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16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 07:36

    Dans une allocution prononcée le 19 septembre 2007 à l’occasion de sa visite de l’Institut régional d’administration de Nantes, le Président de la République  avait annoncé l’ouverture d’un vaste chantier intitulé « Service public 2012 » comportant un ensemble de mesures tendant à réaliser pendant le quinquennat une véritable « révolution » de nature à transformer profondément l’Etat, l’administration, la fonction publique.

    Des débats ont été engagés, des mesures  prises sous le label de la « Révision générale des politiques publiques » (RGPP), des  restructurations sont en cours,  et le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux prenant sa retraite a abouti depuis le début du  quinquennat, à la suppression d’environ cent mille emplois.

    En ce début de 2010, un  malaise règne dans l’ensemble de la fonction publique car les effets de cette politique se font  sentir.

    C’est ce que je constate, comme tout citoyen attentif. Mais mon propos n’est pas de m’exprimer directement dans ce débat. Je n’exerce plus, depuis longtemps, de responsabilité administrative ou syndicale.

    Dans le prolongement du dernier article « Ni censeur, ni gardien du temple » et en préambule de la série d’articles annoncée au début, il n’est pas sans intérêt de revenir sur la  démarche de Nicolas Sarkozy et de son porte plume Henri Guaino

    L’allocution présidentielle exposait  les  objectifs d’une politique qui étaient en fait la   poursuite des  réformes des statuts et des institutions administratives survenues dans le dernier quart de siècle en poussant dans leur logique les analyses et propositions de hauts fonctionnaires et experts entérinées par les gouvernements de la précédente législature.

     Après avoir flatté les éminentes qualités des fonctionnaires et de l’administration –ce qui est  un classique - et tracé le tableau du malaise qui aurait atteint tous les rouages de l’Etat, ce discours annonçait :

     « Le moment est venu de refonder l’Etat, de refonder le service public, de refonder la fonction publique. Comme on l’a fait en 1945 avec le programme du Conseil national de la Résistance. Comme on l’a fait en 1958 avec le général de Gaulle. »

      Plus loin, il reprenait:

« En 1945, il y avait dans le droit fil du programme du  Conseil national de la Résistance une grande ambition pour la fonction publique qui était le corollaire d’une grande idée de l’Etat et d’une grande ambition républicaine.

    En 1958, ce fut un autre moment fort de la rénovation de l’Etat, de la restructuration de son  autorité, de son prestige, de son unité et la fonction publique a joué un rôle décisif… »

     Certes, il ne pouvait manquer d’évoquer les grandes évolutions d’une fonction publique et de services publics qui n’étaient pas restés « immobiles » dans un monde en transformation.

     Mais la référence de cette « longue tradition du service public » c’était 1945 et 1958 dans une présentation schématique.

     Nous aurons l’occasion de vérifier que cette vision de l’histoire était quelque peu manichéenne et que le discours qui la portait se situait essentiellement dans la foulée de la campagne électorale. Il est plus pertinent de se souvenir que la fonction publique  est une création continue  au cœur de la vie nationale.

      Dans cet esprit,  on aimerait savoir si les partis de gauche qui ont vocation à gouverner et les candidats potentiels à l’élection présidentielle  ont une vision d’ensemble de la fonction publique du XXIe siècle.

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Ecrit par René Bidouze renebidouze.over-blog.fr - dans Histoire
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commentaires

gisele jamet 18/05/2010 10:17


j'ajouterai seulement que la (le ?) casse du statut de la Fonction publique ne concerne pas seulement ces privilégiés de fonctionnaires et leurs malheureux "clients" : la disparition de ce statut
sonnera aussi le glas de toutes protections et droits conquis de hautes luttes pour tous les travailleurs, ouvriers comme cadres, dans tous les secteurs d'activité. La grève est déjà de fait
illégale aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, sans parler des congés payés,CDI, congés maladie/maternité etc... car la liste est longue des "privilèges" de ceux qui travaillent pour en enrichir
d'autres.


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  • René BIDOUZE
  • En un demi-siècle, j’ai fait le « tour de la table » de la politique de la fonction publique comme syndicaliste, directeur du cabinet du ministre, conseiller d’Etat en service extraordinaire,  auteur d'ouvrages.
  • En un demi-siècle, j’ai fait le « tour de la table » de la politique de la fonction publique comme syndicaliste, directeur du cabinet du ministre, conseiller d’Etat en service extraordinaire, auteur d'ouvrages.

Eléments biographiques

  Né le 2 décembre 1922 à Jurançon (Pyrénées-Atlantiques)

 

-Fonctionnaire

 Receveur divisionnaire des Impôts honoraire

 

-Dirigeant national du mouvement syndical des fonctionnaires (1958-1978)

  Secrétaire du Syndicat national des Contributions indirectes 1958-1963

  Secrétaire général de la Fédération des finances CGT 1963-1970

  Secrétaire général de l’Union générale des fédérations de fonctionnaires (UGFF) et

  Membre du conseil supérieur de la fonction publique 1970-1978

  Membre de la commission exécutive de la CGT 1969-1975.

 

  Membre du conseil d’administration de l’Institut CGT d’histoire sociale.

 

-Directeur du cabinet du ministre de la fonction publique et des réformes administratives  (juin 1981-novembre 1983).

 

-Conseiller d’Etat en service extraordinaire (novembre 1983-novembre 1987).

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