Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 08:49

          gendarme mannequin

   Combien de journalistes, hommes politiques, et par extension ceux de leurs auditeurs qui adoptent facilement  les tics de langage et reprennent  les mots entendus à la radio ou à la télévision, savent-ils que cette expression, assez souvent utilisée, a probablement été inventée par la gendarmerie nationale ?

         Dans les derniers mois de la guerre et les premières  années de  la Libération, j’étais un jeune rédacteur à la direction départementale des Contributions indirectes à Pau, chargé des services du contentieux des taxes sur le chiffre d’affaires et des impôts indirects dont je reparlerai dans une autre note.

           En ce qui concerne le système des impôts indirects, mon travail consistait à traiter les « questions de principe » soumises à la direction par les agents du département, et à instruire les procès-verbaux constatant les infractions à la législation en vigueur qui portait notamment sur les vins et alcools dont la circulation était soumise à des « titres de mouvement » délivrés par les « receveurs buralistes ».

           Les procès-verbaux  étaient établis par les agents de l’administration des contributions indirectes, mais aussi par les gendarmes, qui étaient comme eux « assermentés ».

           J’ai gardé  un souvenir amusé de ces procès-verbaux de gendarmerie. Ils étaient rédigés sur des imprimés à compléter par les données propres à l’affaire traitée. Ils s’ouvraient sur cette formule : « En visite de commune et conformément aux ordres de nos chefs… nous, adjudant chef un tel et gendarme un tel, avons constaté ce qui suit … » Suivait une description souvent pittoresque, émaillée d’expressions convenues, et se terminant après audition des contrevenants, par cette mention  rituelle : « Lecture faite, persiste et signe ».

           Comme toujours, on en rajoutait parfois dans des commentaires railleurs. Ainsi on racontait que dans un de ces procès-verbaux, des gendarmes intervenant  au cours de la journée pour rétablir l’ordre dans un village, avaient verbalisé en précisant  que les jeunes « faisaient un tel tapage » qu’ils n’avaient pas hésité « à le qualifier de nocturne », ce qui était manifestement une circonstance aggravante tombant sous les rigueurs de la loi.

Partager cet article

Repost 0
Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE - dans Témoignages
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de René BIDOUZE
  • Le blog de René BIDOUZE
  • : Des articles et des points de vue sur la Fonction Publique, le syndicalisme et la Commune de Paris
  • Contact

Auteur

  • René BIDOUZE
  • En un demi-siècle, j’ai fait le « tour de la table » de la politique de la fonction publique comme syndicaliste, directeur du cabinet du ministre, conseiller d’Etat en service extraordinaire,  auteur d'ouvrages.
  • En un demi-siècle, j’ai fait le « tour de la table » de la politique de la fonction publique comme syndicaliste, directeur du cabinet du ministre, conseiller d’Etat en service extraordinaire, auteur d'ouvrages.

Eléments biographiques

  Né le 2 décembre 1922 à Jurançon (Pyrénées-Atlantiques)

 

-Fonctionnaire

 Receveur divisionnaire des Impôts honoraire

 

-Dirigeant national du mouvement syndical des fonctionnaires (1958-1978)

  Secrétaire du Syndicat national des Contributions indirectes 1958-1963

  Secrétaire général de la Fédération des finances CGT 1963-1970

  Secrétaire général de l’Union générale des fédérations de fonctionnaires (UGFF) et

  Membre du conseil supérieur de la fonction publique 1970-1978

  Membre de la commission exécutive de la CGT 1969-1975.

 

  Membre du conseil d’administration de l’Institut CGT d’histoire sociale.

 

-Directeur du cabinet du ministre de la fonction publique et des réformes administratives  (juin 1981-novembre 1983).

 

-Conseiller d’Etat en service extraordinaire (novembre 1983-novembre 1987).

Recherche

Mes ouvrages

Mes publications numériques

Mes vidéos

Catégories

Mon Béarn natal