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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 09:46

   Lorsque Guy Mollet a annoncé  le 19 novembre 1958 que la refonte du statut général des fonctionnaires serait engagée, l’UGFF et la Fédération CGT des PTT ont demandé la convocation du Conseil supérieur de la fonction publique et sont intervenues auprès des autres fédérations de fonctionnaires pour tenter de déterminer des postions communes. La CFTC a subordonné sa réponse à celle des autres organisations, sachant bien que la fédération FO qui a l’époque refusait tout contact avec la CGT ne répondrait pas. Une rencontre a eu lieu entre l’UGFF et la FEN mais elle a porté sur d’autres sujets.

   Ni  Guy Mollet, ni Michel Debré, agissant dans le cadre des pleins pouvoirs, n’ont procédé à la moindre consultation des organisations syndicales.

   Après publication de l’Ordonnance,  l’UGFF l’a énergiquement critiquée. Ainsi André Berteloot écrira dans un article du Peuple, organe confédéral de la CGT le 15 mai 1959 : « Prenant prétexte des nouvelles dispositions constitutionnelles, Guy Mollet avait annoncé en novembre 1958 la refonte du Statut général. Mais il a finalement renoncé à attacher son nom à un texte aussi rétrograde. A la veille d’entrer dans « l’opposition constructive », il a tactiquement préféré laisser à d’autres le soin de réaliser la mise à sac des dispositions statutaires de la fonction publique. Il pouvait certes sur ce point, faire confiance à Michel Debré. »

   Un dirigeant de la Fédération FO faisait ce commentaire : « Le nouveau texte comme l’ancien, constitue un instrument dangereux entre les mains  d’un gouvernement tyrannique car l’un et l’autre sont empreints d’un esprit totalitaire indiscutable ». Cette appréciation était une référence implicite aux réserves que Christian Pineau avait faites au nom du groupe socialiste à l’occasion du vote sur le statut  en octobre 1946 et que Maurice Thorez avait vivement dénoncées. Elle n’était pas sans liens avec l’attitude des ministres socialistes de la fonction publique dans les gouvernements de « troisième force » sous la  IVe République.

    Avec le recul et un examen objectif du texte, nous verrons que ces deux réactions, inspirées de motivations  opposées, doivent être assez fortement nuancées en ce qui concerne la première et rejetées pour la seconde. Quant au monde enseignant, il se situe à l’égard du statut, aux différentes époques, dans une optique  particulière qui présente, à mon avis, certains aspects assez largement méconnus.

    Pour être complets au sujet de ces débuts du pouvoir gaulliste, aussi bien en ce qui concerne les positions des  centrales syndicales que celles du mouvement syndical des fonctionnaires, il faudra reprendre trois domaines essentiels (qui sont traités dans mon ouvrage précité) : la guerre d’Algérie, la nature et la mise en place des nouvelles institutions, la vague d’ordonnances économiques et sociales. Pour l’heure, on évoquera dans cette série ce qui a trait au statut général des fonctionnaires et plus précisément au contenu de l’Ordonnance du 4 février 1959.

 

 

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Eléments biographiques

   En un demi siècle, j'ai fait "le tour de la table" de la politique de la fonction publique comme syndicaliste, directeur de cabinet du ministre, conseiller d'Etat en service extraordinaire, auteur d'ouvrages.

 

  Né le 2 décembre 1922 à Jurançon (Pyrénées-Atlantiques)

 

-Fonctionnaire

 Receveur divisionnaire des Impôts honoraire

 

-Dirigeant national du mouvement syndical des fonctionnaires (1958-1978)

  Secrétaire du Syndicat national des Contributions indirectes 1958-1963

  Secrétaire général de la Fédération des finances CGT 1963-1970

  Secrétaire général de l’Union générale des fédérations de fonctionnaires (UGFF) et

  Membre du conseil supérieur de la fonction publique 1970-1978

  Membre de la commission exécutive de la CGT 1969-1975.

 

  Membre du conseil d’administration de l’Institut CGT d’histoire sociale.

 

-Directeur du cabinet du ministre de la fonction publique et des réformes administratives  (juin 1981-novembre 1983).

 

-Conseiller d’Etat en service extraordinaire (novembre 1983-novembre 1987).

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