisoire est un aveu - qui valide mes plus récentes réflexions dans ce blog - des dangers dont on aimerait qu’ils soient analysés et combattus avec une efficacité dont on ne semble pas prendre le chemin dans le monde politique (1)

1- Ceux qui ont le souci d’une saine conception de l’Etat et des institutions peuvent dormir tranquilles : dans la foulée, on apprend la réinvestiture de Patrick Balkany.

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 12:30

Lorsque, chaque jour, je consulte les nouvelles politiques, une vieille expression argotique de la langue française qui était souvent utilisée dans ma jeunesse, revient irrésistiblement : les « chevaux de retour ».

Cette expression s’appliquait au récidiviste de retour au bagne ou à la prison, et par extension « au politicien qui, malgré toutes les casseroles qu’il traîne, les trahisons qu’il a orchestrées, les humiliations qu’il a subies, s’obstine et arrive quand même à revenir sur le devant de la scène ».

On la rencontrait dans notre littérature, chez les auteurs les plus prestigieux qui ont bercé tant de générations. Quand on a longuement fréquenté l’histoire politique et sociale pour évoluer dans le monde affligeant d’aujourd’hui, le « cheval de retour » s’impose avec une force irrésistible.

Mon domaine d’investigation est loin d’échapper à ce phénomène qui traverse notamment les campagnes « anti-fonctionnaires » et autres manœuvres poujadistes des Républiques précédentes pour s’étaler dans le monde politico-médiatique d’aujourd’hui.

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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19 juin 2016 7 19 /06 /juin /2016 10:54

Dans un entretien au Journal du dimanche, Manuel Valls appelle les syndicats à « annuler eux-mêmes » les manifestations prévues pour éviter, paraît-il, d’avoir à les interdire.

De la même manière, on pourrait lui conseiller de s’en aller de lui-même pour éviter de se faire virer par une motion de censure amplement méritée.

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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18 juin 2016 6 18 /06 /juin /2016 17:58

Ce jeudi 23 juin, ce sera la « Journée mondiale des Nations unies pour la fonction publique », assortie de multiples initiatives et d’un « Prix d’Excellence pour le service public ». Cette journée figure dans un calendrier impressionnant de dizaines de « journées mondiales » dont plus d’une vingtaine pour le seul mois de juin sur les sujets les plus divers et les plus inattendus allant de la journée du « tricot » à celle des « veuves ».

A cette occasion, le ministère de la fonction publique ouvre ses portes avec un programme chargé comportant entre autres une « table ronde » sur le thème « Les Français méritent-ils leur fonction publique ? » Parmi les quatre participants qui répondront à cette question quelque peu saugrenue, on remarque la présence d’un politologue qui quelles que soient ses qualités universitaires, s’est illustré comme un politicien de droite dont les manœuvres ont piteusement échoué lors des dernières élections régionales et qui pourra ainsi tenter de se refaire une santé avec l’appui d’un secrétariat d’Etat dit de « gauche ».

Peut-on se poser cette question : « Qu’ont fait les fonctionnaires français pour mériter ça ? »

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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16 juin 2016 4 16 /06 /juin /2016 13:12

Aux dernières nouvelles, Georges Clemenceau, « Le Tigre »      « briseur de grèves » se serait retourné dans sa tombe.

Il serait jaloux du titre de « pyromane » décerné par J-C Mailly, secrétaire général de « Force ouvrière » à son disciple adoré M. Valls.

 

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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16 juin 2016 4 16 /06 /juin /2016 10:42

Un des sujets de l’épreuve de philosophie du Bac : « Pourquoi avons-nous intérêt à étudier l’histoire ? » J’en connais plus d’un, ayant passé l’âge du Bac, dont on aimerait connaître la réponse à cette question appliquée à l’histoire de la fonction publique et du syndicalisme des fonctionnaires. Jusqu’ici, le silence est d’or mais tous les espoirs sont permis.

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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13 juin 2016 1 13 /06 /juin /2016 07:18

Me référant à une expérience multiforme de plusieurs décennies, j’ai longtemps pensé qu’il aurait été intéressant - sans méconnaître les travaux des services de la Direction générale de l’administration et de la fonction publique, d’organismes de recherche et de spécialistes de diverses disciplines - de constituer un think tank indépendant et progressiste chargé d’étudier les questions relatives à l’Etat, l’administration, la fonction publique et à leur histoire.

Cette suggestion n’a pas abouti pour au moins deux sortes de raisons : les personnalités ou organismes qui auraient pu être concernés avaient d’autres préoccupations et d’autres objectifs, et j’étais personnellement très engagé dans des recherches contraignantes portant notamment sur la Commune de Paris et tout particulièrement sur le « Guide des sources du mouvement communaliste et de la Commune » publié à la Documentation française en 2007.

La constitution d’un tel organisme son fonctionnement, l’élaboration de son programme et la réalisation de ses recherches étaient de toute façon soumis à des conditions et à des contraintes que l’on ne pouvait sous-estimer. L’expérience de « l’équipe scientifique » que j’avais constituée pour le guide de la Commune (dont je raconterai les obstacles édifiants qu’elle a rencontrés) m’en apportait l’illustration.

Ses objectifs et ses méthodes se seraient situés sur un terrain différent, le cas échéant complémentaire de celui des instituts d’histoire sociale et autres organismes constitués dans la mouvance des organisations syndicales, et a fortiori de celui de ces dernières, dont la principale mission est de défendre les intérêts des personnels qu’elles regroupent et représentent.

A d’autres temps, d’autres approches. Nous ne sommes pas à l’époque où la Fédération générale des fonctionnaires jouait un rôle dans la victoire électorale du « Cartel des gauches » en 1924, ni à l’époque de la Libération où le mouvement syndical était aux avant-postes de la nouvelle fonction publique du siècle, ni même en juin 1981 dont j’ai récemment rappelé des aspects méconnus dans un témoignage de première main.

Une équipe réunissant des compétences multidisciplinaires (juridiques, économiques, sociologiques, historiques) aurait disposé d’une documentation composée de rapports administratifs, d’études, d’un fonds d’archives et de matériaux classiques de la recherche d’une exceptionnelle richesse, sans parler des moyens modernes d’expression numérique (1). Il n’est pas interdit de penser que l’existence de cet organisme aurait pu être d’une grande utilité au long des dernières années, et dans le contexte si particulier de cette année 2016.

La gestion des problèmes généraux actuels de la fonction publique par les services de la Direction générale, les relations entre les pouvoirs publics et les organisations représentatives du mouvement syndical des fonctionnaires, et plus largement les réflexions et les travaux sur l’avenir de la fonction publique française suivent leur cours.

Mes interventions spécifiques sur le terrain de l’histoire sont entrées pour un temps qui est pratiquement arrivé à son terme, dans des limites sur lesquelles je me suis expliqué sans la moindre ambiguïté. On permettra néanmoins à l’ancien témoin et acteur, et à l’auteur, de penser et de dire que parmi les responsables politiques, administratifs ou syndicaux, ceux qui possèdent une bonne connaissance de l’histoire et ceux qui ne croient pas qu’elle a commencé avec eux disposent, à compétence égale, d’un atout majeur en raison de l’incontestable corrélation qui existe entre le passé le présent et l’avenir.

C’est une réalité qui devrait s’imposer plus largement dans l’imbroglio politique et social d’aujourd’hui.

1-Bernard Pêcheur président de la section de l’Administration du Conseil d’Etat a présenté un Rapport sur l’avenir de la Fonction publique. Ce rapport de 241 pages (que Bernard Pêcheur m’a aimablement communiqué) comporte de longs développements assortis de statistiques constituant en fait une analyse de la politique de la fonction publique des trente dernières années.

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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7 juin 2016 2 07 /06 /juin /2016 14:58

L’année 2016 est marquée par des manœuvres politiciennes dans le cadre d’un système institutionnel dont beaucoup pensent avec raison qu’il est « à bout de souffle » et - pour ce qui nous concerne ici - par le risque de voir triompher aux élections présidentielle et législative de 2017 une droite foncièrement hostile aux garanties fondamentales de la fonction publique, (art 34 de la Constitution) dont le statut général des fonctionnaires est la principale expression juridique, et projetant des réductions massives d’effectifs et de sévères restrictions salariales. Quant aux positions des autres formations politiques et de leurs groupes parlementaires, par ailleurs en proie à de sérieuses difficultés, et accessoirement à celles de multiples candidats qui pensent surtout à leur carrière, on aimerait les connaître.

L’avenir des millions de fonctionnaires de l’Etat, des collectivités territoriales et des hôpitaux - qui sont des salariés au service de l’intérêt général - est en jeu. Pour les générations de jeunes diplômés qui aspirent à les rejoindre, c’est une question vitale.

Or les enquêtes les plus récentes - notamment celle du « Monde » réalisée pour Cevipov par Ipsos - Sopra Steria, - révèlent que l’influence du Front national ne cesse de se développer parmi les cinq millions d’agents des trois fonctions publiques et que sa présidente est créditée de 28% des intentions de vote.

Est-il excessif et outrecuidant de noter, sans pour autant être taxé de « corporatisme », que le monde de la fonction publique avait toujours échappé à de telles tendances, et qu’il manque apparemment quelque chose dans la panoplie de l’action politique ?

 

 

 

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 07:41

Des « lignes » sont en train de « bouger »

 

L’Institut de recherches de la FSU, qui menait des travaux sur le syndicalisme enseignant sous la direction de Laurent Frajerman a décidé d’élargir ses investigations à la fonction publique en précisant que « c’est conforme à la nature de la FSU ». Le « chantier », est-il indiqué, s’appelle désormais « La vie syndicale dans la fonction publique ». D’autre part un livre sur l’histoire de la FSU est en préparation.

Ces informations vont dans le sens que je n’ai cessé de souhaiter, notamment dans ma dernière série « Pleins feux sur l’histoire du syndicalisme des fonctionnaires ». Elles donnent aux carences que j’ai vainement mises en évidence un relief particulier. Elles me conduisent en tout cas à compléter mes analyses en restant fermement sur le terrain dont j’ai défini le contenu et les limites, et sans déroger à la conclusion que je leur ai donnée.

Certaines publications de la FSU, notamment les Actes du colloque « La naissance de la FSU » en 2008, puis l’ouvrage « Les fonctionnaires, quelle idée !» en 2009, m’avaient inspiré des réflexions critiques communiquées aux responsables de cette organisation, qui évitaient toute référence à mes travaux et mentionnaient dans leurs bibliographies des ouvrages dont j’estimais que l’adéquation au sujet traité était discutable. Ils n’ont jamais donné suite à ces communications, et je ne les ai pas publiées. En février 2014, j’ai d’autre part critiqué dans ce blog un ouvrage intitulé « La Fédération de l’Education nationale et son courant unitaire sous la 4e République »

J’espère que nous entrons dans un contexte nouveau, et que les travaux consacrés de longue date à l’histoire de la fonction publique et de son mouvement syndical seront pris en considération par les chercheurs et les militants de l’Institut de recherches de la FSU. Il va de soi que la même question est posée aux membres du « conseil scientifique » de l’Institut CGT d’histoire sociale.

Les communications citées ci-dessus, accompagnés de notations relatives à la fonction publique (et accessoirement au syndicalisme des fonctionnaires) déjà traitées sous un angle différent, notamment dans mon ouvrage numérique « L’Etat et les fonctionnaires » de la plume sergent-major à internet ( qui traite l’histoire de la politique salariale de l’Etat et de l’organisation des carrières des fonctionnaires) seront très prochainement reprises dans une nouvelle brochure sur le site Calaméo sous le titre «Réflexions sur le monde enseignant dans la fonction publique ».

 

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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1 juin 2016 3 01 /06 /juin /2016 07:10

Chaque année, fin mai, un hommage est rendu aux communards par la cérémonie du « Mur des Fédérés ».

A cette occasion, je rappelle qu’après publication, en 1991, d’une biographie de P-O Lissagaray, l’historien le plus prestigieux de la Commune de Paris, j’ai publié un ouvrage sur la Commune dans l’histoire des services publics suivi d’un nouvel ouvrage sur la place de la Commune dans l’histoire des idées et des institutions de la République qui a fait l’objet d’une réédition.

En 2007, a été édité à la Documentation française le Guide des sources de la Commune, une œuvre collective dont j’avais pris l’initiative et assumé la coordination.

Pendant une quinzaine d’années, j’ai publié par ailleurs un certain nombre d’articles et études sur la Commune de Paris.

- Lissagaray la plume et l’épée, Editions ouvrières, 232 pages, 1991.

-72 jours qui changèrent la cité. La Commune de Paris dans l’histoire des services publics

232 pages, Le temps des cerises, 2001

- La Commune de Paris telle qu’en elle-même. Une révolution sociale aux avant-postes de la République, et des libertés municipales, 284 pages, Le temps des cerises, 2004. Réédition dans une nouvelle collection 2009.

- Sous la direction de René Bidouze,

Guide des sources d’archives de la Commune de Paris et du mouvement communaliste (1864-1880), Paris) accompagné de la mise en ligne sur le site internet des Amis de la Commune de Paris 1871 ( http://vvv.commune1871.org ) des bases de données des dossiers de 50.000 personnes arrêtées et poursuivies.

Avant-propos de Martine de Boisdeffre, directrice des Archives de France, Préface de Bertrand Delanoë maire de Paris, Introduction générale de René Bidouze. Documentation française, 732 pages, août 2007.

-Fonctionnaires et magistrats sous la Commune, Publication numérique, site Calaméo

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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Présentation

  • : Le blog de René BIDOUZE
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  • : Des articles et des points de vue sur la Fonction Publique, le syndicalisme et la Commune de Paris
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Auteur

  • René BIDOUZE
  • En un demi-siècle, j’ai fait le « tour de la table » de la politique de la fonction publique comme syndicaliste, directeur du cabinet du ministre, conseiller d’Etat en service extraordinaire,  auteur d'ouvrages.
  • En un demi-siècle, j’ai fait le « tour de la table » de la politique de la fonction publique comme syndicaliste, directeur du cabinet du ministre, conseiller d’Etat en service extraordinaire, auteur d'ouvrages.

Eléments biographiques

  Né le 2 décembre 1922 à Jurançon (Pyrénées-Atlantiques)

 

-Fonctionnaire

 Receveur divisionnaire des Impôts honoraire

 

-Dirigeant national du mouvement syndical des fonctionnaires (1958-1978)

  Secrétaire du Syndicat national des Contributions indirectes 1958-1963

  Secrétaire général de la Fédération des finances CGT 1963-1970

  Secrétaire général de l’Union générale des fédérations de fonctionnaires (UGFF) et

  Membre du conseil supérieur de la fonction publique 1970-1978

  Membre de la commission exécutive de la CGT 1969-1975.

 

  Membre du conseil d’administration de l’Institut CGT d’histoire sociale.

 

-Directeur du cabinet du ministre de la fonction publique et des réformes administratives  (juin 1981-novembre 1983).

 

-Conseiller d’Etat en service extraordinaire (novembre 1983-novembre 1987).

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