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29 juin 2010 2 29 /06 /juin /2010 08:11

     Pourquoi M. Woerth ministre du Travail et ancien ministre du Budget actuellement sur la sellette peut-il se permettre dans la presse ou dans une émission de télévision de définir la notion d’évolution du pouvoir d’achat des fonctionnaires et d’avancer des chiffres en affirmant sans subir la moindre contradiction que le « point d’indice » n’est qu’un élément parmi d’autres ? Pourquoi peut-il affirmer que le pouvoir d’achat des fonctionnaires a augmenté en se référant à un ensemble d’autres éléments tels que les avancements d’échelon et de grade, les promotions catégorielles, les primes et indemnités ? Pourquoi peut-il envisager de ne pas tenir l’engagement de relever de 0,50 % le traitement de base ?

      Si telle est, en effet la conception défendue par le gouvernement qui applique un système de « masse salariale » axé  sur le GVT ( glissement-vieillesse – technicité) qui est devenu le fondement de la politique salariale de l’Etat principalement depuis la substitution du concept de « pouvoir d’achat moyen » à celle du pouvoir d’achat « en niveau » et la «  désindexation » décidée en 1982-1983, elle a toujours été  contestée par les organisations syndicales, ce qui  explique qu’aucun accord salarial n’ait été conclu depuis 1998.

        Les journalistes qui interrogent  le ministre et restent cois  et les personnages qui sur le plateau de télévision semblent béats d’admiration et l’approuvent en hochant ostensiblement la tête ignorent probablement (en admettant qu’ils soient de bonne foi) l’histoire de la politique salariale de l’Etat et des débats qui ont animé l’instauration de la « politique contractuelle ».

        Pendant une longue période, au cours de la quelle la hausse annuelle des prix était de l’ordre de 6% ( elle a  même été de 14% en 1981), le maintien du pouvoir d’achat était considéré par les signataires des accords salariaux de la fonction publique comme établi par une augmentation du traitement indiciaire correspondant à celle des prix à la consommation déterminé par l’indice des prix. Une clause de sauvegarde permettait de procéder aux ajustements nécessaires. Les reclassements catégoriels particuliers qui correspondent pour une part plus ou moins importante aux évolutions des qualifications et des missions exercées n’étaient pas ouvertement imputés sur la masse salariale de l’ensemble des fonctionnaires. Sur ce point, la CGT et la CFDT (qui refusaient leur signature pour un ensemble de motifs) affirmaient fermement leur position. Dans un système de carrière, on avait le bon sens d’admettre que dans une année déterminée les deux tiers des fonctionnaires ne bénéficient pas d’un avancement ou d’une promotion.

        Le système des rémunérations fondé sur une grille indiciaire est une réalité fondamentale qu’il est affligeant de voir ainsi malmenée.  

        J’aurai l’occasion de revenir sur  l’histoire de la politique salariale de l’Etat qui devrait être à mon avis  au centre de l’histoire de la fonction publique, mais qui en est détournée de divers côtés pour des raisons qu’il est intéressant de mettre en évidence.

 

 

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE - dans Fonction publique
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  • : Le blog de René BIDOUZE
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  • : Des articles et des points de vue sur la Fonction Publique, le syndicalisme et la Commune de Paris
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  • René BIDOUZE
  • En un demi-siècle, j’ai fait le « tour de la table » de la politique de la fonction publique comme syndicaliste, directeur du cabinet du ministre, conseiller d’Etat en service extraordinaire,  auteur d'ouvrages.
  • En un demi-siècle, j’ai fait le « tour de la table » de la politique de la fonction publique comme syndicaliste, directeur du cabinet du ministre, conseiller d’Etat en service extraordinaire, auteur d'ouvrages.

Eléments biographiques

  Né le 2 décembre 1922 à Jurançon (Pyrénées-Atlantiques)

 

-Fonctionnaire

 Receveur divisionnaire des Impôts honoraire

 

-Dirigeant national du mouvement syndical des fonctionnaires (1958-1978)

  Secrétaire du Syndicat national des Contributions indirectes 1958-1963

  Secrétaire général de la Fédération des finances CGT 1963-1970

  Secrétaire général de l’Union générale des fédérations de fonctionnaires (UGFF) et

  Membre du conseil supérieur de la fonction publique 1970-1978

  Membre de la commission exécutive de la CGT 1969-1975.

 

  Membre du conseil d’administration de l’Institut CGT d’histoire sociale.

 

-Directeur du cabinet du ministre de la fonction publique et des réformes administratives  (juin 1981-novembre 1983).

 

-Conseiller d’Etat en service extraordinaire (novembre 1983-novembre 1987).

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