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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 07:14

I- Considérations générales

   On a remarqué, dans les discours et les actes de François Hollande une filiation avec François Mitterrand et de constantes références à sa pensée et à son action. Si la situation de 2012 n’est pas celle de 1981, la perspective de l’alternance au niveau de la présidence de la République, les élections législatives, les recompositions politiques qui se profilent en France et en Europe  et bien d’autres facteurs donnent à certains aspects de l’histoire politique et sociale de la période 1981-1984 un regain d’intérêt.

   Le début de cette période était marqué par l’élection de François Mitterrand à la présidence de la République, suivie, après dissolution de l’Assemblée nationale, de l’élection d’une nouvelle majorité, et par la participation de quatre ministres communistes au gouvernement de Pierre Mauroy. La fin était  marquée, après la démission de ce dernier,  par la décision du PCF de ne pas participer au gouvernement de Laurent Fabius.

   Les rapports entre le  PCF et le Parti socialiste, entre le gouvernement de gauche et les organisations syndicales - au premier rang desquelles la CGT qui avait avec le PCF des liens particuliers - formaient un ensemble riche et complexe de rapports de force et  de relations entre les diverses composantes de la société dont tous les ressorts sont loin d’avoir été analysés.

  Sur ces questions,  on dispose depuis un certain nombre d’années (soit en éditions papier soit sur sites numériques) sous forme d’ouvrages, d’articles, d’entretiens… de témoignages émanant de personnalités ayant assumé des responsabilités politiques, syndicales ou gouvernementales. Chacun de ces témoignages  porte la marque de la place occupée dans l’échelle des responsabilités et leur intérêt pour  l’histoire  est très inégal 1. Certaines de ces prestations  apportent un éclairage utile, mais d’autres –essentiellement autobiographiques- expriment des interprétations dans des visions partielles des débats et décisions des organismes directeurs du PCF et de la CGT  qui présentent surtout un intérêt anecdotique.

   Il s’agit en toute hypothèse  de matériaux  qui devront faire l’objet  d’un usage et d’une analyse critiques  dans  une  recherche historique  qui reste, en l’occurrence,  à engager et à écrire. Ce sera la tâche des  historiens considérés dans une acception large qui peut englober dans certaines conditions des militants respectueux des données objectives de la réalité historique.

 

1- Il ne m’appartient pas de présenter une bibliographie de ces  confidences et témoignages qui sont du domaine public dès lors qu’ils sont accessibles par les moyens classiques de la communication.  Je signale cependant une étude de 270 pages datée de janvier 2012 : « Etude sur l’entrée en double appartenance dans les directions du PCF et de la CGT de 1981 à 2001. Entretiens réalisés par  Gérard  Quénel avec les intéressés ».

II- Approches personnelles

  Pour des raisons qui tiennent à mon parcours et à mon engagement personnel, je m’intéresse particulièrement à la période 1981-1984. Ma contribution à l’histoire politique et sociale de  cette  période est, comme celles qui ont été évoquées dans l’article précédent, celle d’un témoin et d’un acteur, mais elle s’en distingue fondamentalement sur plusieurs points.

  D’abord par les fonctions exercées. De juin 1981 à novembre 1983 j’étais directeur du cabinet du ministre communiste de la fonction publique et ensuite Conseiller d’Etat en service extraordinaire nommé par François Mitterrand président de la République sur des fondements et dans des conditions que j’ai eu l’occasion de commenter. J’avais mis un terme à mes mandats syndicaux depuis juin 1978, j’avais rejoint mon administration et pris ma retraite au 1er janvier 1981. Je me consacrais à l’histoire du syndicalisme des fonctionnaires qui avait fait l’objet de la publication en 1979 et 1981 des deux volumes de Fonctionnaires sujets ou citoyens.

    Quant à mon positionnement politique, il était parfaitement clair. Je n’occupais aucune fonction statutaire au sein du PCF tout en collaborant à certaines de ses commissions d’étude.  Je considérais la participation communiste au gouvernement comme une donnée concrète de la situation sans avoir à me prononcer pour ou contre le principe de cette participation et ma présence  au cabinet du ministre de la fonction publique – que je n’avais pas sollicitée - comme une manière de contribuer à la mise en œuvre de certains des objectifs à la détermination desquels je m’étais employé dans le passé. Les fonctions  de Conseiller d’Etat devaient ensuite donner une certaine continuité à cette action puisqu’elles portaient essentiellement sur les textes d’application des réformes adoptées dans la première partie de la période. Parallèlement, je poursuivais une certaine collaboration dans des commissions d’étude du PCF spécialement chargées des questions de l’Etat, des institutions et de la fonction publique. Après 1990  j’ai publié plusieurs ouvrages sur la Commune de Paris.

      Je suis resté un militant fidèle à mes convictions ( ce qui n’a rien à voir avec le concept péjoratif de communiste « orthodoxe » inventé plus tard pour désigner des militants dont je ne partageais pas nécessairement  les points de vue et qui ont eux-mêmes  connu des évolutions multiples, pas plus que celles des communistes qui se qualifiaient eux-mêmes  « refondateurs » ou « reconstructeurs » ). A toutes les époques, mes fonctions syndicales ont été déterminées selon les procédures statutaires et n’ont connu aucun prolongement politique dans le cadre des cooptations et  désignations relevant des rapports entre PCF et CGT (qui sont traités dans l’étude récente mentionnée en note dans l’article précédent). J’ai adopté en plusieurs circonstances significatives des positions conformes à l’indépendance du mouvement syndical.

     Comme cela apparaît  dans ce blog, et comme en témoignent mes ouvrages, articles et études, je me consacre à l’Histoire dans les domaines de la Fonction publique, du syndicalisme des fonctionnaires et de la Commune de Paris dans une démarche s’efforçant de s’inscrire  dans les  règles et contraintes de la recherche historique.

     Ces précisions n’ont pas d’autre objet que de définir et de délimiter le champ et la nature  de mes interventions.

 

III- La politique de la Fonction publique

       Mon dernier ouvrage L’Etat et les fonctionnaires que j’ai présenté et commenté à plusieurs reprises  traite un sujet largement inédit : l’histoire de la politique salariale de l’Etat et de l’organisation des carrières des fonctionnaires de la fin du XIXe siècle à 1986. Inséré en publication numérique sur le site Calaméo, il est une contribution à l’histoire de la fonction publique aussi accessible à l’appréciation et à la critique que les ouvrages  édités sur papier, même si les rubriques « notes de lecture » de certaines  publications et revues ne se sont pas encore adaptées à cette réalité d’aujourd’hui.

       La période 1981-1984-1986  fait l’objet de la quatrième partie du volume 3, composée de quatre chapitres (La mise en place d’une nouvelle politique- La politique salariale 1981-1984-Un ensemble de réformes - Le statut général des fonctionnaires de l’Etat et des collectivités territoriales) d’un chapitre  sur « Une gestion infléchie dans une politique de rigueur (1984-1986) » et d’un 6e et dernier chapitre présentant un « Etat de la fonction publique en 1986 » par un « regard sur le siècle ».

        Cette période est également traitée dans la deuxième partie de ma communication au colloque de l’IHS-CGT  des 14-15 mai 2008 «  La CGT de 1966 à 1984 : l’empreinte de mai 1968 ».

       On dispose donc d’un ensemble d’études sur la politique menée par le ministère de la fonction publique des gouvernements Mauroy et Fabius en 1981-1984 et en 1984-1986.

       Je suis au regret de constater qu’il n’en va pas de même de l’histoire  du mouvement syndical CGT des fonctionnaires et de ses rapports avec le pouvoir politique.

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE - dans Histoire
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Auteur

  • René BIDOUZE
  • En un demi-siècle, j’ai fait le « tour de la table » de la politique de la fonction publique comme syndicaliste, directeur du cabinet du ministre, conseiller d’Etat en service extraordinaire,  auteur d'ouvrages.
  • En un demi-siècle, j’ai fait le « tour de la table » de la politique de la fonction publique comme syndicaliste, directeur du cabinet du ministre, conseiller d’Etat en service extraordinaire, auteur d'ouvrages.

Eléments biographiques

  Né le 2 décembre 1922 à Jurançon (Pyrénées-Atlantiques)

 

-Fonctionnaire

 Receveur divisionnaire des Impôts honoraire

 

-Dirigeant national du mouvement syndical des fonctionnaires (1958-1978)

  Secrétaire du Syndicat national des Contributions indirectes 1958-1963

  Secrétaire général de la Fédération des finances CGT 1963-1970

  Secrétaire général de l’Union générale des fédérations de fonctionnaires (UGFF) et

  Membre du conseil supérieur de la fonction publique 1970-1978

  Membre de la commission exécutive de la CGT 1969-1975.

 

  Membre du conseil d’administration de l’Institut CGT d’histoire sociale.

 

-Directeur du cabinet du ministre de la fonction publique et des réformes administratives  (juin 1981-novembre 1983).

 

-Conseiller d’Etat en service extraordinaire (novembre 1983-novembre 1987).

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