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    Dans l’entre -deux-guerres, alors que les gouvernements de la IIIe République et le Conseil d’Etat s’opposaient à la reconnaissance du droit syndical des agents publics,  la Fédération des fonctionnaires était une puissante organisation syndicale qui jouait un rôle particulièrement actif.

    Ce qu’elle appelait « l’action parlementaire », c’est-à-dire les interventions auprès du Parlement et des élus tenait une place importante. Cela s’exprimait avec une force particulière à l’occasion des élections, sans pour autant porter atteinte à l’indépendance de la fédération à l’égard des partis politiques, qui était constamment réaffirmée.

    Mes ouvrages d’histoire du syndicalisme des fonctionnaires étant depuis longtemps épuisés, je reprendrai ici, dans l’intérêt de la connaissance historique, des éléments caractéristiques.

    Aujourd’hui, l’action électorale de la fédération des fonctionnaires avant la Seconde guerre mondiale sous la forme d’un  premier extrait de mon ouvrage :

 

Les fonctionnaires sujets ou citoyens ? Le syndicalisme des origines à la scission de 1947-1948, 375 pages, Editions sociales 1979, ( pages112-113).

 

   La Tribune des fonctionnaires du 15 mars 1922 publie en première page un texte intitulé « Souscription. Pour la propagande, pour l’action lors des élections législatives ». C’est un appel « aux agents des services publics ». Il rappelle que le congrès fédéral tenu à Paris les 24 et 25 septembre 1921 a décidé que la Fédération nationale des syndicats de fonctionnaires devait entreprendre, dès maintenant, un travail de propagande et d’organisation en vue des prochaines élections. Cet appel est accompagné d’un article de Charles Laurent (secrétaire général de la fédération) selon laquelle « L’Union des Intérêts économiques nous a déjà devancés » :une circulaire en date du 16 février 1922 signée du secrétaire général M. Gregory lance une souscription. Le texte en est reproduit dans La Tribune.

     Le 27 avril 1922, la Fédération adresse aux groupements et aux sections départementales une circulaire détaillée concernant l’action électorale. Elle donne les directives suivantes :

      1° organiser d’urgence un comité d’action dans chaque centre pour intervenir dans la campagne électorale.

      2° organiser des délégations nombreuses qui auront pour mission de soumettre le programme aux candidats et d’exiger d’eux des déclarations catégoriques.

      3° suivre les réunions et riposter toutes les fois que les fonctionnaires seront pris à partie. Le faire avec mesure et utiliser surtout une documentation précise. Combattre le programme de l’Union des intérêts économiques.

      4° faire insérer le programme dans toute la presse régionale ou locale.

      5° nous fixer sur la position prise par les candidats élus.

      6° noter soigneusement et conserver leurs déclarations et leur profession de foi1.

 

    Après l’Union des intérêts économiques, la « Confédération générale de la production française » invite le gouvernement à mettre fin à la prorogation de l’indemnité de 720 f accordée aux fonctionnaires.

    Les élections cantonales ont lieu les 14 et 21 mai 1922. La Tribune met en relief les « échecs cuisants » infligés aux candidats de l’Union des intérêts économiques. Elle donne des exemples de candidats réactionnaires « balayés ».

    L’action électorale, qui restera une constante de la fédération des fonctionnaires, connaîtra un essor important à l’occasion des élections législatives de 1924.

 

1-       Un personnage fort célèbre à l’époque, le sénateur Ernest Billiet, vice-président de l’Union des intérêts économiques. Il est très souvent question de ce pourfendeur patenté des agents de l’Etat dans La Tribune des fonctionnaires,  où il est affublé de ce  surnom qui lui va comme un gant : « le billet de banque ».

 

A suivre

 

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Ecrit par René Bidouze

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  • : Le blog de René BIDOUZE
  • Le blog de René BIDOUZE
  • : Des articles et des points de vue sur la Fonction Publique, le syndicalisme et la Commune de Paris
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Auteur

  • René BIDOUZE
  • En un demi-siècle, j’ai fait le « tour de la table » de la politique de la fonction publique comme syndicaliste, directeur du cabinet du ministre, conseiller d’Etat en service extraordinaire,  auteur d'ouvrages.
  • En un demi-siècle, j’ai fait le « tour de la table » de la politique de la fonction publique comme syndicaliste, directeur du cabinet du ministre, conseiller d’Etat en service extraordinaire, auteur d'ouvrages.

Eléments biographiques

  Né le 2 décembre 1922 à Jurançon (Pyrénées-Atlantiques)

 

-Fonctionnaire

 Receveur divisionnaire des Impôts honoraire

 

-Dirigeant national du mouvement syndical des fonctionnaires (1958-1978)

  Secrétaire du Syndicat national des Contributions indirectes 1958-1963

  Secrétaire général de la Fédération des finances CGT 1963-1970

  Secrétaire général de l’Union générale des fédérations de fonctionnaires (UGFF) et

  Membre du conseil supérieur de la fonction publique 1970-1978

  Membre de la commission exécutive de la CGT 1969-1975.

 

  Membre du conseil d’administration de l’Institut CGT d’histoire sociale.

 

-Directeur du cabinet du ministre de la fonction publique et des réformes administratives  (juin 1981-novembre 1983).

 

-Conseiller d’Etat en service extraordinaire (novembre 1983-novembre 1987).

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